Le revenu universel – Stéphanie Treillet

Mots-clés : Économie, Emploi, Impôt, Temps de travail

7 Décembre 2016 • Stéphanie Treillet

Le revenu universel : comment le financer ? Comment s’inscrit-il dans le contexte social et politique d’aujourd’hui ?
Stéphanie TREILLET Économiste, membre de la fondation Copernic, considère que les propositions de revenu universel, présentées par Baptiste Mylondo (pour un revenu inconditionnel) présentent les mêmes risques que les propositions que font certains néo-libéraux, et que l’on ne peut pas faire abstraction du contexte politique, économique et social dans lequel elles s’inscrivent. Elles reposent sur un diagnostic erroné : la fin du travail, qui serait notamment liée aux innovations technologiques. Pour elle, la diminution de la durée légale de travail est le résultat des luttes sociales collectives. Et aujourd’hui encore le travail rémunéré est le principal vecteur d’intégration sociale. Les coûts de mise en œuvre d’un revenu universel correspondant à peine au niveau du seuil de pauvreté sont équivalents à l’ensemble des budgets de protection sociale. Et l’on peut se demander si le revenu universel n’entérinerait pas la dualisation de la société et, notamment pour les femmes, s’ajoutant à l’extension du temps partiel, ne remettrait pas en cause le droit à un emploi à temps plein, condition de leur autonomie.

Les reconfigurations du travail – Débats ITS N°5

Mots-clés : Capitalisme, lien social, Organisation du travail, précarités

Octobre 2016 • Dominique Gillier, Frédéric Bricnet et Daniel Richter, Odile Merckling, Patrick Cingolani, Yves Sinigaglia, Joël Decaillon

Couverture Débats N°5Avec ce numéro 5 des Débats de l’ITS, nous poursuivons notre réflexion sur l’éclatement du salariat et ses conséquences, tant pour le présent que pour l’avenir. Les évolutions du travail et des métiers sont des questions d’une brûlante actualité ! Dans le prolongement des Débats n° 2, sur la précarité, nous en proposons quelques approches, notamment autour de la sous-traitance..

Comment les métiers évoluent-ils compte tenu de la contradiction entre la baisse des coûts recherchée dans tous les secteurs et l’évolution des qualifications induites par les nouvelles technologies ?

Comment fonctionnent la précarité et la sous-traitance dans l’automobile et l’aéronautique, dans les secteurs du nettoyage, de l’hôtellerie-restauration, du bâtiment, et même dans l’administration publique ?

L’« ubérisation », le capitalisme de plate-forme, est loin de répondre à l’idéal collaboratif qu’il revendique. Comment contrer ce processus en créant de nouvelles solidarités ?

Les déclarations sur le « renforcement du dialogue social » européen ont débouché, dans les faits, sur son étouffement. Peut-on rompre avec le consensus de Washington et les chimères du traité de Maastricht ?

Sommaire :

Dominique Gillier
Les transformations des métiers

Frédéric Bricnet, Daniel Richter
Branches, filières, sous-traitance. Focales sur l’automobile et l’aéronautique

Odile Merckling
Nettoyage, services à la personne… Face à l’émiettement des emplois, quelles perspectives pour les femmes ?

Patrick Cingolani
Sur le capitalisme de plate-forme et ses conséquences pour les travailleurs

Yves Sinigaglia
Les inspecteurs du travail face à la précarité et à la sous-traitance

Joël Decaillon
Le « dialogue social européen peut-il exister ? »

Editions Bruno Leprince, septembre 2016 – 72 p.

Le temps : enjeu social

Mots-clés : Emploi, lien social, loisirs, Organisation du travail

15 Septembre 2016 • Michel Lallement

Temps de travail / Temps sociaux

Depuis une trentaine d’années, notre rapport au travail et au temps a profondément évolué. Les luttes sur le temps de travail et ses réglementations, les politiques d’aménagement et de réduction du temps de travail, le développement des emplois discontinus, des horaires « atypiques », du travail au forfait, l’invocation à l’autonomie dans l’organisation du travail de chacun, les revendications pour une diminution du temps de travail comme solution aux problèmes de l’emploi, le développement des nouvelles technologies… ont aboutit à une perception de temps de travail et du temps de vie où le travail ne joue plus le rôle central et régulateur qu’on avait pu lui attribuer. La flexibilité entraîne de plus en plus une dé-socialistation et un isolement de l’individu.

Comment mesurer aujourd’hui le temps de travail ? Quels changements les évolutions traduisent-elles sur les métamorphoses du travail et de la vie ? Qu’est-ce qui change dans les relations professionnelles et dans les vies personnelles ? Quels impacts sur les formes d’organisation sociale ?

Michel Lallement est sociologue. Il a, notamment, publié : « Transformation du temps, mutations du travail ». Pour lui, la question du temps est un enjeu social fort. Depuis le XIX° siècle le temps de travail a constamment diminué et laisse aujourd’hui plus de temps au travail domestique, à la vie familiale et personnelle. Mais les temporalités se brouillent ; le temps de travail est de plus en plus sous pression, de plus en plus flexible, et les périodes de vie sont de plus en plus brouillées.

La continuité des temps sociaux

Mots-clés : Emploi, lien social, loisirs, Organisation du travail

15 Septembre 2016 • Chantal Nicole-Drancourt

La continuité des temps sociaux c’est l’inscription des hommes et des femmes tant dans le temps du travail que dans le temps non travaillé : travail domestique, loisirs, temps de vie prenant en compte la différence entre hommes, femmes, célibataire ou en famille. La situation familiale influence le temps social. Si le régime fordiste qui s’était imposé dans la deuxième moitié du XX° siècle avait créé un système cohérent articulant temps de vie et temps quotidiens, ce régime est mis à l’épreuve depuis trente ans et ne peut plus fonctionner . La mondialisation du travail, les crises financières et le développement des émancipations citoyennes : femmes, jeunes et différentes minorités remettent en question les temps sociaux. On assiste à l’aspiration d’un ré-équilibrage des temps sociaux, à la reconnaissance de la transformation du travail avec des formes d’emplois atypiques et peut-être à la mise en place de pratiques sociales innovantes.

Chantal Nicole-Drancourt est sociologue. Elle a notamment publié : Un impensé des résistances à l’égalité entre les sexes : le régime temporel.

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