Changer le travail ! quelles possibilités ?

Mots-clés : Emploi, lien social, Santé

Jeudi 23 Juin 2016 • Jean-Yves Bonnefond, Franck Daout

Changer le travail ! Quelles possibilités ?
Un exemple à l’usine de Renault Flins

Dans son ouvrage théorique testamentaire « La Cité du travail, le fordisme et la gauche » le syndicaliste italien, Bruno Trentin, s’attache à démontrer que l’une des explications de la crise du syndicalisme réside dans le fait qu’il n’a ni su ni voulu s’approprier le combat sur les conditions et organisations du travail.

A l’opposé, André Gorz, dans « Métamorphoses du travail. Quête du sens » estime que le combat sur le terrain du travail est voué à l’échec tellement il est contraint par les logiques d’efficacité capitaliste, la seule marge libératrice se situant au niveau d’une réduction massive du temps de travail. Ainsi deux porteurs des idées émancipatrices, tirent-ils des conclusions aux antipodes.

Yves Clot, dont les recherches et les ouvrages sur le travail font référence, veut montrer avec son équipe du CNAM qu’il existe des marges de manoeuvre significatives sur le terrain en entreprise. Avec les salariés dans leur diversité, la direction de l’usine sans oublier l’implication des syndicalistes, il propose de libérer la parole et d’engager les actions qui en découlent.

Jean Yves Bonnefond, psychologue du travail CNAM-Centre de Recherche sur le Travail et le Développement, Équipe psychologie du travail et clinique de l’activité explique ce qui a pu être fait à Renault Flins pour concilier santé au travail et performance qualitative.
Franck Daout, délégué central de la CFDT Renault explique les difficultés de l’expérience rencontrées par les syndicalistes, ce qui devrait être changé dans le syndicat et complète le bilan de l’action menée.

 

Loi Travail, égalité femmes-hommes

Mots-clés : Organisation du travail, parité

12 Avril 2016 • Sophie Binet

la « loi travail » (El Khomri) envisagée remet en cause l’ensemble des droits des travailleuses et des travailleurs. En mettant en avant le principe de la négociation cette nouvelle loi ne prend pas en compte le fait que, dans la pratique, c’est la loi qui a fait avancer les droits. Les femmes sont d’autant plus concernées par les projets actuels qu’un grand nombre d’entre elles sont dans les secteurs où dominent la précarité, la flexibilité, la sous-estimation des métiers à risques, où les syndicats sont le moins implantés, et où les luttes à mener sont les plus difficiles.

Depuis 1999 la CGT a mis en place la parité au niveau confédéral et adopté une charte sur l’égalité femmes/hommes annexée aux statuts confédéraux. Encore faut-il faire vivre la charte dans les faits ! Un rapport de situation comparée (sur l’égalité femmes/hommes) a été élaboré, permettant d’observer la situation réelle à tous les niveaux.

Sophie Binet est dirigeante confédérale de la CGT chargée de l’égalité femmes/hommes, et secrétaire adjointe de l’UGIC-CGT (ingénieurs, cadres et techniciens).

 

Les transformations des métiers

Mots-clés : Économie, Enseignement, Politique industrielle

25 Novembre 2015 • Michèle Descolonges, Dominique Gillier

Peut-on encore parler de « métiers » ? Sous l’effet de causes multiples et sans les hiérarchiser les « métiers » ont évolué: évolution des normes internationales, évolutions des techniques, transformations dans la gestion et le fonctionnement des entreprises et dans la structure des emplois, élévation des qualifications professionnelles, concurrence globalisée entre producteurs et approfondissement de la division du travail, nouveaux modes de conception et de fabrication … Jusqu’à quel point les métiers ont changé ?

Michèle Descolonges est sociologue, rattachée au LIED (laboratoire interdisciplinaire des énergies de demain), Paris 7. Elle a publié notamment : Des travailleurs à protéger. L’action collective au sein de la sous-traitance, Paris, Hermann-Adapt, 2011 ; avec Bernard Saincy (dir.), Les nouveaux enjeux de la négociation sociale internationale, La Découverte, 2006 ; Qu’est-ce qu’un métier ?, PUF, 1996. Elle a coordonné le n° 50 de la revue Écologie & Politique sur le thème « Syndicats et transition écologique » (mars 2015).

Dominique Gillier, syndicaliste, a été militant dans la métallurgie,  membre du Bureau national confédéral de la CFDT, Secrétaire général de la Fédération générale CFDT de la métallurgie (FGMM) ; il est membre du Conseil économique social et environnemental et chargé de mission à la confédération CFDT.

 

Travail féminin : les dommages de la précarité

Mots-clés : Emploi, Temps partiel

6 Novembre 2015 • Margaret Mariani

Réfléchir et explorer la situation du travail féminin c’est avant tout se plonger dans la réalité de la précarité et de ses conséquences sur les conditions de vie, plus particulièrement des femmes. La précarité du travail et de l’emploi est une réalité sociale envahissante et multiforme. C’est une question sociale essentielle. Elle touche les femmes plus que les hommes et elle les touche par des voies différentes. La précarité est le fil rouge pour comprendre le paradoxe de la place des femmes dans le monde du travail contemporain. Margaret Maruani explique que la précarité est productrice de discriminations en tous genre. Elle vient re-créer des écarts, des inégalités, des disparités : entre hommes et femmes et entre les femmes elles mêmes. L’auteur envisage trois axes de réflexion et d’analyse :
1. Les précarités masculines et féminines : les formes de précarité qui affectent les hommes comme les femmes, mais de manière différente ;
2. Les précarités réservées aux femmes ; Configurations européennes – l’exception française
3. Le résultat des courses : pauvreté, sous-emploi, bas salaires et petites retraites.

Margaret MARUANI, née à Tunis, est une sociologue française, directrice de recherche au CNRS. Elle dirige la revue Travail, genre et sociétés depuis sa fondation en 1999 ainsi que le Réseau de recherche international et pluridisciplinaire MAGE «Marché du travail et genre». Elle a, notamment, écrit : Travail et emploi des femmes et dirigé : Travail et genre dans le monde. L’état des savoirs.

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