Immigrés, le miracle français

Mots-clés : Algérie, Économie, Immigration

Septembre - Octobre 1979 • Denis Clerc

Nous devons une grande part de notre richesse au travail des immigrés. C’est grâce à eux que de 1946 à 1975, notre économie a pu connaître ce qu’on a pu appeler le « miracle français » et qui s’est traduit, entre 1950 et 1970, par une croissance du Produit Intérieur Brut (P.I.B.) égale à 5,5 % par an. Entre 1968 et 1975, les travailleurs immigrés ont occupé 42% des emplois industriels qui ont été créés au cours de cette période, en particulier dans le bâtiment et les travaux publics. Pourtant Lionel Stoléru, Ministre du Travail, a pour objectif de voir le nombre d’étrangers diminuer de 3 à 5% par an. Travailleurs très mobiles, corvéables, ne refusant ni les heures supplémentaires ni le travail au noir, les immigrés ont contribué à bâtir notre pays : c’est donc aussi le leur. Ils ont droit à en jouir s’ils le souhaitent. C’est ce droit que, tous ensemble, il nous faudra bien finir par imposer.

Le dossier des 35 heures

Mots-clés : Politique Économique, stratégie syndicale, Temps de travail

Juillet-Août 1979 • Michel Mousel, Claude Hauser, Jean-Yves Sparfel, Nicolas Géro, Pierre Belleville

Le dossier des 35 heures ou réduction du temps de travail est ouvert par les travailleurs, les syndicats et le patronat dans l’ensemble de l’Europe. Dans l’hexagone, la réduction du temps de travail est à l’ordre du jour d’une grand négociation entre le C.N.P.F et les organisations syndicales. La dernière rencontre du 18 juin s’est soldée par un blocage car les points de vue étaient diamétralement opposés. Michel Mousel, montre pourquoi le patronat propose d’assouplir la législation des 40 heures pour remplacer la notion d’horaire légal hebdomadaire par celle d’un horaire annuel, permettant plus de souplesse à l’entreprise selon les variations saisonnières de la conjoncture. La réduction du temps de travail avec maintien du salaire permettrait un renforcement des créations d’emplois selon les syndicats qui s’opposent au patronat, en particulier sur la remise en cause des avantages acquis. Jean-Yves Sparfel propose de nouvelles pratiques syndicales mieux adaptées à la réalité du terrain, Nicolas Géro ouvre le débat en prenant l’exemple allemand, enfin Pierre Belleville s’entretient avec José Sanchez et fait une analyse plus globale du travail salarié.