Le dépérissement du travail

Mots-clés : Capitalisme, Politique Économique

20 Avril 1987 • Yvan Craipeau

Le dépérissement du travail ou diminution du travail nécessaire pour produire un bien est engendré par les mutations technologiques qui tendent à éliminer le travail humain dans la production. Ces mutations, cet accroissement de la productivité sans augmentation du nombre des travailleurs a déjà condamné les paysans. Majoritaires en France au début du siècle, les agriculteurs ont vu leurs effectifs se réduire comme une peau de chagrin : 31 % encore en 1950 (avec la pêche et la sylviculture), 7,6 % en 1982. Moins nombreux, ils produisent plus. C’est une évolution de ce type qui s’amorce dans l’industrie. On prévoit que, dès la fin du siècle, la population directement occupée à la production ne dépassera pas 10% de ce qu’on appelle la population active (qui comprend les chômeurs). Un homme (ou une femme) sur dix « actifs » suffira à produire, en quantité accrue, tous les biens utiles à la population, y compris les machines qu’exige cette production. Nous sommes engagés dans une crise de civilisation aussi importante que celle qui a vu l’avènement du capitalisme et de l’ère industrielle. Dans une telle société, les conséquences des mutations technologiques ne vont nullement dans le sens de la libération de l’homme, bien au contraire. Ce sont ces conséquences qu’il nous faut comprendre pour y adapter notre action.

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