Précarités et mouvements syndicaux

Mots-clés : lien social, Mouvements sociaux, Politique Économique

26 Mars 2015 • Sophie Béroud

Les précarités deviennent le lot commun des salariés : précarité de l’emploi, du travail, mais aussi précarité des droits syndicaux et sociaux. Elles interrogent et modifient les processus de production, créent des divisions sociales internes au salariat, questionnent le mouvement syndical axé sur le syndicalisme d’entreprise marqué par la présence dans les instances « représentatives » et accordant peu de place à l’interprofessionnel. Faut-il l’interpréter simplement comme une dégradation d’acquis sociaux et de normes salariales, et en conclure à l’affaiblissement généralisé du mouvement syndical, à l’incapacité des salariés à s’organiser et à se défendre.

Pourtant, hier invisibles, les précaires sont  parfois à la pointe de la protestation, souvent en tant que salariés : dans le commerce, le nettoyage, la restauration rapide, les chantiers navals… Peut-on maîtriser la précarité pour conquérir de nouvelles marges de liberté, livrer des batailles intégrant la sécurisation du travail et des conditions d’existence ?

Sophie Béroud est maître de conférences de science politique à l’Université Lumière Lyon 2. Elle travaille sur les transformations des organisations syndicales, l’organisation et la mobilisation des salariés précaires, l’évolution des grèves et des conflits du travail. En 2009 elle a codirigé : « Quand le travail se précarise, quelles revendications collectives ? » (La Dispute)

Les syndicats et les crises du travail

Mots-clés : stratégie syndicale

Juin 2014 • Jacques Freyssinet

Dans le cadre d’un cahier de l’ITS Jacques Freyssinet propose une réflexion sur les raisons qui expliquent la quasi absence – ou la place marginale – des questions du travail dans l’action syndicale et la négociation collective.

Bruno Trentin, dans son ouvrage « Cité du travail. Le fordisme et la gauche », Fayard – 2012, a mis en évidence l’incapacité du mouvement ouvrier depuis le début du XXème siècle, à « affronter le problème de la libération du travailleur subordonné ». Un socialisme orthodoxe a pu longtemps imposer le dogme selon lequel « il est absurde (en tous les cas trompeur) d’imaginer pouvoir changer la nature subordonnée et parcellisée du travail avant que n’ait eu lieu la conquête de l’État et la « socialisation des moyens de production à travers la propriété étatique ». Dans l’histoire du mouvement syndical, cette attitude se serait traduite, selon Bruno Trentin, par l’abandon de la question du travail comme objet de revendication et comme enjeu de négociation au profit de celles du salaire et de l’emploi. La transformation du travail était renvoyée aux lendemains du passage au socialisme……

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