Les métamorphoses du travail

16 Septembre 2014

Métamorphoses du travailL’Institut Tribune Socialiste propose une réflexion autour de l’ouvrage d’André Gorz sur les métamorphoses du travail. Si ce texte est majeur, tant par ses analyses que par les controverses qu’il suscite, il s’agit aujourd’hui de poursuivre la réflexion et aussi de reconnaître et analyser les évolutions contrastées de la place du travail dans la société et la vie humaine. Est-ce un des  signes d’une autre transition en cours ?

Après la projection en avant première du film de Virginie Meunier « Il s’agit de quitter la terre » produit par les films du Tamarin, un débat sera animé par Michel Mousel, Président de l’Institut Tribune Socialiste avec Dominique Meda, sociologue auteur de livres et publications sur le travail, la critique de la croissance, Christophe Fourel, Président de l’association des lecteurs d’Alternatives Economiques, auteur de l’ouvrage « André Gorz, un penseur pour le XXIème siècle » publié aux Editions la Découverte, Virginie Meunier, réalisatrice, Yves Bucas-Français et Jacques Sauvageot, Institut Tribune Socialiste.

Au sujet des métiers, des enjeux politiques renouvelés

Mots-clés : Économie

Août 2014 • Michèle Descolonges

Extr. Tribune Socialiste N°311, 19 Janvier 1967En 30 ans, les questionnements autour du « métier » ont changé de portée, voire de nature. « Au début des années 1990, les entreprises se sont embarquées, de gré ou de force, dans des changements liés à l’ouverture des marchés à la concurrence internationale : les formes de direction changeaient, les « managers » se substituant aux « chefs » ; les usagers devenaient des « clients » …. La terminologie usitée témoignait de ces évolutions, les postes devenant des emplois, et ceux-ci devenant des métiers. Avec un tel brouillage des mots, qui était aussi un maquillage des situations réelles des salariés, il est temps de se demander ce qu’était un métier ? »

Un métier est fait d’un malaxage de matériaux de toutes sortes et de toutes natures, grâce à l’usage de nombreux outils et de nombreuses manières de faire c’est donc la question de la création qui se trouve en son centre.

Le métier perdure comme une valeur et une pratique : c’est ce qui apparaît en analysant les métiers de médecin, de cartographe, de secrétaire, et bien d’autres encore. Exercer un métier au sein d’une « société », c’est y jouer un rôle quant à ses orientations sociales et politiques. Un métier n’est pas réductible à un emploi, à un travail, à un statut économique et juridique – même si ceux-ci font partie du métier -, parce qu’il s’enracine dans l’exercice d’un art. L’invention technique (l’œuvre) est le fil directeur des métiers, elle s’inscrit dans l’histoire des arts, des sciences et des techniques. il est aussi l’expression d’un rapport des groupes humains au monde, d’une recherche de contact et d’une volonté d’imprimer sa marque. Ce marquage social des métiers est un puissant stimulant de leur évolution.

Nous pourrions repenser les métiers et par suite réorienter les pratiques dans cette optique de non séparation de la « culture » et de la « technique », de la « technique » et de la « nature » dans une approche transdisciplinaire, assemblant psychologie, technologie et écologie.

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