Althusser et son parti

Mots-clés : Congrès, marxisme, Parti Communiste, Pouvoir populaire

16-22 Juin 1977 • François Turquan

Althusser vient de publier une brochure intitulée 22ème congrès. Celle-ci rassemble les remarques exposées au Cercle de l’Union des étudiants communistes de la Sorbonne, autour de l’abandon de la dictature du prolétariat lors du dernier congrès du PCF. Cependant, au cours de la lecture de ces remarques, on note qu’Althusser envisage de façon plus large les problèmes posés par l’évolution stratégique du PCF. Sa réflexion est critique et apparait essentiellement comme une confrontation entre la stratégie du PCF et l’orthodoxie marxiste-leniniste telle que la conçoit Althusser. Il semble qu’Althusser n’est pas prêt à rompre définitivement avec l’héritage doctrinal du stalinisme, même s’il en rejette les pratiques. Le regard critique que jette Althusser sur son parti, la liberté de discussion qu’il réclame ne sont pas négligeables et sont signes d’une évolution. Mais les limites de sa critique et sa conception du rôle de l’Etat montrent que les communistes français ne sont pas encore tout à fait sortis de la longue nuit du stalinisme.

Le PCF et le PCI face à l’Europe

Mots-clés : Elections européennes, Parti Communiste, stratégie politique

2-8 Juin 1977 • Alain Chataignier

Le PCF (Parti communiste français) et le PCI (Parti communiste italien) ont deux positions stratégiques et politiques différentes par rapport aux prochaines élections du Parlement européen au suffrage universel.

Le 17 avril dernier, Georges Marchais, vient de proposer à Giscard un accord sous condition. Il fait savoir qu’il accepterait le projet en échange de l’insertion dans la loi électorale d’un engagement contraignant les élus à ne pas dépasser le cadre du Traité de Rome.  Ainsi il demande que les pouvoirs du Parlement européen soient respectueux de l’indépendance nationale.

Enrico Berlinguer, pour le PCI prône une attitude en accord avec sa stratégie de « compromis historique » à l’intérieur de l’Italie. Il souhaite la pleine indépendance nationale de l’Italie dans le cadre d’une Europe pacifique, démocratique et indépendante, dans la perspective d’un abandon progressif des blocs militaires opposés et leur suppression totale. En bref il souhaite une attitude positive vis-à-vis des institutions européennes en participant à son fonctionnement.

Il revient au PSU d’être clairement le seul parti d’opposition à l’Europe qui choisit de se battre pour l’Europe des travailleurs.

La parole à Claude Roy

Mots-clés : Parti Communiste, Pouvoir populaire, Socialisme

28 Avril-4 Mai 1977 • Claude Roy, propos recueillis par José Sanchez et Fabian Gastellier

La parole est donnée à Claude Roy qui s’exprime sur la politique de la gauche, le communisme, l’autogestion et le PSU. Claude Roy parle de sa génération (celle de la guerre contre Hitler, de l’anti colonialisme en Algérie, des communistes déçus et exclus comme lui), de ses illusions, de ses espoirs aussi. Pour lui aujourd’hui, la remise en question de tout l’ordre établi et le questionnement sur les valeurs consacrées, est une bonne chose. Il pense que la gauche critique n’est pas celle des appareils et que si la gauche arrive au pouvoir ce ne sera ni facile ni gai. Car pour lui être de gauche, c’est une volonté et non un état d’âme. Il croit que les notions de démocratie, d’autogestion et de pouvoir des hommes sur leur propre vie, sont des valeurs de gauche développées par le PSU et dénonce les manipulations des gouvernants de gauche ou de droite. Enfin il se réjouit de la lucidité de la classe ouvrière.

La parole à Charles Fiterman et Gilles Martinet

Mots-clés : Élections municipales, Parti Communiste, stratégie politique

29 décembre 1976 - 12 Janvier 1977

La parole est donnéeCouverture TS N° 724, 29 Décembre 1976 au 12 Janvier 1977 à Charles Fiterman, secrétaire du Parti communiste français et Gilles Martinet, secrétaire national du Parti socialiste dans le contexte politique de la préparation aux élections municipales. Les réponses permettent d’apprécier les positions respectives des deux grandes forces politiques de la gauche sur quelques-uns des problèmes essentiels de l’heure : Plan Barre en Janvier, Municipales en Mars, élections européennes en Avril. Sur la question de la participation du PSU à des listes communes pour les élections municipales, la réponse de Charles Fiterman est plus ouverte, sans que celle de Gilles Martinet, quelque peu « récupératrice » soit négative. Chacun des responsables de Parti s’exprime sur l’érosion des forces de la coalition de droite au pouvoir et la montée du mouvement populaire d’opposition. Gilles Martinet propose un débat plutôt sur un programme qu’autour des institutions. L’un et l’autre s’exprime sur la question de l’Europe et notamment l’élection d’un parlement européen au suffrage universel.

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