Les dix ans de pouvoir de Boumediène

Mots-clés : Algérie, Socialisme, stratégie politique

28 Juin 1975 • François Dalbert

Après dix ans de pouvoir de Boumediène, treize années après la déclaration d’indépendance (proclamée le 5 juillet 1962), et dix ans après le renversement de Ben Bella  (le 19 juin 1965), on peut s’interroger sur l’orientation politique et économique du gouvernement algérien. Il est, par ailleurs, toujours difficile, dans l’extrême-gauche française —, et tout spécialement au PSU — de porter un jugement serein sur l’Algérie… D’abord parce que l’Algérie, à travers sa longue et douloureuse lutte de libération nationale, c’est un peu « l’accoucheuse » du PSU. Et surtout parce que nombreuses sont les questions non résolues. L’article ci-dessous est une première opinion dans cet important débat. L’Algérie se caractérise avant tout par ses contradictions mais aussi par l’improvisation et un grand volontarisme dans les orientations économiques et politiques et dans les enjeux proclamés. L’année 1975, sera pour l’Algérie l’année du grand tournant socialiste ou celle de la consolidation d’un socialisme d’État qui pourrait virer au capitalisme. C’est aussi la prolongation des luttes pour l’expulsion hors de la Méditerranée des puissances étrangères.

Giscard et l’Algérie

Mots-clés : Algérie, Politique Économique, Socialisme

19 Avril 1975 • Claude Bourdet

La visite de Giscard en Algérie n’est pas un évènement historique et ne fait que confirmer les relations commerciales entre les deux pays. En 1973, il y a 840 000 travailleurs algériens en France et 5 200 coopérants français en Algérie. Sans être naïf sur les intérêts économiques de ces échanges pour la France et sans être d’accord avec toutes les orientations du gouvernement algérien, il y a pourtant plusieurs raisons à souligner l’intérêt de ces échanges. Nous ne pouvons nous désintéresser du développement des liens entre la France et un des leaders du Tiers-monde qui est pour le moment un des seuls états d’Afrique s’orientant vers le socialisme. Toutefois, pour que les rapports s’approfondissent et se stabilisent il faudrait entre les deux États, une communauté de pensée. Nous devons alerter l’opinion algérienne et française sur les conditions d’un véritable rapprochement et les limites des échanges actuels. On peut s’interroger sur le soutien de la France à l’Algérie devant les exigences des Etats-Unis, sur les conditions de vie des Algériens en France et le racisme ambiant encouragé par l’existence de la coalition gouvernementale actuelle. La gauche doit exiger que le pouvoir mette sa politique en ordre et tire les conséquences de ses attitudes.