Expérimentation et autogestion

Mots-clés : Mouvements sociaux, Socialisme autogestionnaire

Novembre 1980 • Serge Depaquit

L’expérimentation sociale, c’est-à-dire la construction de projet pour changer le quotidien, est-elle compatible avec l’autogestion ? L’expérimentation sociale s’accompagne d’une démarche qui propose d’évaluer les effets d’une innovation à petite échelle avant d’envisager sa généralisation. Serge Depaquit s’interroge sur le contenu politique à donner à l’expérimentation sociale. Pour lui, l’expérimentation sociale ne saurait en soi constituer un processus autogestionnaire. Car celui-ci exige son intégration à tous les niveaux de la lutte sociale, pour constituer une stratégie de changement dans les rapports de production. Pour cela il faut une rupture de principe avec les schémas dominants. Citant l’exemple du renouveau des luttes chez Lip ou l’émergence des radios libres, Serge Depaquit affirme que l’expérimentation sociale peut prendre un sens politique déterminé. Cependant il ajoute que la récupération capitaliste de ces expérimentations est un des dangers. La crise du capitalisme encourage la démarche à condition que les finalités politiques en soit clairement définies.

Réflexions préliminaires pour un projet régional alternatif

Mots-clés : Aménagement du territoire, Midi Pyrénées

22 au 28 Février 1980 • Jean-Paul Gilly

Le projet d’un développement régional alternatif nécessite d’inverser la logique capitaliste de rentabilité, de rompre avec la maximisation du profit, de prendre en compte la spécificité régionale. Cette démarche s’inscrit dans la perspective du socialisme autogestionnaire. Pour faire vivre une région, il est nécessaire d’ancrer les propositions à partir des luttes des travailleurs, afin de transformer les propositions économiques en alternatives anticapitalistes. Ce projet de développement régional ne doit cependant pas ignorer les dimensions nationales et internationales ni être un simple catalogue de mesures technocratiques. A partir de l’analyse des possibilités de la région Midi-Pyrénnés, l’auteur explicite la notion de développement « autocentrée » d’une région. Un projet de développement régional alternatif doit à la fois s’ancrer dans la réalité économique et sociale de la région, amorcer des ruptures avec cette réalité pour trouver des réponses qui tendent à établir de nouveaux rapports entre producteurs et consommateurs, entre les travailleurs et les moyens de production, entre les individus et l’environnement naturel.

Radios libres

Mots-clés : audiovisuel, autogestion, Radios libres, Répression

19-25 janvier 1980 • Jean-Marc Lauret, Maire-Adjoint Sartrouville

Les radios libres répondent à un double besoin, d’abord, celui d’une information indépendante, diversifiée, qui serait mise en oeuvre par des collectifs d’usagers. Ensuite celui d’une « parole différente » du traditionnel langage des grands moyens de l’audiovisuel. Le PSU soutient et veut renforcer le mouvement des radios-libres. Il s’oppose à la répression contre les animateurs de ces radios, le brouillage ou la saisie du matériel. Face à une information dominante ne laissant aucune place à la parole des usagers, des quartiers, à l’expression locale, les radios libres sont une réponse au contrôle du pouvoir sur l’information. L’autogestion se nourrit de la liberté garantie à ceux qui sont différents et/ou minoritaires. En conséquence, elle  exclut l’idée de monopole, même municipal, en matière d’information. Sur ces bases le PSU soutient la décision prise par la Rencontre européenne des Radios Libres de Longwy en septembre 1979 et exige un moratoire qui devrait suspendre les dispositions répressives de la Loi du 28 Juillet 1978.