Souffrances au travail. Paroles de médecins du travail

Mots-clés : femmes, Handicapés, Immigrés, Intérimaires, Précarité, Santé, Travail

1994 • Préface de Madeleine Rebérioux Postface d’Annie Thébaud-Mony et de Christophe Dejours

Cote : SOUF

En mai 1992 l’association Santé et médecine du travail lançait un appel: “les travailleurs précaires, peu ou mal intégrés dans l’entreprise donneuse d’ordre sont potentiellement plus exposés que d’autres aux risques professionnels. (…) Entre la civilisation et la barbarie, il y a l’épaisseur d’une feuille de papier : celle sur laquelle sont inscrites les lois qui règlent les rapports entre les êtres humains. Nous savons, nous médecins, qu’un modèle de pensée sociale sans prise en compte de l’homme est illusoire et infécond à terme. (…) L’association prend l’initiative de constituer un recueil de monographies sur la précarisation, (…) portraits, paroles, témoignages, histoires concrètes, cas cliniques d’individus ou de petits collectifs « . Plus de 60 médecins du travail et chercheurs spécialisés dans ce domaine ont fait parvenir leurs contributions. Cet ouvrage les rassemble sous plusieurs chapitres : précarisation du travail et santé : problématique ; premier aperçu de la précarisation à travers les pratiques des médecins du travail ; organisation du travail facteur de précarisation… Les réalités observées sont diverses, les angles sous lesquels elles sont envisagés et les styles d’écritures également. Peu cohérent, l’ensemble est pourtant riche. Il parle de la réalité. Une réalité si dure que les hommes et les femmes qui la subissent ne peuvent pas toujours la regarder en face.  » Y, 23 ans, sans formation professionnelle a enfin trouvé du travail après avoir galéré pendant quatre ans… Et c’est la visite de médecine du travail : Y présente une hypoacousie congénitale bilatérale relativement importante, nécessitant le retrait du bruit. Or, le montage de cloisons n’est pas un métier silencieux. La discussion avec Y s’engage très mal. Il ne veut pas accepter l’idée qu’il ne pourra pas rester indéfiniment dans son poste. Une reconnaissance de travailleur handicapé lui est proposée avec un projet de formation qualifiante. Un rendez-vous est pris. Il ne viendra pas « .

Préface de Madeleine Rebérioux Postface d’Annie Thébaud-Mony et de Christophe Dejours
1994
21,5 X 13,5 cm, 360 p.
Syros

Le contournement des forteresses ouvrières. Précarité et syndicalisme

Mots-clés : Chômage, Crise, femmes, Intérimaires, Précarité, Syndicalisme

1983 • BAUDOUIN Thierry, COLLIN Michèle

Cote : BAUD

La crise au-delà des fatalités économiques qui lui servent abondamment d’explication, c’est aussi un moment de la lutte capital-travail. Chômeurs, intérimaires et autres hors-statuts, toutes ces figures qui s’élargissent avec la crise ont profondément déstabilisé les représentations classiques de la classe ouvrière. On la dit coupée en deux, on lui fait même ses adieux. L’analyse présentée ici des diverses stratégies qu’adopte aujourd’hui le mouvement ouvrier révèle l’ampleur des mutations de l’ordre productif. Retranché dans ses forteresses ouvrières, le mouvement syndical contrôle de moins en moins un nouvel espace productif qui déborde largement le cadre du rapport salarial traditionnel centré sur la branche et l’entreprise. Des expériences syndicales actuelles tentent de prendre en compte cette socialisation élargie de la production dans ces nouvelles configurations que sont le bassin d’emploi ou le site. Elles révèlent alors la difficulté de mobiliser ces travailleurs précaires aux pratiques largement déviantes de la classique conscience professionnelle mais aussi l’opportunité offerte au mouvement ouvrier de ressortir du ghetto corporatiste dans lequel l’avait enfermé le fordisme.

BAUDOUIN Thierry, COLLIN Michèle
1983
21 x 14,5 cm, 194 p.
Librairie des Méridiens, Klincksieck