Cycle « Critique des pratiques sociales » sous la Direction de Maurice Najman, avec la participation de Boris Fraenckel, Emile Copferman, Jean-Claude Guérin…, ce cycle a pour objectif d’expliquer que la société capitaliste n’est pas simplement un mode de production de marchandises. C’est aussi un ensemble d’institutions et de pratiques sociales qui lui permettent de fonctionner. La crise du monde capitaliste n’est pas simplement économique. C’est aussi celle de ces instruments, de la reproduction des rapports de production. C’est en cela que la crise peut-être dite généralisée à toute la formation sociale. Ce cycle a débuté le 3 Octobre 1976.

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Jean-Marie BROHM introduit ce cycle par un exposé sur  le fonctionnement global de la formation sociale . Il explicite comment les bases du raisonnement du  matérialisme historique peuvent permettre de comprendre le fonctionnement de la société capitaliste après 1968. (production, reproduction,
 base et analyse des valeurs). Il explique la crise générale des institutions bourgeoises et montre qu’il est nécessaire de redéfinir les objectifs de la lutte et de ses méthodes. Pour lui on ne peut plus se contenter des objectifs traditionnels de lutte (nationalisation, socialisation des moyens de production, prise du pouvoir…) car la société et son organisation ont évolué. Les militants luttent aujourd’hui pour une « autre vie » dans une globalité (extension des fronts de lutte : temps libre, sport, loisirs, famille…). La révolution scientifique et technique qui touche tous les aspects de la vie sociale ne doit pas être ignorée mais au contraire connue et étudiée pour avoir des armes pour lutter contre son utilisation capitaliste. Il insiste sur le rôle de la femme et du mouvement des jeunes dans les luttes qui doivent être entendus et sont une force à prendre en compte. Il faut une redéfinition du politique, de la politique. Les vraies questions politiques sont celles de la vie quotidienne. Il termine en rappelant la nécessité à être sensible à toutes les tendances utopistes.

 

Boris FRAENKEL : sexualité, couple, famille. Les certitudes d’autrefois sur la famille, le couple, la sexualité sont remises en cause depuis 1968. En terme politique se pose la question du pourquoi le capitalisme ne s’oppose pas ouvertement à la société permissive en matière de sexualité. L’évolution du couple, de la famille, de la sexualité est-elle positive ou négative ? Comment cette évolution s’inscrit dans un mouvement global d’un changement de rapport de forces. Quel est la place du mariage, des enfants dans ce rapport de forces. Y-a-t-il un modèle dominant qui s’institutionnalise dans le couple ? Rôle de la psychanalyse.

 

Dominique CHARVET : Justice. Dominique Charvet intervient en tant que membre du syndicat de la magistrature, ce qui lui permet une liberté de parole qu’il ne pourrait avoir en tant que juge. Il explique en quoi le débat sur l’institution judiciaire est d’actualité. La justice est le révélateur des tensions sociales, politiques et économiques, elle est le miroir qui renvoie l’image d’une société et la manière dont elle résout ses conflits à un moment donné. A travers son exposé sur l’institution judiciaire, son fonctionnement et ses outils il pose la question du pouvoir de la justice, de l’inégalité de traitement des auteurs et victimes, de la parcellisation de la justice, du secret. Il examine la formation des juges et l’exercice de la justice par ceux-ci. Il termine sa conférence par la question de la Loi : est-elle égale pour tous, applicable pour tous et connue de tous ?

 

Evry SCHATZMAN : sciences et société. Evry Schatzman astrophysicien et enseignant explique la différence entre les sciences, c’est-à-dire la mise en évidence des lois de la nature et les techniques scientifiques, à savoir, l’utilisation des sciences. Pour lui, le but de la recherche scientifique est de trouver et de comprendre les lois des processus naturels. C’est une école de pensée parce que l’acquisition de nouvelles connaissances ne peut se faire qu’en remettant en cause les connaissances antérieures. La recherche scientifique fait partie de la réalité sociale : développement de technologies d’avant-garde qui sont étroitement liées à des questions d’indépendance nationale. Pour lui il est essentiel de définir une politique de la recherche au niveau national, tout comme il est urgent de définir les moyens et les objectifs de l’enseignement secondaire et universitaire des sciences. Il pose également la question de la recherche au service du complexe technico- militaire et souhaite un code de déontologie pour les chercheurs qui devraient s’engager à ne jamais servir des œuvres de destruction.

 

Jean-François HEROUARD : Culture et société – Politique culturelle et autogestion. Cette exposé dogmatique est étayée par le témoignage d’une militante et montre comment l’appareil culturel est un appareil idéologique d’État qui participe à la reproduction des rapports sociaux capitalistes. La révolution culturelle dans le projet socialiste autogestionnaire se doit de remettre en cause la division du travail : création/production/diffusion. Dans cet esprit les pratiques culturelles seraient fondées sur l’initiative en liaison avec les luttes capitalistes, dans la prise de conscience d’une identité collective propre. Contrôle des moyens de formation et de communication par les travailleurs. Il faut enfin favoriser la liaison entre production et consommation. L’expression devient plaisir, et l’expérience individuelle ou éclatée met la culture à disposition pour en faire autre chose. Cette conférence est datée du 16 Avril 1976.

 

Michel LOUIS et Louis GOLFETTI : Cadre de vie et consommation. Le cadre de vie est un ensemble de besoins nécessaires au développement individuel et collectif qui correspond au logement, l’école, l’environnement, les loisirs, l’urbain et ses aménagements. C’est le terrain hors production dont l’usager, le travailleur, a besoin pour s’épanouir – Les mouvements sociaux et la mobilisation sur le cadre de vie et la consommation – La Confédération syndicale du Cadre de Vie (CSCV) création, évolution, luttes et syndicalisation.