Mots-clés : Désengagement, Intellectuels et ouvriers, Révolutionnaire, Utopisme, Violence
Mars 2008 • SOMMIER Isabelle
Cote : SOMM
En France comme en Italie, il y a seulement quarante ans, la violence exercée au nom de la classe ouvrière était fortement exaltée. N’est-elle pas « l’accoucheuse de toute vieille société », le prélude mais aussi l’instrument de la révolution prolétarienne que les nombreux groupes d’extrême gauche de l’époque appelaient de leurs voeux ? C’est dans cette attente de l’épreuve décisive que se développent, au sortir de 68, agit-prop et « actions exemplaires ». Pourtant, très vite, la violence finit par être abandonnée, parfois même abjurée, par la majorité de ceux qui la préconisaient. Seule l’Italie connaîtra le « passage à l’acte », qui restera cependant résiduel par rapport au nombre initial de candidats-soldats de la Révolution. Comment expliquer cette séduction du recours à la violence, intense au-delà des Alpes, plus retenue en France ? Quels ont été les ressorts de cette critique des armes qui, le plus souvent, conduira au désengagement et au retrait dans la sphère privée ? Peut-on faire le deuil de la violence politique sans « tuer le mort » : cet idéal révolutionnaire qui la légitimait ? Telles sont les questions auxquelles Isabelle Sommier s’efforce de répondre, à l’heure où la France célèbre le quarantième anniversaire des événements de mai 1968. – Présentation de l’éditeur – (date de publication : 2008 (1ère éd. 1998))
SOMMIER Isabelle
Mars 2008
23 X 14 cm, 256 p.
Presses Universitaires de Rennes
Mots-clés : Années 30, Années 50, Années 70, Désengagement, Gauche, Hitlérisme, L’après 81, L’individu, Mai 68, Narcissisme, Psychanalyse, Septennat, Simenon
1983 • MENDEL Gérard
Cote : MEND
L’événement politique majeur du septennat concerne la démobilisation des militants, la désaffection grandissante vis-à-vis de l’engagement syndical et, plus généralement, le « manque d’adhésion active » de l’électorat de gauche. Evénement paradoxal, apparemment, puisque l’essentiel des promesses a été tenu. Mais le problème est de fond : il tient, en Occident, à la montée en force de l’individu, qui prend à contre-pied le mouvement socialiste. L’individu moderne est né vers la fin du XV° siècle avec l’essor de l’économie marchande, quand le lien entre les membres de la société traditionnelle s’est relâché. A une appartenance totale à la communauté ont alors succédé des appartenances « partielles » et souvent contradictoires : nationale, professionnelle, économique, sociale, sexuelle, religieuse, et, aussi, inconsciente et irrationnelle. Depuis cinq siècles, l’histoire de l’Occident est marquée des crises de croissance de cet individu ou de ses « maladies infantiles », qui s’appellent le luthérianisme et l’hitlérisme, l’anarchisme et Mai 68, et que reflètent les romans de Simenon ou « la Foule solitaire ». Au terme de cette « Longue Marche » s’est dégagé, en chacun de nous, un « individu sans appartenance », solitaire et débranché du social, qui essaie d’harmoniser ses appartenances diverses, d’inventer la « petite musique » intérieure d’une identité personnelle, de faire face à la réalité. Dans cette lutte secrète, difficile, héroïque parfois, réside la grandeur humaine de l’individu contemporain. Indéniablement, cette lutte s’accompagne aujourd’hui d’un repliement sur soi, narcissique, frileux. Ce repliement est dû à l’impossibilité de participer à la société actuelle sans se perdre comme individu. En effet, à la coupure politique entre droite et gauche s’ajoute celle, ancienne mais qui s’aggrave, et qui n’épargne pas les organisations de gauche, entre un « En-Haut » de quelques dizaines de milliers de décideurs et un « En-Bas » de plusieurs dizaines de millions d’exécutants ayant perdu toute motivation individuelle. Or, à la différence de la droite, la gauche au pouvoir ne peut se passer du soutien actif de son électoral. Saura-t-elle comprendre à temps les aspirations nouvelles de l’individu à un accomplissement personnel et créatif dans le travail et dans la vie sociale, elle que tout son passé militant conduit à privilégier les « organisations » ? L’avenir du septennat, autant que d’une réponse à la crise économique, va dépendre de la capacité politique de libérer le considérable potentiel d’énergie, d’imagination, d’intelligence des individus de notre époque.
MENDEL Gérard
1983
21,5 x 13,5 cm, 228 p.
Robet Laffont