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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Peu de femmes aux stages. Pourquoi ?

Constat de l’absence de femmes aux stages de formation et au sein des organisations syndicales et politiques. Au stage « formation générale » on comptait 12 femmes et 41 hommes dont 75% sont mariés, au stage « entreprises » 4 femmes et 25 hommes. Si la participation féminine à la vie des section est bonne, il faut remarquer que peu d’entre elles ont des responsabilités : il n’y a que 4 femmes à la C.E. de Paris et une seule au C.P.N. et ce n’est qu’exceptionnellement qu’elles sont secrétaires de section. Ce constat ne donne pas la réponse au pourquoi de cet état de fait si ce n’est le constat d’un manque de garderies d’enfants à proximité des lieux de stages.

Tribune Socialiste n°66 – 9 septembre 1961

Les multiples interrogations à propos d’un remaniement

Le remplacement de Ferhat Abbas par Youssef Ben Khedda à la tête de l’exécutif du Gouvernement provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A.) est interprété par certains comme de bon augure pour les négociations à venir. D’autres soulignent qu’au-delà de la lutte pour l’indépendance, ce sont les questions de l’Algérie future et des réformes à réaliser qui expliquent ce changement.

Tribune Socialiste n°65 – 2 septembre 1961

Conférence des non alignés à Belgrade

C’est le 1er septembre 1961 que s’ouvre à Belgrade la conférence des pays non engagés. Pour cette conférence, vingt-cinq pays non alignés, c’est à dire hors des blocs définis par la guerre froide entre l’URSS et les États-Unis, se réunissent à Belgrade suite à l’invitation de Tito : Président de la Yougoslavie. Les thèmes de discussion sont celles des luttes contre toutes les formes de colonialisme et de l’organisation à mettre en place pour obtenir une aide matérielle, sans condition politique, des États quels qu’ils soient, disposant de moyens. Ils abordent également la question du rétablissement et du renforcement de la paix et de la sécurité internationale, c’est ainsi que sont à l’ordre du jour Berlin et le Brésil. Le PSU représenté à cette conférence lance un appel en faveur des négociations pour la paix aux puissances concernées par l’actuelle crise de Berlin. Simone Lacouture et Claude Bourdet font le point pour Tribune Socialiste.

Création du « mur » de Berlin

Début de la construction du « Mur de Berlin » par les autorités de la République Démocratique allemande (RDA).

Tribune Socialiste n°64 – 29 juillet 1961

Français et Algériens de nouveau face à face

Dans son discours du 12 juillet 1961 à Lugrin, De Gaulle annonce la reprise des négociations entre l’Algérie et la France. L’annonce du partage de l’Algérie a jeté de l’huile sur le feu et mobilisé les solidarités marocaines et tunisiennes sur la redéfinition des frontières. Mais Bourguiba, jusque là allié du gouvernement français, se désolidarise et lance la double opération de « Bizerte » (contre le gouvernement français) et de la « borne 233 » (contre les algériens). Toutes ces divergences ne présagent pas une négociation fructueuse pour la paix.

Tribune Socialiste n°63 – 22 juillet 1961

Contre un régime usé, le front socialiste

Dans l’esprit du Congrès de Clichy, un communiqué du Bureau National appelle au regroupement des forces de gauche pour imposer le front socialiste face au pouvoir personnel en place. Le mythe gaulliste qui faisait du Général un sauveur s’use et chacun comprend de mieux en mieux que son pouvoir personnel s’intensifie et voudrait même se prolonger par la nomination d’un dauphin ! La guerre d’Algérie se prolonge de façon la pire, la guerre scolaire est ranimée et les moyens dont devrait disposer l’université sont inexistants tandis que les étudiants qui dénoncent cette situation voient leurs bourses supprimées.

La prison de Fresnes par la grand’porte

Dans tout régime normal, les officiers putschistes, pour avoir voulu renverser le gouvernement, seraient passibles de lourdes peines et auraient été considérés comme dangereux pour la sécurité de l’État, mais aujourd’hui,  ils s’évadent de la prison de Fresnes avec la voiture officielle du Colonel Crespin, qui a eu un commandement en Algérie. Celui-ci est aujourd’hui, Directeur de la préparation Olympique auprès du Cabinet du Haut Commissaire à la Jeunesse M.Herzog. Ces officiers comploteurs savaient n’avoir rien à craindre d’une Justice aux ordres du Gouvernement. Le sous titre de l’article est explicite : « C’est par la tête que pourrit le poisson ». La complicité du gouvernement Debré ne trompe personne.

Suppression des subventions pour le festival étudiant international de Poitiers

“ Ne faites plus de politique et vous serez subventionnés » dit en substance, Lucien Paye, Ministre de l’Éducation Nationale aux dirigeants de l’U.N.E.F. qui répondent par un communiqué affirmant la nécessité, lors des pourparlers avec le G.P.R.A .[Gouvernement Provisoire de la République Algérienne], de préserver l’intégralité du territoire algérien « Sahara compris ». En conséquence, les subventions prévues pour le festival étudiant international de Poitiers sont supprimées. (En 1960 seule la subvention de fonctionnement avait été supprimée par le Haut-commissaire Herzog). L’Assemblée Générale du 2 juillet condamne les mesures d’intimidation et de chantage prise à l’égard de l’UNEF.

(Extrait Analyses et Documents, N°18, 15 juillet 1961).

Tribune Socialiste n°62 – 15 juillet 1961

Communiqué du Bureau National P.S.U.

La journée du 5 juillet a été marquée par une répression brutale en Algérie. Le gouvernement français après avoir accepté le principe de l’autodétermination tente par tous les moyens de la retarder. Le partage de l’Algérie ne peut avoir qu’une conséquence désastreuse et renforce les déterminations du FLN et la solidarité entre le nationalisme algérien et les autres nations africaines. Le Bureau National du P.S.U appelle l’opinion à manifester par tous les moyens pour imposer une vraie négociation pour la fin de la guerre.

Menaces et chantages : De Gaulle choisit la guerre

De Gaulle, avant toute négociation avec le Gouvernement provisoire algérien propose, à l’Algérie indépendante mais coupée du Sahara, une association avec la France. Loin d’engager le processus de paix, ces déclarations cristallisent les tensions et risquent l’internationalisation du conflit.

 

La grève à Orsay de l’ensemble du personnel de la Faculté des Sciences, à la suite de la mort d’un technicien de la faculté au cours de son service militaire, l’arrestation de deux membres du P.S.U à Marseille et la saisie d’un ouvrage publié aux éditions Robert Morel montrent que la répression et la guerre se poursuivent malgré tous les discours et déclarations contraires.

Caporalisation

« Soumettre ou démettre » telle pourrait être résumée la politique du gouvernement qui supprime la subvention à l’O.S.S.U. (Organisation sportive scolaire et universitaire au sein des Œuvres Universitaires).

Tribune Socialiste n°61 – 8 juillet 1961

La crise paysanne et le socialisme

Face à la crise paysanne, quelle réponse peut donner le socialisme et en particulier le P.S.U.? Formation socialiste nouvelle, le P.S.U. ne peut se contenter d’une attitude passive en face de la révolte paysanne. Serge Mallet à la suite de son exposé au Conseil National Politique poursuit son analyse de la crise paysanne et interroge les acteurs du socialisme en marche. Cette crise n’est pas nouvelle : elle s’exprime depuis 1953. Elle se manifeste sous des formes diverses tels que les barrages de routes, les ventes directes ou encore les destructions de produits. En réalité cette crise n’atteint réellement que les petits et moyens exploitants qui souffrent des changements de méthode dans la production, la mécanisation, la production intensive ou encore la commercialisation décidée unilatéralement par les intermédiaires. La double nature du paysan, lié aux intérêts des ouvriers parce que producteur mais attaché au mode capitaliste parce que propriétaire, est en train de céder. Le rôle du P.S.U est d’approfondir sa connaissance du monde agricole et de détecter ce qui pousse le mouvement vers la mise en question du régime économique, trouver des formes d’action concrètes pour lier le mouvement paysan et le mouvement ouvrier.

Tribune Socialiste n°60 – 1er juillet 1961

La révolte des agriculteurs

Le 27 mai 1961, des centaines de kilos pommes de terres enduites de gasoil sont déversées dans les rues de Pont Aven ; le 4 juin, les urnes cantonales sont brûlées à Pont l’Abbé ; le 8 juin, près de 4 000 paysans bloquent la ville de Morlaix et investissent la sous-préfecture. L’arrestation le soir même d’Alexis Gourvennec et de Marcel Léon, les deux leaders de la manifestation, va galvaniser la colère des paysans bretons. Si l’effondrement des cours de la pomme de terre a mis le feu aux poudres, le conflit part en réalité de la volonté de jeunes syndicalistes d’imposer une nouvelle organisation des marchés. Le PSU encourage et soutient la révolte des agriculteurs pour l’organisation d’une société plus juste et condamne les réponses du gouvernement. A l’exemple de la Bretagne la lutte des agriculteurs s’exprime aussi dans le Sud-Ouest.

Organisation des débats au Conseil National

Cote : DIRECTIVES

I- organisation des débats au Conseil National II- Ordre du jour du congrès national des 1, 2,3 et 4 Novembre 1962 III- Décisions du Comité Politique National (PSU) des 2 et 3 Juin sur l’action économique IV- Quelques appréciations sur le discours de Maurice Thorez devant le comité central du P.C.F. – Lettre d’Edouard Depreux (conditions de logement du PSU ; SCI) – Eventualité d’un nouveau référendum et d’autres consultations (suite au discours de De Gaulle sur la réforme de la constitution dans un sens présidentiel à l’automne).

N°61
18 Juin 1962
27 x 21 cm, 6 p.

Tribune Socialiste n°59 – 24 juin 1961

Les raisons de la colère…

Les paysans de l’Ouest ont de bonnes raisons d’être en colère. Comme dans les autres départements bretons, les cultivateurs du Morbihan sont passés à l’action. La manifestation de Pontivy fut la plus importante et la plus spectaculaire : sept mille paysans juchés sur leurs tracteurs défilèrent dans les rues tenant la ville toute une matinée. Des heures violents avec les CRS ont eu lieu. Né dans le Nord, le mouvement revendicatif a déferlé sur la Bretagne. L’effondrement des prix appauvrissant les paysans  est à l’origine du mouvement social. Alors que la Bretagne a investi pour se moderniser , les paysans vivent aujourd’hui la misère, la surproduction, le désintérêt de l’État pour leur cause et l’exil dans de nouvelles régions pour un travail plus rémunérateur dans les usines menacées, elles aussi, de fermeture. Une révolution bretonne menée par les jeunes avec une cohésion dans les revendications et une unité dans l’action.

Résolution du Comité Politique National sur les problèmes paysans

Le Comité Politique National s’exprime sur les problèmes paysans. Devant l’évolution prises par les luttes paysannes en Bretagne, le PSU appelle ses militants et les Fédérations à appuyer sans réserve l’action revendicative des paysans en la faisant déboucher sur la revendication de réformes de structures tant sur le plan de la cogestion des circuits de distribution que sur l’élimination du capitalisme commercial des ventes, ou encore sur la mise en place de coopératives . Pour obtenir le soutien des masses ouvrières des villes, les revendications des paysans doivent s’inscrire dans un cadre général associant les intérêts des consommateurs et des producteurs.

Paysan, mécontentement social : les solutions du PSU – Lettre de la  Fédération des Côtes du Nord aux organisations politiques et syndicales du département – Motion du Congrès Fédéral d’Ille et Vilaine.

Les paysans accusent

L’explosion de mécontentement des paysans bretons témoigne l’opposition du monde agricole contre le régime gaulliste. Promesses non tenues, projets non suivis d’exécution sont les propos des leaders du mouvement. Le mouvement breton met aussi en cause le régime économique et social. Il s’interroge sur la surproduction, sur le prix des produits vendus,  sur la modernisation des exploitations. Pour les militants du nouveau parti socialiste unifié, le Parti doit se saisir de ces interrogations pour faire connaître ses réflexions sur les mesures urgentes à prendre tant pour réformer le système de distribution que pour favoriser les regroupements coopératifs et marquer la nécessité d’établir et de consolider la solidarité entre les paysans et les autres catégories de travailleurs. Le mouvement ne doit pas s’enfermer dans les limites corporatistes ou régionalistes.

Tribune Socialiste n°58 – 17 juin 1961

Tribune Socialiste n°57 – 10 juin 1961

C.F.T.C., une étape est franchie

Le rapport sur les salaires présenté par R.Bonety, des métaux du Nord, devait être au centre des discussions du 31ème Congrès de la C.F.T.C.. Le sentiment dominant de ce congrès est bien la concrétisation de la fin du syndicalisme chrétien. L’élection d’Eugène Descamps, militant et leader de la gauche, signe l’évolution des idées amorcée dès 1957. Le socialisme est devenu le mot-clef alors qu’il avait été longtemps esquivé et même banni. Au-delà de ce débat, l’unité d’action revendicative en particulier avec la C.G.T. n’est pas sans poser certains problèmes.

Tribune Socialiste n°56 – 3 juin 1961

Tribune Socialiste n°55 – 27 mai 1961