La crise paysanne et le socialisme
Face à la crise paysanne, quelle réponse peut donner le socialisme et en particulier le P.S.U.? Formation socialiste nouvelle, le P.S.U. ne peut se contenter d’une attitude passive en face de la révolte paysanne. Serge Mallet à la suite de son exposé au Conseil National Politique poursuit son analyse de la crise paysanne et interroge les acteurs du socialisme en marche. Cette crise n’est pas nouvelle : elle s’exprime depuis 1953. Elle se manifeste sous des formes diverses tels que les barrages de routes, les ventes directes ou encore les destructions de produits. En réalité cette crise n’atteint réellement que les petits et moyens exploitants qui souffrent des changements de méthode dans la production, la mécanisation, la production intensive ou encore la commercialisation décidée unilatéralement par les intermédiaires. La double nature du paysan, lié aux intérêts des ouvriers parce que producteur mais attaché au mode capitaliste parce que propriétaire, est en train de céder. Le rôle du P.S.U est d’approfondir sa connaissance du monde agricole et de détecter ce qui pousse le mouvement vers la mise en question du régime économique, trouver des formes d’action concrètes pour lier le mouvement paysan et le mouvement ouvrier.
La révolte des agriculteurs
Le 27 mai 1961, des centaines de kilos pommes de terres enduites de gasoil sont déversées dans les rues de Pont Aven ; le 4 juin, les urnes cantonales sont brûlées à Pont l’Abbé ; le 8 juin, près de 4 000 paysans bloquent la ville de Morlaix et investissent la sous-préfecture. L’arrestation le soir même d’Alexis Gourvennec et de Marcel Léon, les deux leaders de la manifestation, va galvaniser la colère des paysans bretons. Si l’effondrement des cours de la pomme de terre a mis le feu aux poudres, le conflit part en réalité de la volonté de jeunes syndicalistes d’imposer une nouvelle organisation des marchés. Le PSU encourage et soutient la révolte des agriculteurs pour l’organisation d’une société plus juste et condamne les réponses du gouvernement. A l’exemple de la Bretagne la lutte des agriculteurs s’exprime aussi dans le Sud-Ouest.
Organisation des débats au Conseil National
Cote : DIRECTIVES
I- organisation des débats au Conseil National II- Ordre du jour du congrès national des 1, 2,3 et 4 Novembre 1962 III- Décisions du Comité Politique National (PSU) des 2 et 3 Juin sur l’action économique IV- Quelques appréciations sur le discours de Maurice Thorez devant le comité central du P.C.F. – Lettre d’Edouard Depreux (conditions de logement du PSU ; SCI) – Eventualité d’un nouveau référendum et d’autres consultations (suite au discours de De Gaulle sur la réforme de la constitution dans un sens présidentiel à l’automne).
N°61
18 Juin 1962
27 x 21 cm, 6 p.
Les raisons de la colère…
Les paysans de l’Ouest ont de bonnes raisons d’être en colère. Comme dans les autres départements bretons, les cultivateurs du Morbihan sont passés à l’action. La manifestation de Pontivy fut la plus importante et la plus spectaculaire : sept mille paysans juchés sur leurs tracteurs défilèrent dans les rues tenant la ville toute une matinée. Des heures violents avec les CRS ont eu lieu. Né dans le Nord, le mouvement revendicatif a déferlé sur la Bretagne. L’effondrement des prix appauvrissant les paysans est à l’origine du mouvement social. Alors que la Bretagne a investi pour se moderniser , les paysans vivent aujourd’hui la misère, la surproduction, le désintérêt de l’État pour leur cause et l’exil dans de nouvelles régions pour un travail plus rémunérateur dans les usines menacées, elles aussi, de fermeture. Une révolution bretonne menée par les jeunes avec une cohésion dans les revendications et une unité dans l’action.
Résolution du Comité Politique National sur les problèmes paysans
Le Comité Politique National s’exprime sur les problèmes paysans. Devant l’évolution prises par les luttes paysannes en Bretagne, le PSU appelle ses militants et les Fédérations à appuyer sans réserve l’action revendicative des paysans en la faisant déboucher sur la revendication de réformes de structures tant sur le plan de la cogestion des circuits de distribution que sur l’élimination du capitalisme commercial des ventes, ou encore sur la mise en place de coopératives . Pour obtenir le soutien des masses ouvrières des villes, les revendications des paysans doivent s’inscrire dans un cadre général associant les intérêts des consommateurs et des producteurs.
Paysan, mécontentement social : les solutions du PSU – Lettre de la Fédération des Côtes du Nord aux organisations politiques et syndicales du département – Motion du Congrès Fédéral d’Ille et Vilaine.
Les paysans accusent
L’explosion de mécontentement des paysans bretons témoigne l’opposition du monde agricole contre le régime gaulliste. Promesses non tenues, projets non suivis d’exécution sont les propos des leaders du mouvement. Le mouvement breton met aussi en cause le régime économique et social. Il s’interroge sur la surproduction, sur le prix des produits vendus, sur la modernisation des exploitations. Pour les militants du nouveau parti socialiste unifié, le Parti doit se saisir de ces interrogations pour faire connaître ses réflexions sur les mesures urgentes à prendre tant pour réformer le système de distribution que pour favoriser les regroupements coopératifs et marquer la nécessité d’établir et de consolider la solidarité entre les paysans et les autres catégories de travailleurs. Le mouvement ne doit pas s’enfermer dans les limites corporatistes ou régionalistes.
C.F.T.C., une étape est franchie
Le rapport sur les salaires présenté par R.Bonety, des métaux du Nord, devait être au centre des discussions du 31ème Congrès de la C.F.T.C.. Le sentiment dominant de ce congrès est bien la concrétisation de la fin du syndicalisme chrétien. L’élection d’Eugène Descamps, militant et leader de la gauche, signe l’évolution des idées amorcée dès 1957. Le socialisme est devenu le mot-clef alors qu’il avait été longtemps esquivé et même banni. Au-delà de ce débat, l’unité d’action revendicative en particulier avec la C.G.T. n’est pas sans poser certains problèmes.
Pour la reprise immédiate des négociations
Après Royaumont, Aix-en-Provence et Grenoble, le colloque de l’association pour la sauvegarde des institutions judiciaires et la défense des libertés individuelles de Lille des 24 et 25 Juin 1961 a rassemblé des juristes, des magistrats, des professeurs, des avocats et des militants syndicalistes et politiques du parti radical, de l’U.D.T, du M.R.P, de l’UNEF et du P.S.U, pour étudier en commun les moyens de défendre les libertés démocratiques et mettre fin à la guerre d’Algérie. Ils ont dénoncé la montée du fascisme en France et la privation des libertés individuelles et syndicales. La grande majorité des membres du colloque ont réclamé le droit à l’autodétermination pour l’ensemble du territoire algérien comprenant le Sahara algérien, sans partage.
Dans la perspective d’une Algérie indépendante
Les négociations pour la paix vont débuter à Evian. Le gouvernement français a fait connaître qu’il avait décidé la libération prochaine de 6000 détenus, le transfert de Ben Bella et de ses compagnons et une trêve d’un mois. L’Algérie sera indépendante mais la négociation pour la paix reste fragile et difficile.
C’est une vraie justice qu’il aurait fallu
De Gaulle, pour juger les généraux putschistes, crée le Haut-Tribunal, composé de militaires et de magistrats désignés par l’exécutif comme avait été mis en place la Haute cour de Riom pour juger Pétain. Même si les généraux factieux sont lourdement condamnés, les républicains ne pourront se féliciter du verdict, car la Justice qu’on leur aura réservée n’aura été ni régulière ni complète.
Directives pour le travail dans l’armée
Lettre aux Fédérations et Sections. L’action du Parti dans l’armée est une préoccupation essentielle dont le but est la constitution de « comités de Soldats » dans les casernes . Le plan d’action prévoit une attention personnalisée auprès des conscrits, le rapprochement des jeunes militaires avec la population musulmane, la mobilisation pour la paix…Présentation dans cette lettre d’un plan d’action.
Le Sud-Est asiatique, champ clos des rivalités Est-Ouest
Le Sud-Est asiatique, ex-Indochine Française, subit les méfaits des rivalités impérialistes et les conséquences néfastes de la guerre froide. Les conséquences des 7 ans de la « guerre d’Indochine », furent la création du royaume du Laos et la division du Vietnam en deux états antagonistes. Les accords de Genève ont été rompus, entre autres, par l’intervention des U.S.A au Laos. Le Cambodge voit sa neutralité menacée. Les Américains mènent dans cette partie du monde une politique d’anticommunisme virulent et accordent une aide militaire et un appui au régime fasciste de M.Diem au Sud-Vietnam. Le Laos est aujourd’hui le motif officiel de la réunion des « 14 » qui vient de débuter ses travaux à Genève mais le Vietnam ne sera pas non plus absent du débat. Le Laos, le Cambodge et le Sud-Vietnam sont aujourd’hui dans des situations différentes mais dont l’Europe ne peut s’en désintéresser au risque de donner carte blanche aux Américains et d’abandonner le Sud-Est asiatique voué à une guerre civile.
Le terrorisme et la paix
Après l’attentat contre France-Observateur, appel de Fédération de Paris, Seine-Banlieue et Seine et Oise du P.S.U pour une manifestation en faveur de la Paix et contre les plasticages et les attentats. La paix ne peut se faire dans les conditions imposées par De Gaulle. Ce dernier accepte une souveraineté algérienne mais limitée par un statut organique des communautés, la sauvegarde des privilèges économiques et l’existence de bases militaires. Ceci est inacceptable pour les algériens qui iront à Evian sans espoir de négociations vraies. La manifestation est interdite, prises de position contre cette interdiction par Jean-Paul Sartre, Jean Schaeffer, la F.E.N., Georges Rino et Emmanuel D’Estier.
Soutenir le contingent
Contrairement à ce qu’on voudrait faire croire, l’armée n’est pas unitaire et si le complot des 22 et 22 avril 1961 a échoué c’est bien grâce à l’attitude des hommes du contingent qui n’ont pas voulu suivre les ordres des généraux putschistes. Le P.S.U dans un communiqué du Bureau National rappelle que tout « appelé » à droit de désobéir à un ordre manifestement illégal et met en garde l’opinion contre toute tentative de faire payer aux jeunes leur courage et leur patriotisme. Le Bureau National réclame le droit à l’information contre une armée réactionnaire.
Alger, putsch des généraux
Le putsch des généraux les 21-22 avril 1961 est une tentative de coup d’état fomentée par des militaires de carrière de l’armée française contre la politique de De Gaulle. Les généraux Maurice Challe, Raoul Sallan, André Zeller choisissent l’Algérie Française et tentent de s’assurer le contrôle du pouvoir. En réponse à cette mutinerie des généraux, le Général de Gaulle met en application dès le lendemain de la mutinerie, l’article 16 de la constitution qui lui donne tous les pouvoirs : exécutif et législatif. À la faveur de la mutinerie, un régime dictatorial s’instaure. Ceux qui ont vécu de près ces évènements ont éprouvé le sentiment de revivre les évènements du 13 Mai au 1er Juin 1958, dates de la prise de pouvoir par Charles de Gaulle ainsi que le rappelle Oreste Rosenfeld pour Tribune Socialiste.
L’Action du P.S.U. pour l’unité des masses populaires
La tentative de putsch des généraux à Alger des 21-22 avril 1961 a déclenché une grève très suivie dans toute la France. Le Bureau National du P.S.U. retrace toutes ses démarches pour réaliser le plus rapidement possible la plus large mobilisation des forces syndicales et politiques en riposte à cette tentative de coup d’Etat.
Documents divers PSU Dordogne (1)
Cote : DORDOGNE (24)
Don LB – Libération 29 janvier 1962 : Le plastic : ce que vous devez savoir. – Forces Nouvelles Françaises. Charte. 1961. Brochure, 14,4 x 11,2 cm, 16 pages PSU Tracts – Directives spécial, Fédération Dordogne, 21 octobre 1961. – Directives spécial, Fédération Dordogne, 25 janvier 1962. – Tract Jeunes soldats. Les 7 points du contingent. PSU Paris – Tract : Soldat. Il faut que tu saches ; devoir de refus… – Tract aux adhérents (Bureau fédéral ; Dordogne ?). 1961 ? – Tract Fédération Dordogne : contre la menace d’un putsch fasciste… Pour la réalisation d’un front socialiste. Courriers : échanges de début 1962 avec Jean Arthuis Tract comité départemental de défense des libertés (Dordogne) : A tous les républicains Texte manuscrit (projet de tract ?) du comité de Défense de Dordogne Double de circulaire do Comité de défense de Dordogne Notes manuscrites – Cahier (couverture bleue) avec notes suite à une réunion du 3 octobre 1961. Organisation des groupes, misions, agents de liaison, mise en place du réseau, codes… – Notes au sujet de voitures et de personnes surveillées. Deux Courriers manuscrits de J. Gaudin au sujet de ses frais de déplacements pour la DP de mars 1985
1961-1962
La révolution et la guerre d’Espagne
Cote : BROU
Les événements qui se déroulèrent en Espagne de juillet 1936 à mars 1939 ne marquèrent pas seulement une épreuve politique décisive, une répétition générale de la guerre qui allait opposer durant six années une moitié du monde à l’autre; ils représentaient d’abord une révolution sociale, ouvrière et paysanne contre un pronunciamiento de généraux. Cette révolution est analysée ici avec ses violences, mais aussi ses espoirs, ses réalisations, même précaires, ses rêves, l’empreinte libertaire dont l’a marquée le mouvement anarcho-syndicaliste. Du pronunciamiento à la révolution, à la guerre révolutionnaire, à la guerre tout court, le chemin est rapide : la guerre dévore la révolution. Dès lors, le sort de l’Espagne dépendra de l’intervention étrangère. Et Franco sortira vainqueur d’une partie où les rôles principaux furent tenus par Hitler et Mussolini, Chamberlain, Blum et Staline.
BROUÉ Pierre, TÉMINE Émile
1961
22 x 14 cm, 542 p.
Éditions de Minuit