Institut
tribune
socialiste

Centre
Jacques
Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Manifestation unitaire contre l’O.A.S, métro Charonne

Déclaration d’appel unitaire des syndicats C.G.T.de la Seine et de l’Oise, de l’Union régionale parisienne C.F.T.C., du SGEN, des sections de la Seine et de l’Oise de la F.E.N, du P.C., du PSU, des Jeunesses catholiques, des JSU, et des Étudiants du PSU, du Mouvement de la Paix et du M.L.O (Mouvement de libération ouvrière) : « Les complicités et l’impunité dont l’OAS bénéficie de la part du pouvoir malgré les discours officiels, encouragent ses actes criminels. Une fois de plus, la preuve est faite que les antifascistes ne peuvent compter que sur leurs forces, sur leur union, sur leur action ».  La manifestation est interdite par le gouvernement, qui invoque le caractère anti-gouvernemental de l’appel . Le bilan (8 morts, des centaines de blessés) est écrasant pour le pouvoir gaulliste. Les communiqués du Ministère de l’Intérieur invoquent des provocations de « commandos communistes organisés ».
(Extraits Analyses et Documents, N° 29 Mars 1962)

8 février 1962 – Analyse de la tragique manifestation

Raymond Le Loch, secrétaire général du Secrétariat National Étudiants analyse, dès le 10 février, les exactions des Brigades Spéciales de la Police. Il dément les propos de Roger Frey, Ministre de l’Intérieur qui nomment les communistes comme organisateurs de la manifestation. Cette manifestation est un revers politique face à l’unité syndicale, lycéenne et étudiante. Il souligne la nécessité d’affirmer la politique du Front Socialiste pour la victoire de la démocratie socialiste.

La journée du 6 février 1962 chez les lycéens

Les lycéens s’engagent dans la lutte anti-fasciste : bagarres à la sortie des lycées avec les extrémistes de droite, distribution de tracts, création de 30 comités anti-fascistes, représentant 3000 lycées, qui s’unissent dans le « Front antifasciste lycéen » et adhèrent à l’unanimité au F.U.A. (Front universitaire antifasciste). Cette journée du 6 février permet de mesure l’engagement lycéen et leur combativité contre l’O.A.S. et la guerre d’Algérie. La circulaire Paye doit être dépassée, face à la négociation, les antifascistes doivent montrer que leurs alliés naturels sont les révolutionnaires algériens, déclare Jacques-Arnaud Penent, Président ESU.

Une semaine de combats contre l’O.A.S.

Journée anti-fasciste à l’Université le 6 février 1962. Riposte de l’O.A.S le 7 février par le plasticage de l’appartement de Georges Vedel, Doyen de la Faculté de Droit à Paris. Indignation générale : syndicats, ouvriers, étudiants et enseignants lancent un appel unitaire pour une manifestation le 8 février 1962. L’université et ses étudiants manifestent à côté des ouvriers et prennent conscience de leur force pour s’opposer à la réaction. Cette manifestation se déclare solidaire des morts algériens du 17 octobre 1961.

Naissance du Front Universitaire Antifasciste

Ce numéro est édité au lendemain de l’enterrement des 8 victimes de la répression policière pendant la manifestation unitaire contre l’OAS, les plasticages et les actions d’intimidations des groupes fascistes. L’éditorial salue la naissance du Front Universitaire Antifasciste qui agit pour l’interdiction de toute présence fasciste dans le Quartier latin. Les étudiants en Histoire–Géo comme ceux de Propé appellent également à agir.

Tribune Socialiste n°87 – 3 février 1962

Enlèvement de Marc-André Schwartz par l’O.A.S

Déclaration de soutien à Laurent Schwartz, fondateur du « Comité Maurice Audin », et Marc-André Schwartz par les étudiants ESU et Tribune Étudiante.

L’Afrique en mouvement

« Trois événements marquants en ce mois de janvier dans l’Afrique en constant mouvement : ouverture des négociations franco-maliennes, réunion de la conférence de Lagos, constitution à Dakar d’une nouvelle confédération syndicale africaine. Si la normalisation des rapports entre Paris et Bamako va dans le sens d’une détente, les deux autres réunions se déroulent encore sous le signe de la division de l’Afrique…. »

Tribune Socialiste n°86 – 27 janvier 1962

S.I.C.A. ou syndicat indépendant ?

Suite à l’article sur les manifestations du 14 décembre 1961 et la prise de position de J.C.Barigel pour la S.I.C.A. contre les primeuristes indépendants, un exploitant agricole de Santec (canton de St Pol de Léon) répond et dénonce les pratiques de la S.I.C.A.. Sans renier son compte rendu J.C. Barigel souligne que adversaires et partisans de la coopérative se déchirent aussi entre catholiques de droite et anti cléricaux. Il préconise une dépassionnalisation du débat pour trouver une solution valable à la crise paysanne bretonne.

À Decazeville la lutte continue

Les mineurs de Decazeville poursuivent leur grève avec énergie. Le 22 janvier a eu lieu à Rodez une réunion des représentants des organisations syndicales ouvrières et professionnelles de 17 départements. La Conférence régionale économique du PSU a décidé d’organiser la lutte contre le sous-développement économique de la région. Tous s’accordent sur le fait que cette crise aurait pu être évitée si un plan régional d’expansion économique prenant en compte l’implantation de centres industriels autre que le traitement minier avait été mis en place. La commission réclame la création des moyens de communication pour assurer le désenclavement de la région, et la valorisation des productions locales.

La lutte contre l’O.A.S.

Cote : DIRECTIVES

La lutte contre l’OAS est la bataille principale aujourd’hui – La coordination des forces anti O.A.S. – Les formes d’action – Les groupes d’action et de résistance : les objectifs et les moyens (composition des groupes) – coordination avec d’autres forces

N° Spécial
20 Janvier 1962
27 x 21 cm, 8 p.

Tribune Socialiste n°85 – 20 janvier 1962

Méthodes d’action psychologique

Arme bien plus dangereuse que toutes les autres, des méthodes d’endoctrinement sont mises en place par l’armée dans des centres de formation spécialisés en Algérie. Le Centre d’instruction de pacification et contre‑guérilla (C.l.P.C.G.) d’Arzew organise des stages de quinze jours pour les officiers d’active et de réserve et plus particulièrement les sous‑lieutenants. A travers ces cours, il est présenté la théorie classique de l’armée sur la guerre d’Algérie. L’intoxication s’exerce également de façon plus indirecte et plus hypocrite comme la désinformation répétée sur ce qui se passe ou ce qui se dit. L’action psychologique agit aussi sur les populations par des tracts, des panneaux d’information manipulateurs et méprisants. La population musulmane est caricaturée. Une méthode inutile et perverse.

Lettre au comité de liaison des étudiants d’outre-mer

L’Association Générale des Étudiants de Bordeaux s’adresse au Comité de liaison des étudiants d’outre-mer pour l’organisation d’une grève des cours et des repas contre la répression à l’encontre des Algériens, et contre toutes les actions de l’OAS. Appel à une union très large des forces démocratiques pour imposer la paix en Algérie.

Tribune Socialiste n°84 – 15 janvier 1962

La révolte Kurde en Irak

Michel Démoret a recueilli pour Tribune Étudiante le témoignage de l’Association des Étudiants kurdes en Europe. Le Général Kassem  se heurte à la question kurde, la situation se dégrade progressivement. A l’automne 1961 une révolte des kurdes luttant pour la reconnaissance de droits spécifiques est durement réprimée par l’armée irakienne. Les kurdes réclament la fin de la dictature de Kassem, le droit à l’autonomie du Kurdistan et la restauration des libertés démocratiques.

Tribune Socialiste n°83 – 6 janvier 1962

Le Front antifasciste à la Faculté de sciences

Face à la dégradation de la vie démocratique française, face au soutien tacite du gouvernement vis-à-vis de l’OAS, l’idée d’un front étudiant commun qui s’était déjà manifesté dans les « comités de paix ou  pour la paix en Algérie » est renforcé par leur regroupement au sein d’un Front antifasciste. Le Front Antifasciste est une organisation de combat pour le rétablissement de la démocratie. Les commissions de travail se proposent d’informer la masse des étudiants par tracts et publications du danger fasciste et de la riposte à envisager. Toutes les Facultés seront contactées, professeurs, assistants, chercheurs et personnel compris.

La révolution angolaise

Sous domination portugaise la plus grande partie des angolais vivent sous le régime du travail forcé, véritable esclavage qui se pare des noms juridiques de travail contractuel et travail volontaire. Le régime salazariste vise avant tout à assurer la rentabilité de l’entreprise coloniale. En outre les autorités portugaises pratiquent une politique de ségrégation. En juillet 1960, l’indépendance du Congo prouve aux angolais que la victoire est possible. L’U.P.A. (Union des Populations Angolaises) prend la tête des opérations de soulèvement partout en Angola. Le colonialisme portugais est à l’agonie.

Les diverses voies du stalinisme

Il semblerait que les réformes de Khrouchtchev donne des garanties à la démocratisation et à la  déstalinisation en marche. Est-ce pour autant une révolution socialiste ? Quels ont été les moteurs de la stalinisation et du repli de l’URSS sur elle-même. Jean Naury analyse les différentes positions de l’URSS et sa politique extérieure.

Entretien avec Jean-Paul Sartre

Interviewé par Jean-Paul Naury pour Tribune Étudiante, Jean-Paul Sartre analyse la réaction des français face aux actions de l’OAS, aux évènements d’Algérie,  à la colonisation ou à l’impérialisme. Il s’exprime sur la manière dont peut être associé le travailleur aux luttes. Il dénonce l’apolitisme grandissant et la disparition de l’humanisme le plus simple qui entraîne l’ensemble de la population française à se taire, à ne pas réagir et à accepter ce qu’une société avec un minimum de conscience politique ne pourrait digérer.

À Paris comme à Alger le régime gaulliste ouvre la voie au fascisme

Les restrictions de plus en plus sévères de la liberté individuelle, de la liberté d’opinion et d’organisation, le mépris des règles de justice et la multiplication des tribunaux d’exception, les arrestations arbitraires, les camps d’internement, les attentats… tout cela se passe en Algérie mais aussi en France. Par sa politique du pire, le gouvernement encourage les ultras comme on a pu le voir à la manifestation du 19 décembre. Les républicains doivent réagir face à cette montée du fascisme.

Sans réponse ?

Publication dans Tribune Socialiste de la lettre de la Fédération Nationale du Syndicat de Police adressée au Président de la République. La Fédération informe qu’elle approuve la journée de manifestation nationale du 19 décembre contre l’O.A.S. et pour la paix en Algérie. Elle dénonce la gravité des faits et l’attitude de la police dont elle a été témoin et oppose cette manifestation à celle de la place de l’Étoile, en faveur de l’Algérie Française qui a pu se dérouler dans le calme. Édouard Depreux répond, le 26 Décembre, et remercie la Fédération. Il salue l’attitude courageuse de ces policiers républicains.

Tribune Socialiste n°82 – 30 décembre 1961

L’armée et l’État en France

Cote : CAHIERS CES

NAVILLE P.
12
1961 décembre
21 x 13,5 cm, 50 p.

Tribune Socialiste n°81 – 23 décembre 1961

La semaine agricole

La journée revendicative du 11 décembre, organisée par la FNSEA a largement mobilisé les paysans dans toute la France. À l’Assemblée, le projet de loi sur  les prix agricoles a finalement été adopté. Cette loi devrait permettre une réforme des circuits à la production au bénéfice des agriculteurs. Malgré tout, son application soulèvera des oppositions au sein de la profession elle-même comme le montre les affrontements du 14 Décembre à St Pol de Léon. C’est ainsi que dans cette ville,  le début de la campagne du choux fleur a été l’occasion d’affrontements entre primeuristes indépendants et agriculteurs fédérés à la Société d’intérêt collectif agricole (S.I.C.A.) .

Comité de l’Association Générale de Bordeaux

Le Comité dénonce la campagne menée par la FNEF contre la section bordelaise et réclame une campagne d’information sur les réalisations de l’UNEF. En outre, le Comité dénonce le retard dans le paiement des bourses, leurs diminutions et parfois même leurs suppressions de façon injustifiée. 

Manifestation unitaire pour la paix et contre l’O.A.S.

A l’initiative de l’U.N.E.F. et du P.S.U appel à manifester le 19 Octobre 1961 contre l’O.A.S. et pour la paix négociée en Algérie. Appel largement suivi par les syndicats C.F.D.T., C.G.T., C.F.T.C., S.G.E.N. S.N.E. Sup.