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Jacques
Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Tribune Socialiste n°115 – 22 septembre 1962

Les élections algériennes consacrent le succès du Bureau politique

Les élections du 20 septembre marquent la fin de la crise politique de l’été et ouvrent la voie à la reconstruction. Elles consacrent la victoire de Ben Bella et du bureau politique. La lassitude populaire a beaucoup joué en faveur de ce dernier car tous souhaitent la reprise de l’activité économique, de l’administration et une stabilité politique. Toutefois le succès des élections ne sera réel qui si une unité large et durable autour des nouveaux leaders s’établit au-delà des luttes de pouvoir et des orientations politiques divergentes.

N’enterrez pas l’Algérie Socialiste

La révolution algérienne connaît des difficultés et il est difficile de faire une analyse exacte de la situation. Si tous les algériens sont pour le programme de Tripoli, pour la construction d’une Algérie socialiste, la mise en oeuvre de la reconstruction est difficile. Ce n’est que progressivement que les structures de guerre de l’A.L.N-F.L.N. opèreront une reconversion. Refus général de tout leader politique car chacun s’affirme gardien des valeurs de la révolution.

Tribune Socialiste n°114 – 15 septembre 1962

La lassitude du peuple empêchera-t-elle la guerre civile

La situation politique, en Algérie, est très confuse et il est impossible de faire un point tant les prises de position, les alliances, les déclarations ne sont pas durables. Une explosion populaire est toujours possible et il ne semble pas y avoir de force politique qui puisse s’imposer. Pourtant il y a un profond désir de stabilité pour affronter les problèmes de l’Algérie indépendante.

Tribune Socialiste n°113 – 8 septembre 1962

Rentrée scolaire sans professeurs

Une dizaine de professeurs membres du P.S.U. préparent avec l’U.N.E.F et le S.G.E.N. sur une initiative de l’U.G.E.M.A et de l’U.G.T.A, les élèves et les étudiants aux examens d’octobre. Une expérience très riche. Il y a 1.200 000 élèves scolarisés pour 6 000 instituteurs alors qu’il faudrait 27 000 instituteurs et 1.500 professeurs. Appel à tous les volontaires pour prendre la relève et enseigner en Algérie.

Le Ministre et les étudiants

M.Herzog rétablit partiellement la subvention de l’État pour le 10ème festival international de l’U.N.E.F. de Lille.

Déclaration de 47 camarades sur les conditions dans lesquelles ont été organisées la préparation et l’étude du projet de programme au sein du Parti

Cote : DIRECTIVES

– Lettres et déclarations des 47 camarades : trop de textes, pas d’options claires ; recentrer autour des institutions et de la succession du gaullisme. Liste des signataires (dont Mendes France). Courriers Mendes France / Edouard Depreux. Lettre de Charles Hernu, de Pierre Beregovoy, de Pierre Dreyfus Schmidt, de Pierre Bassan. – Problèmes agricoles : soutien à la lutte des agriculteurs pour la réforme foncière. – Société civile immobilière (pour local PSU) : nouvel appel d’Édouard Depreux – Roger Cerat à tous les militants : il faut régler les factures encore impayées.

N° 62
3 Août 1962
27 x 21 cm, 22 p.

Tribune Socialiste n°112 – 28 juillet 1962

Tribune Socialiste n°111 – 21 juillet 1962

Tribune Socialiste n°110 – 14 juillet 1962

Rencontre à Rabat pour la recherche d’un compromis au sein du F.L.N.

Le F.L.N., seule véritable force organisée, capable de prendre les choses en main, se trouve affaiblie par des conflits internes. Conflits de personnes, divergences sur l’organisation des structures, désaccord sur le rythme ou la nature des réformes à entreprendre, personne ne sait exactement lequel de ces éléments a compté le plus dans l’éclatement du conflit. La rencontre de Ben Bella à Rabat avec deux émissaires du G.P.R.A. est toutefois le signe d’une volonté d’apaisement et du maintien de l’union pour pouvoir ensuite aborder les débats de fond.

Tribune Socialiste n°109 – 7 juillet 1962

L’U.N.E.F. reconvertie

L’assemblée générale de juillet approuve l’élection d’un nouveau bureau. Le départ de Le Meilleur et Dutheil amène Ragolski, des E.N.S., et Béranger, de Sciences Po, Dalloz, Delaville, de la Fédération Université Santé et confirme surtout que le dialogue est rétabli entre ce bureau et les A.G.E. Ce bureau autour de Jean-Claude Roure, « minoritaire » de Montpellier, pied-noir devenu vice-président universitaire à Reims, alors qu’il était président de l’Office des Lettres obtient 7 voix sur 8. La « crise » n’était qu’un besoin de clarification et celle-ci doit se poursuivre pour l’assemblée générale extraordinaire convoquée à la mi-septembre. D’ici là, le bureau et les A.G.E. doivent dégager une plate-forme d’action revendicative à lancer à la rentrée universitaire. Cette plate-forme sera la première action de l’U.N.E.F. reconvertie.

Proclamation de l’indépendance de l’Algérie

Le scrutin du 1er Juillet consacre l’indépendance de l’Algérie, cependant, la situation politique est complexe. Le F.L.N. comme l’U.G.T.A. déplorent des prises de position contradictoires des dirigeants mais font de l’unité la condition de la victoire. S’il n’y a pas d’accord véritable entre les forces sociales qui ont mené la révolution, tous s’accordent sur le fait qu’il faut remédier à la vacance du pouvoir, prendre des mesures de gestion, principalement économiques, inscrire l’Algérie dans la communauté internationale et garantir l’unité du pays. Traditions, batailles de clans, divisions sur les analyses politiques caractérisent l’Algérie en pleine mutation. Présentation de ces contradictions par Marc Heurgon pour Tribune Socialiste.

À nos amis algériens

L’Algérie a voté largement pour l’indépendance « associé », même si elle aurait souhaité une association beaucoup plus librement négociée et une indépendance sans conditions. Ces négociations ont pu choquer, mais ne pas négocier c’était laisser se poursuivre les destructions et les massacres. Maintenant, au-delà des batailles politiques où chaque groupe condamne la décision de l’autre, il reste aux dirigeants algériens à concrétiser la révolution sans donner aux responsables de la guerre le plaisir d’avoir réussi à diviser les algériens. Le Conseil National du P.S.U. assure le peuple algérien de son soutien.

Tribune Socialiste n°108 – 30 juin 1962

Le retour des artichauts

Suite à la chute des cours de la vente des artichauts, le 19 Juin les agriculteurs de la région de Saint Pol de Léon, adhérent à la Société d’Intérêt Collectif Agricole (S.I.C.A.), répandent 300 tonnes d’artichauts dans les rues de la ville. Cette nouvelle crise ne peut être imputée au manque d’unité entre les agriculteurs adhérents de la S.I.C.A. mais plutôt à l’incapacité du gouvernement à légiférer et à soutenir sur le plan juridique et économique l’effort d’adaptation demandé aux agriculteurs. Si la S.I.C.A demeure une expérience qui a permis une certaine moralisation des ventes, elle n’a pas encore entamé la puissance des féodalités économiques qui dominent le marché. Les paysans bretons se trouvent, une nouvelle fois, confrontés à une nécessaire remise en cause du régime capitaliste.

Vacances… et diffusion de Tribune Socialiste

Cote : DIRECTIVES

– Comment diffuser TS pendant les vacances – Evolution de la diffusion par adhérent (classement du 28-2-62 : les champions, les bons, les réguliers, les coupables)

supplément au N° 60
9 Juin 1962
27 x 21 cm, 4 p.

Tribune Socialiste n°107 – 23 juin 1962

Tribune Socialiste n°106 – 16 juin 1962

Réflexions sur la démocratie de demain

Couverture Perspectives Socialistes N°51, Juin 1962L’avènement de la Ve République conduit à une réflexion sur la démocratie : sa nature, sa forme et sa fonction et sa nécessaire évolution.  Il semble qu’il n’existe pas — dans l’absolu — d’institutions démocratiques modèles, il ne peut pas exister non plus de régime démocratique modèle. Un régime, dit démocratique, ne peut donc être défini comme étant celui où — une fois pour toutes — la démocratie existe. En réalité, elle n’existe nulle part, elle est un objectif, elle n’est pas une situation. La démocratie ne se juge-t-telle pas plutôt comme le degré de participation des citoyens à l’ensemble des affaires publiques ? Un régime démocratique c’est celui dont les institutions favorisent, organisent la tendance à la démocratie. Comment peuvent s’articuler démocratie et liberté individuelle ? Quelle est la place de l’économie dans la démocratie ? La démocratie économique n’est-elle pas objectivement une démocratie indirecte ? Outre le cadre institutionnel, il semble que les partis, les cadres syndicaux, les animateurs culturels ou sociaux, le milieu associatif constituent un milieu vivant qui fait partie de la rénovation sociale exigée par la rénovation démocratique. Cela pose aussi la question de la formation à l’exercice démocratique tout au long de sa vie et dans tous les contextes.

Tribune Socialiste n°105 – 9 juin 1962

Démocratie et décentralisation régionale

Cet article « Démocratie et décentralisation régionale » paru dans la revue Perspectives Socialistes constitue l’essentiel du rapport sur « La région, aspects politiques et sociaux » présenté par M. Jean-Louis Quermonne, Professeur à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques et Directeur de l’Institut d’études politiques de l’Université de Grenoble au « Colloque sur la région » qui s’est déroulé à Lyon les 6 et 7 avril 1962. Depuis quelques années, un grand nombre de mesures législatives et réglementaires sont intervenues pour favoriser l’expansion régionale. La nécessité de réaliser la promotion régionale recueille une adhésion de plus en plus large. Pour cela il faut avoir un minimum d’exigences sans lesquelles la « Grande Région » ne pourrait voir le jour. Il est nécessaire d’avoir un équipement administratif approprié et de qualité, la participation des forces politiques et sociales et de mettre en place une véritable information et formation des citoyens. Il faudra prévoir également la répartition des compétences, la participation régionale à l’exercice du pouvoir et combattre la fausse idée de la suprématie parisienne.

Démocratie et nouveaux notables

Cet article intitulé « Démocratie et nouveaux notables » est une note critique de l’ouvrage de Joseph Rovan : « Une idée neuve : la démocratie » Joseph Rovan est un militant engagé et c’est à travers ses engagements qu’il juge la démocratie et propose un autre fonctionnement. Il fait le constat, en analysant l’expérience démocratique depuis cent cinquante ans, que le suffrage universel offert au peuple a été détourné par les « notables de la bourgeoisie » qui se sont accaparés la démocratie pour garder le pouvoir. Dans la deuxième partie de son ouvrage « Construction » il explicite comment les « nouveaux notables » que sont les syndicalistes, les animateurs d’éducation populaire, les porte-parole de groupe divers devrait être institutionnalisés. Une première limite à ce raisonnement réside à la fois dans la définition trop floue des « notables » en question et des modifications à apporter aux structures économiques. La seconde limite concerne le rôle de l’État qui n’est pas abordée sur le fond. Ses propositions n’apparaissent pas en fin de compte comme la base d’une nouvelle démocratie mais plutôt comme un aménagement de l’ancienne. Il offre de préparer la démocratie plus que de l’incarner et de la réaliser.

« Utopie » pour un exercice réel de la démocratie

« Utopie », pour un exercice réel de la démocratie est une contribution de Jean-Pierre Mouveaux, de Sainghin-en-Mélatois (Nord) au débat de Perspectives Socialistes autour de la démocratie. Pour ce militant, la formation politique des électeurs est indispensable. Sans formation, les électeurs votent pour des raisons sentimentales, en réaction à des craintes, par habitude ou encore par espoir que les choses vont changer mais rarement après avoir pesé leurs choix sur un ligne politique. Par ailleurs il dénonce le vide entre l’électeur et ses représentants. Pour lui, la clé de la crise de la démocratie est sans doute à chercher dans une mise au point des rapports entre corps électoral et représentation élue, plutôt qu’entre exécutif et législatif. Il ajoute que partis et syndicats ont un rôle de formation et de conscience politique à transmettre aux électeurs mais que pour cela il faut repenser leurs statuts et leurs rétributions. Son point de vue constitue un élément de débats et ouvre la discussion.

Tribune Socialiste n°104 – 2 juin 1962

La Mauritanie existe-t-elle ?

Reconnue par la France, la République Islamique de Mauritanie est niée par ses deux principaux voisins, le Maroc et le Mali qui contestent ses frontières. Créée en 1933 la colonie de Mauritanie n’a pas d’existence historique, elle a été créée pour protéger le Sud-Marocain et le Nord du Sénégal contre des bandes inorganisées. Ainsi furent regroupés des Maures, des populations nomades ou noires et des populations sédentaires. La République Islamique n’a de finalité que sur le plan économique. Mais cette économie n’est ni nationale ni africaine, c’est celle des grands trusts intéressés par les gisements de fer et de cuivre. La création de cet État est bien l’exemple de la conception rétrograde de la décolonisation politique en Afrique.

Tribune Socialiste n°103 – 26 mai 1962