Critique socialiste n° 26-27. Commune et autogestion
Cote : CRIT. SOC.
– Matériaux pour une histoire politique de l’institution communale, François Dalbert et Jacques Sallois – Que faire à Paris, que faire de Paris ? Claude Bourdet – Louviers sur la route de l’autogestion – Les contraintes financières imposées aux communes, Victor Aladeu – Femme exclue, femme alibi, Huguette Bouchardeau – Les Commissions de Moradores, Bernard Ravenel – Débat sur les problèmes municipaux, R. Prat, M. Marzin, Y. Gallaup, B. Castagner, F. Dalbert – La vie communale, B. Castagner, maire de Coupvray – Préparation du budget communal , B. Castagner – La ville et l’Etat capitaliste. La gestion de l’espace, François Desmoulins
Dalbert, Sallois, Bourdet, Aladeu, Bouchardeau, Ravenel, Prat, Marzin, Gallaup, Castagner, Desmoulins
26 – 27
1976 – Octobre – Novembre – Décembre
22,5 x 17,3 cm, 160 p.
Syros
L’atome chez les juges
Le programme nucléaire français fait l’objet d’un procès pour quinze opposants au titre de la loi anti-casseurs. Ce procès est la suite de deux actions menées par les agriculteurs et les antinucléaires de Braud-St-Louis contre les agissements d’EDF. Le 10 Avril 1975, EDF implante illégalement un pylône météorologique alors que le permis de construire n’est pas délivré. Le 11 Mai 1975 les antinucléaires occupent un terrain que devait utiliser EDF. Les opposants au projet de construction de la centrale dénoncent l’attitude de la SAFER qui gèle les terres et les propose à l’exploitation d’EDF niant par là-même tous les efforts de diversification de l’agriculture dans la région et participant à la désertification organisée de la région. La suppression de l’outil de travail et l’absence de contrôle sur les moyens de production vont entrainer une immigration des petits et moyens agriculteurs endettés et sans moyens de lutte contre EDF. C’est en ce sens que les inculpés plaideront non coupables et en état de légitime défense face à EDF et aux pouvoirs publics. Il sera l’occasion pour le PSU d’intensifier les campagnes d’information sur le programme nucléaire et d’élargir les bases du mouvement.
Périodique – Combat Socialiste n°12 – Spécial Bouguenais. Notre part de vérité
Présentation
Titre du document : Combat Socialiste n°12 Spécial Bouguenais. Notre part de vérité.
Auteur(s) : PSU Loire-Atlantique.
Date du document : 4e trimestre 1976.
Thématiques abordées : élections, nucléaire, écologie.
Typologie : Périodique.
Nombre de pages : 4 p.
Dimensions : 21 x 29,7 cm.
Sommaire
- Notre part de vérité
- Nucléaire = danger !
Radioactifs demain ?
Radioactifs demain est un slogan qui met l’accent sur les dangers de l’industrie nucléaire face aux déclarations fallacieuses d’EDF et aux choix du gouvernement. La mobilisation contre le nucléaire a acquis ces derniers mois un poids politique considérable tant en Grande-Bretagne qu’en Suède, en Allemagne ou aux USA. En France la mobilisation en Basse-Normandie, avec le Comité régional d’information et de lutte antinucléaire (CRIN), à Braud-St-Louis, à Grenoble se renforce en lien avec les organisations syndicales. Les manifestants réclament la suspension des travaux du surgénérateur, la diffusion officielle des avis des différentes parties prenantes et la publication du plan ORSEC-Radiations. Le PSU est présent dans toutes les manifestations antinucléaires régionales et dénonce la militarisation de la société impliquée par le nucléaire et réclame l’information du public. La construction de l’unité populaire sur le nucléaire doit permettre de développer les objectifs anticapitalistes, d’articuler la critique du choix nucléaire avec le choix du gaspillage et de faire valoir une autre politique énergétique et un autre choix de société.
Comment battre la droite ?
Cote : PSU-DOC
– L’enjeu de 1978 – Ouvrir l’union à gauche et non à droite – Annexe 1 : À propos de la LCR – Annexe 2 : La gauche, le gouvernement, le pouvoir – Annexe 3 : Éléments théoriques (Poulantzas)
LEDUC Victor – YVETOT R. – CHEVENEMENT JP.
110
1976 – Septembre
29,7 x 21 cm, 12 p.
L’autogestion dans le secteur public
Il apparaît intéressant de porter la réflexion sur l’autogestion dans le secteur public car c’est là que se présenteront les plus grandes difficultés mais aussi les meilleures chances de succès. C’est dans ce secteur que l’on peut envisager sans attendre des mesures de contrôle et d’autogestion. Le secteur public échappe dans une large mesure au critère de rentabilité capitaliste traditionnel et il semble très possible d’y étudier la mise en place pratique de l’autogestion ou transfert de la responsabilité du haut vers le bas. A EDF ou au P et T, il faut étudier le projet d’autogestion et introduire au cours des actions sur les salaires, le temps et les conditions de travail, une réflexion sur les modalités nécessaire de liaison avec la population. Il serait aussi nécessaire que les travailleurs de ces entreprises nationalisées puissent se rendre compte par eux-mêmes des expériences autogestionnaires concrètes en Yougoslavie. Au-delà des problèmes soulevés par le mouvement socialiste pour l’autogestion posés par les participants aux Etats Généraux pour l’Autogestion, il est temps de tenter des analyses et des actions concrètes.
Sécheresse d’une région à l’autre
La sécheresse en France à l’été 1976 a touché de très nombreuses régions agricoles. La Direction Politique Nationale du PSU réagit aux mesures gouvernementales et propose une réflexion politique au-delà de la crise. La situation dans les campagnes est difficile, catastrophique même dans beaucoup d’exploitations. La sécheresse de 1976 survient après deux années difficiles au cours desquelles le pouvoir d’achat paysan a baissé dangereusement. Cette sécheresse va accélérer le départ d’un certain nombre d’agriculteurs qui déposent le bilan. Les mesures d’aide gouvernementales annoncées le 25 Août par le Ministre de l’Agriculture font figure d’aumône. Ces aides seront financées par un supplément d’impôts sur les revenus de tous. Cette mesure dresse les travailleurs les uns contre les autres et accroît l’injustice fiscale. Le PSU plaide pour un revenu minimum pour tous les agriculteurs, expose son programme de gestion des sols et dénonce un système fiscal qui entretient les inégalités actuelles.
L’été des Lip
Lip a continué sa lutte pendant l’été, comme beaucoup d’autres entreprises en France. Le 27 juillet les travailleurs de Lip ont déplacé le stock de montres hors de l’entreprise jusqu’à une destination inconnue. Cette action a été très réfléchie et préparée techniquement. Cette action marque une nouvelle phase dans la lutte engagée contre le pouvoir et le déplacement des montres fabriquées constituent un stock de guerre utilisé comme moyen de pression. Les travailleurs entendent ainsi répondre au démantèlement programmé de l’usine en 5 unités séparées économiquement et géographiquement pour la réalisation d’une opération immobilière sur le site de l’usine de Palente. C’est un projet de destruction physique de l’usine que les travailleurs refusent. A cela les travailleurs répondent par un élargissement de la popularisation de leur mouvement et la coordination entre toutes les usines en lutte. Au moins 20 entreprises en lutte pour l’emploi et 20 entreprises occupées seront présentes à Besançon les 10 et 11 septembre pour la deuxième réunion de coordination.
Grande-Bretagne : contrôle ouvrier ou capitulation ?
En Grande-Bretagne on approche des 1 500 000 chômeurs et ce sous un gouvernement travailliste, émanation de l’énorme syndicat unique, le TUC. Le 23 juillet 1976, le chancelier Denis Healey, leader de la droite travailliste et homme lige des USA, annonçait une réduction des dépenses publiques de plus d’un milliard de livres, imposant la « profitabilité » de l’industrie privée. Quelques jours plus tard, la direction des syndicats conclut un accord antigrève de trois ans avec le gouvernement approuvé de justesse par la direction du Parti. La gauche syndicale et politique combat ouvertement cette politique de collaboration de classe. Elle le dit à la Xème conférence national pour le Contrôle ouvrier, le 3 juillet à Keele. Le PSU y était. Le contrôle ouvrier est l’enjeu et l’outil de cette longue lutte à venir.
De Creys-Malville à Naussac
De Creys-Malville où doit être construit un super générateur à Naussac où il est prévu la construction d’un barrage, l’opposition et la mobilisation contre ces projets sont très importantes. Depuis le 3 juillet des dizaines de milliers de protestataires se sont rendus à Creys-Malville. Le nombre et la ténacité des manifestants devraient faire comprendre au gouvernement que l’opposition au programme électronucléaire, et notamment au surgénérateur, ne peut que se développer. Le PSU est opposé au programme électronucléaire parce qu’il est inutile, cher et dangereux. Le PSU appelle les comités, les associations, les syndicats et les partis se réclamant de la classe ouvrière à s’engager dans une action unie. Il les appelle à une action commune contre les augmentations des prix de l’EDF. A Naussac, au Nord-Est de la Lozère par décision de la SOMIVAL (Société de mise en valeur de l’Auvergne et du Limousin), approuvée par le conseil d’Etat, la plaine de Naussac sera noyée. Sur place la résistance à un tel projet trouve des prolongements régionaux : comités Larzac, viticulteurs du Midi, mouvements occitans, organisations de gauche et d’extrême gauche organisent la protestation. C’est le but de la marche sur Naussac des 7 et 8 août prochain.
Articles sur les États Généraux pour l’autogestion
Les États généraux pour l’autogestion se sont déroulés à Malakoff (Île-de-France) les 3 et 4 juillet 1976. Plus de 500 délégués ont participé aux 16 carrefours et 200 responsables politiques, syndicaux et militants ont participé aux forums : ce sont 700 militants qui ont participé à ces deux jours de rencontre. 60 % de participants sont venus de province, un peu moins de la moitié sont membres du PSU, 40 % sont militants de la CFDT, 10 % du MAS, d’autres viennent de la CGT ou du SNI. La moyenne d’âge était de 28 ans et un tiers sont des femmes. La question de la construction d’un socialisme autogestionnaire à construire était en filigrane des rencontres. Un socialisme dans lequel l’homme cesse d’être exploité, aliéné et sans responsabilité. Le contrôle direct des travailleurs et des couches populaires est essentiel dans cette organisation nouvelle de la société. L’autre question était celle de la nature de l’autogestion et du programme qu’elle peut proposer. C’est dans ce sens que M. Mousel, en conclusion, affirme que l’autogestion est le projet socialiste qui seul soit en mesure de garantir l’établissement d’un État socialiste, il est fondamentalement unitaire et se nourrit des contradictions inhérentes à la diversité des acteurs.
Brest, tribune de l’autogestion
A Brest les rencontres pour l’autogestion ont réuni de nombreuses et diverses organisations dans le cadre de la préparation des états-généraux de l’autogestion des 3 et 4 juillet 1976. Depuis quelques années on voit sur Brest se dégager un courant politique autogestionnaire en dehors des organisations du Programme Commun qui prend des positions fermes sur la lutte contre la répression des militants bretons, les assassinats franquistes, la solidarité aux marins emprisonnés, la lutte anti nucléaire… Une série de carrefours a eu lieu au mois de juin à Brest sur l’avancée des luttes et la définition des objectifs de contrôle populaire. Le refus des exclusives et l’ouverture très large des débats pratiqués par la section de Brest a porté ses fruits. Il est décidé de coordonner des rencontres par thèmes pour faire avancer les débats et des délégués de Brest seront présents aux Etats-généraux de l’autogestion socialiste.
Dossier nucléaire

Le PSU ouvre le dossier nucléaire et dénonce les choix du gouvernement. Le choix nucléaire de la France a été fait au nom d’une politique énergétique nationale et indépendante au moment où la route du pétrole paraissait sur le point d’être coupée. En matière d’indépendance énergétique on est loin du compte car non seulement la France reste sous la dépendance des filières américaines mais en outre la plus grande partie de l’uranium nécessaire au fonctionnement de ces centrales viendra de l’étranger. Imposer le programme électronucléaire aux Français est difficile et chaque fois qu’EDF prospecte de nouveaux sites de centrales nucléaires la mobilisation est au rendez-vous. Face à des échecs de plus en plus nombreux EDF et le gouvernement ont décidé d’entreprendre des campagnes d’information dans les écoles et les milieux sociaux-professionnels. Les scientifiques répondent tandis que les enseignants lancent un appel à la mobilisation contre le conditionnement massif et direct des jeunes. Face à la décision d’autoriser EDF à lancer la construction d’un super Phénix, le dossier montre que les énergies de remplacement existent.
l’homosexuel : l’autre ?
L’homosexualité est un terme inventé en 1869 pour tenter de circonscrire « médicalement », pour mieux l’enfermer, un certain comportement. Inscrites dans le code pénal sous Pétain, puis aggravées sous de Gaulle, les pratiques homosexuelles se sont retrouvées amalgamées avec la criminalité (les relations pédérastiques coûtent les Assises), et la maladie mentale (avec des « thérapies » allant des techniques de répulsion à la lobotomie). Les prisons et les hôpitaux psychiatriques sont pleins d’homosexuels, victimes en fait de l’auto-répression de chacun sur sa sexualité. Dans le cadre des Etats Généraux pour l’autogestion socialiste des rencontres sur cette question sont organisées. Car il appartient à tous de dénoncer, en nous et hors de nous, les comportements normatifs et phallocratiques et leur relais social, ainsi que de se battre pour que la gauche et l’extrême gauche prennent conscience de l’importance de l’élargissement des luttes sur le terrain du quotidien profondément aliéné par la bourgeoisie.
22ème Congrès : quand le PCF théorise
Le 22e congrès du PCF théorise la politique du Parti pour lever toute contradiction entre le discours orthodoxe et la pratique réformiste du Parti. Parmi les « formules dépassées » figure au premier plan celle de la nécessité de briser l’appareil d’Etat bourgeois comme condition sine qua non de la construction du socialisme. L’interprétation de cette formule par François Hincker, théoricien du Parti, est de porter au pouvoir politique les forces rassemblées autour du Programme commun. Pour le PCF, l’appareil d’Etat bourgeois n’est plus la machine de domination dont la nature, est de perpétuer, organiser, reproduire, les apports sociaux d’exploitation et d’oppression, mais un simple ensemble d’administrations mal gérées. Maurice Najman s’oppose à cette analyse, dénonce l’idée de « violence pacifique » théorisée par Hincker. Ligne nouvelle, abandon des références, contorsion avec la théorie marxiste sont dénoncées par Maurice Najman.
Laval : 6H pour l’autogestion
À Laval, « 6H pour l’autogestion » ont été organisées par la Fédération de la Mayenne du PSU inscrivant cette réflexion dans la perspective des Etats généraux pour l’autogestion socialiste à Paris, les 3 et 4 juillet prochains. Le présent compte-rendu entend remplir une double fonction : d’une part, assurer le lien entre les participants aux « 6 heures », d’autre part élargir le cadre de la réflexion engagée. Devant la faiblesse du mouvement ouvrier, tant dans ses organisations que dans son expression, il convient de tout faire pour favoriser la conscience de classe. La syndicalisation est un passage obligé en tant que démarche collective autour de la question des exploités. La grève comme les luttes ouvrières en sont un moyen. Un débat stratégique de fond sur le mouvement de masse et sur l’articulation entre pouvoir populaire et pouvoir d’Etat est au coeur de la problématique. De nouvelles rencontres pourront être organisées, à Laval ou dans d’autres localités du département, réunissant les militants, organisés ou inorganisés, qui se réclament du projet autogestionnaire.
Mouvement pour une alternative non-violente
« Révolution : oui, mais comment ? »
Le mouvement pour une alternative non-violente (MAN) créé en 1974 a pour objectif de transformer la société. Ce mouvement qui se présente comme une fédération de groupe locaux n’est pas un nouveau parti politique. Il regroupe dans les faits des militants qui adhèrent à des partis existants ou qui sont sans parti. Ils ont engagé une réflexion politique sur les questions de la violence ou de l’armée. Autour du projet de socialisme autogestionnaire, ils constatent que la société est fondée sur la domination politique et l’exploitation économique des travailleurs par une minorité. Cette domination constitue la violence institutionalisée. Ils affirment ne pas rejeter la violence parce que moralement « mauvaise » mais parce qu’elle est contraire à la construction d’une nouvelle société qui ne peut pas employer les mêmes armes qu’actuellement. Il faut dépasser la violence en comprenant qu’il est nécessaire de rompre avec la domination et l’exploitation et trouver de nouvelles formes d’action, d’organisation, de mobilisation populaire.
Le marxisme, l’Etat et son dépérissement
« Le marxisme, l’Etat et son dépérissement » est le titre d’un interview d’Henri Lefebvre par Victor Leduc autour d’une réflexion sur l’Etat et donc, de la question du pouvoir dans le monde moderne, en s’appuyant sur les textes de Marx. Marx explique le dépérissement de l’Etat à partir de La Commune et rappelle comment la révolution politique brise l’Etat bourgeois et le mène au dépérissement. Henri Lefebvre démontre que l’Etat est gestionnaire de l’ensemble social et qu’à ce titre, il domine la société civile, prend en main l’économie et la croissance mais dispose aussi de l’armée, de la police et dans une large mesure de l’appareil judiciaire. Henri Lefebvre retient comme fil conducteur de l’analyse de l’Etat moderne les deux aspects fondamentaux de l’Etat : la gestion et la violence. L’auteur analyse également la mondialisation de l’Etat dans laquelle ceux-ci se superposent aux autres marchés, c’est-à-dire ceux de la force de travail, des marchandises, des capitaux. Le marché est inter-étatique et porte notamment sur les armes et les armements. En cela il est « terricide ». Enfin il aborde la question de la transition qui est un concept important mais difficile à définir et s’explique sur le mode de production étatique (MPE).