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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Proclamation de l’indépendance de l’Algérie

Le scrutin du 1er Juillet consacre l’indépendance de l’Algérie, cependant, la situation politique est complexe. Le F.L.N. comme l’U.G.T.A. déplorent des prises de position contradictoires des dirigeants mais font de l’unité la condition de la victoire. S’il n’y a pas d’accord véritable entre les forces sociales qui ont mené la révolution, tous s’accordent sur le fait qu’il faut remédier à la vacance du pouvoir, prendre des mesures de gestion, principalement économiques, inscrire l’Algérie dans la communauté internationale et garantir l’unité du pays. Traditions, batailles de clans, divisions sur les analyses politiques caractérisent l’Algérie en pleine mutation. Présentation de ces contradictions par Marc Heurgon pour Tribune Socialiste.

À nos amis algériens

L’Algérie a voté largement pour l’indépendance « associé », même si elle aurait souhaité une association beaucoup plus librement négociée et une indépendance sans conditions. Ces négociations ont pu choquer, mais ne pas négocier c’était laisser se poursuivre les destructions et les massacres. Maintenant, au-delà des batailles politiques où chaque groupe condamne la décision de l’autre, il reste aux dirigeants algériens à concrétiser la révolution sans donner aux responsables de la guerre le plaisir d’avoir réussi à diviser les algériens. Le Conseil National du P.S.U. assure le peuple algérien de son soutien.

Tribune Socialiste n°108 – 30 juin 1962

Le retour des artichauts

Suite à la chute des cours de la vente des artichauts, le 19 Juin les agriculteurs de la région de Saint Pol de Léon, adhérent à la Société d’Intérêt Collectif Agricole (S.I.C.A.), répandent 300 tonnes d’artichauts dans les rues de la ville. Cette nouvelle crise ne peut être imputée au manque d’unité entre les agriculteurs adhérents de la S.I.C.A. mais plutôt à l’incapacité du gouvernement à légiférer et à soutenir sur le plan juridique et économique l’effort d’adaptation demandé aux agriculteurs. Si la S.I.C.A demeure une expérience qui a permis une certaine moralisation des ventes, elle n’a pas encore entamé la puissance des féodalités économiques qui dominent le marché. Les paysans bretons se trouvent, une nouvelle fois, confrontés à une nécessaire remise en cause du régime capitaliste.

Vacances… et diffusion de Tribune Socialiste

Cote : DIRECTIVES

– Comment diffuser TS pendant les vacances – Evolution de la diffusion par adhérent (classement du 28-2-62 : les champions, les bons, les réguliers, les coupables)

supplément au N° 60
9 Juin 1962
27 x 21 cm, 4 p.

Tribune Socialiste n°107 – 23 juin 1962

Tribune Socialiste n°106 – 16 juin 1962

Réflexions sur la démocratie de demain

Couverture Perspectives Socialistes N°51, Juin 1962L’avènement de la Ve République conduit à une réflexion sur la démocratie : sa nature, sa forme et sa fonction et sa nécessaire évolution.  Il semble qu’il n’existe pas — dans l’absolu — d’institutions démocratiques modèles, il ne peut pas exister non plus de régime démocratique modèle. Un régime, dit démocratique, ne peut donc être défini comme étant celui où — une fois pour toutes — la démocratie existe. En réalité, elle n’existe nulle part, elle est un objectif, elle n’est pas une situation. La démocratie ne se juge-t-telle pas plutôt comme le degré de participation des citoyens à l’ensemble des affaires publiques ? Un régime démocratique c’est celui dont les institutions favorisent, organisent la tendance à la démocratie. Comment peuvent s’articuler démocratie et liberté individuelle ? Quelle est la place de l’économie dans la démocratie ? La démocratie économique n’est-elle pas objectivement une démocratie indirecte ? Outre le cadre institutionnel, il semble que les partis, les cadres syndicaux, les animateurs culturels ou sociaux, le milieu associatif constituent un milieu vivant qui fait partie de la rénovation sociale exigée par la rénovation démocratique. Cela pose aussi la question de la formation à l’exercice démocratique tout au long de sa vie et dans tous les contextes.

Tribune Socialiste n°105 – 9 juin 1962

Démocratie et décentralisation régionale

Cet article « Démocratie et décentralisation régionale » paru dans la revue Perspectives Socialistes constitue l’essentiel du rapport sur « La région, aspects politiques et sociaux » présenté par M. Jean-Louis Quermonne, Professeur à la Faculté de Droit et des Sciences Économiques et Directeur de l’Institut d’études politiques de l’Université de Grenoble au « Colloque sur la région » qui s’est déroulé à Lyon les 6 et 7 avril 1962. Depuis quelques années, un grand nombre de mesures législatives et réglementaires sont intervenues pour favoriser l’expansion régionale. La nécessité de réaliser la promotion régionale recueille une adhésion de plus en plus large. Pour cela il faut avoir un minimum d’exigences sans lesquelles la « Grande Région » ne pourrait voir le jour. Il est nécessaire d’avoir un équipement administratif approprié et de qualité, la participation des forces politiques et sociales et de mettre en place une véritable information et formation des citoyens. Il faudra prévoir également la répartition des compétences, la participation régionale à l’exercice du pouvoir et combattre la fausse idée de la suprématie parisienne.

Démocratie et nouveaux notables

Cet article intitulé « Démocratie et nouveaux notables » est une note critique de l’ouvrage de Joseph Rovan : « Une idée neuve : la démocratie » Joseph Rovan est un militant engagé et c’est à travers ses engagements qu’il juge la démocratie et propose un autre fonctionnement. Il fait le constat, en analysant l’expérience démocratique depuis cent cinquante ans, que le suffrage universel offert au peuple a été détourné par les « notables de la bourgeoisie » qui se sont accaparés la démocratie pour garder le pouvoir. Dans la deuxième partie de son ouvrage « Construction » il explicite comment les « nouveaux notables » que sont les syndicalistes, les animateurs d’éducation populaire, les porte-parole de groupe divers devrait être institutionnalisés. Une première limite à ce raisonnement réside à la fois dans la définition trop floue des « notables » en question et des modifications à apporter aux structures économiques. La seconde limite concerne le rôle de l’État qui n’est pas abordée sur le fond. Ses propositions n’apparaissent pas en fin de compte comme la base d’une nouvelle démocratie mais plutôt comme un aménagement de l’ancienne. Il offre de préparer la démocratie plus que de l’incarner et de la réaliser.

« Utopie » pour un exercice réel de la démocratie

« Utopie », pour un exercice réel de la démocratie est une contribution de Jean-Pierre Mouveaux, de Sainghin-en-Mélatois (Nord) au débat de Perspectives Socialistes autour de la démocratie. Pour ce militant, la formation politique des électeurs est indispensable. Sans formation, les électeurs votent pour des raisons sentimentales, en réaction à des craintes, par habitude ou encore par espoir que les choses vont changer mais rarement après avoir pesé leurs choix sur un ligne politique. Par ailleurs il dénonce le vide entre l’électeur et ses représentants. Pour lui, la clé de la crise de la démocratie est sans doute à chercher dans une mise au point des rapports entre corps électoral et représentation élue, plutôt qu’entre exécutif et législatif. Il ajoute que partis et syndicats ont un rôle de formation et de conscience politique à transmettre aux électeurs mais que pour cela il faut repenser leurs statuts et leurs rétributions. Son point de vue constitue un élément de débats et ouvre la discussion.

Tribune Socialiste n°104 – 2 juin 1962

La Mauritanie existe-t-elle ?

Reconnue par la France, la République Islamique de Mauritanie est niée par ses deux principaux voisins, le Maroc et le Mali qui contestent ses frontières. Créée en 1933 la colonie de Mauritanie n’a pas d’existence historique, elle a été créée pour protéger le Sud-Marocain et le Nord du Sénégal contre des bandes inorganisées. Ainsi furent regroupés des Maures, des populations nomades ou noires et des populations sédentaires. La République Islamique n’a de finalité que sur le plan économique. Mais cette économie n’est ni nationale ni africaine, c’est celle des grands trusts intéressés par les gisements de fer et de cuivre. La création de cet État est bien l’exemple de la conception rétrograde de la décolonisation politique en Afrique.

Tribune Socialiste n°103 – 26 mai 1962

Motion des étudiants et professeurs de l’Université de Bordeaux

Votée à l’unanimité par 2500 professeurs et étudiants de l’Université de Bordeaux, la motion dénonce les menaces, les attentats et tortures et la dégradation croissante de la démocratie en France.

Tribune Socialiste n°102 – 19 mai 1962

Tribune Socialiste n°101- 12 mai 1962

Tribune Socialiste n°100 – 5 mai 1962

Un secteur d’arriération

Le droit au planning familial est la grande revendication des femmes sur le plan humain et social. Elles sont directement frappées par les lois de 1920 et 1929 interdisant l’avortement et toute contraception. Prisonnière de l’Église et des démographes, la famille n’a pas la liberté de choisir librement puisque aucune contraception rationnelle n’est réalisable ni pensable. En Avril 1961, lors de son premier congrès national le PSU invitait ses militants à participer activement à l’instauration d’une véritable planification familiale. L’éducation du couple, sa libération des interdits et des tabous sexuels sont les seules manières de permettre aux hommes et aux femmes de profiter d’une nature dominée.

Bataille sociale : chance du Front socialiste

Au-delà des revendications de salaires, une grève comme celle de la S.N.C.F. fait apparaître une protestation d’ensemble contre la condition faite aux ouvriers. Non seulement un plus grand nombre d’entre eux se méfient des propositions du régime, mais ils prennent un peu plus conscience de la nécessité de réformes fondamentales. C’est pourquoi le terrain social sera dans les prochains mois celui des principales batailles politiques. Aujourd’hui, l’effort pour le Front socialiste doit être transporté sur le terrain social. » 

U.N.E.F. : prudence et réfléxion

Le Congrès de Reims reste dans la continuité de celui de Caen. Avec la signature des accords d’Evian le problème algérien devient une question parmi d’autres. En revanche, les attaques dont l’U.N.E.F. a été l’objet de la part du gouvernement : sursis, retrait de la subvention, brimade vis-à-vis de son président (arrêt Wallon), création artificielle d’une organisation rivale (la F.N.E.F.) obligent le syndicat à organiser sa défense. Tout ceci a provoqué une coupure de la « minorité » écartelée entre l’action syndicale revendicative et des prises de position plus politiques. Le mandat du bureau est principalement de continuer à agir sur le plan national dans le cadre où l’U.N.E.F. agissait déjà mais en accompagnant cela d’un énorme travail de réflexion et de formation. C’est un bureau de transition, un bureau de réflexion.

Entretien avec Serge Mallet : la dictature du prolétariat

Compte rendu du débat autour du XXIIème Congrès du PCUS avec Serge Mallet. C’est sur le concept de dictature du prolétariat et les voies de passage au socialisme que les débats ont porté. Les étudiants ont interrogé S.Mallet sur la question de la participation aux comités d’entreprises et aux Commissions du Plan.

Tribune Socialiste n°99 – 28 avril 1962

Régions et industries en difficulté

Régions et industries sont en difficulté sur tout le territoire français et plus particulièrement en Bretagne et dans le Sud-Ouest. Decazville, Hennebont, Adour ont été le théatre de conflits spectaculaires et posent la question de l’avenir de l’aménagement du territoire face à une industrie qui se modernise et engendre des reconversions à accompagner. Les transformations économiques ont leurs répercussions sur le plan politique. Un pouvoir fort peut paraître adapté mais une centralisation accrue des décisions ne permettra pas d’assurer une croissance équilibrée des économies régionales prennant en compte les spécificités locales et les questions sociales dues à cette modernisation croissante mais inégales des différentes branches industrielles.

L’U.N.E.F. devant les problèmes de reconversion

Le syndicat étudiant s’est affirmé dans la lutte pour la paix en Algérie. Les accords d’Evian présageant la paix, la lutte revendicative se recentre sur le quotidien des étudiants. Cependant l’action revendicative du jeudi 22 Mars organisée par  la  F.G.E.L (Fédération des Groupements d’Études de Lettres (Sorbonne) pour dénoncer l’exiguïté des locaux a peu mobilisé les étudiants. Une coupure au sein de l’U.N.E.F. se fait jour entre une avant-garde qui s’oppose au régime et veut se rapprocher du syndicalisme ouvrier et une tendance plus gestionnaire qui revendique des actions autour des questions matérielles. Si la « mino » qui détient la majorité veut s’imposer, il lui faudra réaliser une synthèse entre ces deux tendances.

Des otages… et autres

Lors de son discours d’investiture, ce 27 Avril, Pompidou déclare que pour régler la question des militaires prisonniers du F.L.N. ou disparus, la France a suspendu la libération des prisonniers algériens. Ce raisonnement est d’autant plus à dénoncer que les prisonniers libérés n’ont en fait été que renvoyés en Algérie même s’ils étaient intégrés avec leur famille en France. Appel pour une mobilisation forte pour la libération de tous les prisonniers français ou algériens, contre l’exil forcé, ou la clandestinité.

La Nouvelle Revue marxiste n°3. Le XXII° congrès du PC de l’URSS. La crise gaulliste

Cote : Revues- Boite M-N

L’indépendance de l’Algérie – Editorial Déclin gaulliste et renouvellement socialiste – Jean Poperen Le Parti communiste français devant le XXIIe Congrès -Pierre Naville Les avatars de la conception marxiste de l’Etat – Victor Fay Du Stalinisme au Khrouchtchevisme. -J.M. Vincent A propos du XXIIe Congrès du P.C. de l’U.R.S.S., le vide théorique est-il comblé ? -Henri Lefebvre La « destalinisation » et le nouveau programme du P.C. de l’U.R.S.S. -Oreste Rosenfeld Philosophie et Politique (questions à R. Garaudy, -J.-P. Sartre et J.-P. Vigier) Henri Lefebvre

Pierre NAVILLE – Jean-Marie VINCENT – Serge MALLET – Oreste ROSENFELD – Victor FAY – Jean POPEREN – Henri LEFEBVRE
N° 3
1962 février-mars
21 X 14,5 cm, 86 p.

Manifesrte du Parti Communiste. Les Luttes de classes

Cote : MARX

Une seule phrase – et tout l’acquis de la civilisation a été remis en question : « Prolétaires du monde entier, unissez-vous ». Ainsi se termine le manifeste du Parti Communiste et ainsi s’ouvre l’ère des grands bouleversements sociaux. Avec Les Luttes de Classes, ce texte constitue une clé indispensable pour comprendre le monde d’aujourd’hui.

MARX Karl
Bon
1962
18 x 10,7 cm, 190 p.
10/18 UGE

La Maladie infantile du communisme

Cote : LENI

Contre les « puristes » d’Angleterre, d’Allemagne et d’ailleurs, adversaires de tout compromis, contre le gauchisme romantique de l’action révolutionnaire, Lénine a rédigé, en 1920, cet ouvrage qui est sans doute l’expression la plus significative de son réalisme tactique. Mais, mieux encore, ce livre bref et aigu est devenu un des classiques de la science politique.

LENINE
1962
18 x 10,7 cm, 188 p.
UGE – Editions sociales