18ème Congrès U.G.E.
Le président Jean Longeot résume ici les thèmes de réflexion du congrès de l’Union des Grandes Écoles dont les analyses rejoignent celles de l’U.N.E.F. Les congressistes ont orientés leur réflexion sur la condition de l’étudiant et sur la nécessaire transformation de l’enseignement tant du point de vue des méthodes que du contenu. Conscients de la nécessité d’associer les étudiants à la réflexion, ils souhaitent travailler sur la réalité du monde professionnel. Dans ce but, des groupes de réflexion réuniront dans les écoles les élèves avec des syndicalistes cadres et ouvriers.
L’Affaire Paris Sciences
L’Association Corporative des Étudiants en Sciences de Paris a quitté le Congrès au prétexte qu’ils étaient exclus de l’U.N.E.F. et ont fait grand bruit auprès de la presse de cette affaire. Ils n’ont pas été exclus, seul un blâme pour attitude anti-démocratique a été prononcé par le Congrès. L’Association Corporative avait refusé d’organiser une Assemblée générale réclamée par près de 2000 étudiants. Cette assemblée générale était le seul recours permettant aux étudiants en Sciences d’exprimer leur volonté syndicale contre le conseil d’administration et un texte d’orientation refusé par la majorité des étudiants. Les règles de la démocratie syndicale ont été bafouées. C’est pourquoi une motion condamnant l’A.C.E.S. a été votée par le Congrès.
A travers le Congrès
Point sur les différents thèmes autour de la culture abordés au 53ème Congrès de l’U.N.E.F. à Toulouse : nécessité d’une réflexion sur l’organisation autogérée des équipements culturels. Décision de la création au niveau régional de centres culturels ouverts à tous les mouvements de jeunes. L’article fait le point sur d’autres sujets abordés en commission.
La place de la France dans la vie actuelle de l’Algérie
Extrait du livre de Claude Estier « Pour l’Algérie », publié aux Éditions Maspero, qui complète les points de vue de Manuel Bridier et Harris Puisais sur les questions de l’Algérie d’aujourd’hui et plus particulièrement sur les différentes réactions des coopérants ou des français restés en Algérie pour apporter leur concours dans les secteurs de l’éducation, de l’industrie et du médical.
Réflexions sur l’autogestion
Il est impossible de conserver les anciennes structures héritées du colonialisme et vouloir édifier un régime socialiste. Les décrets de 1963 sur la création des secteurs autogérés de l’agriculture sont une réponse au souhait de liberté et de justice de tout un peuple qui a lutté pour l’indépendance. L’autogestion a encore ses insuffisances et la commercialisation des biens doit être organisée pour être efficace. Le congrès de mars du secteur autogéré devra être un congrès d’organisation des secteurs autogérés. Le congrès du F.L.N. devra, quant à lui, définir le rôle du Parti dans la vie politique, syndicale et économique du pays. Il ne faudrait pas que la bureaucratie du parti se substitue à l’action syndicale. Ceci est une des conditions de l’équilibre du socialisme algérien.
Algérie en marche vers le socialisme

La réussite du choix entre une organisation économique capitaliste ou socialiste autogérée sera jugée en fonction de la capacité à sortir le pays de la misère. Actuellement la situation économique reste difficile. Si les besoins de crédits extérieurs sont nécessaires il apparaît important à Ben Bella de les canaliser et c’est dans ce sens qu’il met en place des sociétés d’économie mixte dans lesquelles l’État algérien limite dans le temps l’apport capitaliste et envisage leur expropriation à terme. Un pari dont la réussite dépendra de la nature de l’intervention de l’État, et du mode de gestion des secteurs autogérés limitant toute bureaucratie et permettant à la fois, initiative individuelle et développement au profit de tous.
Action universitaire de base
Document d’orientation du Bureau National au Congrès de Toulouse, ce texte présente une approche théorique des problèmes de l’Action Universitaire de Base. Il s’appuie sur la critique de la structure féodale du pouvoir de décision dans les facultés, pour revendiquer la participation des étudiants au processus de la prise de décision. Il demande aux étudiants d’avoir une pratique d’analyses des méthodes et du contenu de l’enseignement.
La culture en question : conclusions
Après quatre numéros sur des interviews d’auteurs ou d’artistes, la revue étudiante « 21 x 27 » tire les conclusions et amène les étudiants à réfléchir sur les rapports, contradictoires, entre les progrès techniques, permettant un accès à la culture plus facile, et la permanence des valeurs ou repères culturels. L’affirmation : « se cultiver c’est comprendre » nourrit la réflexion des auteurs qui posent la question des modes d’éducation et de formation à la culture, de la diffusion culturelle et du rôle de l’université dans l’apprentissage et l’ouverture à la culture.
Pour comprendre l’Algérie
« Les accords d’Évian », « les décrets du 22 Mars sur l’autogestion » et » la rencontre Ben Bella – De Gaulle » : trois textes qui permettent de mieux saisir les difficultés de l’Algérie. Les militants du P.S.U. qui se sont battus contre le pouvoir gaulliste en faveur de l’indépendance de l’Algérie, qui n’ont pas approuvé la façon dont s’est négociée la fin de la guerre ni l’attitude de la France sur le Sahara, ont du mal aujourd’hui à comprendre la rencontre Ben Bella – De Gaulle. Harris Puisais, membre du Bureau National du P.S.U., rappelle que toute ingérence dans les affaires intérieures a toujours été combattue et explique qu’il est important de comprendre que Ben Bella, en tant que nouveau chef d’État puisse souhaiter cet entretien malgré toute son ambiguïté.
53ème Congrès de l’U.N.E.F.

Pour développer l’action du Parti
Cote : DIRECTIVES
– Résultats des élections cantonales – Le plan de stabilisation, élément durable de la politique gouvernementale – Ne pas rester sur la défensive – La voie de l’alternative socialiste – Appliquer cette politique à la base – Comité pour la démocratie politique et économique – La préparation des élections municipales de 1965 doit être entreprise dès maintenant dans cette perspective – Sur ces bases il est possible de renforcer l’implantation et l’organisation du Parti – Annexe 1 : Comment mener la discussion avec le PC ? – Annexe 2 : Comment contester la politique de l’”Horizon 80” ? (Deferre)
N° 86
26 Mars 1964
27 x 21 cm, 8 p.
Chypre et Sud-Vietnam
« Chypre et Sud-Vietnam : on joue toujours avec le destin des deux peuples »
A Chypre et au Sud-Vietnam, les grandes puissances jouent avec le destin des peuples sans que l’opinion internationale ne s’en émeuve vraiment. La paix ne dépend que des relations entre les Etats-Unis et l’U.R.S.S. L’O.N.U dit qu’il faut cesser les manoeuvres et les calculs d’un autre âge et donner la parole aux peuples. Les promesses faites au Sud-Vietnam par les Américains sont impossibles à tenir et tout le monde le sait. Malheureusement Johnson ne peut changer de politique indochinoise avant les prochaines élections américaines et ne peut avouer que la politique pratiquée jusqu’ici aboutit à un piteux échec.
En Juin 1965, les vietnamiens du Sud ont élu un nouveau président. Le civil Phan Khac-Suu succède au militaire Minh et un nouveau gouvernement est constitué. L’armée est-elle pour autant évincée du pouvoir ? En fait, il faut voir dans cette élection une chance de calme afin de permettre au gouvernement Johnson de laisser passer les élections. Mais à plus longue échéance, il est certain que sans un retrait des Etats-Unis du Vietnam, rien ne sera changé dans ce pays.
La C.F.T.C. face à ses responsabilités
La laïcisation de la C.F.T.C. est un fait acquis par les récentes décisions de son Conseil confédéral. Edmond Maire, animateur du courant qui a lutté pour la transformation de la C.F.T.C., nous donne son opinion sur le devenir de ce nouveau syndicat. Il insiste sur le travail à faire pour permettre aux travailleurs de prendre conscience des conditions de leur émancipation par la lutte syndicale. Il affirme que la dictature du prolétariat qui ne respecterait pas la liberté de penser différemment serait un échec. Par la laïcisation, la C.F.T.C. affirme son indépendance vis à vis de tout groupement extérieur et sa volonté de rassembler tous les travailleurs désireux de construire une société assise sur la base des valeurs communes du mouvement ouvrier.
Comité National Étudiant
Les 14 et 15 Mars 1964 se tient la 1ère et unique réunion du Comité National Étudiant, élu en 1963. Il a été convoqué le 26 février sur trois points : situation des ESU, examen des possibilités unitaires avec l’UEC (Union des Étudiants Communistes), et l’UNEF. Les minoritaires présentent une motion jugeant nécessaire la réalisation d’une stratégie politique qui dépasse le mot d’ordre de contre-plan. La motion est refusée.
Pour redonner un contenu vivant à la démocratie locale
À l’initiative de l’Association pour les libertés locales de la Seine une réunion publique s’est tenue à la Mutualité le 15 Février 1964. Cette association, comprenant essentiellement des élus locaux de diverses tendances, entendait affirmer son opposition aux projets de la réforme administrative de la région parisienne. Elle réclame un allègement des tutelles administratives et l’extension des libertés locales. Elle propose un contre projet démocratique et le renforcement des structures communales au plus près de l’usager avec une participation plus directe des citoyens aux affaires de la cité. Cela passe par l’information et l’association des organisations syndicales, familiales et civiques.
La politique du « contre plan »
Contre toute structure antidémocratique, contre le néo capitalisme, il est urgent de mettre en place une stratégie d’action, telle que celle proposée par le front socialiste. Le contre plan c’est une stratégie cohérente et offensive des luttes populaires, pour accélérer la prise du pouvoir par les forces socialistes.
La politique du « contre plan »
Si on s’accorde sur le fait qu’il faille renverser le régime gaulliste il faut aller au-delà d’un changement de majorité parlementaire. La démocratie ne se situe pas seulement au niveau des institutions politiques, mais aussi sur le plan économique et social. Contre toute structure anti démocratique, contre le néo capitalisme, il est urgent de mettre en place une stratégie d’action, telle que celle proposée par le front socialiste. Le contre plan c’est une stratégie cohérente et offensive des luttes populaires, pour accélérer la prise du pouvoir par les forces socialistes.
Paysans, ouvriers, étudiants s’opposent au régime
Le gouvernement ne cesse de pratiquer une politique réactionnaire au service des intérêts privés. L’année 1963 est celle des grands conflits sociaux. Le plan de stabilisation de Giscard ne fera pas de l’année 1964 une année de progrès social. Dans l’unité des travailleurs, le PSU propose le contre plan, à l’ensemble des forces de gauche, pour une alternative socialiste contre le programme du gouvernement.
Brest, manifestation unie des syndicats ouvriers et paysans
A Brest, dans la nuit du 20 au 21 février une grande manifestation a réuni syndicalistes paysans, ouvriers, universitaires et étudiants. Jusqu’ici pour des raisons politiques, souvent confessionnelles, une certaine méfiance régnait entre les uns et les autres. Aujourd’hui tous se sentent concernés par la nécessité d’un véritable aménagement du territoire, de la décentralisation des décisions et de la lutte contre le capitalisme.
S.C.I.C., le principe de la cogestion est retenue
Depuis des années les locataires de la Société de Construction de la Caisse des Dépots (S.C.I.C.) luttent pour obtenir la cogestion des cités construites essentiellement grâce à des fonds publics, en particulier de la Caisse d’Épargne. La S.C.I.C avait jusqu’ici toujours refusé toutes discussions sur l’organisation des cités et leur gestion. Devant l’ampleur des protestations, la S.C.I.C admet aujourd’hui que la participation de groupes de locataires à la gestion peut être profitable.
Nantes, les travailleurs intensifient leur lutte
La manifestation au Champ de Mars à Nantes le 19 Février 1964 rassembla plus de 70 000 personnes venant de tout le département. S’il n’y a pas eu de tracteurs, ordre préfectoral, ouvriers, paysans et étudiants ont applaudi aux interventions des syndicalistes contre le gouvernement de De Gaulle et les méfaits du capitalisme.
Les syndicats agricoles et les manifestations paysannes
Les récentes manifestations des paysans bretons et les condamnations qui les ont suivies ont motivé une lettre du Cercle national des jeunes agriculteurs à M.Pisani. Le C.N.J.A. se défend de recommander à ses adhérents « des actes absurdes » mais marque sa solidarité pour les manifestations, expression des difficultés des agriculteurs face aux réformes du secteur agricole.