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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Revue internationale du socialisme n° 18

Cote : RIS – REVUE INTERNAT SOCIAL

Unité syndicale – Table ronde entre syndicalistes français CGT – Table ronde entre syndicalistes italiens Le Congrès de Brighton, Pino Tagliazucchi L’unification social-démocrate en Italie, Vittorio Foa Les problèmes de l’union de la gauche française, Jacques Duclos Les élections danoises – L’opposition au Portugal La vie syndicale en Allemagne – Italie – Suède – Espagne

WEERTH – SUNESSON – SCLAVI – TAGLIAZUCCHI – FOA – DUCLOS
18
Décembre 1966
21,3 x 13,1 cm, 170 p.

Tribune Socialiste n°307 – 22 décembre 1966

Guerre et révolution

« Guerre et révolution : guerre d’Asie » est le dernier ouvrage publié par Pierre Naville. Dans ce nouveau livre il fait le point sur la guerre de Corée et sur ce qui a conduit à la deuxième guerre du Vietnam aujourd’hui. Pour lui l’agression militaire des américains va encore durer longtemps car l’enjeu n’est pas seulement le pouvoir à Saigon mais aussi la révolution dans tout le Sud-Est asiatique. Les destructions industrielles au Vietnam du Nord entraînent des pertes graves mais suscitent aussi une mobilisation de tous les vietnamiens. Personne ne peut paralyser la volonté des vietnamiens à résister, c’est pourquoi le soutien de la cause vietnamienne prend une importance croissante et doit se développer sous toutes les formes possibles. Les peuples veulent leur indépendance sociale et la fin des dominations impérialistes. C’est tout cela que matérialise la guerre héroïque du peuple vietnamien et qui doit devenir notre propre cause.

Pratique syndicale : la pratique de base

De la même façon que sont constitués dans les quartiers des comités Vietnam de base pour soutenir la lutte du peuple vietnamien, les militants sont invités, à l’université, à créer des « structures de base » (comité de base – comités d’amphi).
La fonction principale du comité de base est de permettre aux étudiants de se mobiliser sur des objectifs réels en ouvrant le débat sur une analyse du système d’enseignement. La fonction du comité d’amphi est à la fois expression et contestation des modèles dominants dans le système universitaire. Le syndicat ne vise pas à contester verbalement un système donné mais plutôt à le transformer.

La prise de pouvoir par le parti communiste yougoslave

Après la Révolution d’Octobre le Parti Communiste Yougoslave comptait de nombreux militants. La période de l’entre deux guerres ne lui a pas été favorable. En 1932 et 1935, la montée du fascisme soude les militants. Se détachant progressivement des décisions du Kominterm et du pacte germano-soviétique pour prendre d’abord en considération les intérêts du pays, le Parti Communiste étend son audience. En 1941 le gouvernement yougoslave signe un pacte tripartite qui unit les états fascistes. Après l’attaque de l’URSS la résistance armée s’organise sous la direction de TITO et du Parti Communiste. C’est dans un climat de luttes révolutionnaires que l’armée de libération et de résistance proclame la République Populaire Fédérale de Yougoslavie.

La campagne de l’U.N.E.F. au premier trimestre

Le texte présenté tente de déterminer quelle doit être l’intervention de l’U.N.E.F. en fonction de l’analyse de la conjoncture universitaire. Le syndicat étudiant intervient dans le milieu étudiant qui vit aujourd’hui la mise en place de la réforme Fouchet et celle de la création des I.U.T. C’est sur ces terrains que l’action de l’U.N.E.F. aura à agir. Le milieu étudiant marque cependant une désaffection à l’égard de l’U.N.E.F., il faut donc renverser le mouvement en s’appuyant aussi sur les professeurs malgré toute leur ambiguité dans leur analyse de la réforme. C’est dans ce sens qu’une campagne d’action nationale est décidée pour fin novembre.

Tribune Socialiste n°306 – 15 décembre 1966

Qu’est-ce que la pratique syndicale ?

Ce texte, publié par le Bureau Terrel, élu au Congrès de Grenoble, témoigne de l’évolution idéologique de l’équipe ENS, acquise durant l’été aux thèses du «marxisme-léninisme ». Ce texte montre que l’activité syndicale va au-delà de l’organisation d’une grève : la pratique syndicale doit relier les problèmes étudiants aux problèmes politiques. La pratique syndicale doit, en outre, s’appuyer sur les luttes de masse, c’est-à-dire, faire participer le maximum possible d’étudiants à la bataille pour l’Université démocratique. Ainsi la pratique syndicale n’est pas suiviste mais transforme et élève le niveau de conscience ; ce qui implique le refus de tout spontanéisme.

Agriculture : la logique est dans le socialisme

Tribune Socialiste N°306, 15 Décembre 1966Un Français sur cinq vit de l’agriculture mais leurs revenus ne sont que de la moitié des autres français. La première source de cette inégalité vient des frais engagés par l’agriculteur pour devenir propriétaire de sa terre. Pour permettre d’alléger ses charges, il faut prévoir une révision du droit du sol et prévoir une municipalisation des terres. Par ailleurs il faut développer une nouvelle stratégie de l’organisation de la production et de la distribution des produits de la terre face à celle mise en place par les grands groupes industriels. La réponse doit être l’organisation de coopératives gérées par les agriculteurs, seule solution qui leur permettra de mutualiser les outils de production et de distribution, et de garantir un meilleur produit.

La crise de l’U.E.C.

Les débats à l’intérieur de l’Union des Étudiants communistes (U.E.C) débouchent en 1966 sur de nombreuses exclusions, notamment des militants trotskistes en début d’année, puis des militants pro-chinois (marxistes-léninistes) en fin d’année. Au comité central du Parti Communiste, à Arteuil, en avril, les positions philosophiques de Roger Garaudy et de Louis Althusser ont fait l’objet de vives critiques.

Tribune Socialiste n°305 – 8 décembre 1966

La pédagogie est-elle de gauche ?

Les professeurs d’université n’ont que très peu de formation à la pédagogie. Cela n’a que peu d’importance car le cours magistral est principalement  un spectacle, au service de futures publications, auquel l’étudiant est convié. L’étudiant, en ne visant que l’examen, est complice du système par confort et par habitude depuis son enfance. L’UNEF réagit et alerte sur la nécessité de former les étudiants au vocabulaire basique de toutes disciplines pour leur permettre de mieux comprendre ce qui est enseigné et de percevoir la réalité de l’université.

Lutter contre l’Université de classe

L’université a une fonction de classe dans la culture qu’elle dispense. Devant les menaces d’asservissement de l’Université à l’économie, les universitaires ont souvent tendance à se retrancher sur le front culturel, en défendant pas à pas la culture générale contre la technicité. En institutionnalisant les filières courtes, le Plan Fouchet introduit une diversification de l’enseignement qui doit permettre, selon le gouvernement, une diversification des modes d’accès à la culture. Appel à une semaine d’action du 12 au 17 Décembre.

Tribune Socialiste n°304 – 3 décembre 1966

Le Groupement syndical de l’Institut d’Études Politiques, Paris

À l’occasion des élections de l’Amicale des étudiants de l’I.E.P., amicale « apolitique », le Groupement Syndical a fait campagne pour promouvoir, dans l’esprit de l’U.N.E.F., un « syndicalisme de participation », engagé, ayant pour objectif « la réalisation d’une université réellement démocratique ».

Tribune Socialiste (supplément) – 1er décembre 1966

Mendès-France à Marseille

66-11-19-TS302-1webVenu à Marseille un peu avant les Journées d’Études du groupe « Rencontre Socialiste Régionale du Midi Méditerranéen », Pierre Mendès-France tient une conférence de presse sur la conjoncture économique. Il dénonce la politique de déplanification et le retour à une économie libérale. A ce laisser faire il oppose une politique démocratique et volontariste comprenant à la fois des mesures générales et correctrices dans certains secteurs. Il affirme qu’il faut des réformes de structure pour le foncier, pour le financement des collectivités territoriales, pour endiguer le déficit de la Sécurité Sociale et une réforme fiscale qui ne soit pas seulement une façon déguisée de peser sur les salaires.  

Tribune Socialiste n°303 – 26 novembre 1966

Le développement régional

« Le développement régional : expérience fondamentale pour l’avenir de notre pays » – Un extrait du rapport de M.Rocard « Décoloniser la province » qui est présenté au colloque de St Brieuc.

Le développement régional est la capacité à donner au pays une structure démocratique qui permette à chacun de trouver, là où il est, les conditions nécessaires au bon déroulement de son avenir et de celui de sa famille. Le développement économique et technique d’une région ne peut se faire que dans le cadre d’un réseau d’échanges dans une zone suffisamment vaste ayant une autonomie tant financière, qu’institutionnelle et une capacité d’innovation. Pour cela il faut des structures d’enseignement, de formation et de recherches au niveau des régions. Gagner la partie du développement régional consiste à redonner à la vie régionale ou à l’échelle métropolitaine, par la liberté qui lui est laissée, par la diversité des activités qui y naissent, une intensité telle, que le développement économique en soit le résultat. C’est un élément essentiel de la lutte des classes car les pouvoirs locaux prétextent la centralisation parisienne pour garder leur pouvoir et maintenir le statut quo. La réflexion économique sur le développement régional aboutit forcément à une réflexion institutionnelle et donc purement politique.

Revue internationale du socialisme n° 16-17

Cote : RIS – REVUE INTERNAT SOCIAL

La gauche française et ses programmes, Gilles Martinet La réunification social-démocrate en Italie, Piero Ardenti Société de consommation ou socialisme? Jean Auger Où va la Yougoslavie? Victor Alvés La méthode dialectique de Rosa Luxemburg, Lelio Basso Le vie syndicale et politique – Sociologie américaine – Société intégrée en RFA

MARTINET – ARDENTI – ALTVATER – AUGER – ALVES – MIGLIARDI – MORTIMER – NEGT – KUNENE – PETRAS – BASSO
16-17
1966 – Novembre
21,3 x 13,1 cm, 140 p.

Révolution à l’université

Comment bâtir de nouvelles universités, à échelle humaine, qui ne soient plus de simples machines à fabriquer des professeurs mais qui débouchent sur l’ensemble des activités de la cité ?
A la suite du colloque de Caen, le Nouvel Observateur du 23 novembre 1966, dans un « spécial enseignement », pose la question à Jacques MONOD (biologiste et biochimiste, prix Nobel de Médecine 1965), à Laurent SCHWARTZ (mathématicien, professeur à l’Ecole polytechnique), et à Raymond ARON (philosophe, sociologue, professeur à la Sorbonne, directeur d’études à l’Ecole pratique des Hautes Etudes).

De la misère en milieu étudiant

De la Misère en milieu étudiant

À Strasbourg lors de la cérémonie d’ouverture du Palais universitaire, les étudiants du bureau de l’Association Fédérative Générale des Étudiants de France – (A.F.G.E.S. affiliée à l’UNEF) profitent de l’invitation pour distribuer aux représentants des autorités strasbourgeoises une brochure anonyme intitulée « De la misère en milieu étudiant…. ». La brochure est massivement distribuée le lendemain aux étudiants de Strasbourg. Les auteurs dénoncent la condition de l’étudiant, être sous tutelle, dans une société de consommation, passifs ou révolutionnaires sans illusion. La brochure sera rééditée l’année suivante à 10 000 exemplaires. Les rééditions suivantes sont revendiquées par des « membres de l’International situationniste et des étudiants strasbourgeois».

Tribune Socialiste n°302 – 19 novembre 1966

Caen : l’université française à la recherche d’une nouvelle jeunesse

Le Colloque de Caen a réuni des savants, des hommes politiques, des hauts fonctionnaires et des industriels pendant trois jours sur le thème « Formation supérieure et recherche scientifique. ». Mendès France dans son discours d’ouverture a illustré par des chiffres l’important retard de la France en matière de recherche et de technologie. Plusieurs interventions ont dénoncé la structure napoléonienne de l’Université française et ont plaidé pour un décloisonnement des enseignements. Ils demandent des réformes profondes de structures et le remplacement du système centralisé par des unités d’enseignement et de recherche autonomes dans des disciplines variées et la multiplication des relations interdisciplinaires.

Bertrand Russel, le tribunal international sur le Vietnam

Bertrand Russel appelle à la formation d’une Cour internationale, à la manière dont le grand jury introduit une mise en accusation, pour faire connaître et dénoncer les crimes de guerre des américains au Vietnam. La cour n’aura ni le pouvoir de juger les accusés, ni le pouvoir de leur faire infliger un châtiment. Elle ne sera le porte-parole d’aucun gouvernement. La procédure des débats auxquels elle présidera ne sera pas contradictoire puisque les accusés n’y auront pas les moyens d’organiser normalement leur défense. L’action dont elle sera le centre ne sera donc pas un procès au sens plein. La cour fera avant tout figure de commissions internationale d’enquêtes. Les travaux de la Cour dureront 12 semaines et seront publiés. Bertand Russel déclare qu’il faut une mobilisation mondiale de l’opinion pour arrêter les atrocités qui se multiplient au Vietnam. Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir représenteront la France à cette Cour.

Le colloque de Caen

Réuni à l’initiative de l’A.E.E.R.S. – Association d’Etudes pour l’expansion de la Recherche scientifique, présidée par André LICHNÉROWICZ,  il réunit 300 participants.
Il marque le dixième anniversaire du premier colloque de Caen, qui s’était tenu à la Toussaint 1956, parrainé par Pierre MENDES-FRANCE, qui voyait dans la recherche scientifique un des moteurs de l’économie française.
L’A.E.E.R.S. a été constituée à la suite de ce premier colloque et du colloque de Grenoble en 1957 (sur les relations Université Industrie), en marge des pouvoirs publics. Elle réunit des chercheurs, des industriels, des savants, des syndicalistes…, et a organisé plusieurs rencontres à Dakar-Abidjan en 1959 (sur les progrès scientifiques de la Communauté), à Sèvres en 1961 (sur les mises à jour des connaissances scientifiques globales de l’ingénieur, du professeur et du chercheur), à Bourges en 1964 (sur les liens entre la recherche scientifique et le développement culturel).
En 1966, le deuxième colloque de Caen – au moment de la mise en place du plan Fouchet – aborde les questions des finalités et de l’organisation de l’enseignement et de la recherche, de la formation des maîtres, et de l’éducation permanente. Il met particulièrement en avant la nécessité de la constitution d’universités autonomes, se substituant au système centralisé des facultés « napoléoniennes ».

Les Quinze points du Colloque

Les quinze recommandations finales, pour répondre aux besoins d’un enseignement supérieur de masse, à la nécessité d’une éducation permanente, au développement de la recherche, à la rigueur de la compétition internationale :
– Création  d’universités publiques autonomes, compétitives et diversifiées
articulant des départements d’enseignement et des instituts de recherche (remplaçant les facultés).
– Pluralité des financements
– Programmes de recherche associant universités et industries
– Enseignements de préparation à la vie professionnelle au sommet de chaque échelon de formation
– Repenser la formation des maîtres
– Développer la formation permanente.

Tribune Socialiste n°301 – 12 novembre 1966

L’Amérique malade de Johnson

L’Amérique est malade du régime présidentiel de Johnson qui se met progressivement en place malgré son échec aux élections. Si on assiste à une remontée impressionnante du parti républicain il n’en demeure pas moins que le relais présidentiel entre le peuple et le gouvernement est grippé. Malgré les pertes subies par les démocrates, Johnson reste « Maître du Congrès » et n’a pas de réflexion politique. Il se borne à appliquer les recettes qui lui sont fournies par l’administration. Pourtant lors d’un référendum organisé dans un faubourg populaire sur le maintien ou non du corps expéditionnaire U.S. au Vietnam, 19 000 électeurs se sont prononcés pour le maintien contre 13 000 contre. C’est là une proportion inespérée compte tenu de la désinformation organisée sur le sujet par le gouvernement. Cette partie de l’opinion seule, abandonnée par toutes les puissances politiques constituées, pense déjà à un contre-courant.

Formation des maîtres-Colloque de Caen

Colloque de Caen 11-12-13 Novembre 1966 –Rapport final de la commission I. A. « Formation des maîtres », rédigé par Bertrand GIROD DE L’AIN (Journaliste au « Monde »), à la suite des réunions d’un groupe de travail préparatoire présidé par le recteur CAPELLE.

L’enseignement devrait avoir pour but non pas l’acquisition de formations encyclopédiques mais plutôt le développement de l’autonomie personnelle, et doit tenir compte des nouveaux moyens d’information et des nouveaux modes de vie.
– Conditions de départ : développer la recherche pédagogique (par la création d’instituts interdisciplinaires d’études pédagogiques).
– La formation initiale des enseignants devrait comporter 3 phases : initiation à la communication, formation psycho-pédagogique et sociale, formation professionnelle d’un an. (Dans le supérieur, assistants et maîtres assistants devraient avoir également une formation…).
– La formation continue devrait être obligatoire, pour la remise à jour des connaissances et le perfectionnement pédagogique.