L’Utopie réaliste

Mots-clés : Capitalisme, front autogestionnaire, Politique Économique, Pouvoir populaire

21 Décembre 1977 - 4 Janvier 1978 • Interview de Jean-Marie Demaldent, Michel Mousel et la Commission économique du PSU

Couverture de l'ouvrageL’Utopie réaliste : une autre logique économique pour la gauche est un ouvrage collectif de la Commission économique du PSU, sous la direction de Michel Mousel. Ce livre représente d’abord l’approfondissement d’une réflexion du PSU sur l’analyse des forces sociales en mouvement et de la crise économique. C’et une volonté de rupture avec les autres forces de gauche, notamment le PS et le PCF. Pour le PSU l’ensemble des revendications et des aspirations populaires n’est pas un obstacle pour sortir de la crise mais la force sur laquelle s’appuyer pour concevoir une politique socialiste cohérente. Pour sortir du chômage, la croissance n’est pas la bonne réponse. Il faut repenser l’ensemble des conditions de travail et s’approprier les aspirations des travailleurs qui veulent travailler autrement. Il faut s’attaquer radicalement à la division capitaliste du travail. Il faut tuer le mythe de la hiérarchie des qualifications lié à la hiérarchie des salaires. Les auteurs souhaitent prendre en compte les besoins économiques des pays du Tiers-monde dans une concertation égalitaire, stabiliser le développement pour stabiliser les inégalités. Enfin, pour être au plus près de la base le développement d’une planification autogestionnaire est nécessaire.

La parole à Alain Touraine

Mots-clés : participation, Pouvoir populaire, Socialisme autogestionnaire

13-19 Octobre 1977 • Alain Touraine, Propos recueillis par Claude Deslhiat, Léo Goldberg

« Il n’y aura jamais de société autogestionnaire »

Le changement dans nos sociétés est au coeur des préoccupations d’Alain Touraine, sociologue. Il accorde à sa réflexion une priorité à la pratique plutôt qu’aux théories. Ceci l’amène à réfléchir sur les nouveaux mouvements sociaux et les formations politiques, en particulier, sur ceux qui se réclament de l’autogestion. Pour lui, l’autogestion, au sens le plus noble du terme est une idéologie, c’est-à-dire la représentation qu’un acteur social a de la situation dans laquelle il se trouve. Il poursuit en précisant que l’autogestion c’est le mot qui porte les aspirations anti-technocratiques de notre époque, la volonté de libération et de reconstruction de la société. L’autogestion c’est l’idéologie populaire du présent, la volonté de créer des mécanismes de décisions démocratiques dans tous les secteurs. L’autogestion cerne une aspiration libertaire, le refus de la manipulation. C’est dans ce sens qu’Alain Touraine déclare qu’il n’y aura jamais de société autogestionnaire, ni de société libre, tout en précisant que cela ne veut pas dire pour autant qu’il ne faille pas se battre pour l’autogestion comme on s’est battu pour la liberté.

Lip : ce que solidarité veut dire

Mots-clés : Politique industrielle, Pouvoir populaire, Socialisme autogestionnaire

Août 1977 • Pierre Régnier, Michel Mousel

Lip, la solidarité veut dire : soutien financier mais aussi politique et idéologique pour défendre l’outil de travail et l’association des travailleurs aux décisions sur l’avenir de l’entreprise. Les Lip craignent la saisie, par la force, du matériel de production. Ils sont conscients que leur lutte est celle de toute la classe ouvrière. La solidarité est active tous les jours. Le PSU venu en délégation locale et nationale explique le sens de sa solidarité. L’aide du PSU pour la vente de montres rentre dans le cadre de la solidarité. Il en va de même de l’organisation des démarches entreprises auprès des autres organisations ouvrières, politiques et syndicales pour que le collectif des libertés soit saisi des agressions policières et autres subies à l’encontre les Lip. Pour assurer le contrôle et la maîtrise de l’outil de travail, le PSU apportera un appui militant, technique et politique aux propositions des ouvriers.

Althusser et son parti

Mots-clés : Congrès, marxisme, Parti Communiste, Pouvoir populaire

16-22 Juin 1977 • François Turquan

Althusser vient de publier une brochure intitulée 22ème congrès. Celle-ci rassemble les remarques exposées au Cercle de l’Union des étudiants communistes de la Sorbonne, autour de l’abandon de la dictature du prolétariat lors du dernier congrès du PCF. Cependant, au cours de la lecture de ces remarques, on note qu’Althusser envisage de façon plus large les problèmes posés par l’évolution stratégique du PCF. Sa réflexion est critique et apparait essentiellement comme une confrontation entre la stratégie du PCF et l’orthodoxie marxiste-leniniste telle que la conçoit Althusser. Il semble qu’Althusser n’est pas prêt à rompre définitivement avec l’héritage doctrinal du stalinisme, même s’il en rejette les pratiques. Le regard critique que jette Althusser sur son parti, la liberté de discussion qu’il réclame ne sont pas négligeables et sont signes d’une évolution. Mais les limites de sa critique et sa conception du rôle de l’Etat montrent que les communistes français ne sont pas encore tout à fait sortis de la longue nuit du stalinisme.

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