L’emploi c’est pas du luxe
« L’emploi c’est pas du luxe », un jeu de mots autour du paquebot de luxe « France « qui permet d’informer sur la crise de la marine marchande, de l’industrie du tourisme et des loisirs et de la question de la reconversion des industries, très coûteuses, comme le France ou Le Concorde. Le paquebot « France » est occupé par les salariés et bloqué dans le chenal du Havre. A terre, un Comité de Défense travaille pour défendre l’emploi au niveau régional et plus particulièrement dans la Marine Marchande. Le déficit de la marine marchande est actuellement de 20 millions de F par an et depuis 1960, la flotte commerciale française a perdu la moitié de ses emplois. Par ailleurs le marché des croisières, qui croit de 9% par an, pourrait lui aussi être réorienté du tourisme de luxe vers le tourisme social. La section P.S.U du Havre souligne la détermination des travailleurs et de la population havraise qui veulent faire échec à la suppression de 3 000 emplois. Elle s’associe et soutient les organisations syndicales et le comité de défense du Paquebot « France ».
Vers la crise ?
Est-il juste de craindre une crise économique et financière si on se limite au calcul du nombre de chômeurs ? Il semble qu’il faille aller plus loin dans l’analyse et noter que les difficultés présentes sont d’ordres économique et financier. L’inflation galopante menace les équilibres économiques et touchent fortement les petites entreprises. La politique gouvernementale de blocage du crédit lamine l’activité économique. A court terme les fermetures d’usines vont entraîner un ralentissement économique qui pèsera sur la croissance générale et menacera l’emploi. Le PSU dans son Manifeste de Toulouse a dénoncé cette impasse et a proposé une autre forme de développement qui tienne compte des nouvelles conditions mondiales de l’organisation économique. Sur le plan financier, la crise monétaire internationale aggravée par la question pétrolière peut entraîner une véritable crise des liquidités par la nécessité pour les banques de prêter à long terme des dépôts qu’elles ont reçus à court terme. Mais c’est l’impasse pétrolière de notre commerce extérieur qui constitue le plus grave danger. Elle est porteuse d’une grave crise de l’emploi si on ne se décide pas à modifier notre système de croissance.
Capitalisme et consommation
Cote : PSU-DOC
Série Dossier militant – les secteurs d’intervention 1°) Premières réflexions sur les problèmes de la consommation et les luttes à mener. 2°) Deux exemples de luttes : – Un « circuit court » qui en dit long ! – L’opération étiquetage, 3°) Comment s’y retrouver parmi les organisations 4°) Bibliographie 5°) Annexes : – Quelques données maîtresses sur le commerce en France – Les techniques de vente modernes.
067 / 068 / 069
1974 – Sept-oct
29,7 x 21 cm, 36 p.
Textes préparatoires du conseil national d’Orléans

Les textes préparatoires au Conseil national d’Orléans vont au-delà du débat sur la participation ou non aux Assises du socialisme. Ces textes signés Robert Chapuis, Victor Leduc, André Barjonet constituent un ensemble de déclarations sur la nécessité et les conditions de l’unité populaire pour donner toute sa force au socialisme autogestionnaire. Ces déclarations sont en opposition à la majorité du Bureau national qui pensent que les Assises s’inscrivent dans une dynamique qui doit conduire à l’intégration du PSU dans une force socialiste rénovée par cette adhésion. Au-delà des Assises, les auteurs sont préoccupés par les moyens et l’urgence de constituer, avec les forces politiques et sociales qui le veulent, une force politique puissante et crédible qui puisse servir d’appui au développement du courant socialiste autogestionnaire.
Pour le socialisme
« Pour le socialisme » est un texte préparatoire aux Assises du Socialisme qui veut indiquer le sens d’un projet de société qui répondra à l’attente d’un peuple et d’un monde inquiets. Après une analyse de la situation économique et politique, ce texte voudrait s’appuyer sur la dynamique de la campagne électorale et sur cette aspiration à changer la vie, pour ouvrir une réflexion sur le programme de la gauche. Une large place est faite à l’autogestion, définie comme clé de voûte du socialisme démocratique. Pour réussir il faut une stratégie de luttes et construire un grand parti socialiste dans l’unité politique des forces populaires. C’est aussi une stratégie européenne anticapitaliste qu’il va falloir construire. En conclusion, la gauche doit faire la synthèse des enseignements de Mai 1968 à Mai 1974, la victoire est à ce prix. Ce texte est une synthèse écrite par trois membres du PSU, trois syndicalistes CFDT et trois syndicalistes CGT et trois membres du PS dont un appartenant au CERES.
Dossier de formation. N° 5 : les stratégies du mouvement ouvrier.
Cote : PSU-DOC
(Supplément Stages) Même sommaire que n° 6 – Fonctions d’un parti révolutionnaire – Renforcement et élargissement – Une organisation pour la lutte – Les obstacles au développement du parti – Les structures
065 / 066 Suppl.
1974 – Août
21 x 29,7 cm, 12 p.
Dossier de formation N° 6 : Vie, animation et structures du PSU.
Cote : PSU-DOC
(Supplément Stages- – Fonctions d’un parti révolutionnaire – Renforcement et élargissement – Une organisation pour la lutte – Les obstacles au développement du parti – Les structures
065 / 066 Suppl.
1974 – Août
21 x 29,7 cm, 12 p.
Dossier de formation N° 7 : Les réponses politiques du PSU
Cote : PSU-DOC
(Supplément Stages) – La stratégie du PSU – Le contrôle ouvrier et populaire – L’unité populaire – La force politique autogestionnaire
065 / 066 Suppl.
1974 – Août
21 x 29,7 cm, 20 p.
Les damnés de la terre
Les damnés de la terre sont les paysans d’aujourd’hui qui subissent particulièrement la crise économique. Le revenu des paysans baisse très rapidement. Compte tenu de l’augmentation des coûts de production qui se situe à environ 30% depuis un an et de la stagnation ou de la baisse des principaux produits agricoles, on peut estimer que la baisse de leur revenu atteindra 40% en moyenne d’ici quelques années. Pour éviter que les paysans ne soient obligés de quitter leurs terres et ne viennent grossir le nombre de chômeurs, la DPN du PSU a proposé 4 axes de travail. Les travailleurs doivent calculer le prix de revient de leur production pour s’assurer d’un salaire minimum et ne pas se laisser imposer des prix fixés par le gouvernement. Le sol agricole est l’outil de travail des paysans, il est donc nécessaire de lutter contre la spéculation foncière et de payer au juste prix, contrôlé par les paysans eux-mêmes, la terre. L’action syndicale doit animer les débats et les luttes pour casser la mentalité de l’entreprise individuelle au profit d’une lutte collective en lien avec les luttes ouvrières. Enfin il faut élargir le débat politique à tous les militants anti-capitalistes.
Un an de luttes sociales
Lip 73… Usinor 74… en un an les luttes sociales se multiplient. Quatre terrains d’affrontement ont caractérisé ces luttes ouvrières : revendications salariales contre les effets de l’inflation galopante et de l’augmentation des produits alimentaires, des loyers, des services et de la T.V.A., défense de l’emploi face aux fermetures ou regroupement d’unité de production, luttes pour les conditions de travail et de sécurité devant le nombre croissant d’accidents mortels du travail, et enfin lutte contre la répression patronale vis à vis des travailleurs immigrés, des femmes et des syndicalistes. Partout en France, de Lip aux Tanneries françaises Réunies en passant par Renault, Trigano, les Houillères de Loraine, le front de lutte s’élargit. Les licenciements sont très nombreux tant dans le textile, l’habillement, les cuirs et la métallurgie. le climat social de luttes n’épargnent pas les banques, la Bourse ou encore l’ORTF. Fourcade, Ministre de l’Économie et des Finances avoue lui-même que la situation est plus grave qu’il ne le pensait. Le socialisme autogestionnaire doit formuler en termes politiques et en terme de programmes d’actions, les exigences qui émanent de ces luttes.
Résolution de la Direction politique nationale
« Une Phase nouvelle et offensive »
La Résolution de la Direction Politique Nationale des 29 et 30 Juin 1974 s’inscrit dans la continuité de la construction de l’unité populaire, élément essentiel de la campagne présidentielle car elle traduit, sur le plan politique, l’unité de la classe ouvrière contre la bourgeoisie que se soit dans l’entreprise ou en dehors des lieux de production. La DPN affirme que la lutte contre le régime doit entrer dans les mois à venir dans une phase nouvelle et offensive pour répondre aux aspirations des jeunes et des travailleurs. C’est dans ce but que le PSU inscrit ses propositions et ne manquera pas d’exprimer toute sa force politique en faveur du socialisme autogestionnaire. Les assises des forces socialistes sont une donnée importante pour la construction d’une force autogestionnaire mais ne sauraient être la seule. C’est pourquoi le PSU poursuivra les débats pour élaborer un programme de transition mais ne subordonnera pas ses activités et réflexions à la seule préparation de ces assises.
ORTF, pour les beaux yeux du privé
Toutes les catégories de travailleurs de l’ORTF dénoncent les conditions de travail, les salaires et les moyens de production incompréhensibles. Pourtant la grève à l’ORTF n’est pas comprise du public car cette structure n’est pas lisible dans son fonctionnement et la réforme en cours n’est que difficilement compréhensible. En faisant éclater l’O.R.T.F. en sept sociétés nationales, le gouvernement conserve les apparences des monopoles et du service public, mais en réalité, il change la nature et le contenu. Le monopole sert seulement à fournir le soubassement public au libre jeu des intérêts privés, dans la production comme dans la diffusion. Le service public laisse place à la concurrence entre des entreprises indépendantes de radio ou de télévision qui chercheront à développer leur financement propre, à partir de la publicité et des contrats qu’ils pourront obtenir. La Première et deuxième chaîne de télévision se développeront sur cette base et rien n’interdira — et c’est pourquoi il y faut une loi — que de nouvelles sociétés apparaissent pour une 4ème ou une 5ème chaîne, mettant fin ainsi au monopole, déjà singulièrement amoindri par le système des périphériques. Le gouvernement et les intérêts privés ont conclu un mariage de cœur et de raison : il leur faut désormais gérer leur patrimoine commun. La Direction Politique Nationale du PSU demande une réflexion pour organiser une politique démocratique de l’audiovisuel dans son ensemble.
Assises du socialisme, Débats
Les Assises font débat à l’intérieur du PSU : Robert Chapuis, Michel Mousel et Christian Guerche répondent à Gérard Férand sur le choix à faire. Robert Chapuis retrace les évènements de fin 1973 jusqu’aux élections non prévues de 1974 et montre que les choix à faire dépendent aussi du contexte politique. Pour lui, les Assises du socialisme permettront de savoir si un avenir est possible, moins pour les organisations que pour les milliers de militants qui attendent une force puissante et crédible, pour que la victoire du socialisme cesse d’être un slogan et devienne une réalité. Michel Mousel maintient sa position sur la possibilité d’un débat mais en aucun cas sur un alignement organisationnel avec le PS. Christian Guerche reprenant les résolutions de la DPN pour l’ouverture de débats qui ne doivent pas pour autant faire oublier les luttes et l’investissement du PSU à leurs côtés et affirme qu’alors se créeront les conditions de restructuration politique permettant de réunir dans une seule organisation, les militants, où qu’ils soient aujourd’hui, qui se reconnaissent dans le socialisme autogestionnaire.
Assises du socialisme, débats
« Pour un parti autogestionnaire de masse – Pour une stratégie révolutionnaire »
Les Assises du socialisme font débat. Le texte présenté ci-dessous est un texte présenté par la minorité à la Direction Politique Nationale des 29 et 30 juin 1974. Les prochaines échéances seront sociales et répondront à un certain nombre de mesures « libérales » et à une situation économique et sociale critique pour les années à venir. Les alliances électorales ne tiendront pas face aux réalités et aux habitudes réformistes d’une certaine gauche. Le courant minoritaire déclare rester fidèle au Manifeste de Toulouse et refuse toute assimilation du PSU au PS. Il affirme que le parti est à construire avec tous ceux qui partagent les conceptions autogestionnaires définies par le Manifeste de Toulouse et les 14 thèses du C.L.A.S. Pour les minoritaires c’est dans cet esprit que le PSU devrait participer aux Assises.
Gérard Férand, Direction Politique Nationale, courant majoritaire répond à ce texte : « Il faut choisir ».
Assises du socialisme, débats
Les débats que suscitent les prochaines Assises du Socialisme concernent l’ensemble des militants qui organisés ou non discutent aujourd’hui de « l’Appel pour le développement d’une grande force socialiste ». Yvan Craipeau et Alain Rannou expriment ici leur point de vue. Pour Yvan Craipeau il faut choisir entre un parti réformiste qui n’existe que pour les élections et un parti révolutionnaire qui se donne pour tâche d’aider les travailleurs à prendre conscience dans les luttes de chaque jour des possibilités de l’autogestion socialiste. Pour Alain Rannou il ne s’agit absolument pas de liquider le PSU ni la perspective autogestionnaire. Il s’agit de voir si le développement de luttes sociales qui se situent dans cette perspective peut trouver sa traduction sur le terrain politique et dans une organisation socialiste de masse.
Ras-le-bol dans les casernes
Le ras-le-bol dans les casernes s’expriment. Aujourd’hui l’armée essuie le feu roulant des critiques. Les objecteurs de conscience contestent le « service civil », les insoumis déclarent que leur décision est un geste délibérément politique et ne craignent pas d’accumuler les brimades les plus dures et les années de prisons. Les appelés arrivent à faire parler d’eux, hors des casernes, et créent des comités de soldats, signent des cahiers de revendications. Au 24ème régiment d’infanterie de marine (RIMA) à Perpignan, de nombreuses brimades au cours des exercices ont été dénoncées. A l’initiative du Comité de Défense des Appelés et avec l’appui de diverses organisations locales (dont la fédération du PSU) des témoignages révèlent un climat scandaleux à l’intérieur de la caserne que les appelés sont de moins en moins disposés à supporter à Perpignan comme ailleurs.
La santé est bien malade
A l’hôpital psychiatrique du « Bon Sauveur » la santé est bien malade et surtout la grève du personnel de nuit paralyse l’activité. Autrefois cette institution était dirigée par des religieuses qui faisaient surtout la charité, aujourd’hui le personnel civil revendique une autre façon de soigner et des meilleurs conditions de travail. La modernisation de l’équipement s’impose comme la réduction du temps de travail (un travailleur de nuit ne bénéficie que d’un week-end sur cinq de repos). Direction, DDASS et Ministère refusent toute négociation tant que les grévistes n’assureront pas le service minimum. Le personnel n’est pas soutenu par les médecins et les services hospitaliers qui dénoncent « l’abandon des malades » Alibi, déontologie et ambiguité car « soigner les malades » ne peut être synonyme de « tout faire ». A l’hôpital psychiatrique de Ste Marie de l’Assomption, l’occupation des locaux se prolonge depuis 6 semaines. Les grèves dans ce secteur confirment le malaise social général dénoncé par les militants politiques et syndicaux.
Le capitalisme et la fiscalité
Cote : PSU-DOC
1.- INTRODUCTION 2.- ASPECTS FONDAMENTAUX D’UNE FISCALITE DE CLASSE 2.1. Fondements du capitalisme et principe d’une fiscalité capitaliste 2.2. Moyen utilisé pour favoriser l’accumulation du capital 2.3. Moyen utilisé pour favoriser les profits. 2.4. Moyen utilisé pour permettre la permanence du profit, la réalisation de la plus-value et pour éviter les crises. 3.- LA FISCALITE FRANÇAISE, TELLE QU’ELLE SE PRESENTE 3.1. L’impôt sur les revenus ou impots directs 3.2. L’impôt sur la consommation : la T.V.A. 3.3. L’impôt sur la fortune 3.4. Les impôts locaux 4.- EN QUOI LA FISCALITE FRANÇAISE EST-ELLE UNE FISCALITE DE CLASSE ? 4.1. La T.V.A. impôt de classes : 4.2. L’impôt sur la fortune 4.3. L’impôt sur le revenu 4.4. La fraude 5.- CONCLUSION.
062 / 063 /064
1974 – Juin
29,7 x 21 cm, 26 p.
Matérialisme dialectique et matérialisme historique.
Cote : PSU-DOC
Série fiche militante : les instruments de l’analyse marxiste I. une conception générale du monde : le matérialisme historique II. Le monde est un procès au développement progressif : le matérialisme dialectique
065 / 066
1974 – Juin
29,7 x 21 cm, 16 p.
Redonner sa force au socialisme
Après la demie victoire de la gauche aux élections présidentielles, Robert Chapuis explique qu’il faut redonner au socialisme sa force et poursuivre l’effort de rassemblement fait par le PSU au cours de la campagne électorale. Il ne faut pas que les milliers d’électeurs qui ont mis leur espoir dans la gauche se sentent abandonnés. C’est pourquoi il redit combien il est important de pouvoir, au sein de l’unité, donner toute sa force politique au socialisme autogestionnaire dont il est question dans tous les débats aujourd’hui. Il rappelle qu’il n’est pas question que le PSU se fonde dans le Parti Socialiste. Pour lui, il faut, que les organisations actuelles manifestent leur volonté de victoire et leur sens de la responsabilité en se dépassant elle-même au sein d’une grande force socialiste qui s’engagera dans la lutte concrète pour le socialisme et l’autogestion pour l’avènement d’une société socialiste.
La 72ème victime d’Usinor-Dunkerque
La 72ème victime d’Usinor-Dunkerque fait naître la colère. Dimanche 2 juin 1974, Jean-Claude Delalleau meurt carbonisé sur le haut-fourneau n°4 d’Usinor-Dunkerque. Cinq autres travailleurs sont brûlés. Les 400 hauts-fournistes de Dunkerque décident de ne plus travailler tant que les conditions de sécurité ne seront pas respectées. Les actionnaires d’Usinor, eux, ont le sourire. La production a augmenté de 19,7% en 1973 et le revenu net de chaque action est passée à 9,45 F. On compte 72 accidents mortels depuis 1962, et des centaines de mutilés qui finiront leur carrière comme gardiens dans les vestiaires. Les ouvriers d’Usinor sont en lutte pour leur vie mais la mobilisation est difficile car les 11 000 travailleurs sont dispersés dans les mines, le Calaisis, la Flandre agricole. Outre de meilleures conditions de sécurité, les ouvriers réclament une augmentation des effectifs et une augmentation des salaires. Les militants PSU pensent que cette lutte doit être popularisée parmi les autres usines du trust, de la région Nord et que la mobilisation doit s’étendre aux femmes des ouvriers car elles sont directement concernées.
Entretien de Michel Rocard par Il Manifesto
Michel Rocard, lors de son entretien avec le journal italien Il Manifesto analyse le résultat des élections présidentielles et définit la stratégie du PSU devant une droite victorieuse mais avec peu de marges de manoeuvre pour s’imposer face à une gauche très présente. Michel Rocard précise que l’inflation et l’augmentation des matières premières auront des répercussions sociologiques, économiques et politiques. Pour lui, le capitalisme est arrivé aujourd’hui à un seuil où il doit développer de nouveaux mécanismes de régulation et d’intégration. Cette phase historique offre une chance aux forces qui, au sein du mouvement ouvrier européen, se battent sur les thèmes de l’alternative socialiste. Elles n’ont pas le droit de la laisser passer. La perspective autogestionnaire et la stratégie de contrôle ouvrier et populaire doivent devenir assez rapidement des points d’appui. L’autogestion, déjà expérimentée, est un des systèmes alternatifs pour redonner un contenu au socialisme. Cela voudra dire en effet la naissance d’un parti socialiste à forte base populaire dotée d’un projet de société et d’une stratégie d’articulation entre luttes sociales et luttes politiques.
Lip un an après
Lip, un an après, a comme un goût de victoire, mais ce n’est pas fini et le mouvement ouvrier a encore beaucoup de leçons à tirer de cette affaire. Il est temps d’analyser les stratégies de luttes et négociations qui ont permis d’imposer des manières de travailler décidées par les ouvriers eux-mêmes. Les combats des Lip ont été une nouvelle façon de concevoir la démocratie qui a permis à chacun de s’exprimer en amont des A.G. et des votes. Le PSU a fait beaucoup pour cette victoire de la classe ouvrière mais ne doit pas ignorer l’après, c’est-à-dire le prolongement politique même si le choix du « contrôle ouvrier, contrôle populaire »a été concluant. Pourtant, le PSU, parti d’action, parti de propositions, n’a pas la crédibilité nécessaire, pas la force suffisante, pour que cette victoire se concrétise en terme de pouvoir. Il faut regrouper les différentes composantes du mouvement autogestionnaire pour qu’il soit une force déterminante.