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Jacques
Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Dossier de formation. N° 5 : les stratégies du mouvement ouvrier.

Cote : PSU-DOC

(Supplément Stages) Même sommaire que n° 6 – Fonctions d’un parti révolutionnaire – Renforcement et élargissement – Une organisation pour la lutte – Les obstacles au développement du parti – Les structures

065 / 066 Suppl.
1974 – Août
21 x 29,7 cm, 12 p.

Dossier de formation N° 6 : Vie, animation et structures du PSU.

Cote : PSU-DOC

(Supplément Stages- – Fonctions d’un parti révolutionnaire – Renforcement et élargissement – Une organisation pour la lutte – Les obstacles au développement du parti – Les structures

065 / 066 Suppl.
1974 – Août
21 x 29,7 cm, 12 p.

Dossier de formation N° 7 : Les réponses politiques du PSU

Cote : PSU-DOC

(Supplément Stages) – La stratégie du PSU – Le contrôle ouvrier et populaire – L’unité populaire – La force politique autogestionnaire

065 / 066 Suppl.
1974 – Août
21 x 29,7 cm, 20 p.

Les damnés de la terre

Les damnés de la terre sont les paysans d’aujourd’hui qui subissent particulièrement la crise économique. Le revenu des paysans baisse très rapidement. Compte tenu de l’augmentation des coûts de production qui se situe à environ 30% depuis un an et de la stagnation ou de la baisse des principaux produits agricoles, on peut estimer que la baisse de leur revenu atteindra 40% en moyenne d’ici quelques années. Pour éviter que les paysans ne soient obligés de quitter leurs terres et ne viennent grossir le nombre de chômeurs, la DPN du PSU a proposé 4 axes de travail. Les travailleurs doivent calculer le prix de revient de leur production pour s’assurer d’un salaire minimum et ne pas se laisser imposer des prix fixés par le gouvernement. Le sol agricole est l’outil de travail des paysans, il est donc nécessaire de lutter contre la spéculation foncière et de payer au juste prix, contrôlé par les paysans eux-mêmes, la terre. L’action syndicale doit animer les débats et les luttes pour casser la mentalité de l’entreprise individuelle au profit d’une lutte collective en lien avec les luttes ouvrières. Enfin il faut élargir le débat politique à tous les militants anti-capitalistes.

Tribune Socialiste n°627 – Juillet/Août 1974

Un an de luttes sociales

Lip 73… Usinor 74… en un an les luttes sociales se multiplient. Quatre terrains d’affrontement ont caractérisé ces luttes ouvrières : revendications salariales contre les effets de l’inflation galopante et de l’augmentation des produits alimentaires, des loyers, des services et de la T.V.A., défense de l’emploi face aux fermetures ou regroupement d’unité de production, luttes pour les conditions de travail et de sécurité devant le nombre croissant d’accidents mortels du travail, et enfin lutte contre la répression patronale vis à vis des travailleurs immigrés, des femmes et des syndicalistes. Partout en France, de Lip aux Tanneries françaises Réunies en passant par Renault, Trigano, les Houillères de Loraine, le front de lutte s’élargit. Les licenciements sont très nombreux tant dans le textile, l’habillement, les cuirs et la métallurgie. le climat social de luttes n’épargnent pas les banques, la Bourse ou encore l’ORTF. Fourcade, Ministre de l’Économie et des Finances avoue lui-même que la situation est plus grave qu’il ne le pensait. Le socialisme autogestionnaire doit formuler en termes politiques et en terme de programmes d’actions, les exigences qui émanent de ces luttes.

Résolution de la Direction politique nationale

« Une Phase nouvelle et offensive »

La Résolution de la Direction Politique Nationale des 29 et 30 Juin 1974 s’inscrit dans la continuité de la construction de l’unité populaire, élément essentiel de la campagne présidentielle car elle traduit, sur le plan politique, l’unité de la classe ouvrière contre la bourgeoisie que se soit dans l’entreprise ou en dehors des lieux de production. La DPN affirme que la lutte contre le régime doit entrer dans les mois à venir dans une phase nouvelle et offensive pour répondre aux aspirations des jeunes et des travailleurs. C’est dans ce but que le PSU inscrit ses propositions et ne manquera pas d’exprimer toute sa force politique en faveur du socialisme autogestionnaire. Les assises des forces socialistes sont une donnée importante pour la construction d’une force autogestionnaire mais ne sauraient être la seule. C’est pourquoi le PSU poursuivra les débats pour élaborer un programme de transition mais ne subordonnera pas ses activités et réflexions à la seule préparation de ces assises.

ORTF, pour les beaux yeux du privé

Logo ORTF 1964Toutes les catégories de travailleurs de l’ORTF dénoncent les conditions de travail, les salaires et les moyens de production incompréhensibles. Pourtant la grève à l’ORTF n’est pas comprise du public car cette structure n’est pas lisible dans son fonctionnement et la réforme en cours n’est que difficilement compréhensible. En faisant éclater l’O.R.T.F. en sept sociétés nationales, le gouvernement conserve les apparences des monopoles et du service public, mais en réalité, il change la nature et le contenu. Le monopole sert seulement à fournir le soubassement public au libre jeu des intérêts privés, dans la production comme dans la diffusion. Le service public laisse place à la concurrence entre des entreprises indépendantes de radio ou de télévision qui chercheront à développer leur financement propre, à partir de la publicité et des contrats qu’ils pourront obtenir. La Pre­mière et deuxième chaîne de télévision se développeront sur cette base et rien n’interdira — et c’est pourquoi il y faut une loi — que de nouvelles sociétés apparaissent pour une 4ème ou une 5ème chaîne, mettant fin ainsi au monopole, déjà singulièrement amoindri par le système des périphériques. Le gouvernement et les intérêts privés ont conclu un mariage de cœur et de raison : il leur faut désormais gérer leur patrimoine commun.  La Direction Politique Nationale du PSU demande une réflexion pour organiser une politique démocratique de l’audiovisuel dans son ensemble.

Assises du socialisme, Débats

Les Assises font débat à l’intérieur du PSU : Robert Chapuis, Michel Mousel et Christian Guerche répondent à Gérard Férand sur le choix à faire. Robert Chapuis retrace les évènements de fin 1973 jusqu’aux élections non prévues de 1974 et montre que les choix à faire dépendent aussi du contexte politique. Pour lui, les Assises du socialisme permettront de savoir si un avenir est possible, moins pour les organisations que pour les milliers de militants qui attendent une force puissante et crédible, pour que la victoire du socialisme cesse d’être un slogan et devienne une réalité. Michel Mousel maintient sa position sur la possibilité d’un débat mais en aucun cas sur un alignement organisationnel avec le PS. Christian Guerche reprenant les résolutions de la DPN pour l’ouverture de débats qui ne doivent pas pour autant faire oublier les luttes et l’investissement du PSU à leurs côtés et affirme qu’alors se créeront les conditions de restructuration politique permettant de réunir dans une seule organisation, les militants, où qu’ils soient aujourd’hui, qui se reconnaissent dans le socialisme autogestionnaire.

Assises du socialisme, débats

« Pour un parti autogestionnaire de masse – Pour une stratégie révolutionnaire »

Les Assises du socialisme font débat. Le texte présenté ci-dessous est un texte présenté par la minorité à la Direction Politique Nationale des 29 et 30 juin 1974. Les prochaines échéances seront sociales et répondront à un certain nombre de mesures « libérales » et à une situation économique et sociale critique pour les années à venir. Les alliances électorales ne tiendront pas face aux réalités et aux habitudes réformistes d’une certaine gauche. Le courant minoritaire déclare rester fidèle au Manifeste de Toulouse et refuse toute assimilation du PSU au PS. Il affirme que le parti est à construire avec tous ceux qui partagent les conceptions autogestionnaires définies par le Manifeste de Toulouse et les 14 thèses du C.L.A.S. Pour  les minoritaires c’est dans cet esprit que le PSU devrait participer aux Assises.

Gérard Férand, Direction Politique Nationale, courant majoritaire répond à ce texte : « Il faut choisir ».

Tribune Socialiste n°626 – 6 juillet 1974

Tribune Socialiste n°625 – 29 juin 1974

Assises du socialisme, débats

Les débats que suscitent les prochaines Assises du Socialisme concernent l’ensemble des militants qui organisés ou non discutent aujourd’hui de « l’Appel pour le développement d’une grande force socialiste ». Yvan Craipeau et Alain Rannou expriment ici leur point de vue. Pour Yvan Craipeau il faut choisir entre un parti réformiste qui n’existe que pour les élections et un parti révolutionnaire qui se donne pour tâche d’aider les travailleurs à prendre conscience dans les luttes de chaque jour des possibilités de l’autogestion socialiste. Pour Alain Rannou il ne s’agit absolument pas de liquider le PSU ni la perspective autogestionnaire. Il s’agit de voir si le développement de luttes sociales qui se situent dans cette perspective peut trouver sa traduction sur le terrain politique et dans une organisation socialiste de masse.

Ras-le-bol dans les casernes

Le ras-le-bol dans les casernes s’expriment. Aujourd’hui l’armée essuie le feu roulant des critiques. Les objecteurs de conscience contestent le « service civil », les insoumis déclarent que leur décision est un geste délibérément politique et ne craignent pas d’accumuler les brimades les plus dures et les années de prisons. Les appelés arrivent à faire parler d’eux, hors des casernes, et créent des comités de soldats, signent des cahiers de revendications. Au 24ème régiment d’infanterie de marine (RIMA) à Perpignan, de nombreuses brimades au cours des exercices ont été dénoncées. A l’initiative du Comité de Défense des Appelés et avec l’appui de diverses organisations locales (dont la fédération du PSU) des témoignages révèlent un climat scandaleux à l’intérieur de la caserne que les appelés sont de moins en moins disposés à supporter à Perpignan comme ailleurs.

La santé est bien malade

A l’hôpital psychiatrique du « Bon Sauveur » la santé est bien malade et surtout la grève du personnel de nuit paralyse l’activité. Autrefois cette institution était dirigée par des religieuses qui faisaient surtout la charité, aujourd’hui le personnel civil revendique une autre façon de soigner et des meilleurs conditions de travail. La modernisation de l’équipement s’impose comme la réduction du temps de travail (un travailleur de nuit ne bénéficie que d’un week-end sur cinq de repos). Direction, DDASS et Ministère refusent toute négociation tant que les grévistes n’assureront pas le service minimum. Le personnel n’est pas soutenu par les médecins et les services hospitaliers qui dénoncent « l’abandon des malades » Alibi, déontologie et ambiguité car « soigner les malades » ne peut être synonyme de « tout faire ». A l’hôpital psychiatrique de Ste Marie de l’Assomption, l’occupation des locaux se prolonge depuis 6 semaines. Les grèves dans ce secteur confirment le malaise social général dénoncé par les militants politiques et syndicaux.

Le capitalisme et la fiscalité

Cote : PSU-DOC

1.- INTRODUCTION 2.- ASPECTS FONDAMENTAUX D’UNE FISCALITE DE CLASSE 2.1. Fondements du capitalisme et principe d’une fiscalité capitaliste 2.2. Moyen utilisé pour favoriser l’accumulation du capital 2.3. Moyen utilisé pour favoriser les profits. 2.4. Moyen utilisé pour permettre la permanence du profit, la réalisation de la plus-value et pour éviter les crises. 3.- LA FISCALITE FRANÇAISE, TELLE QU’ELLE SE PRESENTE 3.1. L’impôt sur les revenus ou impots directs 3.2. L’impôt sur la consommation : la T.V.A. 3.3. L’impôt sur la fortune 3.4. Les impôts locaux 4.- EN QUOI LA FISCALITE FRANÇAISE EST-ELLE UNE FISCALITE DE CLASSE ? 4.1. La T.V.A. impôt de classes : 4.2. L’impôt sur la fortune 4.3. L’impôt sur le revenu 4.4. La fraude 5.- CONCLUSION.

062 / 063 /064
1974 – Juin
29,7 x 21 cm, 26 p.

Matérialisme dialectique et matérialisme historique.

Cote : PSU-DOC

Série fiche militante : les instruments de l’analyse marxiste I. une conception générale du monde : le matérialisme historique II. Le monde est un procès au développement progressif : le matérialisme dialectique

065 / 066
1974 – Juin
29,7 x 21 cm, 16 p.

Tribune Socialiste n°624 – 22 juin 1974

Redonner sa force au socialisme

Après la demie victoire de la gauche aux élections présidentielles, Robert Chapuis explique qu’il faut redonner au socialisme sa force et poursuivre l’effort de rassemblement fait par le PSU au cours de la campagne électorale. Il ne faut pas que les milliers d’électeurs qui ont mis leur espoir dans la gauche se sentent abandonnés. C’est pourquoi il redit combien il est important de pouvoir, au sein de l’unité, donner toute sa force politique au socialisme autogestionnaire dont il est question dans tous les débats aujourd’hui. Il rappelle qu’il n’est pas question que le PSU se fonde dans le Parti Socialiste. Pour lui, il faut, que les organisations actuelles manifestent leur volonté de victoire et leur sens de la responsabilité en se dépassant elle-même au sein d’une grande force socialiste qui s’engagera dans la lutte concrète pour le socialisme et l’autogestion pour l’avènement d’une société socialiste.

La 72ème victime d’Usinor-Dunkerque

Couverture TS N°624La 72ème victime d’Usinor-Dunkerque fait naître la colère. Dimanche 2 juin 1974, Jean-Claude Delalleau meurt carbonisé sur le haut-fourneau n°4 d’Usinor-Dunkerque. Cinq autres travailleurs sont brûlés. Les 400 hauts-fournistes de Dunkerque décident de ne plus travailler tant que les conditions de sécurité ne seront pas respectées. Les actionnaires d’Usinor, eux, ont le sourire. La production a augmenté de 19,7% en 1973 et le revenu net de chaque action est passée à 9,45 F. On compte 72 accidents mortels depuis 1962, et des centaines de mutilés qui finiront leur carrière comme gardiens dans les vestiaires. Les ouvriers d’Usinor sont en lutte pour leur vie mais la mobilisation est difficile car les 11 000 travailleurs sont dispersés dans les mines, le Calaisis, la Flandre agricole. Outre de meilleures conditions de sécurité, les ouvriers réclament une augmentation des effectifs et une augmentation des salaires. Les militants PSU pensent que cette lutte doit être popularisée parmi les autres usines du trust, de la région Nord et que la mobilisation doit s’étendre aux femmes des ouvriers car elles sont directement concernées.

Entretien de Michel Rocard par Il Manifesto

Michel Rocard, lors de son entretien avec le journal italien Il Manifesto  analyse le résultat des élections présidentielles et définit la stratégie du PSU devant une droite victorieuse mais avec peu de marges de manoeuvre pour s’imposer face à une gauche très présente. Michel Rocard précise que l’inflation et l’augmentation des matières premières auront des répercussions sociologiques, économiques et politiques. Pour lui, le capitalisme est arrivé aujourd’hui à un seuil où il doit développer de nouveaux mécanismes de régulation et d’intégration. Cette phase historique offre une chance aux forces qui, au sein du mouvement ouvrier européen, se battent sur les thèmes de l’alternative socialiste. Elles n’ont pas le droit de la laisser passer. La perspective autogestionnaire et la stratégie de contrôle ouvrier et populaire doivent devenir assez rapidement des points d’appui. L’autogestion, déjà expérimentée, est un des systèmes alternatifs pour redonner un contenu au socialisme. Cela voudra dire en effet la naissance d’un parti socialiste à forte base populaire dotée d’un projet de société et d’une stratégie d’articulation entre luttes sociales et luttes politiques.

Lip un an après

Couverture TS N°623Lip, un an après, a comme un goût de victoire, mais ce n’est pas fini et le mouvement ouvrier a encore beaucoup de leçons à tirer de cette affaire. Il est temps d’analyser les stratégies de luttes et négociations qui ont permis d’imposer des manières de travailler décidées par les ouvriers eux-mêmes. Les combats des Lip ont été une nouvelle façon de concevoir la démocratie qui a permis à chacun de s’exprimer en amont des A.G. et des votes. Le PSU a fait beaucoup pour cette victoire de la classe ouvrière mais ne doit pas ignorer l’après, c’est-à-dire le prolongement politique même si le choix du « contrôle ouvrier, contrôle populaire »a été concluant. Pourtant, le PSU, parti d’action, parti de propositions, n’a pas la crédibilité nécessaire, pas la force suffisante, pour que cette victoire se concrétise en terme de pouvoir. Il faut regrouper les différentes composantes du mouvement autogestionnaire pour qu’il soit une force déterminante.

L’avenir du PSU

L’avenir du PSU se fond dans celui de la gauche. Les forces socialistes dans leur ensemble s’interrogent sur leur avenir et les élections présidentielles laissent un grand espoir aux militants qui veulent changer la société. Le débat lancé par la Direction Politique Nationale en Avril 1973 sur « la restructuration du mouvement ouvrier » alors théorique devient aujourd’hui central. L’avenir du P.S.U. n’a pas de sens s’il n’est pas l’avenir du socialisme dans notre pays. Depuis trois ans, des pas de géant ont été accomplis : en partie grâce au P.S.U.. Le socialisme autogestionnaire est devenu une profonde espérance à l’intérieur de la classe ouvrière et pour tous ceux qui subissent l’oppression bourgeoise et l’exploitation capitaliste. Pour ne pas se déjuger le P.S.U. doit savoir répondre à cette espérance et se mettre au service de la victoire des forces populaires, pour le pouvoir des travailleurs.

Présidentielles, et maintenant ?

Et maintenant  ? Que faire après les présidentielles ? Il semble que le score de 49,3% des électeurs en faveur de la gauche exprime la possibilité d’engager effectivement un processus de transformation socialiste dans un pays développé. Un des acquis de la campagne est que les militants ont pris conscience de la signification politique de la force du courant autogestionnaire. Le projet autogestionnaire a gagné en crédibilité du fait qu’il se situait au sein de l’unité des forces populaires et non à l’extérieur. D’autre part, ce projet se trouve être, dans la diversité des propositions de la gauche socialiste, celui qui répond le mieux aux contradictions internes et externes du capitalisme d’aujourd’hui. Enfin le projet autogestionnaire exprime le contenu concret des luttes sociales partout où émerge la volonté des travailleurs de contrôler les décisions qui les concernent. La tâche maintenant est de faire en sorte que la perspective socialiste autogestionnaire devienne celle des travailleurs.

Yougoslavie : nouvelle étape

La Yougoslavie est engagée sur la voie de l’autogestion. Le 10ème Congrès de la Ligue des Communistes est ouvert le 27 Mai 1974 par Tito qui déclare qu’il est temps de définir les tâches à venir et analyser les erreurs et les insuccès de cette nouvelle politique. Ce pays devient un pôle de référence pour les nouvelles forces socialistes à l’Ouest comme à l’Est. Il essaye de se donner les moyens de surmonter ses contradictions. En effet, l’autogestion est restée jusqu’ici, en grande partie, extérieure aux travailleurs. La question d’aujourd’hui est bien de donner un contenu au pouvoir des travailleurs. Pour cela la nouvelle Constitution précise que « l’organisation socio-économique socialiste de la Yougoslavie se fonde sur le travail librement associé avec les moyens de production appartenant à la société et l’autogestion des ouvriers dans la production et la répartition du produit social ». Une période nouvelle s’ouvre et sera suivie avec intérêt par tous ceux qui se battent pour l’instauration d’un socialisme autogestionnaire

Tribune Socialiste n°623 – 15 juin 1974

Assises du socialisme, appel

« Appel pour participer au développement d’une grande force socialiste »

L’appel lancé par François Mitterrand au nom du Parti Socialiste pour que soit créé au plus vite « le lieu de rencontre » permettant à tous les socialistes de confronter leurs expériences concrètes et d’élaborer un projet commun de société  séduit les militants . La résolution de la Direction Politique Nationale du PSU exprimant la volonté de « donner à la perspective autogestionnaire toute son ampleur et « de créer les conditions d’une force politique puissante et crédible », nous paraît témoigner d’une démarche analogue. Le jugement favorable du Bureau National de la C.F.D.T. porté sur ces deux orientations constitue à cet égard un élément positif. Tout en affirmant la nécessaire autonomie de décision et d’action de leurs organisations respectives, nombreux sont les militants prêts, dans ces conditions nouvelles, à élargir leur action au sein d’une telle force politique, sans pour autant vouloir y constituer une quelconque tendance.

Liste des premiers signataires en faveur de la tenue des Assises du socialisme.

Questions à Pierre Héritier

Quatre questions sont posées à Pierre Héritier, responsable CFDT de la région Rhône-Alpes, membre du bureau national de la confédération, et représentatif de ce qu’on a coutume d’appeler « la gauche syndicale » pour expliquer sa position sur les échéances qui sont celles du mouvement ouvrier après la campagne présidentielle. Pour lui, s’il est difficile de présager de l’avenir, il n’en demeure pas moins que les conditions sociales et politiques sont réunies pour renforcer les luttes sociales déjà fortement engagées avant les élections. Depuis 1968, la seule alternative au régime ne peut être qu’une alternative de gauche. Les luttes sociales – comme l’élection de 1974 – traduisent avec une netteté de plus en plus grande une situation d’affrontement de classe. Cela oblige à une restructuration de la gauche socialiste, seule réponse pour créer les conditions de nouveaux dépassements.

Tribune Socialiste n°622 – 7 juin 1974

Tribune Socialiste n°621 – 1er juin 1974