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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Pour un communisme autogestionnaire

« Pour un communisme autogestionnaire » est une des contributions de la Fédération du Rhône dans laquelle les auteurs, s’appuyant sur les théories marxistes, analysent le mécanisme des couches et forces sociales et en tirent les conséquences pour l’organisation et l’avenir du PSU. Ce texte paru dans Tribune Socialiste est complété par une analyse plus développée parue dans PSU Information le 29 Novembre.

Ouvrir le PSU pour le dépasser

Ouvrir le PSU pour le dépasser est le souhait d’André Barjonet, de plusieurs Secrétaires Fédéraux et des membres de la Direction Politique Provisoire. Cette contribution aux débats préparatoires du 9ème Congrès s’inscrit dans un débat plus général sur l’organisation du Parti et les crises successives des derniers mois.

Au Conseil national d’Orléans, le PSU a affirmé avec force sa volonté de préserver son autonomie politique et organisationnelle estimant qu’il constitue un instrument important de la lutte des classes et tend à devenir un pôle de référence du courant autogestionnaire. Si certains voient la possibilité d’un tel dépassement dans la fusion avec le PS, un tel projet fait l’impasse sur les principales questions posées au mouvement ouvrier. Le PS peut devenir à la rigueur, une organisation sociale démocrate mais ne peut être l’ébauche de la force révolutionnaire dont l’autogestion a besoin.

Le dépassement du PSU passe par sa capacité à être partie intégrante du mouvement populaire mais doit lui offrir des perspectives. Pour cela il faut donc que le PSU s’ouvre à tous ceux qui sont en accord avec son projet. Cependant, la nature de l’organisation doit être revue pour pouvoir intervenir sur tous les terrains de lutte, coordonner l’action et  lui donner sa dimension politique, favoriser les prises de responsabilités à la base du parti et avoir des débats clairs et démocratiques. Ce sont toutes ces orientations qui constitueront les enjeux du congrès d’Amiens.

Inflation, chômage, répression politique

Longtemps « limitée » au domaine économique (inflation, échanges extérieurs, spéculation monétaire), la crise du système capitaliste se développe aujourd’hui dans le domaine social. En un an les demandes d’emploi non satisfaites ont augmenté de 28 % tandis que les offres d’emploi ont diminué de 30%. Le chômage touche environ 3,2% de la population salariée. La crise est voulue par le patronat qui souhaite une restructuration en profondeur par la concentration des emplois et la disparition des secteurs les plus traditionnels et des sous-traitants pour rentabiliser au mieux l’outil de production. La crise est aussi organisée par le pouvoir qui sacrifie délibérément les Charbonnages comme l’aviation civile, les équipements collectifs comme les services publics. La répression contre les ouvriers en grève ou les syndicats est de plus en plus présente. A cela il faut riposter en adaptant les luttes au contexte. Il faut transformer la tactique habituelle (défense du pouvoir d’achat, défense de l’emploi) en une stratégie offensive ou tout succès, même partiel, dans un secteur donné entraîne forcément des succès plus vastes dans d’autres branches industrielles.

Néogravure : la riposte au démantèlement

Le groupe Néogravure, imprimerie spécialisée dont l’usine principale est à Issy-les Moulineaux, est en voie de liquidation et de démantèlement. Les ouvriers et les syndicats organisent la riposte à cette décision prise dans un contexte de rationalisation et de regroupement d’entreprises. La fermeture de l’usine d’Yssy-les-Moulineaux représente 969 emplois, la décision de reporter son activité sur « Hélio » à Corbeil et de faire de l’usine de Lille (NEA) une entreprise de sous-traitance dont l’activité serait déterminée en fonction des capacités d’absorption de l’usine de Corbeil entraîneront un chantage au chômage exercé par les patrons dans les différentes usines. Cette proposition soutenue par les banques, est en fait une vaste opération de concentration qui prolonge celle de Larousse et d’autres entreprises. Aux côtés de la C.G.T et de la C.F.D.T. le principe de grèves avec occupation a été décidé par les travailleurs. La C.F.D.T. syndicat très minoritaire dans ce secteur propose d’accompagner la grève, de la populariser de la soutenir financièrement, et d’en faire une grève active. Dans l’imprimerie, comme aux P.T.T. et dans l’ensemble des moyens d’information, le contrôle ouvrier, première réponse au démantèlement, est à l’ordre du jour.

Tribune Socialiste n°633 – 8 novembre 1974

Stratégie du pouvoir et réponse ouvrière

Face à la stratégie du pouvoir pour faire face à la crise qui s’aggrave touchant non seulement la production mais très bientôt les services et la distribution, le secteur privé comme le secteur public ou nationalisé, la réponse ouvrière est difficile. Le pouvoir endort les travailleurs soit en leur proposant des augmentations de salaire, soit en leur promettant la titularisation des nombreux travailleurs en situation précaire. Le pouvoir organise la division entre travailleurs, usagers et chômeurs. La lutte aujourd’hui est avant tout celle de la défense de l’emploi. Il faut conjuguer les actions offensives en vue de la restructuration de certaines branches économiques et de la réorientation de certaines productions avec les actions défensives pour le maintien de l’emploi et pour la protection des chômeurs. Il faut adapter les moyens de lutte et faire face au pouvoir dans un pacte d’unité d’action. C’est au travers de ce pacte que les militants du courant révolutionnaire feront avancer, au sein du mouvement ouvrier global, l’idée du contrôle et de l’autogestion. La crise, avec toutes ses conséquences, permettra à la longue de faire progresser cette conception de la lutte pour le socialisme.

E.G.F : une action unitaire ?

A E.G.F. la volonté d’action unitaire est réclamée par la base des travailleurs dont les salaires ne suivent pas les augmentations du coût de la vie et qui sont très sensibles aux dégradations de leur condition de travail. La situation revendicative à E.G.F. est marquée par la forte emprise de la CGT (environ 55 % aux élections de représentativité) et donc de sa ligne politique. La base souhaite pourtant un discours unitaire entre les deux syndicats : C.G.T. et C.F.D.T. Aux Assises de St Ouen, les quelques déclarations communes des syndicats ont été chaleureusement accueillies. De quelle façon les deux fédérations chercheront-elles à démarrer une véritable offensive et sur quelle plate-forme commune ? Des propositions d’actions devant permettre de gêner la direction sans s’aliéner les usagers ont été formulées : information sur les risques nucléaires, grève de la facturation, affichage syndical destiné aux usagers sur les véhicules de travail, opérations « portes ouvertes », blocage de l’informatique,…. Au-delà des récents débrayages, tout donne à penser qu’on reparlera encore d’E.G.F. au chapitre des conflits dans le secteur public nationalisé.

L’Écologie en marche

L’écologie en marche, un entretien avec Brice Lalonde, qui permet de situer le mouvement écologique, relativement nouveau dans le contexte politique, économique et social. Pour lui, l’écologie, comme approche de la réalité, transcende le politique et l’économique. C’est un mode de raisonnement axé sur la perspective de la survie de l’espèce humaine. Le mouvement écologique est la résultante de trois composantes. En premier lieu les scientifiques prennent de plus en plus conscience de l’impact de leurs travaux sur les conditions de vie et les risques qu’ils pourraient faire courir à l’humanité. La deuxième composante du mouvement écologique, ce sont les gens qui se mobilisent sur le cadre de vie. Le troisième courant est formé par les révolutionnaires qui se réclament de mai 68. Ils sont concentrés dans les grandes villes et forment les bataillons de choc de l’écologie. Leur engagement écologique va de paire avec une conscience régionaliste et ils sont d’idéologie libertaire. Brice Lalonde pense qu’il est urgent de politiser l’écologie mais aussi « d’écologiser » la politique.

Tribune Socialiste n°632 – 1er novembre 1974

Pour lancer le débat : 9ème congrès national du PSU

Préparation du 9ème congrès Tribune Socialiste N° 632, 1er Novembre 1974

Pour lancer le débat et préparer le 9ème Congrès National du PSU, la Direction Politique Provisoire propose d’ouvrir la discussion à l’ensemble du Parti sur les principales questions qui se posent à tous les militants afin de déterminer l’orientation du Parti. En premier lieu, il faut définir les conditions concrètes d’une stratégie populaire anti-capitaliste. Il faut également préciser le rôle du PSU, dans le contexte du programme commun initié par le parti socialiste, et promouvoir un rassemblement populaire autour de la classe ouvrière sur l’axe du contrôle et de l’autogestion. Enfin il faut engager la préparation d’un programme qui prenne appui sur les luttes des travailleurs.

La Commission d’organisation du Congrès, ratifiant les propositions de la Direction Politique Provisoire, a fixé la date du 9ème Congrès aux 14,15 et 16 Décembre 1974.

Grève aux P.T.T., tous les travailleurs sont concernés

Couverture TSN°635,Novembre 1974Après l’O.R.T.F., c’est le tour des P.T.T. et de Télécom : démantèlement, privatisation, remise en cause du statut. Il faut dire que depuis longtemps la pieuvre capitaliste s’intéresse aux P.T.T. : participation des banques aux investissements du téléphone et création de compagnies privées de développement, embauche de contractuels et présence de 100 000 auxiliaires dans les P.T.T., installation du contrôle de gestion pour rendre rentables les P.T.T. , pénurie d’effectifs qui empêche le service public de fonctionner correctement, jetant ainsi le discrédit sur ce secteur. Après la grève, les propositions du Ministre ont été rejetées car ce n’est pas en cédant des miettes que le mouvement pouvait être désamorcé. La grève des P.T.T est relayée par la lutte des cheminots, des électriciens et gaziers, il est le point névralgique de la combativité ouvrière. Faire l’unité dans les P.T.T et la fonction publique, maintenir l’action, la renforcer en organisant des rencontres entre les différents secteurs menacés, organiser des meetings communs est l’épreuve de force engagée contre le pouvoir. C’est une lutte qu’il faut gagner sous peine de décourager tous les travailleurs.

Le patronat veut gérer la crise

Début Octobre le patronat, au cours de ses Assises, a analysé la crise économique et a tenté d’élaborer une stratégie pour la gérer au mieux de ses intérêts. Le changement de la situation économique a été brutal après une année de larges profits en 1973. La récession mondiale a compromis la stratégie de production et de profit et a créé de larges disparités selon les secteurs, tant sont contradictoires les intérêts en jeu. Cette diversité de situations et de stratégies patronales doivent être prises en compte dans les mots d’ordre lors de conflits sociaux. Il est difficile de se contenter de slogans pour défendre le pouvoir d’achat quand une entreprise licencie massivement. La logique du patronat est avant tout d’accroître la capacité de production et donc d’investir pour financer les nouveaux équipements nécessaires à la production. Il lui faut donc de larges profits, des crédits importants et bon marché et parfois même des aides de l’Etat. Dans cette optique, le patronat s’oppose à toute réglementation sur le droit de licenciement et préfère maintenir une réserve de chômeurs disponible selon les besoins. Le patronat ne veut, malgré tout, pas d’intervention dirigiste de l’Etat et se méfie de l’idéologie de la croissance ralentie.

Le “Mai” des banques

Cote : CFDT

Les auteurs-acteurs qui relatent la grève de 1974 sont militants CFDT Première partie LA PROFESSION BANCAIRE Deuxième partie LE “MAI” DES BANQUES PRINTEMPS 1974 La grève à la Banque de France Le démarrage du conflit dans les autres banques Le Gouvernement et le Pouvoir Le patronat Les modes d’action Popularisation Les provocations Le règne des inégalités Les résultats de la grève Troisième partie Les GREVES DANS LA BANQUE, CHRONOLOGIE

MOUSSY JP – GEGOT G. – DELANGRE A. – LANGLOIS A. – MIGNOT D. – VIDAL R.
1974 octobre
21 x 13,5 cm, 100 p.
Syros

Coopération ou néo-colonialisme ?

Cote : PSU-DOC

Série Dossier militant – la dimension internationale des luttes 1. Le colonialisme à la française 2. 1958 et le stratagème gaulliste : la décolonisation conservatrice 3. 1960-1974 : l’art de s’en aller pour mieux rester 4. Le sens des mots 5. Coopération, socialisme et autogestion

070 / 071 / 072
1974 – Octobre
29,7 x 21 cm, 36 p.

Tribune Socialiste n°631 bis – 22 octobre 1974

Déclaration de la Direction Politique provisoire

La déclaration de la Direction politique provisoire insiste sur l’urgence à envisager une offensive face à l’action du gouvernement qui laisse monter les prix à la consommation, organise l’inflation et permet la concentration du capital autour de quelques ensembles industriels et financiers. Face à l’abandon de la politique nationale dans les secteurs de pointe au profit de solutions immédiatement rentables, la DPP rappelle que la seule réponse efficace aujourd’hui est une action de masse résolument anti-capitaliste avec « toutes les forces populaires ». C’est pourquoi le PSU appelle les travailleurs et leurs organisations politiques et syndicales à mettre en commun leurs moyens d’action pour que s’affirme à tous les niveaux la volonté populaire contre la politique du régime et des patrons. Les actions pour l’emploi ou contre la dégradation du niveau de vie ne peuvent être dissociées de l’action politique. Il appelle à développer l’action de masse sur les questions les plus sensibles : immigration, armée, loi sur l’avortement, réforme scolaire.

Interviews après le Conseil National d’Orléans

Le Conseil national d’Orléans est l’occasion pour les membres de la Direction politique provisoire de faire le point sur l’avant et l’après conseil après de nombreux mois difficiles, et de réaffirmer les orientations de Toulouse en leur donnant vie. Si Michel Mousel rappelle l’importance de la décision de non fusion PSU-PS il ajoute que le parti prend solennellement l’engagement d’un dialogue libre et ouvert au sein du parti. André Barjonet insiste sur les rapports à construire avec les syndicats et les partis dans le sens de la construction d’une unité populaire avec tous les travailleurs, notamment ceux qui luttent contre le pouvoir et le patronat. Charles Piaget assure que les idées d’autogestion et de contrôle ouvrier seront portées par un mouvement massif aux ramifications nombreuses, en prise réelle sur les luttes en cours. Il veut un parti de masse c’est-à-dire une organisation dont les militants sont directement engagés et ont une audience réelle sur leur lieu d’activité. En outre, ce parti doit permettre au courant autogestionnaire de s’exprimer publiquement, de se structurer, de se développer et de proposer des actions de lutte concrètes. Pour lui, seule l’unité d’action peut obliger le pouvoir à des reculs décisifs.

Le « projet de société » du PS et le Manifeste de Toulouse du PSU, Débat

Le document soumis aux Assises sous le titre de « Projet de société » se présente comme une synthèse. Synthèse entre Mai 68 et Mai 74, synthèse entre « les programmes des différentes formations de la gauche », qui tous, indiqueraient « la direction où il faut s’engager pour aller vers une société différente ». L’un des grands problèmes était d’introduire la stratégie antimonopoliste commune au PC et au PS sans toutefois abandonner toute référence à la stratégie anticapitaliste mise en avant dans le « Manifeste ».Victor Leduc explicite ce débat entre « projet de société » et « Manifeste de Toulouse ». Le texte « projet de société »est incompatible avec la dynamique des luttes les plus significatives pour le contrôle ouvrier et populaire, avec la revendication clé du Manifeste de Toulouse : le pouvoir aux travailleurs. Ce « projet de société » qui se veut la base idéologique de l’intégration dans la « nouvelle » force socialiste confirme que cette intégration passerait donc inévitablement par l’abandon des acquis essentiels du PSU, ce qui n’est pas admis par la majorité du PSU.

Le PSU exclu des Assises !

Le Comité d’Organisation des Assises du Socialisme a décidé, ce mercredi 9 octobre, de ne pas accepter en son sein la nouvelle direction du P.S.U., et d’interdire la participation aux Assises de ceux qui sont en accord avec la majorité du Parti. Cette décision a été appuyée par les représentants de la 3ème composante, et cautionnée, après quelques hésitations, par des représentants de l’ancien Bureau National. La majorité du Bureau National a expliqué que la participation aux Assises était liée à la possibilité d’un débat au sein des forces de gauche mais a toujours refusé « le projet de société », texte fondateur des Assises avec pour conséquence, sans aucun doute, l’intégration du PSU au sein du PS, ce qui entraîne son exclusion des assises du socialisme.

Les Assises du socialisme

Couverture de Tribune Socialiste N°631 Bis 22 0ctobre 1974

Les Assises du socialisme se sont tenues les samedi 12 et dimanche 13 octobre 1974 dans les salons de l’Hôtel PLM Saint Jacques à Paris. Il n’y a eu aucune remise en cause des structures du parti ni de sa stratégie. Le PS signifiera désormais « Parti des socialistes » dans lequel le rôle du leader est fondamental. « Parti, autogestion et pouvoir » sont les thèmes de ces Assises. Le ciment idéologique du parti, c’est théoriquement l’autogestion dont il fut beaucoup question. Le thème du pouvoir proche est un autre leitmotiv des Assises. Le problème principal c’est aussi la diversité, voire les contradictions entre les parties prenantes. Certains militants du courant majoritaire du PSU ont malgré tout participé à titre individuel aux Assises et à ses carrefours. Ils tenaient (et avec eux beaucoup de camarades de la 3ème composante) un langage bien différent de celui des militants du PS à ces divers carrefours et forums. Ainsi la véritable nature organisationnelle leur est apparue clairement et les comptes-rendus qu’ils feront à leur retour seront sans doute utiles pour une prise de conscience collective des intentions du PS au-delà de la nébuleuse des discours.

Assises, préparation des carrefours

« Assises : le Conseil au travail »

Les carrefours de discussions sont préparés au Conseil National des 5 et 6 Octobre 1974. L’objectif principal a été d’étudier la possibilité de propositions d’actions communes et de préciser sur chacune des questions abordées les points d’accord ou non des questionnaires de réflexion. Une intervention politique par le PSU est prévu au carrefour « entreprises »notamment sur la démocratie ouvrière, la remise en cause de l’autorité patronale et la nature des productions. Le questionnaire « Éducation, formation permanente, culture est très contesté car il ne correspond pas à celui qui avait reçu l’accord des représentants du PSU. Ce questionnaire fait l’objet de nombreuses mises au point.

Les problèmes monétaires internationaux

« De Nairobi à Champs-sur-Marne »

Les problèmes monétaires internationaux intéressent souvent peu de monde. Or ces questions sont des terrains de lutte et de contrôle auxquelles il est temps de s’intéresser car on ne peut pas laisser les spécialistes décider. Après une explication simple des mécanismes de la parité du dollar et de l’étalon-or, l’auteur montre que la crise monétaire internationale est la traduction de difficultés et des contradictions qui secouent le monde capitaliste. Car la monnaie fait partie intégrante d’un système social qu’elle reflète. La spéculation engendre aujourd’hui d’énormes profits, ce qui accroît d’autant le chaos monétaire. Il s’agit là d’une perversion du capitalisme qui est des plus dangereuse pour le système car elle menace l’investissement et la production.

Tribune Socialiste n°631 – 12 octobre 1974

Compte rendu du Conseil National d’Orléans

Couverture Tribune Socialiste N°629, supplément 28 Septembre 1974

« Un Conseil National difficile mais efficace »

Au Conseil National d’Orléans des 5 et 6 Octobre 1974, l’orientation politique du Bureau National a été majoritairement refusée et ce bureau devait démissionner. Une direction politique provisoire a été mise en place. Elle a été chargée d’assurer la continuité du parti et la préparation des Assises et du Congrès des 14 et 15 Novembre. L’unanimité s’est faite sur la participation aux Assises du P.S., en tant que participation à un débat sans intégration du PSU au PS. Adoption des motions  Chapuis, Leduc, Barjonet, Hercet et Rocard. En revanche, le courant « des assises » ne cautionne pas ce conseil et ne souhaite pas participer à la Direction Politique Provisoire.

Le Conseil national a tranché

« Ouvrir largement les portes du P.S.U »

Le conseil national a tranché sans ambiguïté et a repoussé la proposition de la Direction nationale qui souhaitait, par le biais de la participation aux Assises du socialisme, une intégration du PSU dans le Parti Socialiste. Les militants ont choisi de participer aux débats des Assises mais de préserver l’identité du Parti, marquée par le Manifeste de Toulouse, par l’affirmation d’un socialisme autogestionnaire et jouant pleinement son rôle dans la bataille contre le pouvoir. Les militants ont voté pour une Direction Politique provisoire qui a pour tâche essentielle d’ouvrir le PSU aux militants qui ne veulent ni du réformisme ni du modèle stalinien même rénové. Le parti doit devenir l’instrument politique avec lequel peuvent se développer les luttes pour le pouvoir aux travailleurs.

Titan-Coder veut vivre !

Les travailleurs de Titan-Coder veulent vivre et maintenir leur emploi. Ils se préparent à une lutte longue et difficile. Le 16 septembre encore, ils travaillaient quand la radio leur a appris brusquement que le tribunal de commerce mettait le groupe Titan-Coder en liquidation et se préparait à licencier les 2 700 travailleurs des quatre usines : Maubeuge, Villefranche et Marseille. Ils ont décidé à 82% du personnel une occupation combative, avec le souci constant de ne pas se laisser oublier et isoler : c’est ainsi que, dès la première semaine de grève, les Titan de Marseille ont organisé des actions fortes en ville, et dans les entreprises de la région. Après trois semaines d’occupation, l’affaire est toujours au point mort. Syndicats, partis de gauche, élus de la région, etc., demandent que la Régie Renault — avec la Saviem et en liaison peut-être avec Berliet — reprenne en charge ce secteur, avec une subvention de l’Etat. Sinon, c’est la vente totale de cette activité aux fabricants américains qui règnent déjà sur plus de la moitié du marché. Les ouvriers de Titan-Coder s’organisent en préparant des campagnes de popularisation de leur lutte et mobilisent leur branche professionnelle au plan régional et national en liaison avec d’autres professions.

Les Assises du socialisme, présentation et déroulement

Les Assises du socialisme ont été décidées au lendemain des élections présidentielles suite au constat convergent du PS, du PSU et de la CFDT de prendre les dispositions pour que ceux et celles qui se situent dans une perspective socialiste aient les moyens de lutter de manière concertée. Une rencontre des forces socialistes pourrait être efficace si elle jette les bases d’une action militante étroitement liée aux luttes sociales. Les Assises entendent bien ne pas être un simple colloque mais une étape qui devrait avoir un prolongement permettant d’envisager un projet de société fondé sur l’autogestion, une stratégie à mettre en oeuvre pour y parvenir et un projet militant dans le cadre d’actions liées aux luttes sociales. Un texte de réflexion servira de support de discussion et 12 carrefours de travail sont prévus.

Conseil National, questions – réponses

La préparation du Conseil National est l’occasion pour Robert Chapuis de demander à André Barjonet une explication sur son insistance à parler de la troisième composante et la nécessité d’un dépassement du PSU pour créer les conditions d’une force socialiste autogestionaire. André Barjonet répond que la question cruciale est avant tout de développer une stratégie unitaire de façon à faire en sorte que le ressenti profond des masses se transforme en luttes concrètes déterminantes. Il faut développer une pratique sociale effective. Robert Chapuis interroge également Victor Leduc sur l’avancée du courant socialiste autogestionnaire et du comment donner à ce courant un rôle déterminant au sein du mouvement ouvrier. André Barjonet et Victor Leduc interrogent également les positions défendues par Robert Chapuis.

Paysans, définitivement condamnés ?

Les paysans, notamment les petits producteurs et les éleveurs, subissent une dégradation rapide de leurs revenus et sont condamnés par le gouvernement et une politique agricole qui les menacent gravement. La crise actuelle est le résultat d’une soumission économique des producteurs aux industries d’amont et d’aval qui imposent leurs prix et mettent les régions en concurrence les unes avec les autres. Dans ces conditions les paysans sont condamnés à produire plus ou à partir. Il faut exiger des prix pour chaque produit qui prennent en compte les coûts de production réels et instaurer des compléments de prix pour tenir compte des disparités régionales. Il faut en outre, exiger un contrôle populaire sur les circuits de distribution entre les producteurs et les consommateurs afin d’éviter les multiples intermédiaires. Il semble urgent que les paysans s’organisent et coordonnent les initiatives à la base.

Tribune Socialiste n°629 – 28 septembre 1974 (supplément)