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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Action unie : pour le renouveau de l’Université

La nécessité et l’importance de l’unité d’action avec les autres syndicats est au cœur des débats du 52ème Congrès de l’U.N.E.F. Le syndicat doit faire un travail d’information auprès des étudiants et les amener à intégrer leurs questionnements dans une optique plus générale afin de rapprocher leurs revendications de celles des travailleurs. La démocratisation de l’enseignement universitaire passera nécessairement par un changement radical des structures sociales : plus ouvertes, moins cloisonnées et plus unies dans leur revendication. Il faut donc ouvrir le débat à tous les niveaux du mouvement et inciter les étudiants à réfléchir sur l’évolution du syndicat.

 


Le Rapport Mousel

Le 52ème congrès de l’U.N.E.F. réuni à Dijon du 7 au 14 avril 1963 adopte à l’unanimité un document sur l’Enseignement Supérieur qui consacre l’engagement de l’U.N.E.F. dans la « voie universitaire ». Le « Rapport Mousel » constitue la première partie de ce document. Il décrit ce que devrait être l’enseignement supérieur, ses buts, sa fonction de formation : formation humaine, formation économique, formation sociale. Au delà de l’acquisition de connaissances, des conditions sociales de l’exercice du métier, l’Université devrait apprendre à l’étudiant à prendre ses responsabilités par le développement de sa capacité à analyser, à critiquer, et à mettre en corrélation des savoirs différents. L’enseignement supérieur doit être un facteur de démocratie ; il doit être en lui-même démocratique.

Les étudiants allemands face au traité franco-allemand

Le 22 Janvier 1963 Adenauer et de Gaulle signent le traité d’amitié franco-allemand de l’Elysée. Il stipule que des sommets seront organisés régulièrement entre les deux pays. C’est la création de l’Office franco-allemand de la Jeunesse. Les étudiants allemands, par la voix de leur vice-président international, ont précisé leurs réserves sur ce traité en particulier en ce qui concerne les échanges culturels entre les deux jeunesses et les étudiants. Les étudiants allemands revendiquent la participation à la Commission d’élaboration des échanges à condition que son partenaire français soit l’UNEF et que les échanges franco-allemands ne limitent pas les activités internationales du syndicat, en particulier avec tous les autres pays d’Europe.

Le groupe de travail universitaire, une panacée ?

Le groupe de travail universitaire est une cellule universitaire de base susceptible d’aider les étudiants par un travail collectif sur les cours, de les ouvrir à une autre forme d’approche des disciplines enseignées et de créer des relations différentes avec le corps enseignant. La pratique même des Groupes de Travail, les difficultés qu’ils rencontreront, la réflexion que les étudiants y commenceront sur leurs problèmes d’études et sur la vie syndicale, tout cela devrait amener une vitalité nouvelle à l’organisation ». Les G.T.U. sont l’amorce de modifications profondes : cogestion de l’Université, affermissement des structures syndicales et participation des étudiants à la prise de responsabilités collectives.

L’essentiel n’est pas d’avoir la terre, mais de pouvoir la travailler

Ce n’est pas le tout d’avoir une terre mais l’important est de pouvoir la travailler pour en vivre. Le gouvernement vient d’inviter le Crédit Agricole à ne prêter qu’à ceux qui chercheront à posséder une exploitation d’une importance suffisante. L’intention du gouvernement est bien, de manière indirecte, de faire disparaître le plus grand nombre d’exploitants. En Ille et Vilaine nombreuses sont les exploitations de 10 à 12 ha viables . La taille de l’exploitation n’est pas un critère de viabilité celle-ci dépend plutôt du poids des charges, du volume de production et des prix de vente des produits. Les agriculteurs de cette région réclament des réformes. Cependant, tant qu’ils élisent, pour les représenter, les mêmes que leurs oppresseurs des groupes capitalistes ils ne pourront s’en sortir.

Tribune Socialiste n°142 – 30 mars 1963

Brest, 18 ans après la fin de la guerre des baraques servent encore d’écoles

Si à Brest depuis la fin de la guerre beaucoup de logements ont été construits, l’enseignement laïque a toujours été sacrifié au profit de l’enseignement privé. Ce sont des baraquements vétustes à la limite de l’insalubrité, mal chauffés qui accueillent des classes surchargées. Le lycée technique construit pour 800 élèves en accueille en réalité 1 200 élèves. Les patronages municipaux sont eux aussi démunis de tout et les animateurs se transforment en réparateurs. Dans le Finistère, bastion du cléricalisme, la lutte scolaire s’intensifie. Une grande manifestation de protestation concrétisa la colère des parents et des maîtres et dénonça l’abandon, par le gouvernement, de l’école laïque.

Tribune Socialiste n°141 – 23 mars 1963

La grande manifestation ouvrière de Lens

La grande manifestation ouvrière de Lens le 16 Mars 1963 est une démonstration de la force populaire. Ouvriers, commerçants, syndicats et étudiants soutiennent les mineurs dans leur détermination. Les allocutions anti gouvernementales ont pris un caractère politique et n’ont pas manqué de souligner le mouvement revendicatif de l’ensemble du pays. Bernard Cornille qui fait le compte rendu de cette manifestation ne manque pas de souligner qu’en plus d’être pauvres, humiliés, menacés dans leur travail, les mineurs sont de grands malades à cause du travail dans la mine.

Coordination des actions revendicatives….

Le Comité politique national PSU réuni les 16 et 17 Mars 1963 souhaite la coordination des actions revendicatives pour faire céder le pouvoir. Il a consacré ses délibérations à un examen de la situation créée par l’extension des conflits à la suite de la grève des mineurs. Robert Verdier dans son Éditorial souligne la responsabilité du gouvernement sur la hausse des prix et de la demande, en conséquence, d’une hausse des salaires. Les grèves ont une portée politique et il faut coordonner les mouvements et les prolonger par un large accord sur un programme commun d’action pour porter un coup sérieux au régime en place.

Drôme, Seine-Maritime, FNSEA, Boulogne-Billancourt

Dans la Drôme, en Seine-Maritime, à Boulogne-Billancourt, à la veille de la proclamation de « l’année sociale » l’expansion économique promise n’est pas au rendez-vous. Les correspondants locaux de Tribune Socialiste témoignent des difficultés et des mouvements sociaux dans les entreprises. Les salariés réclament des semaines de travail mieux équilibrées, la quatrième semaine de congés payés et le respect du droit acquis. Ils dénoncent l’État patron qui exploite les travailleurs et les licencie au gré des commandes sans motif valable. A la F.N.S.E.A. le choix du Président, exploitant dans l’Aisne, protégé du Sénateur et leader le plus réactionnaire du syndicalisme paysan, n’est pas la preuve d’une ouverture vers des changements au sein des exploitations agricoles.

Besançon, Sochaux, Dijon, La Rochelle, Lorient…

Besançon, Sochaux, Dijon, La Rochelle, Lorient… partout dans les usines les ouvriers réclament la diminution du temps de travail, la 4ème semaine de congés payés, le droit syndical. Ils s’élèvent contre les décisions unilatérales du patronat et ont organisé de grandes manifestations en rappelant leur solidarité avec les mineurs.

les mineurs veulent tenir jusqu’à la victoire

Fiers de l’union qu’ils ont réalisée, les mineurs veulent tenir jusqu’à la victoire. Témoignage d’un mineur de Lens dans le Nord. Il raconte le manque d’argent, la fatigue, la faim, il a une famille malade qui compte ses morts. La mine tue et ne nourrit pas et pourtant la grève et les manifestations continuent.

René Dumont, « la voie africaine du socialisme »

René Dumont nous fait part de son point de vue sur le développement de l’Afrique après l’indépendance. Il dénonce le développement de l’administration au détriment des usines, le règne du fonctionnaire facilité par l’inadaptation de l’enseignement implanté par la France. Il affirme que la voie africaine du socialisme est très souvent un camouflage du capitalisme qui se caractérise par la corruption ou par la mise en avant du prestige au détriment du développement du pays. L’indépendance politique n’est pas accompagnée d’une indépendance économique. L’aide étrangère est nécessaire mais pour être efficace devrait être dégagée de toute arrière pensée politique ou mercantile. Abordant la question du développement de l’Algérie il dénonce le manque de doctrine des dirigeants et la dépendance économique vis à vis de la France.

Le P.S.U. et la grève des mineurs

Le P.S.U soutient activement la grève des mineurs. Le 9 Mars à Homécourt, à proximité des puits de mines de Meurthe et Moselle, une réunion des militants de la métallurgie des mines et de l’enseignement technique des Fédérations de la région a permis de décider des actions à mettre en place pour assurer le soutien du PSU à la grève des mineurs et dégager des perspectives politique à un conflit auquel la fin de la grève n’apportera pas de solutions définitives. Outre les communiqués de solidarité publiés dans la presse locale et la diffusion de tract, la Fédération a transmis le montant du soutien financier apporté par la Commission nationale solidarité du P.S. Ce sont 100 millions d’A.F.collectés en trois jours dans la région parisienne. C’est de façon unitaire et solidaire que partout en France se développent des mouvements de contestation contre les mesures gouvernementales.

Les résidents d’Antony font la grève des repas

L’A.E.R.U.A. Association des Étudiants de la Résidence Universitaire d’Antony ont voté le principe de la grève suite à un référendum adopté par 1178 voix contre 83. Seuls 4 repas ont été servis contre les 1800 servis habituellement. Ils ont voulu protester contre la mauvaise qualité des repas, le prix qui représente un quart du budget étudiant et contre l’introduction par le gouvernement, dans les instances paritaires, de la F.E.P. (Fédération des Étudiants de Paris), syndicat factice créé en opposition à l’U.N.E.F. chargé avec le COPAR, de la gestion des restaurants universitaires parisiens.

Tribune Socialiste n°140 – 16 mars 1963

Appel à soutenir financièrement la grève des mineurs

Le Bureau National de l’UNEF et plusieurs A.G.E soutiennent les mineurs. Invitation de l’Union Départementale C.G.T. de Gironde aux Bureaux des Unions Départementales C.F.T.C., C.G.C., F.E.N., et A.G.E.B. à participer à une journée départementale de collectage de fonds au profit des mineurs en grève. La confédération Générale des Cadres répond avoir déjà fait parvenir les fonds collectés aux comités de soutien des mineurs.

Tribune Socialiste n°139 – 9 mars 1963

Tribune Socialiste n°138 – 2 mars 1963

La laïcité : une valeur universelle et permanente

Couverture Perspectives Socialistes N°57-58, Février-Mars 1963La laïcité est une valeur universelle et permanente déclare Jean Guichard. Une analyse historique du concept de laïcité étaye sa thèse. Ce qui est en cause dans l’idée de laïcité n’est pas seulement un système juridique qui organise l’école et l’enseignement, mais plutôt une idée essentielle au développement de l’homme. En conséquence la laïcité est une idée vivante qui doit dépasser les affirmations de principe et qui doit animer le comportement face aux problèmes de la vie. Elle exige une attitude de recherche permanente afin de déterminer de nouveaux objectifs en adéquation avec les évolutions de la société. Le caractère permanent de la laïcité garantit la liberté des consciences humaines y compris la liberté religieuse. Dans une deuxième partie, l’auteur aborde la question de la laïcité et de l’enseignement. Il réaffirme la primauté de l’école publique et l’indépendance de l’école vis-à-vis des Eglises, des forces économiques et politiques mais aussi de l’Etat. Il pose la question des aumôneries au sein de l’école.

Réflexions sur le 13 Février 1963

Au lendemain de la manifestation du 13 février en mémoire des martyrs de la station de métro Charonne, la presse salue l’unité de la gauche rassemblée dans un défilé unitaire. Malheureusement cette unité est impossible en dehors d’un tel rassemblement. Appel pour l’unité de la gauche pour une alternative politique au travers d’un programme commun d’action.

Brest pavoise mais écoles et logements manquent encore….

L’escadre composée d’une quarantaine de bâtiments quittent Toulon pour Brest. Si les commerçants se réjouissent de cette arrivée d’environ 15 000 marins, pourtant cela va poser des problèmes de logements et d’infrastructures que la municipalité devra résoudre. L’arrivée de cette escadre n’apportera pas non plus des emplois supplémentaires car le volume d’emplois est davantage lié aux choix gouvernementaux sur la force de frappe à développer ou à maintenir. Ce sont plutôt des industries civiles que les Brestois attendent pour diversifier l’emploi.

Tribune Socialiste n°137 – 23 février 1963

Le problème de la reconversion à Toulouse

Le Président de l’A.G. de Toulouse fait un point sur l’état du mouvement syndical après les accords de paix en Algérie. Il constate une diminution des adhérents et une dépolitisation générale. Par ailleurs, Toulouse est confronté à la présence de la F.N.E.F. Un travail d’information, de formation et d’adaptation des structures syndicales est nécessaire.

Les étudiants et le front socialiste

Après leur engagement en faveur de la paix en Algérie ou la grève des mineurs, les étudiants se pose la question des modalités de la lutte et de l’unité d’action. Les E.S.U. ont décidé de populariser en milieu étudiant la stratégie de front socialiste, seule conception réaliste et efficace de la lutte contre le capitalisme et son expression actuelle.

6ème Congrès de l’U.E.C.

Des tensions se font jour au sein de l’U.E.C (Union des Étudiants Communistes). La direction apparaît comme dissidente par rapport à la ligne stalinienne car elle décide de soutenir la proposition du P.S.U. de candidature unique pour la gauche au premier tour des élections et de présenter un programme différent de celui du P.C. L’intervention de Waldeck-Rousseau a calmé les esprits mais les questions de fond posées par l’U.E.C. et ses rapports avec le parti ne sont pas réglés pour autant. Trois ans plus tard ces tensions aboutissent à l’exclusion de nombreux militants de l’U.E.C. Marc Heurgon, Jacques Kergoat, Jacques Hubert font le point pour Tribune Socialiste.

 


Le 1er Ministre sait où loger les étudiants….

L’Assemblée Générale de l’U.N.E.F a décidé de lancer une grande campagne revendicative sur le logement étudiant. Les présidents des associations générales et le bureau de l’U.N.E.F. se sont rendus à Matignon et au Ministère de l’Éducation Nationale pour exposer à MM. Pompidou et Fouchet leurs revendications. Le Vice-président Le Fauconnier et J.C.Roure Président, sont conduits au Commissariat de Police. Le lendemain, mardi 19 février, un meeting, organisé dans la cour de la Sorbonne, rassemblait plus de mille étudiants. Les représentants de la C.G.T., de la C.F.T.C., du S.N.E.S. et du S.G.E.N. affirment leur solidarité avec l’U.N. E.F. et protestent contre cette atteinte à la liberté syndicale.

Tribune Socialiste n°136 – 16 février 1963

St Nazaire, Caluire, Haut-Rhin, Drôme

À Saint-Nazaire, à Caluire, dans le Haut-Rhin, dans la Drôme…l’information sociale de Tribune Socialiste fait état d’énormes difficultés dans le secteur industriel. Les conditions de travail sont négligées et bafouées, et même la santé des travailleurs n’est pas prise en compte. Seule la lutte politique qui intègrerait un contenu social et économique pour la défense des travailleurs pourrait assurer la garantie de l’emploi, la formation professionnelle et le type de biens à produire. Il semble plus facile de dénoncer le choix des investissements des représentants de capitaux étrangers plutôt que de s’interroger sur la nature même du capitalisme imposant une politique de régression sociale inévitable.