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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Tribune Socialiste n°267 – 1er janvier 1966

Un programme commun d’alternative socialiste

Á la veille du congrès étudiant du P.S.U il semble nécessaire de faire l’analyse du courant d’alternative socialiste en milieu étudiant : des syndicalistes UNEF en passant par les étudiants chrétiens ou de tendance communiste les analyses sont peu différentes et pourraient se rejoindre. Les étudiants ESU affirment que des initiatives publiques communes sont nécessaires contre l’impérialisme américain, sur la situation internationale, la guerre au Vietnam, la presse. Il leur semble important de développer en commun une stratégie à opposer au Gaullisme par la lutte pour un programme commun d’alternative socialiste.

Tribune Socialiste n°266 – 25 décembre 1965

Tribune Socialiste n°265 – 18 décembre 1965

Vietnam, l’autodestruction américaine a commencé

Au Vietnam, Saïgon en 1965 est dans la même situation qu’Alger en 1956. L’aveuglement politique et la folie militariste empêchent toute négociation. Le gouvernement américain n’envisage pas d’autre politique au Vietnam que le renforcement de la guerre essentiellement pour une lutte contre le communisme. Il a le soutien de 70% de l’opinion américaine. La combativité du Front, seule force sud-vietnamienne organisée, est très grande. La poursuite aveugle et sauvage de la guerre a produit un effondrement total tant du point de vue économique que politique. L’Amérique est en train de se détruire elle-même par ses interventions et procède à de gigantesques destructions sur le terrain . Tel est bien le résultat d’une politique coloniale que la France a connu et abandonné en Algérie.

Cet article a suscité des controverses parmi les lecteurs de Tribune Socialiste. Claude Glayman s’oppose lui-même à un autre lecteur.

Tribune Socialiste n°264 – 11 décembre 1965

France, élections présidentielles

Suite à la réforme de la Constitution de 1962, l’élection présidentielle des 5 et 19 décembre 1965 est la première à se dérouler au suffrage universel direct à deux tours. C’est également pendant cette campagne que la télévision joue un rôle important pour la première fois. C’est aussi la première fois que les agences de sondages interviennent.

Six candidats se présentent : le président sortant Charles de Gaulle, François Mitterrand (candidat unique de la gauche), Jean Lecanuet (centriste), Jean-Louis Tixier-Vignancour (extrême droite), Pierre Marcilhacy (centre-droit), Marcel Barbu (sans étiquette).

Contrairement à ce qu’on pouvait attendre, Charles de Gaulle (44,6 % des voix) ne passe pas directement au premier tour. Il est en ballotage avec François Mitterrand (31,8 %) et un second tour a lieu. De Gaulle l’emportera au second tour avec 55,2 % des suffrages exprimés. Le P.S.U a soutenu la candidature de François Mitterrand.

Plaidoyer : pour un militantisme féminin

Malgré leur accession aux droits politiques en 1944, les Françaises subissent la hiérarchie masculine dans les partis au même degré que dans la vie professionnelle, mais de façon certainement plus implacable que dans le foyer. On peut affirmer qu’il n’y a pas de socialisme masculin ou féminin et il nécessaire de faire en sorte que les femmes puissent réellement prendre leur place au-delà du discours.Tribune Socialiste souhaite donner une rubrique spécifique aux femmes.

Tribune Socialiste n°263 – 4 décembre 1965

Les étudiants contre la guerre au Vietnam

À l’appel des sections de la Sorbonne des E.S.U., de l’U.E.C, de la J.U.C., de l’U.N.E.F. et du S.N.E.S.-sup., plus de 3000 étudiants ont manifesté le 26 novembre à Paris dans le cadre de la semaine organisée par les trois syndicats universitaires. Le succès de cette manifestation traduit la prise de conscience du milieu étudiant sur la question de l’impérialisme. Les étudiants exigent « le retrait des troupes américaines du Vietnam et la reconnaissance du FNL comme seul représentant du peuple vietnamien en lutte ».

Tribune Socialiste n°262 – 27 novembre 1965

Recherche Scientifique, Fin d’une longue nuit ?

La remise du Prix Nobel de physiologie et médecine à MM. Lwoff, Monod et Jacob est l’occasion de s’interroger sur le fonctionnement des structures de la recherche et des liens entre Université et recherche. Les structures de recherche : CNRS, DGRST et recherche universitaire se chevauchent et ne bénéficient pas de crédits suffisants, ni aucune souplesse dans l’emploi des budgets. Le Vè Plan n’a pas non plus prévu de réformes de structures pour adapter la recherche à la science moderne. Une mobilisation et une opposition constructive des acteurs seront des leviers pour la prise de conscience de la responsabilité de la recherche dans la vie nationale et internationale.

La France découvre ses électrices

La gauche unie saura-t-elle employer le potentiel d’énergie que représente l’électorat féminin en lui indiquant nettement sa volonté d’en finir avec les discriminations qui dans tous les domaines sont encore son lot ? Mitterrand ouvre le débat sur la contraception. Madame le Docteur Lagroua Weil-Hall, présidente nationale du Mouvement pour la libération des femmes expose sa proposition de loi qui permettrait aux femmes d’avoir ou de ne pas avoir des enfants selon qu’elle le désire ou non.

Tribune Socialiste n°261 – 20 novembre 1965

Le plan Fouchet – Zamansky

La nouvelle organisation des études supérieures voulue par le plan Fouchet interviendra dès la rentrée 66 d’abord en faculté des Sciences de Paris puis en Faculté des Lettres. Celui-ci prévoit une orientation dès la fin du 1er cycle vers des filières courtes ou vers la maîtrise. A cela s’ajoute la déclaration du doyen de la faculté qui souhaite instaurer une sélection par le type de baccalauréat à l’entrée en propédeutique et un examen d’entrée à la faculté dés la rentrée 67, n’accepte ni la cogestion avec les étudiants ni la syndicalisation des personnels. Il prévoit des contrats de recherche avec l’industrie. Les étudiants de Sciences et les étudiants PSU, soutenus par les professeurs du S.N.E.S Sup, ont contraint la « Corpo Sciences » qui accepte la réforme Fouchet, a une grève de trois jours les 5-6-7 avril 1965.

L’Allocation d’études – numéro spécial des Cahiers de l’UNEF

La réalité de la condition étudiante s’aggrave et prend aujourd’hui une signification lourde de conséquences pour l’avenir du pays. Le développement du travail extra universitaire est à la fois la conséquence la plus grave et la manifestation la plus évidente des insuffisances du système des bourses ou des prêts d’honneur ou encore des pré-contrats. L’allocation d’études attribuée sur la base de la réussite à l’examen final est la seule condition de l’indépendance matérielle et intellectuelle de l’étudiant. Elle doit être assurée à tous les étudiants.  Est abordé par ailleurs dans ce dossier la question de la planification et de la démocratisation de l’enseignement.

Quelques disques de jazz

Le journal Tribune Étudiante propose à ses lecteurs quelques rééditions de jazz qui pourraient constituer une phonothèque, tels les musiques de Duke Ellington et Bud Powell.

Algérie d’hier, réalité d’aujourd’hui

La récente destitution du Président Ben Bella et les expulsions de militants socialistes français ont remis l’Algérie au premier rang de l’actualité politique internationale. Économie disloquée et  incohérente, tel était l’héritage que l’exploitation coloniale laissait en 1962 et auquel l’autogestion devait tenter de porter remède. Si dans l’agriculture l’autogestion fait progressivement ses preuves, l’industrialisation s’achemine vers un socialisme d’État qui sous la pression des occidentaux risque de devenir un capitalisme d’État. A cette situation il faut ajouter les problèmes sociaux et en particulier la question de la place de la femme dans la société musulmane. Le coup de frein donnée à l’autogestion par le gouvernement Boumediene n’est pas forcément le renoncement au socialisme, mais la réalité n’est pas celle que la gauche socialiste française a trop tendance à considérer comme un modèle.

Conseil National du PSU

Dans le cadre des élections présidentielles, le P.S.U invite les travailleurs à voter contre le système établi en 1958 par le Général De Gaulle. La création d’une plate-forme commune des forces de gauche n’a pas pu être mise en place , cependant le PSU affirme que seule l’instauration d’une démocratie socialiste bâtie sur de nouvelles structures institutionnelles, avec des réformes sur la planification et une politique étrangère différente sera la réponse au mécontentement provoqué par la politique gaulliste. Le P.S.U., ne nie pas que la candidature de Mitterrand ne réponde pas à ses objectifs mais appelle cependant à voter pour ce dernier, pour un renouveau de la gauche française. Clément Sandy et Philippe Brachet pour Tribune Étudiante font le bilan du septennat gaulliste.

De Boulloche à Fouchet : une même réforme

De l’école primaire à l’Université des barrages successifs sont mis en place pour favoriser la sélection des futurs cadres. La politique gaulliste entend instituer un système de formation selon les seuls critères de la rentabilité et du profit au service d’une société capitaliste. C’est contre la radicalisation et la systématisation de cette organisation sélective de l’enseignement que doit s’engager le mouvement étudiant pour la combattre.

Tribune Socialiste n°260 – 13 novembre 1965

Des succès et des échecs

Le Président de l’Association Générale des Étudiants de Bordeaux, Pierre Delfaud, fait le bilan de l’année et le rappel des actions nationales : discussions et luttes contre la réforme Fouchet, revendications pour l’allocation d’études,  et des actions locales : mise en place du centre socioculturel sur le campus, action universitaire de base, les comités d’amphi et les G.T.U (groupe de travail universitaire).

Tribune Socialiste n°259 – 6 novembre 1965

Le journal des étudiants du PSU renaît

Tribune Socialiste Nouvelle Série N°1Après trois ans d’absence, le journal des étudiants du P.S.U. renaît. Cet éditorial présente le contexte universitaire et politique de la fin de l’année 1965. Face aux réformes de l’université, aux crises internes de l’UNEF reflets des difficultés qui affectent l’ensemble de la gauche, aux discussions sur la candidature de F. Mitterrand, Tribune Étudiante, journal d’expression d’un courant qui déborde le seul cadre du P.S.U., s’ouvre à tous ceux qui souhaitent l’alternative socialiste au gaullisme. Il déclare être un élément de recherche de la voix de l’unité et du socialisme en milieu étudiant.

Antony : quelles leçons en tirer ?

L’Association des résidents (AERUA) mobilise les résidents. Jean Tercé replace la question du logement étudiant dans la perspective d’une politique nationale du logement qui doit s’intégrer dans le cadre des réformes de structures et définir les axes d’un nouveau mode de vie urbaine et rurale. À des luttes parcellaires vouées à l’échec, il oppose l’action politique de masse.

La politique étrangère du gaullisme est-elle progressiste ?

Au-delà du prestige de De Gaulle dans les pays du Tiers-monde mais aussi de son ambiguïté, le courant du renouveau socialiste pose la question des rapports avec le Tiers-monde et l’affirmation de l’indépendance par rapport à l’impérialisme américain. Seule l’instauration d’une véritable aide aux pays en voie développement sans exploitation de leurs ressources, un désarmement général, un désengagement de l’Europe vis-à-vis de tous les blocs militaires permettront de contester de façon efficace la politique gaulliste.

Tribune Socialiste n°258 – 30 octobre 1965

Tribune Socialiste n°257 – 23 octobre 1965

Tribune Socialiste n°256 – 16 octobre 1965

L’intendance

« L’intendance… en période électorale »

L’intendance, en période électorale, c’est-à-dire la gestion des affaires courantes, n’est pas propice à l’innovation politique. Fin 1965, juste avant les élections présidentielles, le bilan économique enregistre une reprise de l’économie. Mais cette croissance économique n’est pas suffisante pour assurer l’avenir du pays. Au contraire le gouvernement organise le sous-emploi de 1% des travailleurs disponibles par la fixation d’une production en croissance de 4,5%  et non de 5,5% comme le permettraient les structures actuelles du pays. Par ailleurs, le budget de 1966, est inacceptable en matière de  développement des services pour la santé, l’équipement urbain, l’équipement social, sportif, culturel et éducatif. Le PSU a d’ores et déjà proposé un contre plan à ces propositions. Le mouvement socialiste par la précision et la netteté des ses propositions politiques doit convaincre que la politique de la droite actuelle n’est pas en mesure d’assurer l’avenir du pays.