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Jacques
Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Quel enseignement supérieur technique ?

« L’objet de cet article n’est pas de faire une étude exhaustive de ce qu’est ou ce que sera l’enseignement technique qualifié de supérieur, mais de développer un certain nombre de critiques que nous sommes en mesure de faire sur les I.U.T »

Où en est l’U.N.E.F. ?

Un peu partout en France comme en Europe, le début de l’année, a été marqué par des luttes revendicatives dans les universités, contre le manque de locaux et de professeurs, la mise en place de la réforme Fouchet, la menace de la sélection. La manifestation nationale du 14 février contre les règlements intérieurs des cités universitaires comme celle du 27 février, journée nationale de solidarité avec le peuple vietnamien montrent que l’U.N.E.F. s’organise autour d’un débat de plus en plus engagé qui traduit un renouveau des luttes étudiantes. A l’assemblée générale du 17 mars est décidé une campagne nationale pour la fin du mois de mars pour le refus de la sélection, contre la mise en place des universités concurrentielles et pour un contrôle intersyndical de la gestion des IUT.

Le mouvement du 22 Mars

Le Vendredi 22 Mars, à la suite de l’arrestation de six militants anti-impérialistes, un meeting de protestation est organisé au terme duquel est voté l’occupation du bâtiment administratif de Nanterre le soir même. Les revendications portent en outre sur la dénonciation de l’université de classe, de la parcellisation de l’enseignement et sur la place des futurs étudiants dans la société. Ce texte retrace la chronologie des évènements jusqu’au 2 Avril 1968.

L’or et le Vietnam

Aujourd’hui, il n’y a plus de lien réel entre l’or et le dollar. La guerre au Vietnam a imposé d’énormes dépenses aux Etats-unis. Sans l’acceptation du dollar comme monnaie universelle, les Américains auraient du cesser la guerre ou la faire payer au peuple américain. Cette crise monétaire vient essentiellement du fait qu’il y a eu spéculation sur le prix de l’or en espérant que celui-ci serait augmenté dès que le dollar serait dévalué. La crise économique est doublée par une crise politique. La popularité de Johnson n’existe plus, de nouveaux candidats se présentent contre lui et une réelle inquiétude se fait sentir devant les mouvements de protestations contre la guerre et l’intégration des noirs américains. Il est temps pour la gauche de dire la vérité sur le contrôle nécessaire des capitaux et sur les dangers de toute spéculation financière. Il est temps de reconstituer un système de paiements internationaux qui ne devrait plus être sous la domination d’un seul pays.

Les limites de la puissance impérialiste

De la fin de la guerre à l’année 1964, la puissance impérialiste américaine semblait ne pas avoir de limites. L’Amérique pensait pouvoir contrôler la planète, dominer les chinois comme l’Union Soviétique. C’est cette optimisme qui peut expliquer leur attitude au Vietnam. Le gouvernement Johnson, à la suite de Kennedy pensait, qu’en y mettant les moyens militaires nécessaires, en intimidant la Chine et en pratiquant l’escalade, ils règleraient la question du Vietnam en quelques mois. Mais l’escalade ne conduisit pas aux résultats escomptés mais stimula au contraire la lutte du peuple vietnamien. La plus puissante armée du monde était mise à mal par un tout petit peuple déterminé. La crise du système monétaire international et du dollar, la montée de l’opposition à l’agression américaine dans le monde mettent en crise la stratégie globale des Etats-Unis, secouent leur système politique et multiplient les résistances à leur hégémonie. Il y a là pour le mouvement socialiste international une situation à exploiter. Il est temps de transformer la position difficile de l’impérialisme en une nouvelle ère de l’histoire du monde.

Tribune Socialiste n°365 – 21 mars 1968

Déserteurs américains, « le second front »

Les déserteurs américains sont les témoins et les acteurs de la forme la plus radicale de la résistance américaine à la guerre du Vietnam. Un quart des étudiants refuseraient l’incorporation. Ce mouvement concerne essentiellement les Noirs, les étudiants et les intellectuels, mais il se radicalise. La résistance américaine prend une importance nouvelle. La désertion s’organise et devient de plus en plus une expression politique et ouvre le « second front » de la guerre du Vietnam. Le F.N.L. a exprimé publiquement son soutien aux jeunes déserteurs et à la résistance américaine. Il a créé le « Comité de solidarité de la population du Sud-Vietnam avec le peuple américain ». En Europe, il serait normal, que ceux qui veulent être solidaires du peuple vietnamien en guerre, en fasse de même.

L’école selon Amiens

Des membres du PSU ont participé au colloque d’Amiens sur les questions de la formation des maîtres et de la recherche pédagogique. Robert Chapuis, qui a présenté au colloque un rapport sur la formation des maîtres, fait le point sur cette rencontre.

les étudiants se révoltent

Le 14 Mars l’U.N.E.F. et la Fédération des étudiants des résidences universitaires de France (FRUF) décident d’une journée nationale d’action. Jacqueline Giraud souligne l’exaspération des étudiants contre le règlement intérieur des cités universitaires. Les règlements sont obsolètes et ne correspondent ni à l’âge ni aux futures responsabilités des étudiants. Les garçons et les filles sont séparés et si dans certaines résidences les garçons peuvent aller dans les résidences des filles, l’inverse n’est pas possible. Contre cette vie de caserne, les étudiants avaient déjà manifesté un mois plus tôt, le 14 février. Mais il n’y a pas de dialogue possible avec les gestionnaires. Au-delà de cette crispation sur les conditions de vie, on note « cette volonté de ne plus simplement subir — un règlement de cité, une réforme de l’enseignement — mais de participer. », d’être acteur de sa vie. Partout dans le monde un vent de révolte souffle et montre, au-delà des différentes formes d’action, le désir d’en finir avec des structures inadaptées aux changements de la société.

Tribune Socialiste n°364 – 14 mars 1968

Conseil National PSU 30 et 31 Mars 1968

Cote : DIRECTIVES

– Avant rapport au Conseil national – Introduction – Le dépassement des formes traditionnelles de l’action politique est la condition de la démocratie et de l’efficacité – Les luttes sociales ont besoin d’un prolongement politique pour atteindre effectivement leur objectif – Pour une nouvelle forme de dialogue entre les partis et les syndicats – Conclusions – Méthodes de travail pour la préparation du Conseil National

N°128
14 Mars 1968
27 x 21 cm, 17 p.

3- Cette année là… Le printemps commence

Mouvements étudiants

Au printemps 68 les étudiants se lèvent un peu partout en Europe pour contester une université sclérosée et une société qui les empêche de respirer.
Lire dans « TS » N° 364 pages 4 et 5
« L’université des patrons » pour l’Italie
« Berlin, année zéro » pour l’Allemagne
Lire dans « TS » N° 365 pages 3 et 11
« Orientation et sélection » et « Où en est l’UNEF ? » pour la France
Lire dans Tribune étudiante N°9
« Le développement des luttes étudiantes en Espagne« 

Vietnam

En 1968 le Vietnam est plus que jamais le ferment des prises de conscience.
De nombreux articles sur ce sujet font partie du fond documentaire de l’ITS
« L’or et le vietnam »  dans TS  N°365  p 1 et 3
« les déserteurs américains »  dans TS N° 365  p 12
« Les limites de la puissance impérialiste »  dans TS N° 365  p16
« L’échec de Westmoreland »  dans TS N°366  p.11

Démocratie

En ce mois de mars 1968 une affaire a beaucoup mobilisé le monde intellectuel et particulièrement celui du cinéma, le licenciement d’Henri Langlois, le directeur historique de la cinémathèque française.
Vous trouverez ci-après un article de défense d’Henri Langlois par Pierre Mendes France.
« Cinémathèque : L’AFFAIRE LANGLOIS » dans TS N°366 p 16

 

3- Cette année là … Lisez Tribune Socialiste de mars 68

Nous vous proposons la lecture des 4 numéros de la revue du PSU Tribune Socialiste qui parurent en mars 1968

Mode d’emploi pour la lecture des journaux : cliquer sur le numéro choisi, une fenêtre s’ouvre qui vous permet de le feuilleter et, en cliquant sur une page, de lire facilement l’article de votre choix.

 

 

Orientation ou sélection à l’école

Les remous provoqués dans l’opinion par la réforme de l’orientation et la création de l’ONIOP (Office national d’information et d’orientation pédagogique et professionnelle) obligent à poser le problème en termes idéologiques. Orientation, qualification et sélection sont les sujets abordés par Pierre Barnley au regard de l’évolution de la technique et de la demande, sans oublier de prendre en compte l’individu et ses capacités.

Tribune Socialiste n°363 – 7 mars 1968

Pour un syndicalisme de l’habitat

À partir de l’expérience du Conseil des Résidents de Sarcelles, une réflexion politique sur le logement est nécessaire pour dépasser les revendications individuelles des locataires dans ces conseils (entretien, coût des loyers, charges…) et les intégrer plus largement à un mouvement de réflexion démocratique ouvert sur l’ensemble de la vie de la commune et de la région (déplacements, urbanisation, constructions des logements).

Guatemala : Indio, Guerrillero et révolution

En Amérique Latine, plus que partout ailleurs dans le Tiers-monde, le capitalisme américain a noué des liens avec la bourgeoisie nationale. Il veut, sous prétexte de défendre le « monde libre » et lutter contre le communisme, défendre d’abord ses intérêts capitalistes. C’est dans cette perspective que l’auteur étudie les caractéristiques de la lutte anti-impérialiste au Guatemala.

À propos d’une analyse d’André Gorz

André Gorz comprend la théorie comme étant en continuité avec le vécu. C’est précisément cette idée du vécu qui est contestée par Althusser et ses amis…. Une analyse des théories d’André Gorz par François Chatelet.

Interview de Stockely Carmichaël, leader du mouvement « Black Power »

Stockely Carmichaël, un des leaders du mouvement « Black Power » a eu la possibilité de venir à Paris dans le cadre de la semaine « Che Guevara pour le Vietnam » organisée par le Comité Vietnam international et répond aux questions de Tribune Etudiante sur la question de la guerre du Vietnam.

Congrès culturel

Le thème du congrès culturel portait sur le colonialisme et le néocolonialisme dans le développement culturel des peuples. Appel à la mobilisation des intellectuels, des écrivains, des hommes de science, des étudiants à s’unir à la lutte contre l’impérialisme. Appel aux écrivains pour le  partage et l’implication dans les tâches combatives des étudiants, des ouvriers et des paysans pour développer l’apprentissage mutuel qui constitue une des bases du progrès.

Le développement des luttes étudiantes en Espagne

Présentation pour les étudiants ESU de la réponse de la FUDE, (Organisation d’avant-garde des étudiants espagnols) parue dans son journal « Communa », à l’éditorial du journal réactionnaire « YA » prenant à partie « les agitateurs » étudiants et les dénonçant comme les agents d’une intervention extérieure.

Le droit au plaisir

Cet article extrait de la revue Planning Familial expose une préoccupation dont l’actualité est un thème de réflexion important dans les préoccupations sociales d’aujourd’hui. La libération de la femme concerne non seulement ses servitudes économiques et sociales mais également son oppression psychologique et affective. L’égalité homme-femme doit aussi se réaliser sur le plan du plaisir.

Trois journées de soutien au peuple Vietnamien

Trois journées de soutien au peuple Vietnamien sont prévues les 15, 16 et 17 Mars 1968 à l’initiative de 18 organisations. La mobilisation permettra de réclamer l’arrêt immédiat et inconditionnel des bombardements de la République Démocratique du Vietnam, la reconnaissance du Front National de Libération comme seul représentant authentique de la population du Sud-Vietnam, la fin de l’agression, le retrait des troupes américaines et la pleine indépendance pour le peuple vietnamien. Les partis, syndicats, organisations et mouvements sont invités à préparer en commun les manifestations et à en déterminer les mots d’ordre.

Tribune Socialiste n°362 – 29 février 1968

Eléments d’un choix

Depuis trois mois les militants du CLER (Comité de Liaison des Étudiants Révolutionnaires- de tendance trotskiste) et ceux de l’UEC (Union des Étudiants Communistes – proches du Parti Communiste) s’affrontent sur la stratégie syndicale dans le contexte des élections législatives. La section de Clermont-Ferrand dénonce ces attitudes qui permettent au gouvernement de profiter des divisions syndicales pour imposer ses réformes. Les militants E.S.U. dénoncent les attitudes incohérentes des uns et des autres sur le plan international,  et  appellent à un front socialiste mobilisant les travailleurs sur des bases concrètes.

Revue internationale du socialisme n° 25. Le passé et le présent

Cote : RIS – REVUE INTERNAT SOCIAL

Miguel, L’Espagne après le référendum Le passé et le présent John et Margaret Rowntree, Les jeunes en tant que classe Nathan Weinstock, Du drame palestinien Manuel Bridier, La révolution coloniale et le mouvement ouvrier français Lelio Basso, Une réponse concrète à un problème concret Jean Bernard, Socialisme et Marché Commun européen Claudio Di Toro, Dollar et impérialisme Daniel Martin, Bonjour l’Amérique! Sophie Magarinos, L’Uruguay, une démocratie en danger.

MIGUEL – ROWNTREE – WEINSTOCK – BRIDIER – BASSO – BERNARD – DI TORO – MARTIN – MAGARINOS
25
Février 1968
22 x 15 cm, 184 p.

Colloque de Cachan : « la gauche et l’Europe »

Organisé par les « Rencontres Socialistes de Grenoble » et la « Gauche Européenne » le colloque avait pour thème « La Gauche et l’Europe ». Le dialogue, établi entre la Gauche Européenne, sociale-démocrate, et les Rencontres Socialistes de Grenoble a été difficile tant l’analyse de la réalité européenne, la méthode d’approche des problèmes et la conception même du socialisme sont différentes. Sont publiés des extraits des interventions de Manuel Bridier, Michel Rocard et Pierre Mendès France. Les exposés de P. Naville et J. Malterre, annoncés dans un prochain numéro n’ont pas été publiés, compte tenu de l’actualité de l’année.

Les formes de la solidarité en France

Quelle forme pouvons-nous donner aujourd’hui, en France, à l’expression de notre solidarité avec le peuple vietnamien ? Force est malheureusement de constater que paradoxalement il n’y a pas de parallélisme entre l’aggravation de l’escalade et l’ampleur de la protestation en France. On constate que les tracts, meetings ou manifestations intéressent de moins en moins le grand public. A moins de s’enfermer dans un « ghetto vietnamien », il faut sans cesse trouver des formes d’explications et de propagande capables de gagner le combat contre l’impérialisme. L’unification des multiples organisations qui condamnent l’agression américaine, la garantie que dans une organisation unifiée personne ne pourrait exploiter le mouvement à des fins partisanes, la limitation volontaire des objectifs à atteindre, des actions concrètes à développer, permettraient de mieux populariser efficacement le combat pour le soutien au peuple vietnamien.

Tribune Socialiste n°361 – 22 février 1968

À vous de juger

Le 21 février dans le cadre de la journée internationale de la solidarité anti-impérialiste, la Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France (FEANF) organise traditionnellement à Clermont une journée de débats, conférences et projection de films. Cette année se sont joints les ESU et le PCMLF (Parti Communiste Marxiste Léniniste de France). Ce rassemblement à la Maison du Peuple a été prise d’assaut par une délégation CGT et et du PCF qui ont perturbé la soirée.