Institut
tribune
socialiste

Centre
Jacques
Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Robert Dubreuil
Biographie :

DÉCÈS DE ROBERT DUBREUIL (1930-2026) (témoignages de Blandine Pien et Christophe Wargny)
Robert, notre ami et camarade, s’en est allé le 13 juin 2026, à 96 ans, après une longue vie d’engagement politique, syndical, associatif. Il a mené avec rigueur et générosité sa vie de professeur d’histoire-géographie, puis de professeur d’histoire de khâgne au lycée Jeanne d’Arc de Rouen.
Avec Robert 20 ans de PSU, 58 ans d’amitié.
Je n’ai vraiment connu Robert qu’à partir de 1968 lorsque j’étais en fac d’histoire. Auparavant au lycée Jeanne d’Arc c’était Monsieur Dubreuil époux de Madame Dubreuil, tous deux professeurs d’Histoire dont je n’ai jamais été l’élève.
Première conversation dans sa voiture alors, avec un copain, il nous avait pris en stop en mai 68 pour aller à Mont-Saint-Aignan. Très proche de la section étudiante du PSU, je ne me suis décidée à adhérer lorsqu’il organisa une réunion publique fin août ou début septembre après l’entrée des Russes à Prague.
Il a été notre secrétaire fédéral en ces moments de bouillonnements intellectuels. Pour tout un groupe d’ESU il a été, comme me le rappelait Christophe Wargny à l’annonce de son décès, un formateur rigoureux, un peu sévère, une sorte de maître à penser.
Il devait enseigner à la fac mais ça ne s’est pas fait. Peut-être ne fallait-il pas un loup gauchiste dans la bergerie de l’Institut d’histoire de Mont Saint Aignan… ??? Mais il a été un excellent prof. de prépa. Malheureusement trop tard pour moi qui venait de finir ma licence. En revanche c’est avec beaucoup de générosité et de compétence qu’il m’a aidé à préparer le CAPES.
Propulsée très tôt au Bureau fédéral j’ai pu admirer la maestria avec laquelle il menait de pair sa vie militante et sa vie professionnelle, parfois au grand dam de sa vie familiale.
La vie politique ne l’a pas ménagé : il a dû exclure, à la demande Michel Rocard et du Bureau national, Louis Pointier, secrétaire de la section du Havre qui voulait s’engager dans une liste de gauche pour les élections municipales de 1971 alors que le parti avait décidé de faire des listes autonomes. Un autre moment difficile fut la demande d’explications claires au CPF sur les rumeurs, par ailleurs fondées, d’un départ à la LCR de de jeunes militants qui s’invitaient régulièrement à sa
table. Son soutien à Michel Rocard le fit traiter de « colonel de province » par les opposants au Conseil national de Rouen en 1971. Le grand « clash » de 1974 du départ de Rocard au PS ainsi que celui de très bons copains l’a aussi bien éprouvé. Heureusement certains sont restés des amis fidèles sur le plan personnel.
Pour tous ceux qui sont restés au PSU ce fut la route souvent ingrate vers un petit parti autogestionnaire, écologiste et féministe. Comment ne pas rappeler la disparition presque concomitante avec celle de Robert d’Huguette Bouchardeau qu’il avait bien connue à l’Unef à Lyon ?
Et c’est dans cette phase qu’ayant quitté depuis un certain temps le Bureau fédéral, Maryse y prit toute sa place.
Toujours militant syndical et associatif, il s’est investi dans le soutien aux travailleurs immigrés, les aidant à préparer leurs dossiers à la Préfecture. Avec Jean-Paul Hébert il anima une émission de radio locale. Je n’étais alors plus à Rouen.

Ci-dessous fiche Maitron

https://maitron.fr/dubreuil-robert-louis-humbert/