Institut
tribune
socialiste

Centre
Jacques
Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Sur le mouvement politique de masse

Cote : PSU-DOC

Série Analyses politiques I – DE LA POLITISATION DES LUTTES DE MASSE . .. 1. Le développement des luttes de masse . – Le renforcement de la lutte des classes. . L’intensification de la lutte des classes, le développement inégal . L’élargissement de la lutte des classes à de nouveaux fronts. – La crise des mouvements de masse. . La question des syndicats. . Les autres mouvements de masse. 2. Le rôle du Parti dans la période actuelle. – Les conditions de la politisation : I ‘ébauche de la démocratie prolétarienne – Les deux avant-gardes. – Le danger essentiel : vouloir brûler les étapes. – Un parti lié aux masses. II – AU MOUVEMENT POLITIQUE DE MASSE .. . 1 . Ce que nous refusons pour la prise du pouvoir. . La démocratie avancée . . La conception putschiste . . Les illusions du spontanéisme . 2. Ce que nous voulons . La mobilisation révolutionnaire de larges masses au sein du M.P.M, . Le rôle du parti révolutionnaire dans cette période. III – VERS LA DEMOCRATIE PROLETARIENNE DE MASSE 1 . Le refus de la dictature sur le prolétariat : I ‘exemple de I ‘U. R.S.S. . L’explication trotskyste et ses limites . Nature de classe de l’U.R.S.S. 2. Ce que signifie la Démocratie Prolétarienne de masse . L’inéluctable poursuite de la lutte des classes après la prise du pouvoir . La dictature du prolétariat s’exerce dans et par la démocratie prolétarienne

022 / 023
1971 – Juillet
29,5 x 21 cm, 12 p.

Tribune Socialiste n°505 – 22 juillet 1971

Tribune Socialiste n°504 – 8 juillet 1971

Tribune Socialiste n°503 – 1er juillet 1971

Une nouvelle étape

Michel Rocard dans son Éditorial, fait le point sur les débats difficiles du Congrès de Lille (26-28 Juin 1971). Il affirme qu’un des apports du Congrès réside dans la discussion autour d’un programme révolutionnaire capable d’assurer la convergence des luttes en même temps que la crédibilité du projet socialiste. Le débat s’est noué à partir des assemblées ouvrières et paysannes. L’expérience directe des travailleurs à travers leurs luttes est la clé de la progression du mouvement révolutionnaire. Au-delà, les militants révolutionnaires doivent contribuer à ouvrir dans le mouvement syndical le débat sur le sens politique de la stratégie syndicale.

Résolution finale du congrès de Lille

Tribune Socialiste N°503, 1er Juillet 1971

Le texte intitulé  « Pour une orientation révolutionnaire » constitue la résolution finale du Congrès de Lille. Au-delà des 10 propositions pour le mouvement révolutionnaire, il dégage deux axes de réflexion. La tâche d’un mouvement révolutionnaire est d’abord d’analyser les luttes actuelles mais se doit également de poser la question de la société à construire. C’est dans cette optique que cette résolution finale aborde la question syndicale, le rapport syndicat-parti, le mouvement politique de masse, la prise du pouvoir et les structures du parti et ses transformations nécessaires.

Michel Rocard remporte la majorité sur son texte d’orientation avec 53 % des mandats et fait élire un bureau national homogène. La gauche révolutionnaire (Emmanuel Terray), maoïste obtient 12 % des mandats. La tendance marxiste-révolutionnaire (Jacques Kergoat, Jean-Marie Vincent et Manuel Bridier) obtient 14 % des mandats. La Gauche ouvrière et paysanne (Abraham Béhar, Marc Heurgon, Serge Mallet), 20 % des mandats.

Proposition de 10 campagnes unifiantes du mouvement révolutionnaire

Le Congrès de Lille des 26-28 Juin 1971 à Lille est à l’image de sa préparation. 17 A.R.O.P ont rédigé des textes d’orientation dont la synthèse a été établie par les délégués réunis en Commission nationale. Cette synthèse, qui ne masquaient pas certains divergences, notamment sur la question syndicale a été transmise aux militants par l’intermédiaire de Tribune Socialiste N°498. Un autre numéro spécial (N°499) a réuni six textes d’orientation qui reposaient largement sur la synthèse des travaux des A.R.O.P. L’unité des révolutionnaires dans les luttes a été une des questions abordée au congrès dans la perspective de construction du parti révolutionnaire. A cette fin le P.S.U. propose à l’ensemble des courants révolutionnaires dix campagnes d’action. Cette proposition fera l’objet d’un texte complémentaire  » Pour une orientation révolutionnaire » qui pousse plus loin la réflexion.

Commissions spécialisées, le Secours Rouge

A l’issue de cette Commission le texte proposé est adopté à l’unanimité. Le P.S.U. réaffirme son soutien au Secours Rouge et décide de l’organisation d’un véritable secteur « répression »coordonné à tous les niveaux. Pour que le Secours Rouge devienne l’organisation de masse nécessaire à la lutte contre la répression il faut qu’il tienne rapidement ses assises nationales qui devront tirer les leçons du travail des comités.

Les jeunes travailleurs dans la lutte des classes

« Les jeunes travailleurs dans la lutte des classes » a été un des thèmes abordé pendant le Congrès. Durant le Congrès, parallèlement aux travaux des grandes commissions, se sont tenues des réunions sur des points précis, qui ont fait ensuite l’objet de rapport ou de motions devant le Congrès. Le texte présenté ci-dessous a été adopté à une quasi unanimité. Ce texte a été rédigé par des membres du Comité de Coordination jeunes travailleurs militant dans l’O.J.T.R. (organisation des Jeunes Travailleurs Révolutionnaires). Il fait le point sur l’avancée du mouvement révolutionnaire, à savoir la place et le rôle de la jeunesse dans la lutte pour la révolution socialiste.

Les luttes régionales

Lors du 7e Congrès, des fédérations ou des délégués catalans, occitans, alsaciens, corses, bretons et basques ont décidé de constituer une Commission sur la question des minorités ethniques en France. Cette commission a présenté le texte ci-dessous au Congrès, qui l’a adopté à une large majorité.

Commission Femmes

Tribune Socialiste N°474, 26 Novembre 1971Le texte présenté ci-dessous est le rapport de la Commission « Femmes » présenté devant le Congrès et soumis au débat du Parti. Il s’appuie sur le texte des A.O.P « les femmes dans la lutte de classes » mais précise qu’il est incomplet et mérite des amendements.

Critique socialiste n° 05

Cote : CRIT. SOC.

– Les thèses du Manifesto, Jacques KERGOAT – La stratégie des forces ouvrières traditionnelles à la lumière des événements de Reggio Calabre, Jean ROIG – Sur le capitalisme américain, Pierre MERCIER – Pour un débat sur la stratégie internationale, Manuel BRIDIER – Culture et mouvement féminin, Sharon COURTOUX – Réflexions sur le problème de la femme, Thérèse CARETTE

Jacques Kergoat, Jean Roig, Pierre Mercier, Manuel Bridier, Sharon Courtoux, Thérèse Carette
05
Juin – Juillet 1971
24 x 18 cm, 98 p.
Syros

Tribune Socialiste n°502 – 24 juin 1971

Culture et révolution, révolution et violence

Aliénation religieuse, aliénation culturelle, hiérarchie sociale et les analyses stratégiques qui en découlent et qu’a traduites Serge Mallet dans les années 60 n’ont pas vieilli. La collectivisation des moyens de production est une condition nécessaire de la construction du socialisme mais n’est pas une condition suffisante. Pour instaurer une démocratie socialiste, le P.S.U. doit se stabiliser et élaborer un modèle de civilisation socialiste. Il serait pour lui temps de cesser de bénir tout acte de violence. La violence n’est pas fatalement révolutionnaire. La révolution, c’est la transformation en profondeur de la société. En conclusion, un redressement du P.S.U. s’impose.

Dictature du prolétariat ou hégémonie des travailleurs

Le texte de synthèse des A.O.P. sur la « dictature du prolétariat » est une approche des problèmes posés par la période de transition et les moyens de les résoudre. Le Congrès de Dijon avait refusé le terme de « dictature » pour le remplacer par celui « d’hégémonie ». Le Congrès de Lille doit se prononcer à nouveau sur ce texte pour reconnaître, par exemple, à la Ligue Communiste le droit d’expression et de critique en période de transition. Ce point fait partie de ceux qui conditionneront la présence ou le retrait de beaucoup de camarades du Parti. Le libre débat est une exigence vitale pour le mouvement ouvrier et plus encore, pour la société socialiste à venir.

Pour une lutte révolutionnaire des minorités ethniques

Tribune Socialiste N°479, 7 Janvier 1971

Le P.S.U. reconnait l’existence des minorités ethniques vivant en France, minorités régionales et travailleurs immigrés. Il se déclare solidaire des luttes pour leur liberté d’expression. Le combat régional doit se mener d’abord sur le lieu de travail en s’intégrant aux luttes menées dans les entreprises ou dans le monde paysan. Il doit se mener aussi dans le cadre de vie. Proposition pour une stratégie socialiste dans le combat régional qui s’intègre directement au combat révolutionnaire. Autour de l’instauration d’un contrôle régional analogue au contrôle ouvrier, c’est une lutte anti-capitaliste et une lutte culturelle à mener en même temps.

Le temps du courage

Six textes sont proposés à la discussion du Congrès et de nombreuses Tribunes Libres viennent enrichir le débat. Pour l’auteur, qui se prononcera en faveur du Texte 4 : « Pour développer les luttes, clarifier les choix du Parti », il est nécessaire de sortir de l’ambiguïté et de poser les vraies questions. Il ne veut pas de compromis car c’est le choix de l’immobilisme. Il souhaite la désignation d’une équipe cohérente sur un mandat précis, inséparable d’un choix politique clair pour la « Victoire socialiste » (Texte 6).

Le P.S.U. et la montée des luttes dans l’Ouest

Au travers d’exemples de luttes ouvrières et paysannes dans l’Ouest les militants font le point sur les prises de position des syndicats C.F.D.T. et C.G.T. et sur les possibilités d’action des militants révolutionnaires. Pour eux, les militants du P.S.U. ne peuvent pas négliger l’importance et la signification des luttes menées par la classe ouvrière ni les risques de déviation que le mouvement syndical porte en lui. La coordination des luttes peut être l’oeuvre des révolutionnaires et un appui politique et matériel du Parti est essentiel. Deux journaux : « L’Outil » et « Paysans en lutte » pourront servir de trait d’union entre les militants des entreprises P.S.U. ou non.

Pour la prolétarisation du Parti

Le progrès technique améliore le profit patronal mais sûrement pas la condition ouvrière. Il y a en France, une montée des luttes ouvrières anticapitalistes. Ces luttes ne sont pas cordonnées et manquent de perspectives. Les organisations traditionnelles de la classe ouvrière ne correspondent plus aux besoins de la lutte anticapitaliste actuelle. Il faut construire un mouvement politique de masse rassemblant, sur une orientation révolutionnaire, c’est-à-dire de transformation globale de la société, la totalité des travailleurs engagée dans la lutte anticapitaliste. Le Parti doit être l’organisation homogène de militants inclus dans les luttes de masse et doit affirmer qu’au-delà de période socialiste révolutionnaire, son but final est bien l’instauration de la société communiste.

Vers la victoire du socialisme, une priorité : le secteur entreprises

L’existence de six textes d’orientation doit permettre aux militants de choisir pour le Parti la meilleure voie possible pour la réussite de notre projet révolutionnaire. L’auteur propose d’expliquer l’organisation du secteur entreprises qui lui semble pour le Parti, un axe stratégique essentiel répondant à l’axe du contrôle ouvrier. Le combat contre le capitalisme mené par le Parti prendra alors une nouvelle dimension, et l’efficacité qui en résultera amènera un nombre considérable de travailleurs sur des positions révolutionnaires, étape indispensable pour élever le niveau de conscience de la classe.

Tribune Socialiste n°501 – 17 juin 1971

Un parti pour la révolution

Le Parti traverse une crise grave qui touche à la nature même de celui-ci et à ses orientations fondamentales. Il semble important que les forces organisées qui se revendiquent du mouvement ouvrier et de la révolution opèrent un certain nombre de ruptures avec ce qu’elles sont actuellement si on veut dépasser le stade des groupuscules. Sur la question syndicale comme sur celle des rapports avec le P.C.F, comme sur la question de l’avant-garde et du parti révolutionnaire, les auteurs pensent que seul le texte de Béneteau et Morand « Pour définir le rôle du PSU dans le mouvement révolutionnaire » peut fournir une base de travail satisfaisante et suffisamment précise pour les délibérations des sections et fédérations.

Pour la politisation du mouvement de masse

Le mouvement politique de masse est un terme ambigu et mal défini. Le P.S.U. hésite actuellement entre deux conceptions de l’avant-garde. Cette hésitation entretient toutes les ambiguïtés sur le rapport entre le « parti révolutionnaire » et le « mouvement politique de masse ». En réalité, la plupart des critiques portées au mouvement politique de masse partent de prises de position abstraites et non d’une analyse concrète des luttes actuelles. C’est en assurant un travail politique dans et hors de l’entreprise que les militants pourront assurer la convergence des luttes. Le Parti doit partir des luttes pour élaborer et préciser les orientations stratégiques à développer.

Pour le développement du secteur entreprise

Le Congrès de Dijon approuva le travail des secteurs entreprises et confirma ses orientations. Si les membres de la Commission Nationale Entreprises soutiennent à la veille du Congrès de Lille des textes différents, ils soulignent tous le travail positif des secteurs. Ils insistent sur la prise en compte réelle de cette activité militante et sur la nécessité pour le Parti de se donner les moyens de remplir les objectifs affirmés. Ils réclament la mise en place de permanents politiques au sein du secteur Entreprises pour permettre un travail sur les nouvelles formes de lutte, l’organisation de rencontres de militants ouvriers, et un travail de formation des militants.

La section de Nîmes

La section de Nîmes réunie le 9 juin 1971 constate que les textes des A.O.P sont remplacés par 6 textes d’orientation et que la procédure de préparation du Congrès décidée au Conseil National n’est pas respectée. Ils refusent la prise en considération de ces 6 textes et l’insertion de leur vote dans le prochain Tribune Socialiste.

Le P.S.U. devant ses responsabilités

Le PSU est face à ses responsabilités : Michel Rocard, du Bureau National sortant, s’exprime sur le Congrès à venir. Pour lui, le 7ème Congrès du P.S.U. sera difficile. Pour proposer des alternatives de lutte de masse aux stratégies réformistes il faut un débat politique de fond. Le P.C.F. récuse la politisation des luttes sociales et défend une vision centralisée et bureaucratique de la société capitaliste. Pour ces deux raisons il ne peut y avoir d’accord stratégique ou de front commun avec celui-ci. Il propose que la principale initiative du PSU se fasse autour de l’alternative révolutionnaire. Pour que le parti puisse jouer son rôle dans l’édification de ce programme, il faut se lier aux luttes des travailleurs et leur donner une perspective politique. Il faut aussi une cohérence et une cohésion suffisantes dans les interventions du parti. La direction devra donc correspondre à ces choix validés par tous.

Quel travail révolutionnaire dans les usines ?

Dans les luttes actuelles apparaît une gauche ouvrière combative, qu’il faut structurer en regroupant les travailleurs les plus combatifs et les travailleurs les plus conscients qu’ils soient syndiqués ou non. Ces regroupement ne sont ni l’expression de l’ensemble de la classe ouvrière ni l’embryon du parti révolutionnaire. Ces regroupements se sont actuellement concrétisés par les comités de lutte. Les syndicats n’ont pas partout la même approche de la lutte aussi il faut développer à l’intérieur de ceux-ci un travail politique autonome pour élargir les perspectives de la lutte, en les liant à la construction de la société future et à la stratégie de prise du pouvoir. C’est là le rôle que doivent jouer les groupes politiques d’entreprises et donc les militants du P.S.U.

Déclaration

À quelques jours du Congrès, les militants regrettent le choix de la Commission de préparation au Congrès qui précise que les 6 textes d’orientation serviront de base à la détermination des résolutions du Congrès. Ils soulignent l’importance et la nouveauté, pour le Parti, du choix du Conseil National d’Orsay de partir des textes élaborés par les A.O.P. pour les amender et les discuter en congrès. Les discussions autour de ces 6 textes annuleront les débats ouverts par les A.O.P. C’est pourquoi ils soumettent une motion préjudicielle à la délibération et au vote de toutes les sections et fédérations du P.S.U.

Tribune Socialiste n°500 – 10 juin 1971

Allons-nous vers l’auto-destruction ?

Tribune Socialiste N°499, 3 Juin 1971Quel sera notre Congrès de Lille ? Bernard Lambert ne nie pas l’importance des débats théoriques, des affrontements mais refuse un Congrès qui ne respecterait pas la démarche révolutionnaire initiée entre autres dans le secteur paysan. Il souhaite que le Congrès prenne en compte dans ses structures le mouvement politique de masse et tente de dépasser les contradictions entre engagement politique et engagement syndical. Il refuse que la théorie gomme l’apport des travailleurs pour la construction d’un parti révolutionnaire. B.Lambert s’engagera dans les structures du Parti mais réprouve ceux qui, sous prétexte de clarification, mènent en fait une lutte d’élimination d’une orientation. Il souhaite que le congrès approuve ceux qui proposent une transformation du parti assurant son unité.