Pour les états généraux
Lors de son dernier Conseil national de novembre, le PSU a décidé de réunir des états généraux pour l’autogestion socialiste. Ces états généraux sont fixés au 3 et 4 Juillet 1976. Ceux-ci s’adressent à tous ceux qui s’interrogent sur les conditions qui permettront de construire une société socialiste pleinement libératrice. A ceux qui participent à des luttes pour le contrôle collectif des conditions de vie, dans la perspective du pouvoir populaire. Le PSU ouvre largement ces états généraux pour confronter les expériences, les acquis et les projets. Il entend contribuer à l’élaboration collective d’une alternative globale pour tous ceux qui contribuent à faire mûrir sa nécessité dans l’action de tous les jours. Il est prévu des forums de discussion, des carrefours et des assemblées générales. Seize thèmes de réflexion ont été mis à l’ordre du jour. Par l’intermédiaire de Tribune Socialiste, le PSU ouvre une tribune aux lecteurs pour qu’ils puissent faire part de leur expériences, réactions et réflexions.
Portugal, vie et mort du pouvoir populaire
« Vie et mort du pouvoir populaire au Portugal » après l’écroulement du régime fasciste de Salazar, article signé Bernard Ravenel, retrace l’histoire de ce pouvoir en détaillant ses différentes phases. On se rend compte comment un mouvement qui portait en lui d’immenses possibilités n’a pu réussir à construire un pouvoir alternatif et quelles ont été les raisons qui n’ont pas permis à ce pouvoir la transition socialiste. Bernard Ravenel explique qu’en réalité la défaite du pouvoir populaire est celle de la révolution portugaise.Les organes populaires de bases n’ont pas su rassembler ni représenter le bloc social intéressé à un changement révolutionnaire et dont la participation consciente au processus était nécessaire à son issue victorieuse. La crise politique et l’absence d’une perspective de transformation sociale crédible vont rapidement conduire à l’échec et à la mort de ce pouvoir populaire.
Portugal, un enseignement pour le PSU
La révolution au Portugal est pour le PSU riche d’enseignement. La Direction Nationale Politique du PSU fait une analyse politique, juste avant les élections du 25 Avril 1976, sur les forces et faiblesses de l’action populaire, politique et syndicale pour imposer au Portugal le socialisme et permettre aux forces de gauche de sauvegarder la défense, le renforcement, l’extension et la coordination des organes populaires de démocratie directe en liaison avec les revendications des travailleurs dans les entreprises et les quartiers.
Les élections du 25 Avril 1976 ont donné une nette majorité à la gauche. Elles montrent que la volonté d’aller vers le socialisme reste dominante au sein du peuple portugais. Mais la division des forces du mouvement ouvrier de la gauche et de l’extrême gauche constitue le principal obstacle à la traduction en acte de cette volonté, face à une droite qui reste menaçante. L’avenir de la révolution portugaise dépend de la capacité qu’auront ceux qui ont été les principaux acteurs à tirer les leçons d’un récent passé, riche d’expériences qui valent également pour tous les militants révolutionnaires.
Au Portugal, une justice en transition
Au Portugal, l’Assemblée Constituante, en réponse à la contestation révolutionnaire, vient d’adopter de nouveaux textes organisant la Justice. Ces textes reconduisent dans leur grande majorité l’ancienne organisation judiciaire mais prévoient également que la loi pourra créer des juges populaires ainsi que d’autres formes de participation du peuple à l’administration de la justice. Ils sont un compromis entre deux mouvements concomitants et complémentaires qui sont la contestation de l’institution d’une part et d’autre part la prise en compte de la prise du pouvoir par la société des instruments étatiques. La mise en place de ces textes et leur application vont devenir des enjeux politiques.
Portugal, crise économique et stratégie révolutionnaire
La crise économique au Portugal est présente bien avant la révolution de 1975. La stratégie révolutionnaire pour laquelle, au-delà des revendications salariales, la question du pouvoir est posée mais n’a pas su s’imposer devant la faiblesse d’un projet politique et le manque de transformations de l’appareil d’État.
Les structures agraires sont archaïques et les rendements sont particulièrement faibles et rendent le Portugal dépendant de l’extérieur pour son approvisionnement alimentaire. Le capital est concentré mais les entreprises sont sous-équipées et artisanales. En outre, le Portugal est touché par les hausses de prix de l’énergie et par la crise économique mondiale de 1973. L’inflation est très importante et entraîne la montée des luttes ouvrières. L’exercice du contrôle ouvrier s’étend dans l’industrie, l’autogestion est utilisée comme arme défensive dans les secteurs les plus touchés comme le textile. Mais, faute d’alliances, d’unité d’action et d’un projet commun entre les forces du mouvement ouvrier, une opportunité historique n’a pas été saisie.
Portugal, la réforme agraire
Au Portugal, la réforme agraire a tenté de répondre au déséquilibre entre les régions mais a eu des difficultés à imposer une nouvelle organisation de l’agriculture. Dans le Nord du Portugal c’est la petite exploitation agricole familiale maraîchère qui s’impose alors que dans le Sud le salariat agricole est dominant. En 1973 si 34% de la population active est agriculteur, la productivité est faible et ne représente que 13,6% du PIB. L’exploitation agricole ne répond que faiblement aux besoins de la population. Elle est essentiellement tournée vers la culture de rente au profit de riches propriétaires. La réforme agraire de l’après révolution du 25 avril 1974 n’a pas apporté toutes les réponses attendues mais devient un acquis les plus marquants du processus révolutionnaire. Cependant, jusqu’où pourra aller le pouvoir d’État face au pouvoir collectif des ouvriers agricoles qui ont pris en main les exploitations sur lesquelles ils travaillent ?
Portugal, perspectives du Comité Russell
Le Comité Russell envoie une première délégation au Portugal, fin Décembre 1975, face à la menace d’une invasion militaire des spinolistes, et assiste à l’intervention brutale des commandos d’Amadora devant la prison de Caxia, près de Lisbonne .Il enquête également sur l’intervention sanglante de la Garde Nationale Républicaine devant la prison de Custoias, près de Porto.
Jean-Pierre Faye retrace les évènements et la répression qui suivirent le 25 Novembre 1975 . ll fait le point sur le complot de la droite au Portugal. Le 20 janvier 76, était arrêté l’ex-général Otelo de Carvalho alors que le 22 Janvier était remis en liberté le général Kaulza qui avait préparé en 1974 un putsch d’extrême-droite visant à durcir la dictature fasciste et à sauver l’empire colonial. Avec l’arrestation d’Otelo de Carvalho — et malgré sa remise en liberté – la Révolution portugaise d’avril a perdu son narrateur central.
Portugal, les problèmes de l’unité d’action
C’est grâce à l’unité d’action de toutes les forces de gauche que pourra être lancée la lutte pour le pouvoir des travailleurs et la transition au socialisme.
Après la défaite chilienne et l’échec portugais, se posent, pour le courant révolutionnaire du mouvement ouvrier, des problèmes qui concernent la conquête du pouvoir et la transition au socialisme. L’expérience portugaise montre le danger d’isolement des révolutionnaires qui, au lieu de chercher à conquérir la confiance des masses, cherchent à manipuler les comités ouvriers et populaires peu représentatifs et ne s’appuient pas sur les organes de démocratie directe, réellement implantés dans les masses. En s’appuyant sur ces échecs, Victor Fay analyse les tâches des révolutionnaires dans la situation politique française.
Portugal, les problèmes de la santé
Les problèmes de la santé ont été des questions abordées au cours de la crise révolutionnaire qui a agité le Portugal au lendemain du 25 Avril. Cependant les expériences de pouvoir populaire dans ce domaine ont été sans doute moins importantes et moins significatives que dans d’autres domaines. La situation sanitaire du Portugal jusqu’aux années 60 était devenue intolérable, le régime fasciste avait été même obligé de prendre des mesures considérables en particulier sur les vaccinations. L’auteur fait le point sur cette situation sanitaire et note que malgré tout une remise en cause radicale des systèmes existants était en train de naître.
Un film de Serguei Mikaelian
Le dernier film de Serguei Mikaelian : la Prime révèle au spectateur la réalité du quotidien soviétique et l’absence totale de démocratie ouvrière. Son intérêt particulier est le message qu’il donne au monde. Le film nous amène sur un chantier de construction dont l’histoire est semblable à celle de tous les chantiers socialistes de Vladivostok à Ruzomberok, de Riga à Varna. On nous montre le gachis, l’irresponsabilité totale à tous les niveaux et le silence contraint de chacun. Sur ce chantier une équipe refuse la prime de fin d’année. On peut facilement expliquer le succès de ce film auprès des dirigeants soviétiques car il répond à leurs préoccupations du jour, avec la mise en cause des méthodes dilatoires pratiquées mais ils ne voient pas l’acte d’accusation de l’ouvrier soviétique présenté comme un exécutant et non un participant de l’économie socialiste. Le système ne permet pas aux ouvriers de se constituer et de s’affirmer en tant que classe sociale. Apaiser le mécontentement diffus des ouvriers par quelques concessions dans le domaine du niveau de vie, sans leur donner aucun droit à la décision, au contrôle, telle est la nouvelle devise des dirigeants socialistes.
le marxisme leninisme en question
La critique marxiste du léninisme et de la révolution d’Octobre est désormais à l’ordre du jour. Le mouvement communiste international débat de la nature du socialisme à construire. Ce débat est à l’ordre du jour dans la logique de la déstalinisation et des révoltes ouvrières de Berlin (1953), Budapest (1956), Prague (1968), Gdansk (1970), des suites de mai 1968, de l’automne italien de 1969, du mouvement des commissions de base au Portugal… Tous ces mouvements remettent d’actualité les questions autour du socialisme. Pierre Daix, après Soljénitsyne, vient de publier un ouvrage qui dénonce les pratiques politiques de Lénine, l’incapacité du régime à prendre en compte les intérêts des masses paysannes, à tolérer leur expression autonome, l’échec de la révolution à libérer le travail ouvrier (livret de travail, taylorisation, militarisation). Ancien stalinien en rupture de ban, Pierre Daix cherche à faire la lumière sur ses illusions d’hier. Au-delà du livre de Pierre Daix, il semble que plus les témoignages des oppositions socialistes et démocratiques dans les pays dits socialistes seront connus, plus le mouvement ouvrier de l’Ouest-européen sera obligé de se définir. Un seul combat se déroule donc malgré des situations différentes qui met à jour la question du socialisme démocratique.
25ème Congrès du PCUS
Le XXVème congrès du PCUS (Parti Communiste de l’Union Soviétique) s’est tenu à Moscou du 24 février au 5 mars 1976. Sa clôture a coïncidé avec l’anniversaire de la mort de Staline, survenue le 5 mars 1953, et avec le vingtième anniversaire du discours « secret » de Khrouchtchev, prononcé au XXème congrès du parti inaugurant la « destalinisation » du régime. Ce fut un congrès de stabilisation du régime et de consolidation du parti. Il serait abusif cependant de parler de la restalinisation , car le régime a évolué et il paraît peu probable que, sauf danger immédiat, on revienne à la terreur de masse pratiquée par l’ancien dictateur. Brejnev, réélu secrétaire général, sort renforcé du congrès. Un congrès marqué par l’immobilisme et l’autosatisfaction dont l’objectif essentiel était de conserver et de préserver un équilibre au sommet de la hiérarchie. Ce parti présente des signes d’usure des hommes et des institutions. Les décisions, prises par le congrès, ne font que perpétuer l’état de choses existant ; elles n’offrent pas, pour le proche avenir, la possibilité de révolution, a fortiori de la libéralisation, du régime.
Le PSU le parti de l’autogestion socialiste (dossier d’accueil)
Cote : PSU-DOC
Série : Vie et propositions du PSU – Le PSU répond à vos questions – Renforcer le PSU – La stratégie du PSU Le socialisme de demain : l’autogestion L’unité populaire De la solidarité à l’internationalisme – L’organisation du PSU Bientôt 16 ans Les structures du PSU – Le PSU dans les luttes Lip 1975 : 4 campagnes : Chômage, nucléaire, Portugal, armée
106 / 107
1976 – Mars
29,7 x 21 cm, 28 p.
Contrôler la production
Le contrôle de la production par les travailleurs, c’est-à-dire admettre que les travailleurs puissent contrôler ce qu’ils font, comment ils le font et pourquoi, permettrait de bloquer les choix de démantèlement de l’industrie française, les suppressions d’emplois et d’orienter le travail non plus seulement pour le profit de quelques uns mais plutôt au service d’une autre société. François Dalbert et Yves Barou étudient trois exemples : Le Concorde en France, l’entreprise Lucas en Grande Bretagne et une entreprise de construction en Australie. Le lancement de l’exploitation commerciale du Concorde, le 21 Janvier 1976 fait apparaitre les contradictions entre ménagement des susceptibilités impérialistes, en particulier des Etats-Unis et les considérations sur l’indépendance nationale. Pour répondre à la crise et aux menaces de fermeture, les techniciens et ingénieurs de la branche aéronautique de la firme anglaise Lucas se sont mis collectivement à élaborer de nouvelles production socialement utiles et correspondant aux possibilités de l’entreprise. En Australie, le syndicat des travailleurs de la construction met en oeuvre depuis quelques années une stratégie de contrôle populaire sur le cadre de vie. En conclusion, il semble que le syndicalisme dans les sociétés industrialisées doit élargir son activité. Tout ce qui affecte les travailleurs ou leurs enfants devrait concerner un syndicalisme responsable.
22ème Congrès du PCF
« Les olympiades de la démocratie »
Le 22ème Congrès du PCF (Parti Communiste Français) a confirmé les changements survenus dans le Parti depuis plusieurs années mais n’a pas introduit de nouveaux changements. Le PCF a pris modérément ses distances vis à vis de l’URSS (PCUS) en exprimant son désaccord sur les privations de libertés individuelles et collectives, assurant que la démocratie politique et économique sont les conditions de la marche du socialisme. Le congrès réaffirme son engagement dans l’union de la gauche. Mais les termes du débat montrent que la concurrence entre le PCF et le PS ne va pas s’atténuer. Leurs projets politiques, les alliances sociales qu’ils proposent, sont loin d’être identiques et les tensions ne sont pas prêtes à disparaître. Le congrès a montré par ailleurs la prépondérance personnelle de Georges Marchais et la personnalisation du pouvoir. Enfin on peut regretter le manque de démocratie dans l’expression autorisée des sections et des conférences fédérales puisque sur les 4968 amendements transmis par les sections et les 821 amendements transmis par les fédérations seuls 76 ont été retenus par la commission de la résolution du Congrès.
Des centrales au coeur des villes
Des nouvelles centrales nucléaires devront être installées au coeur des villes compte tenu des coûts prohibitifs de la distribution des centrales éloignées des villes et des concentrations industrielles. C’est à proximité de Paris, Lyon, Dunkerque, Fos ou de la sidérurgie lorraine que doivent être installées les prochaines centrales. Le développement de ce programme pose avec une acuité nouvelle les risques de l’énergie électro-nucléaire. EDF emportée par sa logique technocratique est prête à placer Paris sur un volcan. Une autre décision, moins spectaculaire mais plus grave, doit être prise pour la réalisation d’un super-générateur : « super Phénix » qui devrait être construit à proximité de Bugey aux confins des départements de l’Ain et de l’Isère. Le gouvernement, s’il ne se décide pas à abandonner son programme risque fort de déclencher des luttes dont l’importance sera grande et qui mobilisera des millions de travailleurs. Des coordinations de comité anti-nucléaires se forment et s’allient aux scientifiques. Dans l’organisation de ce large mouvement de masse, le PSU et ses militants apporteront leur participation.
Périodique – PSU Documentation n°103/4/5. Electro-nucléaire
Présentation
Titre du document : PSU Documentation n°103/4/5. Electro-nucléaire.
Auteur(s) : Service de formation du PSU.
Date du document : février 1976.
Thématiques abordées : nucléaire, écologie.
Typologie : périodique.
Nombre de pages : 28 p.
Dimensions : 21×29,7cm.
Sommaire
- Nucléaire, capitalisme et « croissance »
- Le programme nucléaire et dangereux et cher
- La réponse du PSU
- Annexes
Critique socialiste n° 24. Autogestions. Yougoslavie. Algérie, Pérou. Rossana Rossanda : sur la révolution en Occident
Cote : CRIT. SOC.
– Problèmes de la révolution en Occident, Rossana Rossanda – Le 22e Congrès du P.C.F, Victor Fay – L’autogestion en Yougoslavie, Table ronde au Centre culturel yougoslave – La révolution péruvienne, Une interview d’Hector Béjar par Maurice Najman – Algérie 75, San Gile – Liban : les raisons d’une guerre civile, Jean Jullien. – U.R.S.S. : Comment amorcer le dégel , Yvan Craipeau
Rossana Rossanda, Victor Fay, Hector Béjar, San Gile, Jean Jullien, Yvan Crépeau
24
1976 – Janvier Février
22,5 x 18 cm, 96 p.
Syros
Comités de soldats, droit bourgeois et lutte des classes
Cote : PSU-DOC
Série : le capitalisme aujourd’hui – 1. Le droit syndical, droit “constitutionnel” supérieur aux lois ordinaires 2. Qu’est-ce que la Cour de sûreté de l’État ? 3. L’Etat de “droit”, les limites du “droit” et la contradiction entre le droit et la réalité Résolution de la direction politique du PSU (décembre 1975)
102
1976 – Janvier
29,7 x 21 cm, 12 p.
Le PCF et la dictature du prolétariat
L’abandon officiel par le PCF (Parti Communiste Français), à son 22ème Congrès, de la référence à la dictature du prolétariat interroge les médias. François Turquan et Victor Leduc profitent de cette occasion pour en interroger l’origine et la signification. La conception originelle de la dictature du prolétariat, celle de Marx, celle du marxisme vivant, n’a rien à voir avec les mythologies staliniennes ou groupusculaires. Elle s’appuyait sur la réalité et découlait de l’analyse des situations concrètes auxquelles la classe ouvrière s’est vue confrontée au siècle dernier, dans les phases les plus aiguïes de sa lutte contre la bourgeoisie. Cette réalité a été modifiée et précisée chaque fois que la question de la conquête et de l’exercice du pouvoir s’est vu posée aux travailleurs. Victor Leduc cite Marx qui explique que l’organisation de la société sur la base d’une association libre et égalitaire des producteurs relèguera le rôle de l’Etat au Musée des antiquités. La dictature du prolétariat telle qu’elle est invoquée aujourd’hui fait plutôt référence à une dictature bureaucratique et s’oppose de façon absolue à la démocratie ouvrière.