Conseil National du Havre
Le Conseil National réuni au Havre fait un point sur la situation politique et sociale et constate l’impossibilité d’imposer une lutte unitaire avec les forces politiques de gauche. Pour autant le P.S.U. ne renonce pas à la stratégie d’unité populaire. Il affirme la nécessité d’un projet politique différent, alternatif et autogestionnaire.
Convergence ?
Dés Décembre 1979, les forces politiques de droite comme de gauche préparent les élections de 81 même si les candidats ne sont pas officiellement désignés. Pour gagner les élections il semblerait que le gauche ait besoin de désistement à droite. Il ne s’agit pas de signer un accord PS-RPR mais plutôt de créer, au-delà des divergences, un climat de refus qui en s’appuyant sur les effets de la crise et de la politique d’austérité de Raymond Barre entraînerait la défaite du pouvoir giscardien en 81. Le P.S.U a désigné, au Conseil du Havre, Huguette Bouchardeau comme future candidate. L’autogestion et la lutte pour les contrôles populaires doivent trouver un soutien plus large et donc une expression politique autonome dans les combats politiques à venir. Le P.S.U entend peser sur les orientations et souhaite développer des alternatives aux choix politiques de puissance, à la course au surarmement, au capitalisme.
Pour un contrat présidentiel
Le P.S.U. ne veut pas reproduire l’échec des présidentielles de 74 et veut être présent face au candidat du parti socialiste. Opposé au pouvoir présidentiel il veut imposer une autre société. Il déclare que c’est par l’autogestion que seront véritablement garantis les droits et les libertés de tous. Le P.S.U. présentera donc un candidat. Il négociera le report des voix au deuxième tour sur la base d’un contrat présidentiel ou accord politique sur un certains nombres de points susceptibles de déboucher sur des actions communes pour une gauche différente. Ce texte a été adopté au Conseil National du Havre.
Actualité de l’autogestion
L’autogestion est d’actualité puisque tout le monde à gauche et parfois même à droite se réclame de ce concept. Victor Leduc s’interroge sur l’autogestion et la spécificité du PSU quand ses idées sont devenues le bien commun d’une très vaste constellation socio-politique. Pour lui il est important de rappeler le Manifeste de Toulouse, précisé par le programme de Limoges, « Vivre et travailler autrement ». Ce programme rend indissociables socialisme et autogestion. Il enclenche une dynamique longue de transition vers le communisme et donc un changement radical de société. Ce programme prévoit la suppression de la propriété privée des moyens de production et leur appropriation par les travailleurs. Pour être effectif, les travailleurs devront forger leur place dans les organes de décisions de tous les domaines de la vie sociale. Victor Leduc souhaite apporter de nouveaux éléments au débat pour montrer comment les thèmes d’action du PSU s’intègrent à la lutte pour l’autogestion socialiste. Il aborde la question de l’écologie et dénonce le productivisme, les ravages de la croissance. Enfin , pour lui la question de la diminution du temps de travail est impérative.
Nos libertés en miettes, la colère des juges
« Nos libertés en miettes », un article de Michel Etienne qui démontre que l’évolution contemporaine des libertés individuelles ainsi que la réalité quotidienne conduisent à se demander si nous sommes toujours dans une société démocratique libérale. Nombre de textes exceptionnels et tribunaux spéciaux ont survécu aux circonstances qui les ont fait naître, tel est le cas de la Cour de Sûreté de l’Etat. La loi n’aura fait qu’entériner des illégalités commises depuis des années, dont l’emprisonnement clandestin des étrangers en instance d’expulsion, comme les arrestations sans base légale. Pierre Lyon-Caen, membre du Syndicat de la Magistrature, dénonce le mythe de l’indépendance judiciaire. Le texte adopté le 11 Octobre 1979 par l’Assemblée Nationale modifie la commission de recrutement des magistrats et les soumet de plus en plus aux orientations gouvernementales. Il s’agit là d’un renforcement des liens étroits de subordination qui lient le judiciaire à l’exécutif selon une tradition ancienne, souvent dénoncée, donnant un caractère mythique au principe traditionnel de l’indépendance de l’autorité judiciaire proclamé dans la Constitution. Pierre Lyon-Caen propose une justice composé de mandataires du peuple, libérés de l’influence du pouvoir exécutif comme de celle des électeurs et cependant en osmose avec ceux au nom de qui elle est censée rendre la justice.
Nouvelles campagnes n° 6
Cote : REVUES-NVS CAMPAGNES
ENQUETES-DEBAT : L’insécurité d’emploi des ouvriers agricoles 20 000 agriculteurs à Rodez : pour quoi faire ? L’enjeu alimentaire mondial Concurrence agricole France-Tiers Monde Réflexions à propos de la loi cadre agricole Une fumée noire monte du littoral Les dépenses agricoles de l’Etat Le pétrole et le grain
6
Automne 1979
21,7 x 15,4 cm, 72 p.
Immigrés, le miracle français
Nous devons une grande part de notre richesse au travail des immigrés. C’est grâce à eux que de 1946 à 1975, notre économie a pu connaître ce qu’on a pu appeler le « miracle français » et qui s’est traduit, entre 1950 et 1970, par une croissance du Produit Intérieur Brut (P.I.B.) égale à 5,5 % par an. Entre 1968 et 1975, les travailleurs immigrés ont occupé 42% des emplois industriels qui ont été créés au cours de cette période, en particulier dans le bâtiment et les travaux publics. Pourtant Lionel Stoléru, Ministre du Travail, a pour objectif de voir le nombre d’étrangers diminuer de 3 à 5% par an. Travailleurs très mobiles, corvéables, ne refusant ni les heures supplémentaires ni le travail au noir, les immigrés ont contribué à bâtir notre pays : c’est donc aussi le leur. Ils ont droit à en jouir s’ils le souhaitent. C’est ce droit que, tous ensemble, il nous faudra bien finir par imposer.
Veut-on sacrifier la sécurité sociale ?
Devant le trou chronique de la Sécurité Sociale, le gouvernement a choisi de faire payer les salariés. La situation économique et le chômage en constante augmentation prive l’organisme d’une part de ses ressources. En outre les dépenses de santé sont en constante élévation et il faudra compter de plus en plus avec une augmentation des dépenses vieillesse. L’Etat a choisi d’augmenter les cotisations des salariés tout en préservant les hauts salaires et les cotisations patronales. Face à cette situation le PSU entend soustraire le système de santé des lois du marché par l’autogestion de l’assurance maladie, la création d’un régime unique de sécurité sociale avec la suppression des régimes spéciaux, la gratuité des soins pour tous les résidents et le maintien du revenu intégral en cas d’arrêt de travail, la suppression du paiement à l’acte et du prix de journée hospitalier, la création d’unités sanitaires de base, une décentralisation des organes de décision associant la Sécurité sociale à l’Etat et aux collectivités locales… Une conception différente pour un autre système de santé.
Questions à l’autogestion
L’autogestion, un peu comme le mot démocratie ou celui de socialisme, recouvre toutes sortes de concepts qui peuvent répondre à une mode mais il faut aller au-delà du bavardage. Dans un contexte de préparation des élections présidentielles de 1981 il est important pour le PSU de soumettre à l’examen la perspective autogestionnaire qui est la sienne pour en dégager en pratique autre chose qu’un discours de façade, sans prise avec les évènements. Pour Pierre Naville c’est dans le champ du travail que l’autogestion doit prendre tout son sens. Pour lui, l’action doit commencer par l’instauration du contrôle ouvrier et salarié. Il faut, pense-t-il, définir les unités de base du contrôle et s’interroger sur leurs mises en place, sur les difficultés de l’évaluation et de la définition des besoins. Cela revient à envisager la combinaison inévitable entre l’autogestion et un mode de planification nouveau qui sera expérimental et obligatoire. La question des hiérarchies de salaires et de fonction, comme la question de la diminution du temps de travail ne peuvent échapper à la réflexion de l’organisation autogérée. En outre, on se rend bien compte qu’une dimension européenne et non plus nationale doit être introduite dans la réflexion.
Nouvelles campagnes n° 5
Cote : REVUES-NVS CAMPAGNES
Enquête—débat : Où en est le mouvement paysan progressiste ? – Entretien avec des jeunes agriculteurs du Larzac – Entretien avec Frédéric Lindenstaedt – Entretien avec Bernard Thareau – En guise de conclusion – Présentation de la rencontre – Piste de réflexion sur la situation du mouvement paysan progressiste – Poème – POS et contre-POS à Argeles-Gazost – Le Fonds Commun ou les rémunérations accessoires – Larzac : espace collectif – Paysan-Travailleur, pour quoi faire ? – Déclaration de Rome – Mémoire du Peuple : Au pays des Sinciers
Fr. LINDENSTAEDT – B. THAREAU –
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Été 1979
21,7 x 15,4 cm, 72 p.
Le dossier des 35 heures
Le dossier des 35 heures ou réduction du temps de travail est ouvert par les travailleurs, les syndicats et le patronat dans l’ensemble de l’Europe. Dans l’hexagone, la réduction du temps de travail est à l’ordre du jour d’une grand négociation entre le C.N.P.F et les organisations syndicales. La dernière rencontre du 18 juin s’est soldée par un blocage car les points de vue étaient diamétralement opposés. Michel Mousel, montre pourquoi le patronat propose d’assouplir la législation des 40 heures pour remplacer la notion d’horaire légal hebdomadaire par celle d’un horaire annuel, permettant plus de souplesse à l’entreprise selon les variations saisonnières de la conjoncture. La réduction du temps de travail avec maintien du salaire permettrait un renforcement des créations d’emplois selon les syndicats qui s’opposent au patronat, en particulier sur la remise en cause des avantages acquis. Jean-Yves Sparfel propose de nouvelles pratiques syndicales mieux adaptées à la réalité du terrain, Nicolas Géro ouvre le débat en prenant l’exemple allemand, enfin Pierre Belleville s’entretient avec José Sanchez et fait une analyse plus globale du travail salarié.
Critique socialiste n° 35. L’expérimentation sociale en question
Cote : CRIT. SOC.
– Présentation, Victor Leduc – De la croissance duale à l’expérimentation social, François Dalbert – Mieux vivre à la Caisse des Dépôts, Suzanne Goueffic – Reconquérir la société, Bernard Vincent – Construire une autre société, Jean-Marie Demaldent – Entretien avec Patrick Viveret – Vers la société civique, Jean-Pierre Garnier – Entretien avec Cornélius Castoriadis – Expérimentation dans les communes, Christophe Wargny – Réponses sur l’expérimentation sociale, Revue « Pratiques » – Entretien avec Pierre Naville – Robinson ou les limbes du Pouvoir, Frédéric Darmau – Patrick Hegin – Sociologie ou mouvement social, Joël Roman
Leduc, Dalbert, Goueffic, Vincent (Bernard), Demaldent, Viveret, Garnier, Castoriadis, Wargny, Naville, Hegin, Roman
35
1979 – Juin
22 x 15,5 cm, 120 p.
Syros