L’U.N.E.F. défend la cogestion
Le syndicat étudiant prépare la rentrée et discute des problèmes qui concernent actuellement les étudiants. L’accent est mis sur l’amélioration des conditions de travail et une action dynamique qui n’est pas limitée au logement est décidée. Pour mettre en échec les projets du gouvernement sur la co-gestion des oeuvres, par l’intermédiaire de la F.N.E.F, l’U.N.E.F. mobilise ses partenaires sur le thème de la « représentativité des syndicats ». L’U.N.E.F. décide de reprendre sa place au sein de l’I.U.E. en tant que membre associé.
Le malaise algérien
Un an après la déclaration d’indépendance, des tensions internes qui peuvent inquiéter, se manifestent en Algérie. Si on peut comprendre les tensions dues à la situation économique, ou à l’attente des algérois pour un changement plus rapide qu’il n’est possible, on peut s’interroger sur le silence du pouvoir sur les arrestations récentes de militants qui ont combattu pour l’indépendance, tels Boudiaf, Allouache, Ben Sounès et Kebaili.
Malgré ces inquiétudes, l’UNEF relaie l’UGEMA dans un appel à volontaires pour des stages de formation accélérée dans le secteur médical.
L’aide gouvernementale à l’Algérie devient une réalité
Une conférence rassemblant près de 150 délégués de plusieurs pays européens s’est réunie à Alger courant Juillet pour étudier avec les ministères algériens comment les associations, les ouvriers et les techniciens volontaires pouvaient apporter leur appui à l’Algérie. Il a été possible de faire un état des lieux des besoins et les échanges ont permis aux diverses délégations européennes de découvrir des formes d’aide auxquelles elles ne songeaient pas. Il est proposé des aides pour les coopératives, l’épargne et la formation technique. Ben Bella a insisté sur le caractère socialiste que les dirigeants entendaient donner au développement de l’Algérie et qu’il souhaitait une liaison étroite avec les mouvements ouvriers européens.
La grande bataille de la déconfessionnalisation engagée
Le 32ème Congrès de la C.F.T.C. à Issy-les-Moulineaux a rassemblé un millier de délégués dont la moyenne d’âge est de trente deux ans. Les ambitions et les préoccupations essentielles de ce congrès sont autour de la planification démocratique, la reconnaissance des droits syndicaux et surtout la laïcisation de la centrale. Les débats ont été vifs. Un congrès extraordinaire sur la laïcisation de la centrale est fixé à la fin 1964 ; ce choix marquera une étape dans le regroupement des forces syndicales.
Le 32ème Congrès de la C.F.T.C
Le sous-titre de l’article : « une étape dans le renouvellement de la centrale » annonce la déconfessionnalisation de la C.F.T.C. qui devrait intervenir au cours d’un congrès d’ici 18 mois. Le rapport d’Eugène Descamps souligne l’évolution de la C.F.T.C. depuis 1957, la place de la centrale dans l’opposition à la guerre d’Algérie et l’urgence à rétablir le tissu démocratique de la nation. Il affirme la nécessité de l’union dans l’action dans l’indépendance de chacune des organisations. Enfin il souligne l’évolution des mentalités vers le socialisme qui prime sur l’engagement chrétien des militants.
Mesures partielles ou marche vers le socialisme
Dernier article de la série « l’Algérie à l’heure du choix ». L’Algérie se cherche entre les nécessités de la coopération avec la France, l’Égypte de Nasser qui a soutenu la guerre pour l’indépendance, le voisinage du Maroc et la question de l’appartenance à la République Arabe Unie. Il lui faut passer du colonialisme à l’indépendance dans un pays où le chômage est endémique et où la pression populaire pour un mieux vivre, est un véritable atout. La création d’une république socialiste n’est pas aussi simple qu’il n’y parait et Ben Bella qui souhaite devenir le modèle pour l’Afrique a un énorme chantier à couvrir.
Qui faut-il regrouper et pourquoi ?
Dans le cadre de la préparation du 3ème Congrès du PSU l’idée de regroupement des forces de gauche est très présente. Édouard Depreux comme pour le congrès de 1960 où il appelait de ses voeux « Un grand Congrès de l’unité Socialiste », précise l’étendue, les frontières et les buts des regroupements envisagés. Pour lui, ce regroupement est nécessaire pour vaincre le pouvoir personnel en place. Ce regroupement inclut les communistes pour ne pas paralyser les réformes de structure, hors lesquelles la démocratie politique, ne s’élargissant pas sur le plan économique et social, devient purement formelle et se vide de sa substance. Il redit combien l’unité ne doit pas être limitée aux périodes électorales mais aussi dans toutes les actions pour permettre le renouveau de la gauche dans le respect de toutes les tendances.
La jeunesse : ciment de l’Algérie nouvelle
Le troisième article de la série « l’Algérie à l’heure du choix » porte sur la jeunesse. Ben Bella a lancé un appel largement entendu, à la jeunesse pour qu’elle apporte son soutien à l’édification de l’Algérie nouvelle. L’Algérie souffre du vide laissé par le départ de 90% des cadres français. Il est donc urgent de remplacer cet encadrement dans tous les secteurs et à tous les niveaux pour la gestion des intérêts du pays. De nombreux jeunes volontaires algériens ont consacré leurs vacances à une formation accélérée aux questions économiques, aux règles sanitaires du travail, à l’encadrement des équipes, aux méthodes d’alphabétisation. La jeunesse est enthousiaste et volontaire pour le relèvement du pays.
Une culture pour tous
Le sous-titre de l’article : « Ou des loisirs pour quelques uns » situe la réflexion de la Commission Loisirs-Culture qui s’est exprimée au Congrès de l’U.N.E.F. à Dijon. Il y a nécessité pour le syndicat d’un débat d’orientation générale sur le rôle et la politique à suivre pour l’organisation des loisirs des jeunes. Ce projet devra être élaboré avec les organisations de jeunesse et les syndicats.
Vers une charte des jeunes
Jean-Louis Péninou, Président du groupe Sociologie, dénonce la main mise du gouvernement sur les mouvements de jeunesse et le contrôle étatique sur la culture. Un des rôles de l’UNEF est de mettre en avant auprès des autres mouvements de jeunesse (culturels, sportifs, syndicaux…) la nécessité d’un regroupement de tous sur une Charte des revendications de la jeunesse.
Des sous !
Au Congrès de Dijon, au moment où la cogestion des Œuvres est remise en cause, la Commission « Intérieur » F.G.E.L. dénonce la situation difficile réservée aux étudiants. Après avoir exposé la gestion des bourses insuffisantes, mal distribuées et injustes, lui préférant une vraie réflexion sur l’allocation d’études. Devant l’urgence d’une politique efficace en matière de logement étudiant, la Commission dénonce les choix gouvernementaux et insiste sur l’urgence des actions fortes à décider.
Le travail étudiant

Action revendicative, tendance psychosociologique
Après un stage de formation à la dynamique de groupe à Royaumont, un certain nombre de militants syndicaux proposent une autre forme d’action syndicale, pour une participation collective de la base aux décisions. La psycho sociologie ou micro sociologie ou dynamique de groupe, arme du patronat peut-elle devenir un instrument de luttes syndicales ? Sur ce thème, les thèses de Jean-Paul Sartre et Georges Lapassade s’affrontent.
Congrès de Dijon, les problèmes de la formation
Poser la question de la formation et de l’information dans un syndicat, c’est poser le problème du syndicat en général et de son but qui est de « faire prendre conscience et d’organiser » le milieu où il est implanté. Tout, dans l’U.N.E.F., est formation et information». Au Congrès de Dijon la commission formation a réfléchi sur la place de la formation dans la vie de l’étudiant, tant dans les groupes de travail et comités d’amphis que dans les stages en entreprise. Il n’en demeure pas moins que la F.G.E.L. regrette que n’ait pas été abordée la question de la formation syndicale.
Le tournant est pris
Après le Congrès, Michel Mousel, Président de l’U.N.E.F. fait lui aussi un bilan et estime que les discussions et l’auto critique ne peuvent que faire progresser le syndicalisme étudiant. Une distance avec le gouvernement est nécessaire et pour lui, seule l’entente et le travail intersyndical peuvent faire avancer le débat démocratique.
St Nazaire, un front de travailleurs unis à Sud-Aviation
Point sur la situation des revendications dans les usines de Sud-Aviation à St Nazaire et des grèves dans les différents secteurs. Les revendications sont aujourd’hui sans suite ou partiellement satisfaites au détriment de la perte d’avantages acquis. Les actions revendicatives sont menées dans l’unité syndicale et le front des travailleurs est très uni.
La grève Neyrpic a mobilisé l’ensemble de l’opinion
A Grenoble, la direction de l’entreprise Neyrpic, qui fabrique essentiellement du matériel hydraulique, a dénoncé un contrat sur la progression des salaires. Toute la ville y compris l’Université a soutenu les grévistes de l’entreprise. Pierre Belleville analyse comment le front socialiste, à travers l’unité des syndicats, des ouvriers et des étudiants, s’est réalisé autour de cette grève et comment, sur la base de luttes partielles, des revendications fondamentales concernant la structure et la démocratie dans l’entreprise ont été mises en avant.