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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

La grève à l’Université

Martine Micheland, Vice-présidente de l’U.N.E.F., comme Michel Mousel dans leur analyse soulignent que ce n’est pas une grève comme les autres car les étudiants ne se sont pas mobilisés seulement sur les budgets de misère alloués à l’enseignement supérieur. D’autres mots d’ordre, d’autres voix ont été entendues : «Non au bachotage», «Salaire étudiant », «Des cours, pas de sermons» . Ils ont fait grève, ils ont manifesté parce qu’ils veulent un changement des méthodes et des contenus de l’enseignement mieux adapté à la réalité économique et à l’avenir. Dans toutes les villes une réelle réflexion avec et autour des professeurs a eu lieu et la grève a été l’occasion d’une réelle mobilisation intérieure. On assiste à une prise de conscience syndicale du milieu étudiant.

Tribune Socialiste n°170 – 23 novembre 1963

Autogestion et voies du socialisme au premier congrès des Fellahs

Ce premier congrès des entreprises agricoles autogérées a été le congrès de la démocratie directe où pour la première fois les paysans ont été pris en considération et ont pu s’exprimer. Ils n’ont pas ménagé leurs critiques : mal payés, mal approvisionnés, sans matériel ni semences. Le discours d’introduction de Ben Bella aborda d’emblée ces problèmes qui ont d’ailleurs fait l’objet des quatre résolutions adoptées à l’issue du congrès. Le but de ces résolutions est d’alléger la bureaucratie, éliminer les intermédiaires parasites et donner à l’autogestion son véritable sens. Une période transitoire préparatoire au socialisme devra combiner nationalisations, planifications et réflexions sur le marché, ainsi que l’exprime un journaliste dans son compte rendu pour la revue « Révolution Africaine ».

Comités mixtes

Analyse de la cogestion à l’Université en tant que structure de partage apparent ou réel du pouvoir et de la place du syndicat dans cette cogestion.  Les comités mixtes symbolisent toutefois un nouveau type de rapports entre enseignants et étudiants et pourraient être l’expression de la revendication d’un autre statut universitaire des étudiants.

3ème Congrès national du P.S.U., Paris

Le 3ème Congrès du P.S.U. s’est tenu à Paris, Salle de la Grange-aux-Belles. C’est le Congrès de la stabilisation après la crise qui a duré toute l’année.Le P.S.U, se positionne sur le terrain économique et social et présente le programme du contre-plan en réponse aux décisions économique du gouvernement. L’unité de tous les travailleurs et l’unité des organisations politiques et syndicales devront constituer le véritable pacte de l’opposition socialiste. Les textes d’orientation majoritaire et minoritaire sont présentés successivement dans le compte rendu du Congrès.

 

Tribune Socialiste n°169 – 16 novembre 1963

Nouvelle relance possible du marché commun agricole

La mise en place de la politique agricole commune pose de réelles difficultés, en particulier pour les céréales, car elle se heurte à la politique agricole différente dans chaque pays. Devant ces difficultés Sicco Mansholt, Vice-Président de la commission,  propose pour le marché des céréales un prix indicatif unique fondé sur les deux principales zones déficitaires de l’Europe. Pour ne pas diminuer le niveau de vie des producteurs allemands ou italiens une compensation sera attribuée par la C.E.E. Il serait urgent que les socialistes européens s’emparent de cette question et proposent une Europe loin de la logique capitaliste.

Loire-Atlantique : vers le chômage

En Loire-Atlantique, le spectre du chômage est bien présent. Aux « Chantiers », à « Sud Aviation » ou encore aux « Batignolles », les salariés sont en grève contre la diminution du temps de travail et des salaires du fait du manque de commandes et ce malgré les aides de l’État et les dividendes perçus par les actionnaires. La création d’un complexe sidérurgique en Loire-Atlantique pourrait résoudre cette grave crise industrielle de la région. L’exploitation de ce complexe devrait cependant être confiée à une société publique et non à des industries privées compte tenu des fonds publics attribués à la sidérurgie. Jusqu’ici cela n’a pas été le choix du IVème Plan.

Tribune Socialiste n°168 – 9 novembre 1963

La rentrée solennelle de l’Université

M.Fouchet, Ministre de l’Éducation Nationale n’a pas assisté à la rentrée solennelle de l’université. Le Ministre de l’Intérieur l’a remplacé. Chacun peut lire dans ce remplacement l’affirmation par le gouvernement de remettre au pas l’Université. Ce dernier fustige les manifestations du 7 Novembre contre les réformes, que le gouvernement estime justes et nécessaires. La semaine de grève prévue à la fin du mois de novembre donnera une idée de la combativité des étudiants face aux réformes universitaires.

Toujours Fouchet

Manifestation à la Mutualité organisée par la Fédération des Associations de parents d’élèves des lycées et des collèges. Cette Fédération s’était jusqu’à présent tenue à l’écart des rassemblements et activités du C.N.A.L et n’est pas un adversaire du régime, mais comme le souligne son Président « devant l’accumulation des déficiences, des lacunes, des erreurs, nous n’avons pu taire notre mécontentement » La motion adoptée à l’issue de la réunion déclare que le budget de l’Éducation Nationale doit être considéré comme prioritaire. La Fédération réclame un programme d’urgence permettant l’établissement d’un véritable plan de redressement pour l’éducation, la revalorisation des salaires des enseignants et l’accélération des constructions scolaires.

Brest, malgré l’interdiction manifestation de rue contre M.Fouchet

Le Comité d’action laïque du Finistère a décidé de profiter de la venue de M.Fouchet, Ministre de l’Éducation Nationale, pour manifester leur mécontentement devant les conditions déplorables de la rentrée et les conditions d’exercice de l’enseignement public. Une motion publique et un appel à la grève a été lancé. La grève a été suivie à 100% dans les écoles primaires et 90% dans les établissements secondaires. La manifestation, prévue le jour de l’arrivée du ministre, bien qu’interdite, a été largement suivie.

Loire-Atlantique, ouvriers et paysans manifestent ensemble à Issé

Vendredi 23 Novembre les ouvriers de l’usine de plastique Antar, en grève depuis 10 jours, ont organisé une manifestation devant la mairie de Jussé pour demander une augmentation de salaires de 6%, la 4ème semaine de congés payés et le paiement des heures de fermeture temporaire. Pour la première fois ils ont été rejoints par les agriculteurs qui ont expliqué que leurs intérêts étaient communs. Le PSU salue cette fraternité ouvriers-producteurs.

Tribune Socialiste n°167 – 2 novembre 1963

Pratique syndicale, l’action revendicative

Sur la base des orientations du Congrès de Dijon la plate-forme de l’action revendicative est axée sur l’universitaire. Pour redonner force au mouvement, il apparaît nécessaire de recentrer l’action revendicative autour de problèmes qui concernent directement les étudiants : la réforme de l’université (contenu, méthodes et structures de l’enseignement, moyens de la réforme) et le statut de l’étudiant (salaire étudiant). Les moyens d’action proposés sont les groupes de travail Universitaire (« opération GTU »), ou les cahiers de revendications élaborés par les étudiants…

Contre le plan de stabilisation

Le plan de stabilisation a pour but de bloquer les salaires. Pierre Massé, commissaire général au plan a ouvert le 24 Octobre 1963 la « conférence des revenus ». Il a déclaré que cette conférence était un « jalon » dans une oeuvre de longue haleine. Cependant les syndicats sont hostiles au plan de stabilisation. Après le mouvement des cheminots c’est l’ensemble du secteur public qui se mobilise contre ce plan. Il semble urgent que les syndicats et les partis définissent une politique économique et sociale susceptible d’être opposée au plan de stabilisation.

Morbihan : pour la défense des Forges à Hennebont

Dans le Morbihan, la manifestation pour la défense des forges à Hennebont est l’expression sociale de la défense de l’aménagement du territoire contre le capitalisme et le profit. À la veille de la visite dans la région de Olivier Guichard, directeur de l’aménagement du territoire, une marche de 12 Kms a été organisée le 26 Octobre 1962 entre Hennebont et Lorient. Elle réunissait plusieurs milliers de participants. Un meeting s’est tenu ensuite à Lorient. La motion votée insiste sur la nécessité de créer des industries nouvelles pour absorber la main d’oeuvre excédentaire qui va s’accroissant dans la région.

Meurthe et Moselle, la crise des mines de fer rebondit à Trieux

En Meurthe et Moselle, la crise des mines de fer entraîne des grèves. Deux cent quarante huit mineurs ont été licenciés brutalement à la mine de Sancy suite à une défaillance des clients belges. L’ensemble des mineurs de Sancy décidèrent de riposter par la grève du fond. Les cadres solidaires affirment qu’il s’agit moins de Sancy que de tout l’économie du bassin qui est menacée. Il faut une coordination au niveau national de l’ensemble des mines et de la sidérurgie, des efforts d’investissement et l’implantation d’industries de transformation. Enfin il est nécessaire de réfléchir à une organisation européenne des importations. Plus globalement, c’est un plan régional d’aménagement qui doit être pensé.

Le Maghreb déchiré

Les relations entre les pays du Maghreb sont bouleversées par de violentes crises qui ont opposé tour à tour la Tunisie au Maroc, puis la Tunisie à l’Algérie et maintenant l’Algérie au Maroc. Ce dernier a suscité un nouveau conflit à propos de ses frontières. Conflit d’abord politique, ce différend a pris la tournure d’une bataille d’usure, car les tentatives d’organisation du Maghreb esquissées à plusieurs reprises, n’ont pu être réalisées tant elles remettent en cause une organisation héritée du colonialisme qui aurait pour conséquence l’embrassement de l’ensemble des pays africains. Le décalage d’ordre social, politique et idéologique entre les pays, a fait avorter les efforts entrepris. A l’opposé, les forces les plus éprises de l’unité maghrébine se rencontrent au sein du mouvement syndical des trois pays ainsi que parmi les étudiants rassemblés dans un mouvement commun.

L’Algérie nouvelle et ses amis français

L’Association d’amitié et de solidarité franco-algérienne (A.S.F.A.) fait le bilan positif des trois stages de l’été. Cette rencontre a été l’occasion pour Manuel Bridier, P.S.U. ou Claude Lestier de Libération d’informer sur la réalité algérienne, notamment sur les comités de gestion, le caractère socialiste de la révolution algérienne et également sur le conflit latent entre l’Algérie et le Maroc. La rencontre se termina par la lecture d’une motion, rapidement votée et non amendée, sur ce qui aurait pu être une prise de position sur le conflit entre l’Algérie et le Maroc.

Tribune Socialiste n°166 – 26 octobre 1963

Comité d’action pour la Bretagne

Suite à une série de promesses gouvernementales non tenues, Y.Tanguy-Prigent, Député du Finistère, déplore l’absence de doctrine et de plan cohérent en faveur du développement des régions les moins favorisées. En écho, les organisations régionales C.G.T., C.F.T.C., F.E.N., P.S.U., S.F.I.O., P.C. décident de créer un Comité d’Action pour la Bretagne pour une action de la base sans attendre les promesses gouvernementales.

Comité d’action pour la Bretagne, première réunion à Pontivy

La première réunion du Comité d’Action pour la Bretagne décide d’organiser une journée nationale d’action pour la défense des Forges d’Hennebont le 26 Octobre. Le Bureau du Comité comprend un représentant de chaque organisation qui coordonnera et animera les revendications locales. Affirmation de la nécessité d’une action décentralisée réunissant tous les travailleurs, des villes et des campagnes, pour la défense de leurs intérêts.

Tribune Socialiste n°165 – 19 octobre 1963

Indépendance et unité syndicale

Au-delà des revendications des syndicats F.O., C.G.T et C.F.T.C sur le salaire minimum et le temps de travail dans les industries chimiques qui emploient plus de 110 000 salariés, la question de l’unité d’action revendicative syndicale est posée. L’indépendance relative de la C.G.T par rapport au parti communiste est au coeur des controverses sur l’unité syndicale. La Fédération F.O. des industries chimiques souligne que le mouvement syndical doit « être démocratique, laïque, indépendant des partis, des Églises, des pouvoirs et des patrons ». Toutes les centrales syndicales souhaitent cette indépendance qui n’est pas facile pour autant à mettre en place.

Petite histoire du sport universitaire

Le sport universitaire est oganisé au travers d’une institution très ancienne puisque c’est en 1905 que les associations générales d’étudiants créent les premiers clubs universitaires sportifs. En 1956 l’UNEF créa pour regrouper les clubs sportifs universitaires l’O.S.U (Office du Sport Universitaire) avec à sa tête Jacques Flouret. L’histoire de l’O.S.U qui devient l’OSSU (Office du Sport Scolaire et Universitaire) est l’illustration de l’opposition entre la conception fédérative de l’UNEF et celle du gouvernement qui ne supporte pas l’organisation autonome et non contrôlée des activités du secteur jeunesse.

La politique culturelle de l’U.N.E.F.

Au Congrès de Dijon, l’U.N.E.F. affirme la nécessité de réfléchir à un programme culturel pour tous qui devrait intégrer l’étudiant dans la cité. Le programme culturel à développer s’oriente vers une organisation ouverte de la culture dans laquelle la participation des membres actifs deviendra un engagement réel et une option politique pour dépasser la simple consommation de ce qui est imposé comme produit culturel. Pour cela il est nécessaire que le mouvement s’inscrive dans la reprise en main des structures socioculturelles, étudie quel pourrait être leur rôle dans leur gestion et leur animation en vue d’une large diffusion de la culture conquise.

Le pain quotidien

Pour lutter contre l’isolement de l’étudiant, le travail au noir, et le peu de moyens de subsistance pour l’étudiant qui veut devenir indépendant de sa famille et de l’État, L’U.N.E.F. revendique l’attribution de l’allocation d’études. En outre la question de l’offre de logements reste une préoccupation et un axe d’action pour le mouvement.

Les Bourses…en 1980

L’UNEF axe ses revendications sur le salaire étudiant, débat lancé dès la Libération, mais qui doit se concrétiser et remplacer le système des bourses. Les étudiants russes et italiens ont obtenu ce salaire étudiant sur critères universitaires. Le syndicat ne doit pas être seul à porter cette revendication, se sont les étudiants qui doivent s’impliquer pour la faire aboutir.

Les relations intersyndicales

La vie scolaire comme universitaire coupe volontairement l’étudiant du monde extérieur et contribue à creuser un fossé infranchissable entre la classe ouvrière et le monde étudiant. Pourtant, un certain nombre d’activités peuvent être développées en commun : organisation commune des loisirs, réflexion sur le devenir professionnel, ou le logementImposer une politique sociale au pouvoir, développer notre collaboration, tels sont les objectifs permanents du mouvement de rapprochement entre ouvriers et étudiants. Ce travail commun transformera les conditions de vie des uns et des autres, au-delà de l’organisation sociale imposée par le pouvoir.