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Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

La réforme de l’enseignement supérieur

Publication par le journal Le Monde de plusieurs lettres de professeurs réagissant à l’étude de Bertrand Girod de l’Ain publié par  le Monde (1 au 8 Juillet 1964) sur la réforme de l’enseignement supérieur. La question de l’examen d’entrée à la Faculté est abordée et débattue mais aussi dénoncée comme un remède inutile, en revanche le manque criant de professeurs face à un effectif d’étudiants toujours en augmentation est chiffrée. Le détachement d’agrégés enseignant en lycée ne peut être qu’une solution à court terme et ne résout en rien le manque de professeurs. Ivan Gobry, chargé d’enseignement à  la faculté  libre de philosophie de Paris propose l’instauration de stages pratiques d’étudiants dans les lycées.

Tribune Socialiste n°205 – 25 juillet 1964

Tribune Socialiste n°204 – 18 juillet 1964

Tribune Socialiste n°203 – 11 juillet 1964

Tribune Socialiste n°202 – 4 juillet 1964

Les syndicats à la recherche d’une politique

Le gouvernement se déclare résolu à appliquer son plan de stabilisation qui limite l’augmentation des salaires de 3 à 4% par an alors qu’on pressent des mouvements revendicatifs d’envergure. Face à la politique d’austérité, à un renforcement continu du pouvoir personnel favorisant les intérêts des sociétés capitalistes les plus puissantes, les syndicats au travers de leur congrès respectifs s’interrogent sur l’unité d’action, même si elle semble impossible aujourd’hui. Un programme commun d’action des forces de gauche serait le bienvenu à condition que celui-ci dépasse le simple catalogue revendicatif et ouvre des perspectives sur le changement réel des structures sur lesquelles les syndicats ont effectivement leur mot à dire.

Tribune Socialiste n°201 – 27 juin 1964

L’Algérie qui se cherche

Harris Puisais commente l’ouvrage écrit par Daniel Guérin à son retour d’Algérie en 1963. Entre 1963 et 1964 la situation algérienne a quelque peu évoluée mais bien des difficultés demeurent. Sont abordées les questions de la coopération, de l’autogestion, de la bureaucratie et de l’étatisation. Le chômage demeure et la situation économique a du mal à s’améliorer. On peut s’interroger sur la jeunesse, la place de la femme et plus particulièrement sur la tutelle forte de l’islam. Ben Bella, homme orchestre, a du mal à déléguer et sa présence permanente sur tous les fronts ne lui laisse que peu de temps pour une réflexion de fond. Il manque de véritables cadres politiques. Cela menace la pérennité de son travail s’il venait à disparaître.

Revue internationale du socialisme n° 03

Cote : RIS – REVUE INTERNAT SOCIAL

POLITIQUE DES REVENUS ET SYNDICATS Un article Vittorio Foa La situation en Grande Bretagne, France, Italie, Allemagne fédérale (K. Coates, J-M. Vincent, B. Roscani, S. See) L’inflation en Italie (G. Merzagora) LES PERSPECTIVES POLITIQUES EN FRANCE ET GRANDE BRETAGNE par Gilles Martinet et Ralph Miliband L’ALGERIE APRES LE CONGRES A-P. Lentin , Les données politiques E.R. Braundi , Les données économiques L’ALLIANCE POUR LE PROGRES par Sergio De Santis

FOA – MARTINET – MILIBAND – DE SANTIS – COATES – VINCENT – ROSCANI – SEE – MERZAGORA – LENTIN – BRAUNDI – ALI – BECCALLI
03
Juin 1964
21,3 x 13,1 cm, 136 p.

Les contradictions du néo-capitalisme

« spécial N°200 : économie »

Le néo-capitalisme a su organiser depuis vingt ans sa propre croissance mieux que jamais, mais il n’a pas pour autant résolu  ses contradictions fondamentales.

Le capitalisme aggrave par son développement l’injustice sociale et l’inégalité. L’inflation, régulateur des capitalismes oblige une intervention croissante de l’Etat ce qui enlève toute signification à la libre entreprise. Par ailleurs, le capitalisme, en limitant la misère, en France, tout particulièrement, fait apparaître de nouveaux types de besoins. Ainsi la part des achats de produits ou de services décroît au fur et à mesure que les revenus s’élèvent. Les besoins d’enseignement, d’aménagement urbain, de transport en commun… augmentent plus vite que les demandes liées directement à la production. Cela veut dire que la part de l’activité de production sur laquelle il est directement possible de tirer des profits diminue. A terme, le capitalisme ne peut être que paralysé par cette évolution. Il résulte de cette situation que le socialisme doit analyser ces contradictions et ne pas limiter ses axes de luttes au seul domaine de la production. La lutte contre l’inflation, pour de meilleures conditions de vie, pour une répartition plus juste des revenus, sont les formes de combat qui visent les points faibles du capitalisme.

Tribune Socialiste n°200 – 20 juin 1964

Afrique socialiste ou socialisme africain

Le socialisme est à l’ordre du jour et des expériences de gouvernance socialiste sont en cours dans une grande partie de l’Afrique libérée du colonialisme. Le développement des grands pays africains engendre une lutte des classes de plus en plus violente. C’est dans le parallélisme des luttes, des formes d’exploitation et des réactions populaires, de l’Algérie à l’Afrique du Sud, que résident les germes d’une Afrique socialiste. Chacun des pays est cependant trop petit pour imposer un modèle de développement. La lutte pour l’unité africaine est inséparable de la lutte pour le développement économique et pour le socialisme. La gouvernance socialiste affirmée par l’Algérie et le Ghana doit être soutenue par la solidarité de tous les mouvements ouvriers par des contacts organisés et des actions communes contre l’ennemi commun qu’est le capitalisme. Le P.S.U a dans ce sens un rôle fédérateur à jouer.

Tribune Socialiste n°199 – 13 juin 1964

Vers la C.F.D.T.

Le Comité national de la C.F.T.C. a marqué une étape importante vers la laïcisation de la centrale puisque les nouveaux statuts seront présentés à un congrès extraordinaire en Novembre prochain. Edmond Maire explique ici les enjeux de cette déconfessionalisation. Si tous, syndicats et militants ne sont pas pour cette transformation, il semblerait que près de 70% des votes seraient en faveur du changement. La nouvelle centrale, devant les difficultés de l’union syndicale touchera d’abord et avant tout les non syndiqués qui reconnaîtront à la C.F.T.C. son engagement et qui jusque là ont hésité à adhérer compte tenu de l’étiquette chrétienne de la centrale.

La guerre du Viet-Nam et le conflit sino-américain

La situation du gouvernement Sud-Vietnamien ne fait qu’empirer depuis la chute des Diem. Dans ce contexte on ne voit pas comment pourrait se réaliser la proposition gaulliste d’unification du Nord et du Sud. Le piège indochinois qui avait joué contre la France est en train de se refermer sur les Américains. Les Viet-Cong sont passés de la guérilla à des manoeuvres militaires de grande envergure.  On peut penser que la Chine qui souhaite un affrontement direct avec le Sud voudrait faire basculer le Laos et le Cambodge, pays neutralistes,  de son côté. Chacun sait que l’enjeu principal de ce conflit est bien la reconnaissance de la Chine. Cette reconnaissance pourrait se faire par arrangement négocié à condition que les chinois ne souhaitent pas en plus une victoire militaire Viet-Cong. Les américains déjà engagés au Viet-Nam sont-ils prêts à ouvrir un deuxième front ? Les évènements qui se déroulent en Indochine ne sont pas sans conséquence sur la situation de l’Inde où la succession de Nehru reste délicate dans ce contexte.

Tribune Socialiste n°198 – 6 juin 1964

Tribune Socialiste n°197 – 30 mai 1964

La participation des syndicats aux organismes officiels

Le débat du Comité d’Études Socialistes a réuni des responsables syndicaux qui ont exposé leurs expériences sur la participation à des organismes officiels, en particulier les commissions de développement régional ou les comités d’entreprise. Pour Hébert, responsable F.O. cette participation est avant tout une caution au patronat et au régime capitaliste. Le Tonturier de la F.E.N pose trois conditions à la participation : parité, liberté de rendre compte et droit de grève. Marcel Gonin de la C.F.T.C. refuse toute intégration mais ajoute qu’il faut rester informé pour agir et pouvoir contester. Il est rejoint dans son analyse par Barjonnet de la C.G.T. Enfin Schreiner pour l’U.N.E.F. rappelle l’expérience de la cogestion au Centre National des Oeuvres.

Les syndicats face à la « grande pénitence » décidée par le gouvernement

Le Gouvernement entend poursuivre l’application du plan de stabilisation et par conséquent, décide de limiter les investissements publics, en particulier dans la construction et de bloquer les salaires dans le secteur public. Pour freiner toute mobilisation sociale, le SMIG sera augmenté indépendamment des hausses de prix, les délégués syndicaux seront protégés dans leur emploi et la généralisation de la quatrième semaine de congés payés est en cours. Les syndicats condamnent les choix gouvernementaux mais leur division ne permet pas d’envisager une mobilisation forte des travailleurs en particulier dans le secteur public ou nationalisé.

Tribune Socialiste n°196 – 23 mai 1964

La recherche d’une unité d’action

La troisième session des « colloques socialistes » s’est réunie les 23 et 24 Mai 1964. À ce colloque présenté par Pierre Naville, sont intervenus Pierre Stibbe et Gilles Martinet sur le rapport d’Alain Savary sur les institutions gaullistes. Robert Verdier a été le rapporteur des questions sur l’enseignement et Claude Néry a abordé la question de la gouvernance des communes pour favoriser la démocratie locale. La confrontation des idées était inévitable mais nécessaire pour déterminer et faciliter la recherche d’une unité d’action pour un programme socialiste contre le gaullisme au-delà des moments d’élections présidentielles et communales.

Démocratie locale

La commune est sans doute le lieu où la démocratie peut s’exercer le plus concrètement en associant les citoyens aux affaires publiques. Aux côtés du conseil municipal, organe de gestion, de nombreuses associations, organes d’expression des besoins, peuvent constituer des relais entre la population et le pouvoir municipal. Donner un contenu vivant à la démocratie locale c’est associer au maximum la population à la vie et à l’administration communale en l’informant des problèmes qui se posent, en recréant, dans les grandes villes, des unités de vie sociale sur la base des quartiers et en les consultant sur des projets qui relèvent de leurs compétences et intérêt. Deux exemples de participation des citoyens aux projets communaux.

Les syndicats face au gaullisme

Dès le début de la Vème République, beaucoup de syndicalistes exprimèrent leur inquiétude à l’égard du pouvoir issu du 13 mai, mais ils sont souvent restés sur la réserve pour tenir compte de leur base largement influencée par le gaullisme et par les partis ralliés au régime. Aujourd’hui avec la fin de la guerre d’Algérie et l’autoritarisme évident du Pouvoir et surtout compte tenu de la politique économique et sociale, les syndicats manifestent ouvertement leur opposition. Les conflits liés aux reconversions dans les entreprises privées et la rationalisation des moyens dans le public engendrent des conflits importants. La transformation du secteur agricole et l’aménagement du territoire posent de nouvelles questions aux syndicats. On assiste à un regain de la syndicalisation parmi les travailleurs et une prise de conscience de la part des syndicats des nouvelles responsabilités à assumer pour s’opposer concrètement à la politique du pouvoir en place.

Tribune Socialiste n°195 – 16 mai 1964

Syndicats et planification démocratique

Au cours du récent colloque socialiste a été présenté le rapport de J.Luciens, du Club Citoyens 60, sur le degré d’engagement des syndicats dans la planification. Le compte rendu présenté par Tribune Socialiste explicite la notion de planification démocratique, ses buts et ses enjeux, sa place dans l’organisation et l’aménagement du territoire. L’importance de la décentralisation comme le rôle des syndicats dans la mise en place d’un contre plan socialiste montrent qu’il ne saurait être question pour les syndicats, compte tenu du régime en place, de n’avoir que des actions revendicatives. Leur engagement aux côtés des partis de gauche doit leur permettre de construire des objectifs pour une alternative socialiste.

Les assises de la démocratie

Les Assises de la démocratie se sont tenues à Vichy les 25 et 26 avril 1964. Le succès de cette rencontre qui a rassemblé 1100 personnes venues à leur frais et dans un lieu loin de Paris, montre la réalité de la vitalité des clubs de pensée nés voici cinq ou si ans. Dans la plupart des cas, ces clubs sont nés de la volonté des militants issus de milieux divers, notamment parmi les anciens des mouvements de jeunesse ou de certains syndicalistes, d’aborder les problèmes de la Cité en évitant la lourdeur du mécanisme des partis. Seulement Georges Servet souligne que ceux-ci resteront vains s’il n’y a pas d’engagement politique de leur part. Les assises ont fait apparaître ces derniers comme une force politique alors que beaucoup de leurs membres n’acceptent pas les servitudes correspondantes : cette ambiguité risque de les enfermer dans de simples groupes d’études s’ils ne vont pas au-delà.

Le PSU se joint au mouvement et organisera la « rencontre socialiste de Grenoble » en 1965.

Tribune Socialiste n°194 – 9 mai 1964

Algérie, Congrès du F.L.N.

Le discours introductif de Ben Bella affirme le choix d’une gouvernance socialiste pour l’Algérie. Trois grandes orientations se dégagent du Congrès : lutte contre la bourgeoisie et la bureaucratie y compris à l’intérieur du parti, reconstruction d’un parti homogène pour lequel les cadres du parti ne doivent pas appartenir à l’État, et dans lequel la classe populaire doit être largement représentée par des élections à tous les niveaux, réorganisation de l’administration et poursuite du programme d’autogestion. S’il ne semble pas que l’on ait tenté de s’opposer de front aux solutions socialistes avancées par le programme, il faut toutefois noter l’expression forte des traditionalistes qui sont intervenus par la voix de Brahimi, président des Oulémas revendiquant la filiation arabo-islamique de l’Algérie, rappelant les principes religieux, et mettant en cause l’émancipation des femmes. Les résistances qui se sont manifestées à l’intérieur et autour du congrès laissent prévoir que l’option socialiste ne s’imposera pas sans de nouvelles luttes.

Renforcement du Bureau National à la suite du 3ème Congrès

Renforcement du Bureau National issu du 3ème congrès par 5 autres majoritaires Richard DARTIGUES, Gilles MARTINET , Serge MALLET, Pierre NAVILLE et Maurice COMBES. Renforcement voté à 25 voix pour et 20 votes nuls.

 

Conférence sanitaire sur la situation et l’organisation de la médecine en Algérie

Une conférence sur la situation sanitaire et l’organisation de la santé en Algérie s’est tenue récemment à Paris, à l’initiative de la Commission médicale de l’Association Amitié Solidarité franco-algérienne, sous la présidence du docteur Paul Court, membre P.S.U. Deux ans après un premier compte rendu sur les difficultés organisationnelles de la médecine en Algérie, au lendemain de la guerre, on peut constater une nette amélioration de la situation grâce à une meilleure définition des besoins. De nombreuses possibilités de travail volontaire se présentent cet été pour les étudiants en fin de scolarité (médecins, pharmaciens, dentistes, infirmiers, laborantines, sages-femmes, manipulateurs, secrétaires).