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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Redresser l’UNEF

Tribune Étudiant laisse la parole au nouveau Président de l’UNEF, Pierre Vandenburie, étudiant en sciences économiques à Lille et Secrétaire Général du Bureau précédent. Il rappelle les circonstances de la démission de l’ancien bureau et fait le point sur les objectifs du nouveau Bureau pour redresser l’UNEF. Redresser c’est-à-dire fédérer l’ensemble des AGE pour que l’UNEF redevienne un syndicat de masse. L’analyse universitaire, prônée comme objectif prioritaire, passe par l’étude des mécanismes qui lient l’Université d’une manière plus ou moins déterminante à la société néo-capitaliste.  Les luttes doivent partir de la spécificité de l’Université de manière à ce qu’elles soient signifiantes politiquement par rapport à l’ensemble du système social. Enfin il faut faire prendre conscience aux étudiants de la transformation du système universitaire. Pierre Vandenburie explique son analyse différente de l’ex-majorité dite « rennaise » : pour lui, les luttes à l’Université doivent avoir un relais politique pour faire aboutir certaines revendications. Relais politique complètement absent pour les AGE influencées par l’U.E.C telles St Etienne, Besançon, Nancy et qui aboutit à une conjonction de ce courant avec la tendance majoritaire corporatiste qui à terme perdra l’UNEF.

Tribune Socialiste n°315 – 16 février 1967

« J’ai vu à Hanoi »…

Tribune Socialiste N°315, 16 Février 1967Le Docteur Abraham Béhar, s’est rendu à Hanoi en tant que responsable de la 2ème Commission d’Enquête du Tribunal International contre les crimes de guerre. Il est resté 15 jours au Nord-Vietnam et a vu l’intensité et la cruauté de la guerre au Vietnam. Il dénonce l’intensité des bombardements dont le bilan est lourd : pas un seul hôpital n’a été épargné, les écoles ont été détruites, les digues sont bombardées. Le type d’armes utilisées sont des bombes incendiaires ou à billes ou au phosphore. Ces armes détruisent non seulement les constructions mais causent de graves blessures sur les civils. C’est essentiellement des raids terroristes contre la population et le gouvernement Ho Chi-Minh. Les conséquences sur le moral de la population sont à l’inverse de celles prévues par les U.S.A. La mobilisation des hommes, des femmes et des enfants est générale et tous sont engagés dans le double front de la lutte anti-aérienne et de la production. Il y a une détermination farouche et une certitude totale dans la victoire finale. Tous les vietnamiens comptent sur la mobilisation politique des militants du P.S.U et également sur leur soutien matériel.

Le grève des cités universitaires

Le 14 Février, dans la plupart des cités universitaires, les étudiants des résidences universitaires, sur mot d’ordre de la FRUF soutenue par l’UNEF, abolissent le règlement intérieur et tiennent des meetings de masse au coeur des cités. La très sévère réglementation des « visites » est un mobile et un objet de contestation.

Tribune Socialiste n°314 – 9 février 1967

Tribune Socialiste n°314 – 9 février 1967 (supplément)

L’Université des héritiers

Dans « Les Héritiers », publié en 1966, Bourdieu et Passeron montrent, à partir d’études sur l’origine sociale des étudiants, que la démocratisation de l’université doit aller au-delà de la démocratisation du recrutement. On ne bâtira pas l’école du peuple par la transmission d’une culture de classe.

Vietnam ou anti-missiles

Le gouvernement américain doit choisir entre le financement de la guerre au Vietnam ou la création d’un système de défense anti-missiles. Les militaires russes sont en train d’établir un réseau défensif capable d’arrêter les missiles à charge atomique venant des bases américaines. Dés lors c’est tout l’équilibre des forces qui est menacé. La construction d’un tel réseau coûterait un prix fabuleux aux américains car si l’offensive est arrêtée, l’atmosphère empoisonnée nécessite en outre la construction d’abris à l’épreuve des radiations pour les populations. Les dirigeants politiques de l’U.R.S.S. sont semble-t-il aussi réticents au développement des anti-missiles car la réalisation de cette défense suppose, pour des raisons budgétaires d’abandonner les objectifs de développement économique interne auxquels les populations commencent à s’accrocher sérieusement.

Vietnam, aucun espoir ?

Il pourrait sembler à ceux qui se sentent solidaires des combats menés au Vietnam qu’un espoir de négociation soit envisageable compte tenu des récentes déclarations ou de la visite du chef de l’Etat soviétique au Vatican et de celle de Robert Kennedy à Paris ou encore de la trêve décidée à l’occasion de la fête du Tet. Pourtant les récentes déclarations de Johnson indiquent que la négociation n’est pas à l’ordre du jour. La France est en pleine période électorale et l’opinion publique fait confiance à de Gaulle sur les questions de politique étrangère. La gauche doit donc imposer son point de vue et se situer au-delà du gaullisme dans son discours contre la guerre au Vietnam.

Tribune Socialiste n°313 – 2 février 1967

Vers un investissement des ESU à la direction de l’UNEF

Circulaires des 2 et 9 février 1967 – Jean-François Pertus

Le Conseil National extraordinaire des ESU, réuni le 27 janvier 1967, a donné son approbation à la participation des E.S.U. au Bureau National de l’UNEF par 25 voix pour, 9 contre et 6 abstentions – 15 sections étaient représentées. En conséquence Gilles Boyer et Jean Tercé, membres du secrétariat national des ESU sont respectivement secrétaire-général et vice-président du nouveau bureau national, élu par l’Assemblée Générale de l’UNEF le 30 Janvier 1967. Suite à ce conseil national, une circulaire signée de Jean-François Pertus et datée du 9 février 1967  explicite cette décision. En outre elle fait le point sur la situation politique en milieu étudiant et sur les différentes composantes politiques du milieu étudiant.
Quelques années plus tard, le Centre de coordination et de recherche sur le mouvement étudiant fait une analyse de cette période.

Allocation d’études : tract PSU

Le PSU avec les ESU réclame une allocation d’études pour tous les étudiants sur critères universitaires. Celle-ci permettra l’indépendance et la responsabilité de l’étudiant, les études à plein temps, l’accession collective à la culture pour les moins favorisés. Une allocation familiale d’études devra être mise en place dès le secondaire.

Pour sauver l’UNEF

Où va l’UNEF ?

Pour sauver l’UNEF, suite aux différentes crises structurelles qui ont agité le syndicat étudiant depuis quelques années, les étudiants socialistes unifiés (ESU) s’investissent dans le bureau national de l’UNEF. Jean-François Pertus, secrétaire national des ESU précise les raisons et les formes de cette participation à l’UNEF. Il affirme qu’il ne peut y avoir de cloisons étanches entre syndicats et partis politiques. Le syndicat ne peut être réduit à  simple un moyen de défense des intérêts à court terme de ses adhérents, il ne peut pas non plus être une simple courroie de transmission du Parti. L’objectif des ESU en tant que militants politiques travaillant à  l’intérieur du syndicat étudiant est de créer les conditions d’une pratique syndicale non corporatiste. Pour sauver l’UNEF il faut engager un processus de reconstruction politique et organisationnelle afin qu’une nouvelle distanciation puisse s’opérer entre l’organisation politique et l’organisation syndicale.

Tribune Socialiste n°312 – 26 janvier 1967

Tribune Socialiste n°311 – 19 janvier 1967

L’enseignement : programme du PSU pour les élections législatives de 67

Le programme du PSU sur l’organisation de l’enseignement en France.

Politique Sociale : promotion des femmes – Programme du PSU pour les législatives de 67

Photo Pierre Collombert, 1967Le PSU présente son programme pour les élections législatives et propose des changements législatifs sur le statut familial. Il prône le partage des responsabilités entre le père et la mère pour la gestion des biens de la communauté. Il propose l’abrogation de la loi de 1920 sur la contraception, l’éducation sexuelle à l’école, et la prise en compte des ressources pour le versement des allocations familiales. Il demande qu’à travail égal un salaire égal soit versé aux femmes. Enfin, il revendique un allègement des tâches domestiques par l’organisation de services collectifs à but non lucratifs pour permettre aux femmes de s’investir dans la vie publique 


Pour une politique de coopération internationale, programme du PSU pour les législatives de 67

Le programme du PSU aux élections législatives rappelle les objectifs fondamentaux d’une politique étrangère socialiste. Il est nécessaire d’envisager la coexistence pacifique et le désarmement pour la consolidation de la paix entre les nations (ratification des accords de Moscou sur l’interdiction des essais nucléaires, règlement pacifique du conflit vietnamien…). Le PSU est le seul parti à vouloir à la fois la construction d’une Europe démocratique et socialiste et son indépendance à l’égard des U.S.A. Enfin le programme réaffirme la nécessité de soutenir et d’assurer le développement économique des pays du tiers monde pour leur permettre une évolution démocratique.

Une économie au service du peuple, programme du PSU pour les législatives de 67

À l’occasion des élections législatives, la Commission Économique du P.S.U. rappelle les grandes lignes de ses propositions en matière de réformes économiques nécessaires compte tenu de la situation économique et de l’absence d’un programme commun de la gauche. Au delà du contre plan présenté en 1964, le PSU propose dans ce programme d’accélérer l’expansion économique avec priorité donné à l’équipement productif et aux réformes de structures pour modifier le système de la propriété capitaliste. Dans son programme le PSU aborde également les questions autour du marché commun et de la production agricole ou encore de sa commercialisation.

Construire la démocratie : programme du PSU pour les législatives de 67

Le Comité Politique National présente ici la synthèse du programme politique du PSU adopté par les Congrès et toutes les instances du Parti. C’est un programme de gouvernement, un programme de législature dans le cadre d’une alternative socialiste au gaullisme. il s’agit d’un contrat de majorité portant sur la coopération internationale, sur la construction d’une Europe indépendante et sur des choix sociaux et économiques. Il ne tait pas les réformes de structures urgentes à mettre en place tant au plan local que national. C’est le programme du PSU proposé à la discussion de toutes les forces de gauche dans l’esprit d’un programme commun ouvrant des perspectives politiques aux candidats présentés par le PSU aux législatives.

Rapport politique de l’Assemblée générale de l’UNEF (1967)

Rapport politique de l’Assemblée générale de l’UNEF des 14 et 15 janvier 1967 (9 pages).

Rapport politique de Terrel au nom du Bureau National

À l’Assemblée Générale des 14 et 15 Janvier 1967, le Bureau National constate amèrement que l’U.N.E.F. est sur un projet politique en rupture avec la tendance majoritaire. Il y a une crise structurelle du syndicat étudiant. Jean Terrel, président démissionnaire, dénonce l’inutilité d’un syndicat qui ne serait pas proche des luttes de masse qui le compose. Il fait le constat que dans les conditions actuelles de l’organisation syndicale le bureau ne peut rien faire.

Tribune Socialiste n°310 – 12 janvier 1967

Tribune Socialiste n°309 – 5 janvier 1967

L’action socialiste dans le monde paysan

Poursuivant son analyse des difficultés du monde paysan, Bernard Lambert pose la question de l’organisation politique et économique des coopératives agricoles. Il établit les bases d’une réflexion pour une ouverture du milieu agricole à l’action socialiste.

Culture de masse ou culture prolétarienne

La Section E.S.U. de Caen engage le débat sur la culture, sa nature et sa fonction et voudrait une action culturelle différente de celle menée par le Théâtre Municipal de Caen. Elle se détache de la réflexion de l’U.N.E.F. qui de son point de vue, confond culture de masse et culture prolétarienne.

Société de consommation

L’article fait un point sur la nouvelle économie capitaliste dont les processus de production, les financements et les concentrations par de grands groupes, modifient l’approche du travail. Libéré par les machines le travailleur perd toute initiative et création. Attiré par les loisirs qui prennent une place de plus en plus grande, son aliénation est de plus en plus insidieuse. Il n’y a plus de réflexion sur le métier et la dépolitisation est souhaitée et encouragée. 

L’UNEF connait un affaiblissement constant

L’UNEF connait un affaiblissement constant : depuis trois ans l’UNEF connait des crises de gouvernance et d’orientation. La dernière crise a entraîné récemment la démission du Bureau National, présidé par Terrel. La nouvelle direction à tendance PSU tente de redresser la situation. Face à la diminution des adhésions, aux finances catastrophiques, la nouvelle direction reprend les thèmes d’orientation débattus au Congrès de Dijon : dénonciation de la fonction idéologique jouée par l’Université, nécessité d’une démocratisation de l’enseignement et revendication d’une allocation d’études pour tous les étudiants. Même en s’appuyant sur un appareil politique ayant une certaine implantation en province, la nouvelle équipe ne pourra réussir à s’affirmer que si elle réussit à redéfinir le rôle d’un mouvement étudiant dans une société en mouvement. Il faut que le syndicat étudiant retrouve une participation aux décisions universitaires (programmes, méthodes pédagogiques, gestion des oeuvres…) Il y a là un choix politique à faire pour fédérer la jeune génération et les inciter à faire l’apprentissage des responsabilités s’appuyant sur les préoccupations des étudiants au-delà d’un simple positionnement corporatiste.

Pas de trêve pour le Vietnam

La trêve de Noël n’a pas eu lieu au Vietnam et la guerre continue. Depuis quelques semaines le gouvernement américain cherche une solution de type coréen, c’est-à-dire aboutissant au statu quo, sur la bases des frontières actuelles, ce qui garantirait le maintien à Saigon du pouvoir du Général Ky. Cependant la guerre au Vietnam a pris naissance  dans une révolte populaire et armée au coeur du Sud-Vietnam et non dans une action du Nord contre le Sud comme cela s’était produit en Corée. L’armée américaine ne peut pas étouffer un mouvement révolutionnaire et d’indépendance. Par contre ce qui peut ébranler la volonté agressive du gouvernement américain c’est une mobilisation mondiale du mouvement anti-impérialiste. Au-delà des appels à la paix les partis de gauche doivent se mobiliser dans l’unité et s’engager dans un soutien actif au F.N.L., au Vietcong et à ses objectifs de réunification.

Tribune Socialiste n°308 – 29 décembre 1966