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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

L’U.N.E.F. et le Colloque de Caen

Le colloque de Caen est resitué dans le contexte de la crise de l’université. Ses propositions, caractéristiques d’une approche technocratique, n’annoncent-elles pas la future réforme de l’enseignement supérieur, beaucoup plus profondément que le plan Fouchet ? Cet article a également été publié par les Étudiants Socialistes Unifiés de Caen à la même date.

Le gaullisme en proie à l’érosion

Le gaullisme en proie à l’érosion est le sentiment de Georges Servet (Michel Rocard) après la publication de la composition du nouveau gouvernement. Pour lui c’est un gouvernement dans la continuité. Le régime sort affaibli de ces élections, les premiers à s’en rendre compte seront les travailleurs. Le développement des luttes sociales montre que rien n’est résolu pour les travailleurs en lutte (Rhodiaceta, les vignerons du Sud-Ouest, les travailleurs de St Nazaire…). Pour Georges Servet, il faut faire de cette ensemble de revendications un tout cohérent sur quoi puisse s’appuyer une politique socialiste. Le PSU a toujours affirmé que l’affrontement avec le gaullisme se ferait sur le plan social car c’est un domaine qu’il néglige. Pour vaincre la droite il faut proposer aux travailleurs une politique cohérente et audacieuse mais réaliste. Ce sera le travail de l’opposition de gauche pendant cette législature.

Tribune Socialiste n°323 – 13 avril 1967

Lettre de la commission Vietnam

L’aggravation de la situation au Vietnam et le développement, en France, des manifestations de solidarité avec le peuple vietnamien, conduisent le P.S.U à se positionner  sur un certain nombre de problèmes directement liés au conflit vietnamien et à mieux coordonner l’activité des militants du Parti engagés dans ce secteur.

Faut-il réinventer l’U.N.E.F.?

L’éditorial du N° 16 de 21-27, cahiers de l’U.N.E.F. s’interroge sur la « dépolitisation » du milieu étudiant . La crise de l’U.N.E.F. ne reflète-t-elle pas l ‘évolution de la société française façonnée par le néo-capitalisme ? Réinventer l’U.N.E.F., c’est rompre aussi bien avec le suivisme qu’avec la fuite en avant, c’est développer, partout où c’est possible, des actions de masse.

Solidarité avec le peuple vietnamien

« À la pointe du combat contre l’agression américaine »

La solidarité avec le peuple vietnamien doit prendre une vigueur nouvelle en France. Il apparait urgent de coordonner les efforts de toute une série d’organisation et de comités luttant contre la guerre au Vietnam. Ces comités sont très nombreux et nés spontanément, pour combler un vide, mais leur multiplicité risque de porter préjudice à une action unitaire. C’est dans cette optique que la plupart d’entre eux acceptent de s’associer aux travaux du Comité Vietnam National. Les 22 et 23 avril se sont tenues à Pleyel, les premières Assises nationales du Comité. Un extrait du rapport politique du comité Vietnam national expose la situation et montre aux américains, par ce biais, l’existence d’une forte opposition à l’échelle internationale. Compte rendu de ces assises et message de soutien de Fidel Castro.

Tribune Socialiste n°322 – 6 avril 1967

L’enjeu est à Saigon

A Saigon, l’enjeu est certes militaire mais aussi social. Le pouvoir des généraux à Saigon est faible car leur base sociale est réduite aux grands propriétaires foncier, aux grand commerce, aux spéculateurs et aux cadres administratifs soumis à la dictature, qui ont perdu contact avec la majeure partie du pays. C’est donc aussi sur le terrain social que se développe l’affrontement. Le F.L.N a commencé une révolution dans les campagnes qui bouleverse les conditions économiques traditionnelles : réforme agraire, création de coopératives d’entraide et de production, organisation de petites industries éliminant les gros propriétaires et généraux saïgonnais. La politique américaine ne combat pas seulement pour essayer d’abattre le communisme mais pour étouffer si possible une révolution sociale qui se développe au Vietnam du Sud. C’est aussi pour cette raison que les forces socialistes défendent aujourd’hui la lutte des travailleurs vietnamiens pour l’indépendance et pour une vie sociale meilleure.

Tribune Socialiste n°321 – 30 mars 1967

L’occupation du pavillon des jeunes filles a cessé

À Nanterre mais aussi dans d’autres villes, comme à Nancy, des étudiants occupent les pavillons réservés aux jeunes filles et réclament la liberté de circulation et de visite entre bâtiments de garçons et de filles. Si des lettres de protestations contre ces actions sont envoyées au journal Le Monde, le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur déclare qu’une épreuve de force est engagée entre les étudiants de plusieurs résidences et le Ministère. Ils dénoncent les interventions policières dans les cités.

À Nanterre la police intervient…

A Nanterre, la police intervient pour faire respecter le règlement de la cité universitaire. Des étudiants en résidence dans la cité universitaire, sont entrés, malgré l’interdiction des gardiens, dans les couloirs du pavillon des filles. Un membre du cabinet du Ministre reçoit une délégation de la Fédération des Résidents Universitaires et accepte les discussions si le règlement intérieur est respecté, faute de quoi la police interviendrait à nouveau. L’Association des résidents de Nanterre publie un communiqué réclamant la liberté de circulation, de réunion et d’information politique, syndicale et religieuse.

Résolution de politique générale

Le Comité Politique National du P.S.U. prend une résolution de politique générale au regard du succès remporté par la gauche lors des dernières élections législatives. La réalisation des accords de la gauche et leur application loyale ont permis aux électeurs de manifester dans toute son ampleur leur hostilité croissante à la politique économique et sociale du régime. Dans cette perspective, la tâche la plus urgente est l’élaboration du contenu précis d’un programme commun. Pour renforcer l’unité de toute la gauche, le C.P.N. du P.S.U. donne mandat au bureau national de prendre contact avec la F.G.D.S. pour régler en commun les problèmes que pose l’apparentement des députés du P.S.U. au groupe de la F.G.D.S. à l’Assemblée nationale, pour donner une meilleure efficacité au travail parlementaire des élus. Le Congrès des 23, 24 et 25 juin 1967 aura pour but de déterminer la politique du Parti dans l’optique de favoriser l’unité de la gauche.

Tribune Socialiste n°320 – 23 mars 1967

Les généraux US attaquent, le peuple vietnamien aussi

Tribune Socialiste N°320, 23 Mars 1967La conférence de Guam n’a apporté qu’une confirmation de la prolongation de l’offensive américaine contre le Vietnam. Mais les opérations militaires renforcées se heurtent à une résistance de la part du peuple vietnamien qui rend ces opérations de destruction stratégiquement vaines. Les américains espère par une « offensive d’usure » amener Hanoi, Moscou et même Pékin à chercher un compromis et à cesser d’apporter leur appui à la révolution du Sud-Vietnam. Cette perspective est irréaliste dans la mesure où c’est le peuple lui-même qui se bat de l’intérieur même si une aide extérieure existe. Le Comité Politique National du P.S.U. affirme dans sa résolution que la seule réponse adéquate et effective réside dans un soutien résolu à la lutte du peuple vietnamien et au respect de ses choix. Le P.S.U. engagera une vaste campagne pour populariser les déclarations en 4 points de la R.D.V. et les 5 points du F.N.L.

Les jeunes européens et le Vietnam

Les jeunes européens ont participé les 11 et 12 Mars 1967 à une Conférence des organisations d’avant-garde de la jeunesse d’Europe, à Bruxelles. Celle-ci était consacrée à la coordination de l’aide à la révolution vietnamienne et à la lutte contre l’O.T.A.N. Un accord politique est réalisé entre toutes les organisations présentes sur la base d’un texte qui dénonce l’agression américaine au Vietnam. La résolution propose la constitution d’un front unique anti-impérialiste. Le texte de la résolution envisage également les possibilités de lutte contre l’alliance atlantique. Le Secrétariat National des E.S.U. souhaite que d’autres réunions de ce type permettent de renforcer les liens entre organisations de jeunes de la gauche socialiste européenne et d’étendre les concertations à d’autres champs d’intervention.

Tribune Socialiste n°319 – 16 mars 1967

Tribune Socialiste n°318 – 9 mars 1967

Élections législatives

Élections législatives des 5 et 12 Mars 1967. Le P.S.U. obtient 2,26% des suffrages avec 103 candidats. 4 députés sont élus : Yves Le Foll à St Brieuc, Roger Prat à Morlaix, Pierre Mendès France à Grenoble, Guy Desson à Sedan

Décoloniser la femme

Décoloniser la femme« Colonisée en tant que travailleuse, Colonisée en tant que ménagère, Colonisée en tant que femme ». Appel pour un débat avec Colette Audry, écrivain, Jackie Nachtigal, ingénieur candidate suppléante, Geneviève Rocard, sociologue. Seront présents Pierre Naville et Claude Lavezzi, candidats du PSU pour le 15ème arrondissement.

Tribune Socialiste n°317 – 2 mars 1967

Revue internationale du socialisme n° 19

Cote : RIS – REVUE INTERNAT SOCIAL

La grande coalition, Wolfgang Abendroth Le parti social-démocrate allemand, Heinz Brakemeier Politique pour les années maigres, Elmar Altvater Le syndrome autoritaire, Arno Klönne La dépolitisation d’une nation, Frank Deppe Mitbestimmung, Meino Buhning Le mouvement populiste étudiant, Harold Jacobs, James Petras

ABENDROTH – BRAKEMEIER – ALTVATER – KLÖNNE – DEPPE – BÜHNING – RIESCHE – ROLSHAUSEN – JACOBS – PETRAS – LERRANT
19
Février 1967
21,3 x 13,1 cm, 174 p.

Tribune Socialiste n°316 – 23 février 1967

Redresser l’UNEF

Tribune Étudiant laisse la parole au nouveau Président de l’UNEF, Pierre Vandenburie, étudiant en sciences économiques à Lille et Secrétaire Général du Bureau précédent. Il rappelle les circonstances de la démission de l’ancien bureau et fait le point sur les objectifs du nouveau Bureau pour redresser l’UNEF. Redresser c’est-à-dire fédérer l’ensemble des AGE pour que l’UNEF redevienne un syndicat de masse. L’analyse universitaire, prônée comme objectif prioritaire, passe par l’étude des mécanismes qui lient l’Université d’une manière plus ou moins déterminante à la société néo-capitaliste.  Les luttes doivent partir de la spécificité de l’Université de manière à ce qu’elles soient signifiantes politiquement par rapport à l’ensemble du système social. Enfin il faut faire prendre conscience aux étudiants de la transformation du système universitaire. Pierre Vandenburie explique son analyse différente de l’ex-majorité dite « rennaise » : pour lui, les luttes à l’Université doivent avoir un relais politique pour faire aboutir certaines revendications. Relais politique complètement absent pour les AGE influencées par l’U.E.C telles St Etienne, Besançon, Nancy et qui aboutit à une conjonction de ce courant avec la tendance majoritaire corporatiste qui à terme perdra l’UNEF.

Tribune Socialiste n°315 – 16 février 1967

« J’ai vu à Hanoi »…

Tribune Socialiste N°315, 16 Février 1967Le Docteur Abraham Béhar, s’est rendu à Hanoi en tant que responsable de la 2ème Commission d’Enquête du Tribunal International contre les crimes de guerre. Il est resté 15 jours au Nord-Vietnam et a vu l’intensité et la cruauté de la guerre au Vietnam. Il dénonce l’intensité des bombardements dont le bilan est lourd : pas un seul hôpital n’a été épargné, les écoles ont été détruites, les digues sont bombardées. Le type d’armes utilisées sont des bombes incendiaires ou à billes ou au phosphore. Ces armes détruisent non seulement les constructions mais causent de graves blessures sur les civils. C’est essentiellement des raids terroristes contre la population et le gouvernement Ho Chi-Minh. Les conséquences sur le moral de la population sont à l’inverse de celles prévues par les U.S.A. La mobilisation des hommes, des femmes et des enfants est générale et tous sont engagés dans le double front de la lutte anti-aérienne et de la production. Il y a une détermination farouche et une certitude totale dans la victoire finale. Tous les vietnamiens comptent sur la mobilisation politique des militants du P.S.U et également sur leur soutien matériel.

Le grève des cités universitaires

Le 14 Février, dans la plupart des cités universitaires, les étudiants des résidences universitaires, sur mot d’ordre de la FRUF soutenue par l’UNEF, abolissent le règlement intérieur et tiennent des meetings de masse au coeur des cités. La très sévère réglementation des « visites » est un mobile et un objet de contestation.

Tribune Socialiste n°314 – 9 février 1967

Tribune Socialiste n°314 – 9 février 1967 (supplément)

L’Université des héritiers

Dans « Les Héritiers », publié en 1966, Bourdieu et Passeron montrent, à partir d’études sur l’origine sociale des étudiants, que la démocratisation de l’université doit aller au-delà de la démocratisation du recrutement. On ne bâtira pas l’école du peuple par la transmission d’une culture de classe.

Vietnam ou anti-missiles

Le gouvernement américain doit choisir entre le financement de la guerre au Vietnam ou la création d’un système de défense anti-missiles. Les militaires russes sont en train d’établir un réseau défensif capable d’arrêter les missiles à charge atomique venant des bases américaines. Dés lors c’est tout l’équilibre des forces qui est menacé. La construction d’un tel réseau coûterait un prix fabuleux aux américains car si l’offensive est arrêtée, l’atmosphère empoisonnée nécessite en outre la construction d’abris à l’épreuve des radiations pour les populations. Les dirigeants politiques de l’U.R.S.S. sont semble-t-il aussi réticents au développement des anti-missiles car la réalisation de cette défense suppose, pour des raisons budgétaires d’abandonner les objectifs de développement économique interne auxquels les populations commencent à s’accrocher sérieusement.