Éloge du tribalisme
À propos de la tentative de sécession du Biafra d’avec la nouvelle Fédération du Nigeria, Manuel Bridier esquisse une réflexion globale sur la place du « tribalisme » dans le cadre d’États qui se modernisent.
Passer à l’action
Conférence de presse U.N.E.F et SNE(SUP).Face aux problèmes de rentrée et aux restrictions budgétaires, les deux organisations syndicales ont exposé leur plate-forme d’action revendicative pour l’année. Ils réclament la création d’un Collectif budgétaire pour permettre la transformation de l’Université tant sur le plan des moyens que sur la qualité des enseignements. Ils proposent la création de comités Enseignants – Étudiants qui réfléchiront au contenu de l’enseignement dispensé. Enfin une Quinzaine Nationale d’Action permettra aux universitaires de populariser les thèmes et de mettre en place ces Comités : manifestations, arrêts de travail poseront les problèmes universitaires.
LE F.N.L., vers la victoire totale
Le Front National de Libération (F.N.L.) du Sud-Vietnam vient de publier un nouveau programme politique adopté par un congrès extraordinaire. Il affirme sa détermination de vaincre, militairement, politiquement et socialement, en exigeant l’autodétermination du peuple vietnamien. Le F.N.L. affirme trois positions essentielles : mener la guerre de libération contre les Américains à son terme, unir toutes les couches sociales du Vietnam contre l’agresseur étranger, et réaliser des réformes sociales qui permettront la réunification du pays. Le F.N.L. se déclare comme « unique représentant authentique du Sud-Vietnam ». Son programme développe également un programme économique et social de transition qui vise à renverser l’administration à la solde des américains. Il demande l’édification d’une économie indépendante et souveraine. Ce programme est une réponse à tous ceux qui cherchent un compromis et qui montre la volonté des vietnamiens de prendre en mains les destinées du pays.
Revue internationale du socialisme n° 22. Afrique : phase de transition
Cote : RIS – REVUE INTERNAT SOCIAL
Maxime Rodinson, Le conflit israélo-arabe et l’avenir du socialisme Grèce: le coup des parvenus Afrique : phase de transition Manuel Bridier, Remarques sur les coups d’Etat Juliette Mincès, L’autogestion en Algérie Romano Ledda, Classes sociales et lutte politique Daniel Martin, Gaullisme, gauche et politique étrangère Meino Büning, Démocratie protégée Claus Bryld, Le Congrès du SF Sergio de Santis, Les syndicats en Argentine Black Power Harold Jacobs, Le SNCC et le Black Power Stokely Carmichael, Documentation Livres Gérard Chaliand, Régis Debray: « Révolution dans la Révolution? » Camillo Daneo, Herbert Marcuse : « L’homme à une dimension »
RODINSON – BRIDIER – MINCES – LEDDA – MARTIN – BÜNING – BRYLD – DE SANTIS – JACOBS – CARMICHAEL – CHALIAND – DANEO
22
1967 – Août
22 x 15 cm, 165 p.
56ème Congrès de l’U.N.E.F., Lyon
Le texte d’orientation présenté par Caen et Dijon présente une analyse de l’Université en la positionnant par rapport à l’évolution des technologies et du rôle de l’Etat tant dans la fonction productive qu’idéologique. Les sections de Caen et Dijon insistent sur le champ d’action autonome de l’Université et l’importance de l’action syndicale. L’action syndicale de l’UNEF, au-delà des débats théoriques, participe à la transformation démocratique de l’Université et à la prise de conscience politique des étudiants. Les thèmes et les mots d’ordre de luttes prolongent le cadre de réflexion pour une action concrète et immédiate contre le plan Fouchet, contre les plans de réformes qui touchent directement la vie sociale des étudiants, contre la réorganisation des études.
Le texte d’orientation présenté par l’AGE de Saint-Etienne est encore plus précis sur les difficultés rencontrées par les étudiants, et sur les propositions concrètes de luttes contre l’orientation Aigrain et les interventions du pouvoir. Il définit des axes de luttes pour la rentrée et explicite la politique de masse pour la mise en place d’une université démocratique. Enfin sur le plan international, il dénonce la situation au Vietnam.
C’est à ce Congrès que les militants étudiants E.S.U. se présentent au sein du Bureau National U.N.E.F.
Pierre Vandenburie est réélu président ; Jean-Daniel Bénard est secrétaire général ; Deux « délégués universitaires » : Jacques Sauvageot et Robert Andrei sont élus.
Les résolutions majoritaires et minoritaires, 5ème Congrès
Le PSU dans la coalition de la gauche : résolution majoritaire
La résolution majoritaire aborde la question du rapprochement avec les forces de gauche, notamment F.G.D.S et PCF, suite aux résultats encourageants des élections législatives. Il s’avère nécessaire pour le PSU de franchir de nouvelles étapes pour l’instauration d’une société socialiste. Les regroupements ou les fusions, sous certaines conditions, s’imposent au-delà des seules circonstances électorales. Le PSU cherchera des possibilités de rapprochement à court et moyen terme et des discussions sur les sujets qui sont divergents au sein de la gauche seront programmées. Dans l’esprit du front socialiste le PSU engage ses sections et ses fédérations à prendre l’initiative de constituer avec la F.G.D.S. et le PCF des comités locaux pour entreprendre des actions communes afin de mobiliser les militants dans un esprit d’unité.
Pour l’insertion du PSU dans la coalition de gauche : résolution minoritaire
La résolution des militants minoritaires va beaucoup plus loin et demande que le PSU s’engage dans un pacte d’association avec la F.G.D.S. pour faire progresser la politique de renouvellement et d’unité. L’exigence est la garantie de la liberté d’expression. La résolution aborde la possibilité d’une confédération de la Gauche s’ouvrant aux centrales syndicales, aux coopératives, aux associations culturelles pour former les prémisses d’un grand parti des Travailleurs de type nouveau.
En complément Lire aussi La lettre N°24, Décembre 2016 de l’IED (Institut Edouard Depreux) , texte de Jean-François Merle à propos de la succession d’Edouard Depreux et du rapprochement des forces de gauche. Michel Rocard successeur d’Edouard Depreux
Pour la victoire de toute la Gauche, 5ème Congrès PSU
« Pour la victoire de toute la Gauche » Editorial de Michel Rocard Spécial 5ème Congrès Tribune Socialiste.
La victoire de la gauche est aussi indispensable que celle de l’unité de toute la gauche. Le PSU a ratifié cet objectif par plus des deux tiers des mandats lors de son 5ème Congrès. Cependant, l’association puis l’adhésion du PSU à la Fédération de la Gauche démocrate et socialiste (FGDS), position des minoritaires (Martinet, Poperen, Beregovoy) n’a pas été retenue par ce Congrès.
Pour remporter la victoire des prochaines élections, la gauche doit rallier plus de 5% d’électeurs nouveaux. La gauche ne pourra gagner que si elle inspire confiance. Pour cela il faut associer le mouvement syndical, les mouvements de jeunesse, les conseils de résidents, comme les associations d’éducation populaire à la définition de solutions nouvelles nécessaires au pays pour un véritable changement. Ce changement doit tenir compte de la situation économique, des difficultés du monde agricole, de la crise industrielle et de sa nécessaire transformation, du souhait du mieux vivre. Un dialogue avec toutes les forces de gauche, notamment la FGDS, permettra de faire comprendre que la gauche n’a pas d’autre tâche que de préparer un avenir meilleur.
Résolution de politique internationale, 5ème Congrès
Le 5ème Congrès du PSU, conscient de l’importance déterminante de la politique internationale, se doit, dans le contexte actuel, de proposer des formes d’action qui correspondent aux exigences de la situation. La guerre au Vietnam constitue l’affrontement principal contre l’impérialisme américain. En Amérique latine, la victoire de la révolution cubaine doit être saluée. Le PSU apporte en toute clarté son soutien à Cuba révolutionnaire, conscient que cette révolution est menacée en permanence en raison de son rôle de foyer anti-impérialiste. Par ailleurs le PSU dénonce le recours à la force policière aux Antilles. Il se positionne, également, pour une Europe démocratique et socialiste. Enfin abordant la question du Moyen-Orient, le PSU aspire à la reconnaissance simultanée des droits et aspirations nationales du peuple Israélien et du peuple arabe de Palestine. Il demande le droit à l’indépendance des Etats du Moyen-Orient, le développement des forces socialistes et l’éviction des intérêts impérialistes étrangers.
Les campagnes d’action, 5ème Congrès
Le 5ème Congrès du PSU a défini son programme d’action. Ont été reconnus comme prioritaires les questions relatives à la jeunesse, à l’enseignement et aux femmes. Toutefois, l’action du Parti devrait également se développer dans le secteur agricole et de la santé comme celui de l’insertion sociale des femmes. Les actions doivent donner lieu à des projets ou contre-projets soutenus par les élus du Parti, notamment au Parlement. Les fédérations ont un rôle de coordination et d’information sur ces campagnes d’action. Des études plus approfondies, dans les secteurs prioritaires, seront soutenues et animées par les grandes commissions nationales afin de développer une réflexion politique en lien avec la formation des militants.
Motion de la commission « organisation »
La commission « organisation » du PSU souligne la nécessité de prendre des mesures en ce qui concerne le fonctionnement du Parti pour permettre aux orientations décidées au Congrès de ne pas rester lettre morte. Le Bureau National a besoin d’un profond renouvellement dans son organisation interne pour tenir compte de la diversité politique du Parti. Il désignera plusieurs secrétaires chargés de tâches précises, comme des responsables de Commissions permanentes dont le rôle est d’animer les grands secteurs d’activité du Parti (Commission économique et sociale, formation, propagande, affaires internationales, finances, enseignement, jeunesse, femmes). Une structure nouvelle pour la jeunesse est créée compte tenu du nombre important de nouveaux adhérents parmi les jeunes. Une liaison entre les fédérations, les régions et le Comité Politique National devra être renforcée afin de faire mieux connaître, au niveau national, les expériences en cours.
Revue internationale du socialisme n° 21. Amérique latine : la poudrière
Cote : RIS – REVUE INTERNAT SOCIAL
Editorial Grèce: leçons du coup d’Etat Amérique latine: la poudrière Problèmes et perspectives Victor Alvès, Le capital étranger au Brésil James Petras, Les classes dirigeantes Marina Piazza, L’expérience colombienne Sergio de Santis, Chili: la voie électorale Documentation, Fidel Castro, Che Guevara, Venezuela Michael Barratt – Brown, La déception travailliste Stanley Weir, Révolte dans les syndicats Manuel de Lucena, Fatima : la religion utile Jean Auger, La grève tam-tam Maurice Labi , Les pouvoirs spéciaux Lelio Basso, Rapport au Tribunal International des crimes de guerre au Vietnam Michèle Salvati, Valeurs et structures
ALVES – PETRAS – PIAZZA – DE SANTIS – BARRATT-BROWN – WEIR – DE LUCENA – AUGER – LABI – BASSO – SALVATI
21
Juin 1967
22 x 15 cm, 190 p.
Pour un urbanisme socialiste, 5ème Congrès PSU
Le 5ème Congrès définit ce qu’est pour le Parti un urbanisme socialiste et expose son plan d’action à mettre en place à l’échelon national et régional. Question essentiellement politique, l’urbanisme concerne l’individu dans ce qu’il a de plus profond : sa vie affective, son travail, ses loisirs et ses critères culturels. C’est pourquoi le P.S.U. ne limitera pas ses préoccupations à la seule question du logement mais l’intégrera à une conception urbaine d’ensemble (habitat, travail, loisirs, besoins individuels et collectifs). Il souhaite que les pouvoirs et les moyens financiers à l’échelon local soit plus développés pour une prise en charge d’une planification urbaine et économique au-delà des seuls intérêts privés industriels et commerciaux mais tenant compte des besoins de tous.
Vème Congrès du P.S.U
Les 22, 23 et 24 Juin 1967 se tient le Vème Congrès du P.S.U. à Paris à la Maison des Métallurgistes. Défaite des unitaires qui (autour de Gilles Martinet, Jean Poperen et Pierre Bérégovoy) souhaitent l’association puis l’adhésion du P.S.U. à la F.G.D.S. La majorité (autour d’Édouard Depreux, Michel Rocard et Marc Heurgon) prône au contraire l’autonomie du P.S.U. Michel Rocard devient secrétaire national du P.S.U
Le silence du Tiers-Monde
Des mouvements et actions de soutien au peuple vietnamien sont de plus en plus nombreux en Europe. Le Tiers-monde lui, se tait ou se contente, faiblement, de désapprouver. Pourtant chacun sait que tous ces pays, qui sont toujours exploités, dont les pouvoirs sont amputés et qui sont obligés de quémander des aides pour pouvoir développer leur économie, sont tout à fait solidaires des vietnamiens. Malheureusement, Il n’y a pas de troisième voie pour ces pays qui ne peuvent s’affranchir réellement de toute domination et exploitation de la part des pays développés. La France a dans ce contexte une position ambigüe. Le Général de Gaulle passe pour « le champion du Tiers-monde » mais la décolonisation, au-delà des discours, n’a pas oublié les intérêts français. L’attitude de la France est identique à celle des U.S.A. . L’analyse objective de ce génocide met en cause bien d’autres pays que les U.S.A.
Pour une confrontation des socialistes au Moyen-Orient
Le conflit israélo-arabe pose aux socialistes français la question de la définition des guerres « justes » et « injustes ». Au-delà des positions passionnelles, S. Mallet affirme que « la paix ne peut se faire qu’en s’appuyant sur les forces socialistes israéliennes et arabes pour trouver les solutions qui favorisent l’établissement d’une paix durable au Moyen-Orient. »
Vive la paix
Cet éditorial a été rédigé avant que le Conseil de Sécurité n’ait voté à l’unanimité un appel au cessez-le-feu. Le P.S.U approuve le cessez-le-feu mais reste conscient cependant qu’au-delà, des négociations sur tous les problèmes du Moyen-Orient doivent s’engager pour assurer une paix durable. En sus du vieil antagonisme Israélo-arabe G. Martinet souligne lui aussi, l’importance de la lutte contre l’impérialisme américain dans ce conflit.