Biographie :
Lionel Jospin et le PSU
Lionel Jospin a adhéré à l’UGS à la fin des années 50 ; la date précise en est
inconnue, mais rappelons que l’UGS, créée en décembre 1957, a fusionné dans le PSU en 1960, et qu’elle n’a donc vécu qu’un peu plus de deux années, essentiellement 1958 et 1959. En avril 1960, Lionel Jospin a fait partie de ceux – la grande majorité de l’UGS – qui ont accepté la fusion, et il est donc devenu membre du PSU à la Résidence universitaire d’Antony (RUA) où il militait à l’UNEF.
Tout ceci est confirmé par Jospin lui-même dans l’ouvrage « Lionel raconte
Jospin » (Entretiens avec Pierre Favier et Patrick Rotman – Editions du
SEUIL – janvier 2010 – pp 28-29).
Il s’est ensuite considéré comme adhérent du PSU jusqu’à son départ au service militaire en décembre 1961 (dans le cadre de son entrée à l’ENA en novembre 1961), même s’il existe un doute sur l’aspect « administratif » de son adhésion au titre de l’année 1961. En effet, Bernard Ravenel, qui était devenu en janvier 1961 secrétaire de la section PSU de la RUA (succédant à Jacques Moreau, le futur confédéral CFDT) n’avait pas souvenance que Lionel Jospin ait repris sa carte en 1961, alors qu’il en avait le souvenir s’agissant de Claude Allègre (qui venait, lui, du PSA) ou de Jacques Crouzet, tous deux amis de Jospin à Antony.
Ainsi qu’il dit lui-même : « Je m’éloigne alors du militantisme. De la fin 1961 à
l’été 1963, je suis à l’armée, de 1963 à 1965, je fais mon stage en préfecture et ma scolarité proprement dite à l’ENA, … L’engagement politique, qui avait marqué ma vie d’étudiant de 1956 à 1961, cesse d’être au premier plan et s’efface devant ma vie professionnelle. » (« Lionel raconte Jospin »).
Comme on le sait, c’est durant sa scolarité à l’ENA que Lionel Jospin renoue
en fait avec la politique, sous la forme cependant confidentielle du trotskisme lambertiste (Boris Fraenkel : « Profession révolutionnaire » –
Editions « Le bord de l’eau » – 2004).