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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Marle, apprendre l’irrespect et la convivialité

A Marle, entre Thiéroche et Laonnais dans l’Aisne, l’autogestion est devenue la pédagogie du quotidien. Petite ville de 3 000 habitants, Marle est une enclave industrielle dans une région agricole. Après un travail militant très important, le PSU, après les élections municipales est au centre de la vie politique. Plusieurs groupes de syndicalistes militants avec des élus PSU réunissent les nombreux sympathisants pour discuter des problèmes quotidiens, du budget municipal, de la hiérarchie dans les services municipaux, des gardes d’enfants en soirée, des déplacements pour les personnes âgées. Petit à petit les animateurs bénévoles, les délégués de quartier ouvrent une brèche dans l’individualisme et la collectivité devient presque conviviale, il y a de moins en moins de barrière entre les fonctions d’élus et la population. La prise en charge collective de la vie de la ville devient une réalité.

Appel pour le front autogestionnaire

Michel Mousel, Pascal Gollet et Victor Leduc pour le PSU, avec des responsables syndicaux, des militants de Témoignage Chrétien, les Amis de la Terre et le mouvement pour une alternative non-violente, lancent un Appel pour la constitution d’un front autogestionnaire, afin de faire émerger une nouvelle gauche socialiste, écologiste et autogestionnaire. Les objectifs du front autogestionnaire sont la socialisation des moyens de production, le développement du contrôle ouvrier et du contrôle populaire dans les entreprises, les quartiers et les villages ; la remise en cause de la croissance pour un autre développement ; la démilitarisation de la société pour une défense populaire ; le refus du nucléaire civil et militaire ; l’autodétermination des minorités nationales ; le droit des femmes. « Nos désaccords fondamentaux avec les partis de la gauche traditionnelle ne constituent pas pour nous une raison de faire le jeu de la droite. Bien au contraire, c’est en prenant toute sa place dans le combat contre la droite que le courant socialiste, écologique et autogestionnaire pourra s’imposer à gauche, et changer ainsi la politique. »

Liste des cent premiers candidats du Front autogestionnaire

Les cent premiers candidats du Front autogestionnaire constituent au plan local des plateformes dont les principaux objectifs sont la transformation radicale des structures économiques, la prise en main par les travailleurs de leurs affaires, la remise en cause de la croissance, la lutte contre la militarisation de la société, le refus du nucléaire civil et militaire, le droit des femmes, le droit pour chacun à son identité. Parmi ces candidats on retrouve des militants PSU, le Mouvement pour une alternative non violente, de nombreux syndicalistes, des inorganisés. On retrouve aussi les écologistes tels les Amis de la Terre dans l’Yonne, l’Ain et le Puy de Dôme ou les anti-nucléaires dans l’Isère, les Hautes-Pyrénées avec le SEPANSO ou encore le Comité anti-polution de Dunkerque… Ceux qui luttent contre la militarisation sont les militants du Cercle Lecoin à Dunkerque ou MDPL dans l’Hérault, le Gard, La Loire. On retrouve également des militants nationalitaires dans le front catalan, occitan, alsaciens ou bretons. Le Planning familial ou des GAM sont également présents. Le Front permet de multiplier les forces et déclenche une véritable dynamique pour contribuer à la victoire de la gauche.

Tribune Socialiste n°771 – 26 janvier 1978

Article sur les États généraux de l’autogestion socialiste, Paris 14ème

La proposition d’« États généraux de l’autogestion socialiste du 14ème » faite par le PSU a été bien accueillie dans un quartier ou « prendre ses affaires en main  » est à l’ordre du jour. Ceux-ci se sont déroulés le 14 janvier 1978, tout naturellement au cœur du quartier menacé de destruction, dans différents locaux de la rue de l’Ouest et de la rue Losserand (locaux d’associations, une boutique, un café-théâtre, une école parallèle…). Appelaient l’UL-CFDT, le MAN, le SMG, le café-théâtre « Au tout-à-la-joie », l’École parallèle du 68 rue de l’Ouest, le MIFAS, le PSU 14e , la LCR. Participaient également, « Vivre dans le 14ème », Paris-écologie, le groupe Femmes 14ème . Les partis traditionnels de gauche qui pourtant se disent « autogestionnaires » n’ont pas pris part à la préparation. Des forums et des échanges d’expériences ont rassemblé entre 200 et 300 personnes. Les thèmes de discussion portaient sur l’école et la crèche parallèle, sur les comités de rues ou les associations de squatters, sur le centre de santé qui va s’ouvrir et les consultations juridiques, sur le travail fait en liaison avec la population par l’Atelier populaire d’urbanisme, sur les expériences d’animation menées dans le quartier. Les habitants du quartier ont le sentiment d’appartenir à un « mouvement » dont l’enjeu dépasse mars 78.

La résolution de la DPN

La résolution de la DPN (Direction Politique Nationale du PSU) explique les choix du parti en fonction des enjeux des élections législatives. De nombreuses rivalités à droite sur les candidatures du premier tour ne proviennent pas du choix de la politique économique et sociale mais des luttes internes entre le RPR et la coalition giscardo-centriste dans l’optique des prochaines élections présidentielles. L’unité perdue à gauche fait perdre l’espoir de la classe ouvrière. le PS a apporté des aménagements tardifs à ses positions sur le SMIC, la sidérurgie, l’impôt sur la fortune. Le PCF n’a pas voulu de véritable mouvement de masse unitaire et a permis au PS de garder ses positions et de modifier en sa faveur le rapport de force. Ce contexte défavorable à la gauche, signifie pour les autogestionnaires d’une part de prendre sans relâche des initiatives pour la construction de l’unité, d’autre part de peser par leur rassemblement d’un poids politique suffisant pour rompre le cercle vicieux des seuls rapports PCF et PS. L’alternative c’est le front autogestionnaire. Par sa présence dans de nombreuses circonscriptions, par un désistement pour le candidat de gauche arrivé en tête, il entend participer pleinement à la défaite de la majorité actuelle.

Tribune Socialiste n°770 – 19 janvier 1978

Tribune Socialiste n°769 – 12 janvier 1978

Paris-Alger, la brouille

La «  brouille » entre Boumedienne et Giscard, personne, ne semblait la prendre très au sérieux. Il sera difficile maintenant de la nier. Côté algérien, comme à la Chambre de Commerce et d’Industrie française à Alger on s’interroge très sérieusement sur la politique menée par l’Elysée. Boumedienne affirme que les mesures que le gouvernement Algérien prend aujourd’hui entrent dans le cadre d’une politique de diversification des achats algériens. La France exporte beaucoup en Algérie et achète peu, ce qui entraine un déficit colossal pour l’Algérie. La France est en train de perdre sa place de premier fournisseur de l’Algérie et a perdu récemment beaucoup de marchés au profit de l’Allemagne, de l’Italie et des Etats-Unis. La politique militaire de la France au Maghreb n’est pas non plus étrangère à ce choix algérien. Une délégation du PSU a rencontré le FLN entre le 7 et 11 Janvier 1978. Les deux délégations ont souligné que l’attitude de la France en Méditerranée constitue une grave menace pour la paix, une atteinte au libre exercice de la souveraineté des peuples et une entrave à toute coopération. Les deux délégations soulignent à ce propos la situation des travailleurs algériens en France où 71 crimes perpétrés contre ces derniers sont demeurés impunis.

Autogestion, la parole à Jean Duvignaud

Jean Duvignaud, en tant que sociologue analyse notre société et constate qu’aujourd’hui la mort guette nos sociétés technologiques. Leur autodestruction est le fruit de leur logique folle. Certaines manifestations de pensée explosent depuis quelque temps sous la forme de mouvements régionalistes, écologistes et sont la manifestation d’une parole qui jusqu’ici n’avait pas été donnée ni entendue. Ce qui ne veut pas dire que les idéologies de ces différents mouvements soient meilleures que celles des idéologies politiques. Sous ces idéologies se cachent une sorte d’action sociale qui doit trouver un moyen de se manifester. C’est une raison pour laquelle il accorde une immense importance à l’autogestion. Non pas à l’autogestion en tant que mythe ou idéologie mais au fait que nombre de gens, aujourd’hui, cherchent dans la société technologique des lieux d’asile et des bases d’attente contre l’homogénéisation qu’on leur impose. Notre société ne laisse aucune structure d’accueil pour ce qui n’est pas la rentabilité, il n’y a pas de place pour autre chose que l’intégration. Il semble qu’il faille redéfinir un nouveau groupe social, non plus lié à l’institution d’un Etat dans une société structurée mais comme manifestation collective d’un groupe qui assure la plénitude de son existence.

Tribune Socialiste n°768 – 5 janvier 1978

Libertés surveillées

Libertés surveillées ou menacées sont les questions que posent les débats autour du renforcement des mesures de sécurité après l’extradition de Klaus Croissant et devant la recrudescence des actes terroristes. Le gouvernement décide alors de répondre aux propositions du PCF et du PS en constituant une commission spéciale dans le cadre de l’Assemblée nationale. Prise en main par E. Faure et J. Foyer cette commission des libertés a travaillé pendant près de deux ans pour accoucher d’une misérable souris. Le texte final ne change pas grand chose à la situation actuelle. Les amendements proposés par les communistes et les socialistes n’ont pas été retenus. C’est ainsi qu’un amendement socialiste tendant à abolir la peine de mort a été rejeté, cette proposition a été jugée inopportune au moment où se développe « un terrorisme international particulièrement violent  ». Le texte maintient la Cour de Sûreté de l’Etat et le droit de grève limité par la sécurité de l’Etat et la sauvegarde des personnes et des biens. Bref, les libertés ne sont jamais aussi menacées que lorsque le gouvernement prétend les défendre.

La guérilla écologique

La guérilla écologique est apparue à l’occasion des élections législatives de 1978. A partir de 1974, la politisation de l’écologie et des questions de la protection de la nature a été implicitement ou explicitement reconnue par tous les partis politiques de droite ou de gauche. Pourtant, les écologistes ont une fonction dérangeante ; ils remettent en cause la société de consommation et l’impérialisme du capitalisme.  Par leurs actions de plus en plus soutenues ils agacent les formes traditionnelles de la politique. La question du nucléaire a renforcé leur détermination dans la protection de la nature, dans la remise en cause de la société industrielle. La question politique de l’écologie est une révolte non pas appuyée sur des états-majors mais sur les citoyens agressés pour que naissent les alliances contre toute forme de l’agression productiviste et destructrice. C’est en raison de l’urgence à agir que la guérilla écologique pose la question des actions à mener. En refusant les fichiers, en bloquant les circuits administratifs ou en luttant contre les pollueurs, les écologistes souhaitent casser le système pour montrer à l’opinion publique les dangers qu’on lui fait courir.

Brochure – Energie et croissance. Vivre, produire et travailler autrement

Présentation

Titre du document : Energie et croissance. Vivre, produire et travailler autrement.

Auteur(s) : PSU national.

Date du document : entre 1978 et 1980.

Thématiques abordées : énergie, écologie.

Typologie : brochure.

Nombre de pages : 17 p.

Dimensions : 15x21cm.

Sommaire

  1. De faux arguments
  2. Une réponse capitaliste à la crise
  3. La question de la croissance
  4. Quelle alternative ?
  5. Conclusion

Brochure – Plan Alter « Tout Solaire »

Présentation

Titre du document : Projet Alter. Projet d’un régime à long terme tout solaire.

Auteur(s) : Le Groupe de Bellevue (chercheurs du CNRS, du Collège de France, d’EDF, de l’INRA).

Date du document : entre 1978 et 1981.

Thématiques abordées : énergie, solaire, écologie.

Typologie : brochure.

Nombre de pages : 68 p.

Dimensions : 20,5 x 29,7cm.

Sommaire

  1. Introduction
  2. Généralités sur l’énergie et les bilans énergétiques
  3. Catalogue de techniques de conversion de l’énergie solaire
  4. Evaluation des besoins énergétiques de la France dans une perspective à long terme
  5. Présentation du régime à long terme
  6. Annexe : ébauche d’un scénario de transition

Critique socialiste n° 30-31. Nationalisations. Autogestion. Culture alternative. Dialectique

Cote : CRIT. SOC.

– Renverser le pouvoir économique, Michel Mousel – Circuits de distribution et marges incontrôlées – Pour une intégration négociée des écoles privées, Jean Ponçot – Du monolithisme aux différentes formes du pluralisme politique, Victor Fay – Dynamique de la transformation des institutions politiques, Victor Fay – Fonctionnement des institutions autogestionnaires, Victor Fay – Lénine et l’autogestion, Pierre Joye – L’Etat capitaliste : le colonialisme et l’impérialisme – Usine et culture alternative, Giulio Girardi – L’autocontradiction croissante : une conception renouvelée du matérialisme dialectique, Pierre Garrigues – Pour une critique des idéologies unicontradictionnelles, Le Ménestrel

Michel MOUSEL, Victor FAY, Jean PONCOT, Pierre JOYE, Giulio GIRARDI, Pierre GARRIGUES, LE MENESTREL
30 – 31
Décembre 1977
22,4 x 17 cm, 152 p.
Syros

Tribune Socialiste n°767 – 21 décembre 1977

Paul Blanquart, « produire autre chose, produire autrement »

Paul Blanquart, dominicain d’origine lilloise, chrétien-marxiste, présent aux débats et combats d’Amérique latine, lié aujourd’hui aux courants libertaires et de désobéissance civile, est initiateur hier de la « Nouvelle Gauche », cofondateur de « Politique-Hebdo » qu’il a quitté il y a un an. Aujourd’hui,  c’est à « La Gueule ouverte-Combat non violent » (GO-CNV) qu’il continue la lutte pour l’alternative. Il définit le mouvement social comme étant un mouvement à la confluence des luttes anticapitalistes, de la désobéissance civile à l’Etat et de l’écologie. L’autogestion dans sa pratique personnelle correspond fondamentalement à la réappropriation par chacun de sa propre vie. Il poursuit en précisant que pour lui, l’autogestion suppose une rupture avec l’actuel modèle de développement. Au-delà du slogan Vivre, travailler, produire autrement, il ajoute penser autrement. Il ajoute : Marx ne disait-il pas de la révolution qu’elle devait être l’émancipation de tous les sens et de toutes les qualités humaines ?

L’Utopie réaliste

Couverture de l'ouvrageL’Utopie réaliste : une autre logique économique pour la gauche est un ouvrage collectif de la Commission économique du PSU, sous la direction de Michel Mousel. Ce livre représente d’abord l’approfondissement d’une réflexion du PSU sur l’analyse des forces sociales en mouvement et de la crise économique. C’et une volonté de rupture avec les autres forces de gauche, notamment le PS et le PCF. Pour le PSU l’ensemble des revendications et des aspirations populaires n’est pas un obstacle pour sortir de la crise mais la force sur laquelle s’appuyer pour concevoir une politique socialiste cohérente. Pour sortir du chômage, la croissance n’est pas la bonne réponse. Il faut repenser l’ensemble des conditions de travail et s’approprier les aspirations des travailleurs qui veulent travailler autrement. Il faut s’attaquer radicalement à la division capitaliste du travail. Il faut tuer le mythe de la hiérarchie des qualifications lié à la hiérarchie des salaires. Les auteurs souhaitent prendre en compte les besoins économiques des pays du Tiers-monde dans une concertation égalitaire, stabiliser le développement pour stabiliser les inégalités. Enfin, pour être au plus près de la base le développement d’une planification autogestionnaire est nécessaire.

Tribune Socialiste n°766 – 14 décembre 1977

Le front autogestionnaire… ou ne pas être spectateur

La réunion de la Direction Politique Nationale a été l’occasion de faire le point sur la constitution du Front autogestionnaire, sur l’écologie, le droit des femmes et le socialisme. L’implication des militants qui refusent d’être spectateurs de la scène politique devient une réalité dans la perspective des prochaines élections législatives. Un appel national lancera le Front autogestionnaire et permettra la coordination des initiatives et expériences locales. Le regroupement des forces politiques et syndicales est la condition pour préparer les lendemains de Mars 78. L’apparition du Front autogestionnaire sur la scène politique n’exclut pas, au-delà des stratégies de chacune des forces de gauche, l’unité d’action de toutes les forces ouvrières et populaires. Le PSU s’efforcera de faire prévaloir cette logique afin que s’impose la prise en compte des aspirations à construire une autre société.

Tribune Socialiste n°765 – 7 décembre 1977

Nouvelles journées portes ouvertes à Lip

De nouvelles journées portes ouvertes à Lip se sont tenues au mois de Décembre 1977 rassemblant environ 8 000 personnes. De toute part les militants des entreprises voisines et de toutes les branches sont venus. Des délégations PS, PCF et PSU étaient également présentes. Cette mobilisation explique le refus des travailleurs d’accepter la crise et de rester solidaires. Les Lip ont décidé de créer une coopérative apportant une réponse circonstancielle au maintien de l’usine en activité. Dans un premier temps la Coop se propose de racheter le stock de montres au syndic et d’assurer leur commercialisation et leurs réparations. Dans un deuxième temps la sous-traitance (montage) aura lieu à Palente. Pour réaliser l’objectif de l’étape industrielle il faut trouver 14 millions de Francs. La lutte devra donc continuer. Pour cela et pour maintenir le liens entre Besançon et les autres conflits, une société des « amis de Lip » a été créée. Le PSU appelle à soutenir par ce biais la lutte des Lip.

Tribune Socialiste n°764 – 1er décembre 1977

La France au hit parade des inégalités

Cote : PSU-DOC

Série : capitalisme et socialisme Introduction : Ode à Giscard I. La majorité aura la majorité Les fils de cadres seront cadres Autres éléments pour juger de « l’égalité des chances » II. Oui à la France qui use et qui tue La parole aux travailleurs : mille exemples L’inégalité devant la mort L’inégalité commence même avant la vie III. Oui à la France qui gagne Petite histoire des privilèges Le Patrimoine Les revenus La hiérarchie des salaires IV. Dis-moi ce que tu consommes La consommation alimentaire La question du logement et équipement Loisirs Habillement et hygiène Inégalités devant la culture Annexe : vendre cher dans les quartiers populaires et moins cher dans les quartiers bourgeois

130
1977 – Nov-déc.
29,7 x 21 cm, 24 p.

Tribune Socialiste n°763 – 24 novembre 1977

La sécurité et l’Etat

La question de la sécurité, face au terrorisme, se pose à l’Etat en 1977 suite à l’affaire Klauss Croissant. Cet avocat, réfugié en France après avoir été emprisonné en Allemagne pour avoir défendu des militants politiques en 1968 et en 1971 membres du groupe Baader-Meinhof, a finalement été remis aux autorités judiciaires allemandes le 17 Novembre 1977. La gauche n’a pas su éviter le piège de l’amalgame entre juridique et terrorisme. La sécurité est au-dessus des lois ! L’Etat qui garantit la sécurité est un Etat qui est obligé d’intervenir chaque fois qu’un évènement exceptionnel se produit, du coup la Loi n’est plus adaptée et l’Etat agit avec sollicitude, se croyant autorisé à tout pour protéger. L’Etat tire avantage de ce discours et des contraintes qui découlent du besoin de sécurité. Il faut faire prendre conscience que la contestation est pourtant toujours possible, en particulier dans le développement de l’autonomie régionale, afin que les structures de l’Etat n’aient pas la possibilité de se développer sans contrainte ni contrôle.

Tribune Socialiste n°762 – 17 novembre 1977

Octobre 17, Octobre 77

Cent trois délégations étrangères sont allées à Moscou pour célébrer l’anniversaire de la Révolution d’Octobre 1917 en URSS. Tous, ont rendu hommage au glorieux passé ; peu nombreux ont été ceux qui ont mis sur le même plan ce passé, devenu légendaire, et le présent de plus en plus contesté et même répudié. Brejnev, dans son discours a été à la fois ferme et conciliant. Si Berlinguer a été autorisé à montrer les désaccords entre le PCI et le PCUS, en revanche, Carillo, pour l’Espagne a du quitter la tribune. Les dirigeants communistes de l’URSS, par la voix de Brejnev, ne supporte pas l’ingérence, la remise en cause des choix économiques et politiques. Il serait, d’ailleurs, illusoire de croire qu’on s’oriente vers la libéralisation du régime comme en témoigne la nouvelle Constitution, encore plus répressive que celle de Staline en 1936. Brejnev a cependant proposé la suspension de toutes les expériences nucléaires et la réduction progressive des stocks d’armes de destruction massive, mais n’a pas proposé la réduction des armes classiques. Pour Victor Fay, la poussée des générations nouvelles, avides de pouvoir, laisse présager, malgré les efforts tendant à figer l’état des choses existant, une évolution inévitable, à plus ou moins long terme, que nulle répression ne pourra empêcher.

Conseil national PSU à Limoges

Couverture TSN°762, Novembre 1977Le Conseil National PSU de Limoges a imposé le mot d’autogestion à ceux qui n’y voyaient qu’un piège. Les délégués ont pu, au cours des commissions faire des propositions concrètes pour reconstruire l’unité. Une place importante des débats a tenté d’expliquer la causes de la rupture de l’union de la gauche et l’enjeu de la bataille politique de 78. Le Conseil National a affirmé l’importance de la confrontation avec les forces politiques et syndicales sur les conditions d’une reconstruction de l’unité avec le PCF et le PS. Le combat pour l’unité d’action passe d’abord par l’action commune contre le capitalisme. Cette action permettra de combattre la politique anti-ouvrière du pouvoir et de préparer l’offensive des travailleurs. Le gage de cette action est l’existence du courant autogestionnaire qui doit se rassembler et doit être présent lors des prochaines élections. La presse a largement fait écho dans ses colonnes des débats qui ont pu animer ce Conseil National.