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Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

« Tiraillades », plus de 400 morts cette semaine

Un bilan qui montre la réalité du terrain malgré les proclamations rassurantes des Généraux. En France, et dans le monde, la politique algérienne de De Gaulle est de moins en moins soutenue. Une solidarité active s’organise autour des jeunes emprisonnés pour leur refus de la guerre. Les chefs nationalistes algériens se tournent vers le bloc de l’Est. Habid Bourguiba, Président de la République tunisienne, propose l’union de l’Algérie et de la Tunisie comme contribution à la paix. L’internationalisation du conflit est engagée et les négociations de paix sont urgentes.

Extension des pouvoirs de l’armée

La discussion sur le projet de force de frappe atomique à l’Assemblée pose avant tout la question de la politique militaire de la France. Au-delà des discussions techniques, pour les européens de style M.R.P.et S.F.I.O., c’est la question de la prolongation de la guerre en Algérie. Pour les socialistes du P.S.U., au-delà d’un instrument technique, c’est le symbole d’un développement des pouvoirs de l’armée sur le pays, d’une emprise de plus en plus profonde du système militaire sur la jeunesse, sur les milieux professionnels, sur l’économie, sur les rapports extérieurs. Il est urgent donc de proposer plutôt une politique de démilitarisation et d’expliciter largement les dangers de tels projets.

Tribune Socialiste n°23 – 13 octobre 1960

Tribune Socialiste n°22 – 6 octobre 1960

Appel de l’U.N.E.F.

La rentrée d’Octobre voit monter le désarroi et la révolte des jeunes devant la poursuite de la guerre en Algérie. L’U.N.E.F. organise pour la fin du mois d’octobre une manifestation nationale pour rassembler tous ceux qui veulent la paix. Appel à l’opinion contre la répression vis-à-vis des jeunes qui choisissent l’insoumission et pour que s’ouvrent les négociations de paix.

Rapport de la Commission Universitaire

L’assemblée adopte le rapport de la commission universitaire qui se prononce sur la démocratisation de l’enseignement et l’attribution d’une allocation d’études. Le colloque de Royaumont sur l’adaptation de l’enseignement aux besoins de l’économie a permis d’envisager la mise en place de commissions  réunissant des représentants des secteurs économiques, de l’université, et des syndicats. Le recrutement des enseignants et le cas particulier des Ipésiens, ont été également abordés lors de cette commission universitaire. La « promotion supérieure du travail » définie plus communément sous l’appellation « formation continue »a fait l’objet d’un point particulier.

Compte rendu de l’Assemblée Générale extraordinaire

L’assemblée aborde notamment la préparation du colloque prévu à Royaumont les 11, 12 et 13 novembre dont le thème sera “L’adaptation de l’enseignement supérieur aux besoins de l’économie ». Quatre questions seront à l’ordre du jour : orientation des étudiants, esprit et structures de l’enseignement supérieur, participation des secteurs économiques aux programmes et aux structures de l’enseignement, stages.

Tribune Socialiste n°21 – 29 septembre 1960

Deux communiqués du Comité National d’Action Laïque

Au moment où chacun constate l’insuffisance des crédits affectés à l’enseignement public, la Loi du 23 décembre 1959 dite « Loi Debré » annonce que l’enseignement privé pourra conclure avec l’État des contrats d’association. Les rémunérations des maîtres seront prises en charge par la puissance publique. En échange les écoles, sous contrat, devront respecter certaines règles : programmes et horaires nationaux, enseignants diplômés. Le C.N.A.L. dénonce vivement la mise en application de la loi et les facilités accordées à l’enseignement privé et invite tous les laïques à dénoncer cette cléricalisation du pays.

Tribune Socialiste n°20 – 22 septembre 1960

Tribune Socialiste n°19 – 15 septembre 1960

Tribune Socialiste n°18 – 8 septembre 1960

Tribune Socialiste n°17 – 1er septembre 1960

L’internationalisation des problèmes africains

Eté 1960 : en moins de trois mois, l’ONU est intervenue au Congo, en Algérie, au Soudan. L’Afrique est en crise. L’éclatement du Mali est l’échec de la Communauté Franco-Africaine mise en place en 1958 par De Gaulle et aussi, celle de la Fédération du Mali (Sénégal, Soudan, Haute-Volta, Dahomey). Ces échecs sont le résultat d’une politique française qui souhaite garder l’avantage des richesses africaines tout en donnant l’indépendance aux colonies mais c’est aussi la conséquence des rivalités entre le Sénégal et le Soudan Français qui deviendra le Mali. Le Congo a acquis son indépendance de façon précipitée et sans préparation pour éviter un soulèvement des colons belges et cela aboutit à la confusion, la pauvreté et le chaos. En Algérie le G.P.R.A., à la conférence de Melun, parle de l’internationalisation de la lutte pour l’indépendance des colonies et demande à l’ONU d’être garante de la validité du scrutin sur l’autodétermination.

Pour une politique des « Français d’Algérie »

Les français d’Algérie sont les Français de souche européenne établis en Algérie pendant la colonisation. Ils atteignent un effectif d’environ 840 000 personnes.  Le gouvernement français est responsable de la vie et des biens d’un million de ses membres. Il doit leur garantir des perspectives d’avenir acceptables pour eux et leur famille. Une analyse sociologique et économique montre que l’Algérie évolue au profit des Algériens d’origine tant dans le secteur agricole que la fonction publique et dans l’industrie ou le secteur tertiaire. Il convient donc en premier lieu d’aider à rester en Algérie les Français qui y sont réellement utiles. Cela suppose, en ce qui concerne les cadres industriels et les professions libérales, la négociation de convention d’établissement à long terme avec la future nation algérienne. Pour les autres, ouvriers qualifiés et employés supérieurs, cela suppose un gros effort d’enseignement et de formation professionnelle pour garantir à la fois leur plus grande utilité à l’Algérie et la sécurité de leur emploi. Un effort de recensement des besoins est nécessaire tout comme une politique chiffrée du coût de l’accompagnement au retour de ces Français. Il n’y a pas de plan de paix valable en Algérie qui ne comporte de telles dispositions.

1960, année de l’Afrique

Trois articles font le point sur la décolonisation progressive de l’Afrique. La question qui se pose alors est celle de la coopération franco-africaine. Chaque pays africain s’organise en fonction de ses aspirations et de son histoire particulière. Le Parti de la Fédération Africaine (P.F.A.) affirme la nécessité de promouvoir l’unité de l’Afrique tout en respectant les diversités et aspire à un fédéralisme des états africains. Pour les socialistes, il est important de réfléchir à une coopération internationale et au développement des liens d’entraide pour la lutte contre le sous-développement. Appel du PSU pour un positionnement clair sur ce débat , nécessité d’une prise de positions qui doit pouvoir entraîner toutes les forces de gauche .

Tribune Socialiste n°16 – 21 juillet 1960

Un exemple d’évolution pacifique vers l’indépendance : le Mali

L’ancien Vice-Président de l’Union Française, Gabriel d’Arboussier, Secrétaire général du Rassemblement démocratique africain et Président du Conseil Mondial de la Paix expose à la commission « Décolonisation-Coopération » du PSU le processus d’indépendance de la Fédération du Mali (Soudan Français- Sénégal). L’indépendance été ratifiée, dans le cadre d’un accord de coopération avec la France, au contraire de la Guinée pour laquelle Sékou Touré, Président, a préféré la déclaration d’indépendance immédiate comme le permettait la Constitution de 1958.

Tribune Socialiste n°15 – 15 juillet 1960

Absence de politique cohérente sur le logement : les chiffres

Le Comité de Coordination des Association d’échanges internationaux (N°9) à partir des données chiffrées analyse la situation du logement des jeunes. En 1955 on recense 6 030 millions de jeunes de 15 à 25 ans. En 1954,  28 % des jeunes de cette tranche d’âge sont ouvriers 19,5 % agriculteurs, 18 % écoliers ou étudiants, d’autre part, 13,5 % d’entre eux sont mariés, près d’un tiers vivent – faute de logement – chez leur parents, et 4,75 % (254 500) vivent hors de leur famille et ne sont pas logés par leurs  employeurs. Pour les étudiants, les besoins actuels sont évalués à 56 500 lits, 20 000 seulement sont fournis par les locaux universitaires ou assimilés existants. L’U.N.E.F. estime que les besoins pour l’avenir immédiat sont de l’ordre de 51 000 nouveaux logements pour étudiants. Tous les foyers existants permettent d’héberger 15 000 jeunes travailleurs sur 200 000 jeunes déplacés et l’on prévoit un accroissement annuel des déplacements de l’ordre de 6 000. (Extrait « Analyses et Documents » N°14, 11 Juillet 1960)

Tribune Socialiste n°14 – 9 juillet 1960

La crise paysanne

L ‘actuelle crise paysanne ne ressemble pas aux habituelles manifestations organisées en diverses périodes par le syndicalisme agricole. La longueur de la crise, l’importance des manifestations et les réactions qu’elles ont provoquées dans tous les milieux l’attestent. Elle est l’expression d’un profond malaise social et politique qui n’a pas fini de bouleverser les données traditionnelles de la vie politique française. Tribune Socialiste publie aujourd’hui le texte du rapport présenté par Serge Mallet au Comité Politique National du P.S.U. Le Parti doit avoir une stratégie paysanne et anticiper sur l’évolution de ce milieu en rattachant les problèmes de la paysannerie aux questions plus générales que pose le développement du capitalisme. C’est dans ce sens que sont posés les vrais et les faux problèmes de l’agriculture : réforme des circuits de distribution, réforme de la propriété foncière, extension à la paysannerie d’un système de droits sociaux analogues à ceux acquis par la classe ouvrière, création de plans de développement régionaux assurant l’équilibre des régions en fonction des besoins généraux, planification.

Tribune Socialiste n°13 – 2 juillet 1960

« La préhistoire du PSU »: chronologie 1912-1960

La création du P.S.U., le 8 avril 1960, est l’aboutissement d’un long processus de construction d’un nouveau courant socialiste auquel ont activement oeuvré des hommes venus d’horizons très divers mais animé d’une ambition commune? Ils voulaient, avant tout, construire un socialisme démocratique. Ils condamnaient les méthodes autoritaires du P.C.F. et l’opportunisme de la S.F.I.O. Cette bataille pour un nouveau courant socialiste s’est concentrée dans les années cinquante.

Vague d’indépendances en Afrique

De juin à la fin de l’année, l’Afrique est soulevée par une vague d’indépendance qui s’affirme contre les colonialismes français, anglais et belges :

  • 26 juin la République malgache accède à l’indépendance.
  • Le 30 juin, le Congo belge célèbre sa libération  et prend le nom de « République démocratique du Congo ».
  • À l’Ouest, le « Congo français » accèdera à l’indépendance  sous le nom de  « République du Congo » ou « Brazzaville » quinze jours plus tard.
  • Le 7 Août, la côte d’Ivoire proclame elle aussi son indépendance, après le Dahomey (actuel Bénin), le Niger et la Haute Volta (actuel Burkina Fasso).
  • 13 Août  la République Centrafricaine acquiert aussi son indépendance.
  • Ce n’est qu’en Novembre que la Mauritanie proclamera elle aussi son indépendance.

Un contexte international qui traduit partout le souhait de rompre avec les années de l’avant-guerre.

Défendons la laïcité

Le Comité National d’Action Laïque (C.N.A.L.) a obtenu 10 813 697 signatures pour la pétition lancée contre la loi du 31 décembre 1959. Cette offensive laïque est la preuve que le débat est engagée. Il doit se poursuivre car les décrets d’application publiés au Journal Officiel du 24 avril 1960, vont au-delà de la loi et favorise nettement l’enseignement libre et catholique.  Le P.S.U. soutient ces initiatives et encourage les membres des conseils municipaux ou généraux à refuser leur signature à tous les actes ayant pour objet l’attribution de fonds publics à des établissements privés.

Tribune Socialiste n°12 – 25 juin 1960

La journée du 28 juin

Le Centre National de Coordination pour la Paix en Algérie appelle à une journée d’action en faveur de la paix immédiate. Cette journée doit permettre d’exprimer l’immense volonté des Français d’en finir avec la guerre et d’imposer qu’une véritable négociation s’engage pour le cessez-le-feu et le droit à l’autodétermination du peuple algérien. Tribune Étudiante se fait l’écho des manifestations syndicales unitaires, organisées dans de nombreuses villes.

La bataille de l’artichaut

La région Nord du Finistère (Léon et Trégor) s’est spécialisée dans la culture du chou-fleur et de l’artichaut. En 1960, la surproduction  et surtout le système de distribution entraînent la chute des prix. Pour protester contre l’imposition des prix par les intermédiaires sous prétexte de l’abondance, les agriculteurs ont décidé de venir à Paris pour vendre eux-mêmes leurs marchandises.  Des militants du PSU en accord avec le Bureau National, ont assuré la logistique de la manifestation et ont aidé les agriculteurs à la distribution gratuite des artichauts. D’autres distributions gratuites pourraient être organisées.

Assemblée Générale extraordinaire U.N.E.F.

L’Assemblée Générale Extraordinaire du 19 juin 1960, approuvent les décisions du Bureau National par 662 mandats contre 112 et 35 abstentions. Le Bureau National a reçu par cette Assemblée Générale une seconde investiture. Les débats ont été centrés essentiellement autour de la reprise, largement approuvée, des relations avec l’UGEMA (Union Générale des Étudiants Musulmans Algériens).

 

Suite au rapprochement de l’U.N.E.F. avec les associations d’étudiants d’outre-mer, dont l’Union Générale des Étudiants Musulmans Algériens (U.G.E.M.A.) les réactions des milieux gouvernementaux et de la droite sont brutales. Outre les accusations calomnieuses de la presse, le Ministre de l’Éducation Nationale supprime la subvention de fonctionnement de 8 millions d’anciens francs allouée à l’U.N.E.F. (Extrait Analyses et Documents, 30 Juin 1960, N°7).