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Jacques
Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Toute décision unilatérale est incompatible avec l’autodétermination….

Réunie à Aix-en Provence, L’Association pour la sauvegarde des Institutions judiciaires et la défense des libertés individuelles, a rassemblé de nombreuses personnalités politiques, de la magistrature, de l’université et des syndicats pour s’interroger sur les modalités de la négociation pour la paix en Algérie. La motion finale affirme que la toute décision préliminaire à l’autodétermination doit découler d’une négociation et résulter d’un accord bilatéral. Appel pour une mobilisation et une pression forte de l’opinion pour un véritable dialogue avec toutes les composantes politiques de l’Algérie.

Qu’est-ce que le P.S.U. ?

Le Parti Socialiste Unifié est né en avril 1960 de la fusion de deux partis, l’Union de la Gauche Socialiste, fondée en décembre 1957, et le Parti Socialiste Autonome fondé en septembre 1958, auxquels est venu se joindre un courant venu du Parti Communiste, le groupe « Tribune du Communisme ». Le P.S.U. est donc un parti jeune né de parents eux-mêmes jeunes. Mais avec ses 30.000 militants, le P.S.U. est d’ores et déjà une des premières forces militantes de ce pays. Le P.S.U. est  une organisation permanente  de  combat  politique. Une campagne pour l’adhésion de nouveaux militants présente le P.S.U, ses composantes, son programme et ses revendications en particulier vis à vis de la guerre en Algérie.

Tribune Socialiste n°33 – 24 décembre 1960 (supplément)

Tribune Socialiste n°33 – 24 décembre 1960

Que se passe-t-il en Indochine ?

L’Indochine est à nouveau en proie à des mouvements de révolte. En décembre 1960, plus de 6 ans ont passé depuis le cessez-le-feu de Juillet 1954 et les accords de Genève qui mettent fin à l’empire colonial asiatique de la France et tentent d’ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire des rapports entre l’Indochine et ses anciens vassaux. Le Vietnam ne supporte plus la dictature familiale de Ngo Dinh Diem, et la guerre révolutionnaire et psychologique fait rage dans le Sud. Le putsch avorté du 11 novembre laisse le pouvoir exsangue. Au Laos, le canon a tonné sur les bords du Mékong et l’on se bat comme en 1954 dans la Plaine des Jarres près de Dien-Bien-Phu, ancienne colonie française. Seul le Camboge échappe encore à cette atmosphère de guerre et de sédition. La responsabilité du monde libre dans les drames qui ravagent actuellement la péninsule indochinoise est bien réelle mais il semble difficile de laisser faire Washington seul et ne pas poser la question des relations avec la Chine populaire.

Tribune Socialiste n°32 – 17 décembre 1960

1ère Conférence Nationale extraordinaire des étudiants du PSU

Cette première conférence est sans aucun doute à considérer comme étant la première dans la numérotation usuelle, celle du début d’avril 1960 étant à prendre comme la conférence de création des ESU par parallélisme avec le Congrès du PSU. Raymond Le Loch est élu secrétaire général. Cette conférence devait définir la place des étudiants à l’intérieur du parti, poser les bases d’une organisation étudiante pour une action plus efficace  et expliciter l’attitude des jeunes face à la guerre d’Algérie, obligeant ainsi la gauche toute entière à se positionner. Une motion en faveur de l’Algérie conclut la Conférence. Un nouveau bureau est élu. Les étudiants du parti socialiste unifié (E.S.U.) adressent un message aux étudiants communistes pour un travail politique commun tenant compte de la diversité des opinions.

Tribune Socialiste n°31 – 10 décembre 1960

U.N.E.F. : une confirmation de l’actuelle majorité

À l’Assemblée Générale extraordinaire du 19 Juin 1960 le Bureau National a été largement soutenu par les adhérents U.N.E.F. pour son engagement politique, en particulier vis à vis de la guerre d’Algérie, de plus en plus affirmé. Ce soutien est confirmé par les résultats des élections des différentes Associations Générales d’Étudiants de Novembre et Décembre 1960.

Grève des étudiants algériens

Les étudiants algériens de Bordeaux et de France ont décidé 4 jours de grève des cours pour protester contre les récents évènements d’Algérie. L’Association Générale des Étudiants de Bordeaux y voit une raison de souligner la position de l’U.N.E.F. qui a renoué le dialogue avec l’U.G.E.M.A.(Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens),  et réclame le droit à l’autodétermination du peuple algérien et la reprise des négociations avec le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (GPRA).

Tribune Socialiste n°30 – 3 décembre 1960

Toulouse, usines et facultés pour la paix négociée

Les jeunes manifestent leur refus d’un enrôlement dans l’armée et souhaitent une paix négociée en Algérie. Expression d’une volonté, mais aussi préparation d’une action plus vaste où les ouvriers, les étudiants, les agriculteurs, les enseignants imposeront la paix, dans l’unité.

Les européens d’Algérie

La création d’un état algérien indépendant pose la question du statut des Européens vivant en Algérie, des garanties pour leur sécurité, de leurs moyens d’existence et de la reconversion de l’Algérie sans ces Européens ou avec leur coopération. L’article propose une analyse démographique, sociale et économique de la coexistence entre musulmans algériens et non musulmans d’origine étrangère. Les Français d’Algérie vivent essentiellement de l’agriculture et possèdent les terres les plus productives mais n’ont pas réellement de capitaux leur permettant de revenir en France pour exploiter une ferme. En ville les non musulmans occupent plus d’emplois supérieurs et d’encadrement que d’emplois d’exécution. La dépendance des deux communautés est d’ailleurs d’autant plus problématique qu’elle est liée aux échanges commerciaux entre la Métropole et l’Algérie. L’indépendance de l’Algérie devra donc tenir compte de la reconversion tant des Français que des Algériens.

L’U.N.E.F. et l’Université de France

L’UNEF et l’UGE (Union des Grandes Écoles) ont organisé un colloque à Royaumont les 11,12 et 13 Novembre 1960, rassemblant une centaine d’industriels, de fonctionnaires, et d’universitaires. Ils étaient invités à s’interroger sur « l’adaptation de l’enseignement supérieur aux besoins de l’Économie Nationale « . Des solutions restent à trouver et il semble important que les professeurs et les étudiants fassent preuve d’invention pour réformer les structures qui freinent l’adaptation nécessaire de l’Université.

Tribune Socialiste n°29 – 26 novembre 1960

Tribune Socialiste n°28 – 19 novembre 1960

Deux distributeurs de tracts arrêtés à Epinal….

Tract édité par le P.S.U. distribué à Épinal le 26 novembre 1960 par Raymond Derruau et Marc Mangenot.

Cette distribution a entraîné leur arrestation au motif qu’ils participaient à une entreprise de « démoralisation de l’armée ». Maître Yves Desdrezelles adresse une demande d’ordonnance de non lieu. Il explique au juge qu’au travers du texte distribué il n’y a aucun élément susceptible d’être assimilé à une volonté de démoralisation de l’armée. L’avocat précise que seul le rappel du respect minimum des principes moraux de base sont évoqués dans celui-ci.

Tribune Socialiste n°27 – 12 novembre 1960

Tribune Socialiste n°26 – 5 novembre 1960

Assemblée Générale U.N.E.F., extrait du rapport de la commission extérieure

Le congrès de Lyon, en avril 1960, a voté une motion demandant des négociations avec le F.L.N sur les conditions d’un cessez-le-feu en Algérie ; il a appelé à prendre toutes les mesures susceptibles de favoriser la réconciliation des étudiants français et des étudiants algériens. Sur ces bases, en avril, le Bureau Gaudez a repris les relations avec L’U.G.E.M.A., et signé un communiqué commun. L’assemblée générale de novembre 1960 fait le point sur cette initiative.

Tribune Socialiste n°25 – 29 octobre 1960

1ère Manifestation unitaire contre la guerre d’Algérie

Confrontée à une insoumission grandissante de la part des jeunes qui ne souhaitent pas payer pour une guerre dont ils ne veulent pas, l’U.N.E.F. remobilise les forces de gauche et met sur pied une manifestation nationale qu’elle souhaite unitaire. La la C.G.T. et le P.C.F. s’acharnent par tous les moyens à faire échouer la manifestation contre l’avis de leurs militants. Malgré les interdictions préfectorales, le matin du 27 octobre la première manifestation de masse à Paris contre la guerre d’Algérie est confirmée. Le P.S.U. est le seul parti à soutenir pleinement la manifestation qui rassemble les militants de l’U.N.E.F. et des comités contre la guerre, la F.E.N, la C.F.T.C. et pour Paris, F.O. Pierre Gaudez, Président de l’UNEF et Robert Duvivier font des déclarations fortes au nom des syndicats.

Révolution algérienne

1er novembre 1954…1H du matin…Premier jour de la révolution algérienne. C’est dans la nuit du 31 octobre 1954 qu’éclatent les premiers coups de feu et les premières bombes d’une guerre qui entre, en octobre 1960, dans sa septième année. Retour sur le contexte social, économique et politique de l’Algérie de 1954 pour comprendre le soulèvement du mouvement nationaliste et le choix de la lutte armée contre le colonialisme français.

Tribune Socialiste n°24 – 22 octobre 1960

« Tiraillades », plus de 400 morts cette semaine

Un bilan qui montre la réalité du terrain malgré les proclamations rassurantes des Généraux. En France, et dans le monde, la politique algérienne de De Gaulle est de moins en moins soutenue. Une solidarité active s’organise autour des jeunes emprisonnés pour leur refus de la guerre. Les chefs nationalistes algériens se tournent vers le bloc de l’Est. Habid Bourguiba, Président de la République tunisienne, propose l’union de l’Algérie et de la Tunisie comme contribution à la paix. L’internationalisation du conflit est engagée et les négociations de paix sont urgentes.

Extension des pouvoirs de l’armée

La discussion sur le projet de force de frappe atomique à l’Assemblée pose avant tout la question de la politique militaire de la France. Au-delà des discussions techniques, pour les européens de style M.R.P.et S.F.I.O., c’est la question de la prolongation de la guerre en Algérie. Pour les socialistes du P.S.U., au-delà d’un instrument technique, c’est le symbole d’un développement des pouvoirs de l’armée sur le pays, d’une emprise de plus en plus profonde du système militaire sur la jeunesse, sur les milieux professionnels, sur l’économie, sur les rapports extérieurs. Il est urgent donc de proposer plutôt une politique de démilitarisation et d’expliciter largement les dangers de tels projets.

Tribune Socialiste n°23 – 13 octobre 1960

Tribune Socialiste n°22 – 6 octobre 1960

Appel de l’U.N.E.F.

La rentrée d’Octobre voit monter le désarroi et la révolte des jeunes devant la poursuite de la guerre en Algérie. L’U.N.E.F. organise pour la fin du mois d’octobre une manifestation nationale pour rassembler tous ceux qui veulent la paix. Appel à l’opinion contre la répression vis-à-vis des jeunes qui choisissent l’insoumission et pour que s’ouvrent les négociations de paix.

Rapport de la Commission Universitaire

L’assemblée adopte le rapport de la commission universitaire qui se prononce sur la démocratisation de l’enseignement et l’attribution d’une allocation d’études. Le colloque de Royaumont sur l’adaptation de l’enseignement aux besoins de l’économie a permis d’envisager la mise en place de commissions  réunissant des représentants des secteurs économiques, de l’université, et des syndicats. Le recrutement des enseignants et le cas particulier des Ipésiens, ont été également abordés lors de cette commission universitaire. La « promotion supérieure du travail » définie plus communément sous l’appellation « formation continue »a fait l’objet d’un point particulier.