La misère des étudiants… et des enseignants
Dans le cadre des campagnes revendicatives lancées chaque année par l’UNEF au premier trimestre de l’année universitaire, les responsables étudiants sensibilisent l’opinion sur la situation alarmante de l’Éducation Nationale : retard important dans les constructions des logements étudiants et des bâtiments universitaires (Plan Le Gorgeu). Contre l’attribution insuffisante et injuste des bourses ils revendiquent l’attribution d’une allocation d’études. Les enseignants organisent une série de grèves tournantes entre les différentes villes, soutenue par les parents d’élèves, pour dénoncer leurs conditions de rémunération et le sous effectif des enseignants.
La place des européens dans l’Algérie indépendante
Réflexions et études du Club Jean Moulin pour organiser dans des conditions constructives la place des français en Algérie et leur réintégration en France si tel est leur choix. Le Plan Constantine est un échec total car il a été construit dans un esprit d’économie capitaliste et n’a pas tenu compte des besoins de l’Algérie. L’Algérie indépendante ne vivra qu’au prix de réformes fondamentales qui seront socialistes et non fondées sur un capitalisme forcené. Ces transformations nécessiteront beaucoup de poste de cadres et de techniciens et c’est la chance des français d’Algérie à condition que se développe un nouvel état d’esprit qui tienne compte des besoins d’un pays à construire.
Nouvelle Loi sur les cas de réformes
L’Association Générale des Étudiants en Maison de cure proteste contre la nouvelle loi sur les sursis pour les jeunes en maison de cure. Après les propositions de loi sur l’avancement de l’âge de l’incorporation, les restrictions sur les sursis, désormais tout « exempté ou réformé avec la mention « définitif » se verra soumis dans les 5 ans à un nouveau conseil de révision ». Son droit qui découle de graves raisons de santé est donc remis en question. Ils se réservent toute voie de recours offerte par la loi.
Négociation avec le G.P.R.A
Le vote de l’ONU en décembre, où 63 nations ont voté la reconnaissance du droit de l’Algérie à l’indépendance et à l’intégrité de son territoire, les manifestations du 11 décembre, le référendum du 8 janvier renforcent l’autorité du gouvernement provisoire algérien et mettent en pièces la politique gaulliste de l’Algérie. Malgré tout rien ne permet de penser que De Gaulle renoncera aux conditions posées pour l’ouverture des négociations. Le P.S.U. appelle à la cohésion et à l’action commune pour imposer la négociation immédiate avec le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A. ).
Lumumba sans Lumumba
En janvier 1960, une conférence se réunit à Bruxelles pour définir la forme et la date de l’indépendance du Congo, colonie belge depuis 75 ans. Le Mouvement national congolais avec à sa tête Patrice Lumumba se bat contre les séparatistes, protégés par les trusts économiques belges qui camouflent leurs visées en préconisant un Congo fédéraliste. Lumumba est l’homme du Congo unitaire, il se bat pour la mobilisation économique du peuple qui doit se traduire par la création de coopérative de production. L’indépendance est proclamé en Juin 1960 et c’est l’éclatement du Congo. Seul Lumumba résiste et fait appel à l’ONU pour défendre l’unité de la nouvelle République mais il est arrêté par les hommes du colonel Mobutu à la solde des colonialistes belges. Malgré tout, ses idées progressent et ses partisans résistent. Lumumba sera tué le 17 Janvier 1961.
Lettre de l’Association Générale des Étudiants de Bordeaux
L’Association Générale des Étudiants de Bordeaux informe le Vice-Président de l’U.N.E.F. de l’action menée par l’AG de Bordeaux avec les syndicats enseignants et le mouvement des étudiants algériens. Il est envisagé une manifestation et une campagne d’information pour protester contre les arrestations des étudiants algériens, les menaces de l’OAS contre les professeurs de Sciences et Lettres et le pourrissement général de la situation politique.
En Algérie, après le mot d’ordre du F.L.N, 40,2 % d’abstentions
Le scrutin est organisé sur trois jours en Algérie pour permettre à l’armée d’assurer la sécurité, la régularité des opérations électorales et le transport des électeurs du bled vers les centres de vote. Des morts sont à déplorer dans certaines provinces et de grandes manifestations contre la politique de De Gaulle sont organisées par le F.L.N. Le fait dominant de ce référendum c’est l’abstention de 40,2% pour l’ensemble du territoire. La victoire du « oui » est due aux habitants du bled forcés à voter par l’armée ou l’administration.
La Cogestion étudiante
Le Centre National des Oeuvres est menacé : le gouvernement envisage sa suppression et son remplacement par une fondation nationale des oeuvres universitaires. Le cahiers « Documents étudiants » de mars – avril 1961 (édité par le Centre culturel de la jeunesse étudiante rassemblant une équipe de militants étudiants, syndicaux et politiques, et d’animateurs culturels…) propose une réflexion sur la cogestion étudiante : histoire de la cogestion, fonctionnement et rôle des oeuvres universitaires, et aborde les problèmes des rapports entre cogestion et action syndicale : incompatibilité ou complémentarité ?
Le « non » du PSU au référendum
Pour la négociation immédiate pour la paix en Algérie, contre les supercheries du référendum, contre le pouvoir gaulliste, le P.S.U. appelle à un grand meeting le vendredi 6 janvier. Gilles Martinet dans l’éditorial de Tribune Socialiste démontre que la mise en place du référendum n’est qu’un moyen pour le gouvernement gaulliste de retarder la paix et les négociations. C’est par opposition à toutes les tergiversations gouvernementales que le P.S.U. choisit le « Non » au référendum. Charles Lussy dans un article connexe dénonce l’usage du référendum qui n’est en fait qu’un plébiscite et un chantage de la part de De Gaulle comme en 1958.
Propagande officielle
Des moyens considérables sont donnés à ceux qui encouragent le « oui » au référendum en France comme en Algérie. Le P.S.U., par la volonté du pouvoir, est au contraire écarté de la propagande.
Bordeaux, réunion du courant « mino » sur l’insoumission
Face à la question de l’insoumission, l’AG de Bordeaux retient la constitution de comité de Jeunes pour la Paix par la négociation, préférant ainsi se démarquer des comités préexistants de type antifasciste.
Toute décision unilatérale est incompatible avec l’autodétermination….
Réunie à Aix-en Provence, L’Association pour la sauvegarde des Institutions judiciaires et la défense des libertés individuelles, a rassemblé de nombreuses personnalités politiques, de la magistrature, de l’université et des syndicats pour s’interroger sur les modalités de la négociation pour la paix en Algérie. La motion finale affirme que la toute décision préliminaire à l’autodétermination doit découler d’une négociation et résulter d’un accord bilatéral. Appel pour une mobilisation et une pression forte de l’opinion pour un véritable dialogue avec toutes les composantes politiques de l’Algérie.
Qu’est-ce que le P.S.U. ?
Le Parti Socialiste Unifié est né en avril 1960 de la fusion de deux partis, l’Union de la Gauche Socialiste, fondée en décembre 1957, et le Parti Socialiste Autonome fondé en septembre 1958, auxquels est venu se joindre un courant venu du Parti Communiste, le groupe « Tribune du Communisme ». Le P.S.U. est donc un parti jeune né de parents eux-mêmes jeunes. Mais avec ses 30.000 militants, le P.S.U. est d’ores et déjà une des premières forces militantes de ce pays. Le P.S.U. est une organisation permanente de combat politique. Une campagne pour l’adhésion de nouveaux militants présente le P.S.U, ses composantes, son programme et ses revendications en particulier vis à vis de la guerre en Algérie.
Que se passe-t-il en Indochine ?
L’Indochine est à nouveau en proie à des mouvements de révolte. En décembre 1960, plus de 6 ans ont passé depuis le cessez-le-feu de Juillet 1954 et les accords de Genève qui mettent fin à l’empire colonial asiatique de la France et tentent d’ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire des rapports entre l’Indochine et ses anciens vassaux. Le Vietnam ne supporte plus la dictature familiale de Ngo Dinh Diem, et la guerre révolutionnaire et psychologique fait rage dans le Sud. Le putsch avorté du 11 novembre laisse le pouvoir exsangue. Au Laos, le canon a tonné sur les bords du Mékong et l’on se bat comme en 1954 dans la Plaine des Jarres près de Dien-Bien-Phu, ancienne colonie française. Seul le Camboge échappe encore à cette atmosphère de guerre et de sédition. La responsabilité du monde libre dans les drames qui ravagent actuellement la péninsule indochinoise est bien réelle mais il semble difficile de laisser faire Washington seul et ne pas poser la question des relations avec la Chine populaire.
1ère Conférence Nationale extraordinaire des étudiants du PSU
Cette première conférence est sans aucun doute à considérer comme étant la première dans la numérotation usuelle, celle du début d’avril 1960 étant à prendre comme la conférence de création des ESU par parallélisme avec le Congrès du PSU. Raymond Le Loch est élu secrétaire général. Cette conférence devait définir la place des étudiants à l’intérieur du parti, poser les bases d’une organisation étudiante pour une action plus efficace et expliciter l’attitude des jeunes face à la guerre d’Algérie, obligeant ainsi la gauche toute entière à se positionner. Une motion en faveur de l’Algérie conclut la Conférence. Un nouveau bureau est élu. Les étudiants du parti socialiste unifié (E.S.U.) adressent un message aux étudiants communistes pour un travail politique commun tenant compte de la diversité des opinions.
U.N.E.F. : une confirmation de l’actuelle majorité
À l’Assemblée Générale extraordinaire du 19 Juin 1960 le Bureau National a été largement soutenu par les adhérents U.N.E.F. pour son engagement politique, en particulier vis à vis de la guerre d’Algérie, de plus en plus affirmé. Ce soutien est confirmé par les résultats des élections des différentes Associations Générales d’Étudiants de Novembre et Décembre 1960.

