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Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Le rôle des jeunes et des étudiants, Le militantisme et la discipline

Alain Geismar souligne la nécessité, pour le bon fonctionnement du P.S.U. d’intégrer complètement les préoccupations des jeunes et plus particulièrement des étudiants adhérents dans l’action du Parti. Cette prise en compte doit être un engagement à agir au-delà des motions. En contre parti, les jeunes et les étudiants sont intégrés au Parti et doivent en cela se soumettre aux décisions démocratiquement prises par les organes délibératifs de celui-ci afin qu’il y ait une unité d’action. Pour cela la formation des militants s’impose.

Sursis : des retouches au décret du 23 mars 1960

Le décret modificatif N°61.118, paru au J.O. du 31 janvier 1961 doit permettre l’incorporation des « sursitaires abusifs » et « d’assouplir les mesures pour les catégories d’étudiants dont les études spéciales exigent des sursis plus importants ». On remarque quelques améliorations réelles pour les candidats au bac et pour les élèves des écoles normales d’instituteurs. L’U.N.E.F. dans un communiqué a toutefois noté « un certain nombre de restrictions qui touchent gravement les élèves du technique et de la formation professionnelle non titulaire du baccalauréat et candidats à l’enseignement supérieur. Se trouvent ainsi défavorisés les élèves s’étant préparés à une grande école sans passer par la voie traditionnelle. Par ailleurs,  l’U.N.E.F. remarque que ces mesures ont été prises sans que la commission Armée-Jeunesse ait été consultée.
(Extrait Analyses et Documents, 2 Mars 1961,N° 13)

 

Le procès des « Barricades »…

Le procès comme le verdict prononcé au jugement des militaires responsables du soulèvement des généraux du 24 Janvier au 1er Février 1960 appelé « barricades d’Alger » est une mascarade politique que dénonce le P.S.U. et qui choque le peuple algérien car des milliers d’algériens sont en train de mourir dans les prisons pour avoir combattu pour la paix.

Tribune Socialiste n°42 – 25 février 1961

Congo : l’O.N.U.responsable de la paix

Patrice Émery Lumumba, premier ministre de la République Démocratique du Congo après la proclamation de l’indépendance, militait pour un Congo unitaire, gage d’une véritable indépendance. Il était opposé à un Congo partagé dans lequel le Katanga, province riche, voulait faire sécession et était soutenue par les milieux financiers belges. Ni les forces onusiennes ni la France ne sont intervenues pour protéger Lumumba pendant son emprisonnement au Katanga et empêcher son assassinat le 17 janvier 1961, avec deux de ses fidèles. Malgré toutes les défaillances onusiennes constatées il a été décidé que les forces de l’ONU interviendraient pour restaurer la paix au Congo. Appel aux anti-colonialistes pour dénoncer ceux qui protègent leurs intérêts et pour qu’interviennent l’unité et la paix au Congo.

Manifestation à l’appel des étudiants E.S.U. pour la paix immédiate

Les jeunes et les étudiants ont manifesté pour la négociation entre Ferhat Abbas, leader nationaliste, fondateur du manifeste algérien, membre du FLN , Premier Président du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne de 1958 à 1961 et De Gaulle . Dans le même esprit que Ferhat Abbas les jeunes et les étudiants réclament une solution négociée et rejettent la guerre.

Tribune Socialiste n°41 – 18 février 1961

Rencontres des syndicats français et algériens

Les représentants des centrales syndicales C.G.T, C.F.T.C., F.O et de l’U.N.E.F. ont pris séparément contact avec les dirigeants de l’Union Générale des Travailleurs Algériens (U.G.T.A.) et de l’Union Générale des Étudiants Musulmans d’Algérie (U.G.E.M.A). Ainsi se sont établis des liens de solidarité entre la classe ouvrière algérienne et la classe ouvrière française. Le PSU se félicite de ces déclarations même s’il regrette l’absence d’unité dans l’action.

Les étudiants africains face à la répression policière

La Fédération des Étudiants d’Afrique Noire en France a invité ses adhérents à se rassembler devant l’Ambassade de Belgique, à Paris, Lyon, Rennes, Toulouse, Marseille, Lille pour protester contre l’assassinat de Patrice Émery Lumumba. Toutes ces manifestations ont donné lieu à de brutales répressions et des arrestations. Le Bureau National du P.S.U. dénonce l’assassinat de Lumumba et de ses compagnons. Pour le P.S.U., il est clair que les intérêts capitalistes cherchent à se maintenir par tous les moyens. Il demande que l’O.N.U. s’oppose à toute résurgence du colonialisme politique et économique en s’attachant à la restauration de l’unité du Congo.

Le refus de la guerre

Les jeunes étudiants ou travailleurs enrôlés dans l’armée pour la guerre en Algérie désertent, sont emprisonnés et militent pour la paix. Le PSU soutient ce refus public de la guerre et estime que c’est là un moyen pour faire progresser la prise de conscience collective de l’inanité de la guerre.

Tribune Socialiste n°40 – 11 février 1961

La misère des étudiants… et des enseignants

Dans le cadre des campagnes revendicatives lancées chaque année par l’UNEF au premier trimestre de l’année universitaire, les responsables étudiants sensibilisent l’opinion sur la situation alarmante de l’Éducation Nationale : retard important dans les constructions des logements étudiants et des bâtiments universitaires (Plan Le Gorgeu). Contre l’attribution insuffisante et injuste des bourses ils revendiquent l’attribution d’une allocation d’études. Les enseignants organisent une série de grèves tournantes entre les différentes villes, soutenue par les parents d’élèves, pour dénoncer leurs conditions de rémunération et le sous effectif des enseignants.

La place des européens dans l’Algérie indépendante

Réflexions et études  du Club Jean Moulin pour organiser dans des conditions constructives la place des français en Algérie et leur réintégration en France si tel est leur choix. Le Plan Constantine est un échec total car il a été construit dans un esprit d’économie capitaliste et n’a pas tenu compte des besoins de l’Algérie. L’Algérie indépendante ne vivra qu’au prix de réformes fondamentales qui seront socialistes et non fondées sur un capitalisme forcené. Ces transformations nécessiteront beaucoup de poste de cadres et de techniciens et c’est la chance des français d’Algérie à condition que se développe un nouvel état d’esprit qui tienne compte des besoins d’un pays à construire.

Tribune Socialiste n°39 – 4 février 1961

Nouvelle Loi sur les cas de réformes

L’Association Générale des Étudiants en Maison de cure proteste contre la nouvelle loi sur les sursis pour les jeunes en maison de cure. Après les propositions de loi sur l’avancement de l’âge de l’incorporation, les restrictions sur les sursis, désormais tout « exempté ou réformé avec la mention « définitif » se verra soumis dans les 5 ans à un nouveau conseil de révision ». Son droit qui découle de graves raisons de santé est donc remis en question. Ils se réservent toute voie de recours offerte par la loi.

Tribune Socialiste n°38 – 28 janvier 1961

Tribune Socialiste n°37 – 21 janvier 1961

Négociation avec le G.P.R.A

Le vote de l’ONU en décembre, où 63 nations ont voté la reconnaissance du droit de l’Algérie à l’indépendance et à l’intégrité de son territoire, les manifestations du 11 décembre, le référendum du 8 janvier renforcent l’autorité du gouvernement provisoire algérien et mettent en pièces la politique gaulliste de l’Algérie. Malgré tout rien ne permet de penser que De Gaulle renoncera aux conditions posées pour l’ouverture des négociations. Le P.S.U. appelle à la cohésion et à l’action commune pour imposer la négociation immédiate avec le Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A. ).

Lumumba sans Lumumba

En janvier 1960, une conférence se réunit à Bruxelles pour définir la forme et la date de l’indépendance du Congo, colonie belge depuis 75 ans. Le Mouvement national congolais avec à sa tête Patrice Lumumba se bat contre les séparatistes, protégés par les trusts économiques belges qui camouflent leurs visées en préconisant un Congo fédéraliste. Lumumba est l’homme du Congo unitaire, il se bat pour la mobilisation économique du peuple qui doit se traduire par la création de coopérative de production. L’indépendance est proclamé en Juin 1960 et c’est l’éclatement du Congo. Seul Lumumba résiste et fait appel à l’ONU pour défendre l’unité de la nouvelle République mais il est arrêté par les hommes du colonel Mobutu à la solde des colonialistes belges. Malgré tout, ses idées progressent et  ses partisans résistent. Lumumba sera tué le 17 Janvier 1961.

Lettre de l’Association Générale des Étudiants de Bordeaux

L’Association Générale des Étudiants de Bordeaux informe le Vice-Président de l’U.N.E.F. de l’action menée par l’AG de Bordeaux avec les syndicats enseignants et le mouvement des étudiants algériens. Il est envisagé une manifestation et une campagne d’information pour protester contre les arrestations des étudiants algériens,  les menaces de l’OAS contre les professeurs de Sciences et  Lettres et le pourrissement général de la situation politique.

Tribune Socialiste n°36 – 14 janvier 1961

En Algérie, après le mot d’ordre du F.L.N, 40,2 % d’abstentions

Le scrutin est organisé sur trois jours en Algérie pour permettre à l’armée d’assurer la sécurité, la régularité des opérations électorales et le transport des électeurs du bled vers les centres de vote. Des morts sont à déplorer dans certaines provinces et de grandes manifestations contre la politique de De Gaulle sont organisées par le F.L.N. Le fait dominant de ce référendum c’est l’abstention de 40,2% pour l’ensemble du territoire. La victoire du « oui  » est due aux habitants du bled forcés à voter par l’armée ou l’administration.

La Cogestion étudiante

Le Centre National des Oeuvres est menacé : le gouvernement envisage sa suppression et son remplacement par une fondation nationale des oeuvres universitaires. Le cahiers « Documents étudiants » de mars – avril 1961 (édité par le Centre culturel de la jeunesse étudiante rassemblant une équipe de militants étudiants, syndicaux et politiques, et d’animateurs culturels…) propose une réflexion sur la cogestion étudiante : histoire de la cogestion, fonctionnement et rôle des oeuvres universitaires, et aborde les problèmes des rapports entre cogestion et action syndicale : incompatibilité ou complémentarité ?

Tribune Socialiste n°35 – 7 janvier 1961

Le « non » du PSU au référendum

Référendum 1961Pour la négociation immédiate pour la paix en Algérie, contre les supercheries du référendum, contre le pouvoir gaulliste, le P.S.U. appelle à un grand meeting le vendredi 6 janvier. Gilles Martinet dans l’éditorial de Tribune Socialiste démontre que la mise en place du référendum n’est qu’un moyen pour le gouvernement gaulliste de retarder la paix et les négociations. C’est par opposition à toutes les tergiversations gouvernementales que le P.S.U. choisit le « Non » au référendum. Charles Lussy dans un article connexe dénonce l’usage du référendum qui n’est en fait qu’un plébiscite et un chantage de la part de De Gaulle comme en 1958.

Propagande officielle

Des moyens considérables sont donnés à ceux qui encouragent le « oui » au  référendum en France comme en Algérie. Le P.S.U., par la volonté du pouvoir, est au contraire écarté de la propagande.

Pourquoi la guerre d’Algérie ?

pourquoi-la-guerre-algerieAppel à manifester le 11 février : « Nous manifesterons dans les rues de Paris notre volonté unanime de paix négociée ».

Les lycéens sont invités à se mobiliser contre l’O.A.S

Tract Lycéens contre l'OASAppel de la Fédération de Paris – Étudiant du PSU (Lycéens) à rejoindre le PSU contre la guerre d’Algérie.

Tribune Socialiste n°34 – 31 décembre 1960

Bordeaux, réunion du courant « mino » sur l’insoumission

Face à la question de l’insoumission, l’AG de Bordeaux retient la constitution de comité de Jeunes pour la Paix par la négociation, préférant ainsi se démarquer des comités préexistants de type antifasciste.