Institut
tribune
socialiste

Centre
Jacques
Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Revue “Lettre” 1961 / 1964 …

Cote : REVUES -LETTRE

(La revue “Lettre”, publiée par la société Temps Présent (68 rue de Babylone, Paris) voulait exprimer une fidélité au message de libération humaniste de l’Evangile, s’inscrire dans la culture contemporaine sécularisée et laïque qui permet d’approfondir la foi de femmes et d’hommes libres) La plupart des numéros sont ronéotés. 1961 : n° 33, 38, 39, 40 1962 : n° 41 à 48, 51, 52 1963 : n° 54 à 64 1964 : n° 65 à 70 N° 169-170 N° 189 Justice, école, église et monde ouvrier, Morale matérialiste, prêtres-ouvriers, communistes et catholiques, laïcs, Morale de classe et morale marxiste, , foi, Concile, Église, évangélisation, chrétiens, religion, Algérie, christianisme, encycliques, progressisme

1961 – 1962 – 1963 – 1964 …
27 x 21 cm

Le peuple a pris la barre…

La tentative de putsch d’avril 1961 a déclenché une grève très suivie dans toute la France le 24 Avril 1961. Il n’a fallu que 24 heures pour obtenir un mot d’ordre de grève unique, la nécessité de l’unité est apparue devant la grave menace à l’encontre de la République. L’ampleur des cortèges et de la mobilisation est sans commune mesure avec celles que provoquèrent les coups de force précédents (13 Mai 1958 et 24 janvier 1960). Tous ont répondu à l’appel des organisations démocratiques, politiques et syndicales et se sont retrouvés pour manifester leur volonté de résister sans faiblesse au putsch militaire et dénoncer la faiblesse et la complaisance coupables du Pouvoir.

Tribune Socialiste n°50 – 22 avril 1961

Putsch des généraux à Alger

Les généraux Maurice Challe, Raoul Sallan, André Zeller choisissent l’Algérie Française et tentent de s’assurer le contrôle du pouvoir. Dossier sur le putsch d’Alger ou putsch des généraux . Ceux qui ont vécu de près et heure par heure les évènements des 22, 23 et 24 Avril 1961 ont éprouvé le sentiment de revivre la période du 13 mai au 1er Juin 1958, dates de la prise de pouvoir par Charles De Gaulle.

Il faut un statut de l’objection de conscience

Le 13 Avril 1961, André Féret est condamné à deux ans de prison. Ouvrier carreleur de 21 ans, il a renvoyé, à un retour de permission, ses affaires militaires et n’est pas retourné au combat, objectant une crise de conscience qui l’empêchait de prendre les armes. Le P.S.U, à l’initiative d’une conseillère municipale de Rouen, membre du parti, a créé un Comité de soutien rouennais pour les « chantiers civils ». Ce comité luttera sans exclusive avec tous ceux qui éveillent l’opinion sur la réalité de la guerre d’Algérie et avec tous ceux qui réclament un statut de l’objection de conscience.

Liberté pour Cuba !

Fidel Castro a compris que l’indépendance politique sans l’indépendance économique n’est qu’une illusion. En nationalisant les entreprises étrangères dont les profits ne sont pas réinvestis sur place et ne contribuent pas au développement du pays, Cuba se coupe des États-unis et remet en cause la domination coloniale. En représailles, les États-unis instaure un blocus économique en particulier sur le sucre. Ce sont les achats massifs de l’URSS qui sauveront les cubains de la famine. Contre l’impérialisme et le colonialisme, l’internationalisme des forces de gauche doit se mobiliser.

Congrès de l’Union des Grandes Écoles (U.G.E.)

La tendance favorable à une collaboration étroite avec l’U.N.E.F. l’a emporté. La minorité n’a pas participé à l’élection du bureau : ses membres « apolitiques » sont favorables généralement au recrutement autonome des grandes écoles, donc opposés à la réforme proposée par la majorité prévoyant une propédeutique qui préparerait simultanément aux grandes écoles et aux facultés.

(Extr. Analyses et Documents N°12, 20 Avril 1961)

Relance de l’action commune pour la négociation

La journée du 1er mai, journée de solidarité internationale, doit être l’occasion d’exercer une  pression forte sur le gouvernement pour l’ouverture des négociations pour la paix et l’indépendance en Algérie. Cette journée devra être la plus unitaire possible  et avoir comme mot d’ordre essentiel : la Paix en Algérie. Appel du Bureau National du P.S.U. signé Edouard Depreux, Secrétaire Général.

Tribune Socialiste n°49 – 15 avril 1961

Les saboteurs de la paix

L’assassinat de Camille Blanc, Maire d’Evian est le récent crime de l’O.A.S . L’assassinat est devenu une méthode politique qui est pratiquement impunie si ce n’est par des condamnations symboliques et donc encouragée. Un vrai travail d’assainissement de la vie politique française devrait être fait car les plastiqueurs effectifs ne sont que le bras armé des ultras qui refusent la négociation et la paix. Appel pour une riposte populaire pour imposer la paix et réduire les plastiqueurs et leurs commanditaires au silence.

Communiqué du Bureau National

Constat est fait avec satisfaction que le Général de Gaulle accepte désormais la thèse d’une Algérie indépendante et souveraine, ce qui constitue une victoire pour le peuple algérien et tous ceux qui se sont battus pour la paix. Cependant le Bureau insiste pour que la lutte unitaire de toutes les organisations s’accentue pour exiger l’ouverture immédiate de négociation préalable avec le G.P.R.A et la reconnaissance du principe d’indépendance sur tout le territoire de l’Algérie

Vaines menaces

Voyages en province et conférence de presse du Général le 11 Avril, soulignent l’évolution de l’attitude de De Gaulle qui accepte enfin l’indépendance de l’Algérie. Cependant cette indépendance est proposée sous la forme d’une association et non d’une réelle indépendance. Le gouvernement français exerce un chantage odieux avant toute négociation, sans oublier que la question de l’occupation du Sahara reste pour lui, une question non discutable. Des déclarations inadmissibles qui renforcent l’opposition du G.P.R.A. et du F.L.N. Des astuces et périphrases qui ne témoignent pas d’un grand courage moral et qui s’inscrivent en porte à faux avec le grand mouvement de décolonisation mondial.

1er Congrès national PSU, Clichy

Un Congrès dont le texte de présentation des résolutions adoptées donne les orientations : « Pour le renversement du régime gaulliste, pour le front socialiste ». Gilles Martinet  est rapporteur de la motion majoritaire.C’est dans la perspective du socialisme que le PSU propose la création d’un front socialiste unissant toutes les forces de gauche sur une base d’égalité de toutes les organisations politiques, syndicales, ouvrières, paysannes, universitaires, sociales et de jeunesse. Pour cela le parti doit se développer et être largement ouvert. Ont été approuvées les déclarations sur l’Algérie, l’enseignement, la laïcité dans l’enseignement. L’aide au pays sur la voie du développement doit faire partie également des réflexions du parti.

Tribune Socialiste n°48 – 8 avril 1961

Un pilori pour les ennemis de la paix

Alors que des négociations devaient avoir lieu à Evian le 7 avril, et qu’on pouvait espérer une avancée vers la paix, le G.P.R.A. annonce qu’il ne sera pas présent, suite au discours maladroit de M.Joxe. Les prises de position du gouvernement français et son manque de transparence sur ses intentions, comme le ton hautain de De Gaulle agacent les algériens. Pierre Mendès-France insiste pour que les forces de la paix intensifient la pression pour que s’ouvrent rapidement de vraies négociations pour l’autodétermination et le respect de l’intégrité du territoire algérien, Le G.P.R.A, reste le seul interlocuteur possible.

Tribune Socialiste n°47 – Avril 1961 (spécial Congrès)

Où en est l’U.N.E.F au lendemain du congrès de Caen ?

Le secrétariat national analyse les positions prises par l’UNEF à son 50ème congrès. Il décrit l’évolution du syndicalisme étudiant et la façon dont il aborde les questions d’actualité qui lui sont posées. L’action de l’UNEF se caractérise par ses prises de positions sur la co-gestion des œuvres universitaires menacée par les récentes décisions gouvernementales. La question du logement étudiant envisagée dans une perspective de l’aménagement du territoire n’est pas absente de sa réflexion tout comme la refonte nécessaire des structures de l’enseignement dans son ensemble pour une démocratisation de l’accès à l’université et son ouverture à de véritables débouchés professionnels correspondant à la valeur des études. Les motions présentées au congrès exigent que l’UNEF soit soutenue par l’ensemble des forces de gauche et notamment le PSU.

2ème Conférence nationale E.SU.

Élection d’un nouveau secrétariat national étudiant, dont Yves Tavernier est secrétaire général, et Jean-Pierre Delaville, secrétaire national adjoint . Il est décidé une amplification de l’action des E.S.U en milieu étudiant contre la guerre d’Algérie. La Conférence souhaite aussi un investissement plus large dans la vie de l’U.N.E.F ainsi qu’un engagement plus affirmé sur la revendication de l’allocation d’étude.
Est en outre élu un « Comité de coordination étudiant », plus large que le SNE (qui se réunit le 27 mai, puis en novembre) . A cette date est paru un Bulletin intérieur des E.S.U. qui affirmait la stratégie du « front socialiste ».

Tribune Socialiste n°46 – 25 mars 1961

50ème Congrès U.N.E.F.

Le 50ème Congrès de l’U.N.E.F à Caen est un congrès de consensus. Le rapport moral du Président sortant, Pierre Gaudez, est adopté par 701 mandats contre 70. C’est aussi le Congrès de la lutte contre la guerre d’Algérie, de la réconciliation avec l’Union Générale des Etudiants Musulmans d’Algérie (UGEMA) et des engagements étudiants contre la guerre. Les travaux du Congrès soulignent l’importance à donner aux problèmes universitaires, telle la démocratisation de l’enseignement, la promotion sociale en lien avec la transformation des structures économiques. Alain Geismar et Dominique Wallon font le compte rendu de ce Congrès pour Tribune Socialiste.

Tribune Socialiste n°45 – 18 mars 1961

Vers un grand congrès d’unité socialiste

En amont du congrès, appel d’Édouard Depreux à l’unité, alors que le P.S.U. n’est pas monolithique. Pour lui, la diversité des familles spirituelles socialistes peut être une cause d’enrichissement, si l’esprit de clan est résolument banni. Appel pour la construction d’un vrai socialisme, vers une véritable démocratie non plus seulement politique, mais économique et sociale qui devra être irréversible. Il déclare : «  Notre « j’accuse » se doit d’être percutant et complété par l’élaboration et la diffusion d’un programme s’attaquant à la structure même du régime. »

Deux jeunes arrêtés à Marseille pour leur refus de la guerre…

Paul Grosz et Victor Savary, militants du P.S.U. sont arrêtés à Marseille suite à une lettre adressée au Président de la République pour lui faire connaître leur refus de participer à la guerre d’Algérie.

Le colloque de Grenoble, Charte de l’autodétermination

En organisant à Royaumont, puis à Aix-en-Provence et aujourd’hui à Grenoble des Colloques juridiques largement ouvert à tous les représentants des activités spirituelles, politiques ou syndicales, l’Association pour la sauvegarde des institutions judiciaires et la défense des libertés individuelles, présidée par le Bâtonnier Thorp a voulu définir sur le plan du droit les bases juridiques permettant le rétablissement de la paix en Algérie par une application rapide et loyale de l’autodétermination. Le colloque confirme les résolutions des autres colloques sur les garanties des libertés individuelles notamment en ce qui concerne les saisies de journaux, l’internement administratif, les procédures pénales exceptionnelles et les atteintes à l’intégrité corporelle des prévenus. Gilles Martinet affirme dans son éditorial que la paix doit être conquise et non attendue.

Tribune Socialiste n°44 – 11 mars 1961

Le monde étudiant en 1961 : ville ouverte, cité nouvelle

L’auteur présente une analyse sociologique de l’étudiant de l’après guerre à 1961 : ses besoins, ses problèmes et ses attentes. Il expose l’évolution du mouvement syndical étudiant au travers des réponses données aux étudiants par l’U.N.E.F. C’est à la sortie de la guerre un syndicat gestionnaire puis il devient revendicatif dans un contexte où les relations entre Université et économie évoluent rapidement . Le régime gaulliste cristallise une progression de la conception syndicale chez les étudiants, sans doute encore plus sentie que raisonnée et exprimée mais bien présente.

Situations diverses, traits communs

Comment les jeunes des différents groupes sociaux (ouvriers, paysans, étudiants, femmes…), face à la nomadisation, aux problèmes d’insertion professionnelle, aux incertitudes sociales, à l’action syndicale… s’intègrent-ils dans la société adulte ?

Comité de solidarité pour les victimes de la répression due à la guerre d’Algérie

Cote : DIRECTIVES

Mise en place d’un comité de Solidarité pour les victimes de la répression due à la guerre d’Algérie sous la présidence de Laurent Schwartz. Chaque section sera taxée d’1 NF par adhérent.

N° 45Bis
8 Mars 1961
27 x 21 cm, 2 p.

Association Générale des Étudiants de Bordeaux

Jean Dumas, président de l’A.G.E.B. dans une lettre à Monsieur le Recteur, explicite le mouvement de grève des restaurants universitaires au Recteur. En gestionnaire responsable, il indique que de nombreuses améliorations techniques pourraient être apportées à la restauration et souligne la nécessité d’apporter un meilleur soin à la confection des repas.

Tribune Socialiste n°43 – 4 mars 1961