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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Les étudiants du marché commun ont une position unanime sur l’Europe

Les délégués des Unions Nationales d’Étudiants des pays du Marché Commun et de l’Angleterre ont participé à une rencontre à Bruxelles pour deux journées d’études sur l’Europe. Pour les étudiants, le plus important est de ne pas se laisser enfermer dans l’Europe mais aussi avoir des rapports avec les étudiants des pays de l’Est. Tous, au-delà des aspects techniques, ont affirmé qu’ils n’entendaient pas appliquer une politique qu’ils n’ont pas choisie. L’U.N.E.F. est satisfaite de se voir reconnue comme interlocuteur au détriment de la F.N.E.F. qui n’a pas été autorisée à assister aux débats.

Pour une laïcité positive

Définir une laïcité positive c’est se rapporter au principe de l’école ouverte à tous. Pour cela, il ne faut plus seulement s’attacher au cadre scolaire mais aussi au contenu de l’enseignement. L’enseignement doit répondre aux besoins de l’ensemble des citoyens. Une véritable visée laïque exclut tout conservatisme culturel. Plutôt que de se consacrer à de pénibles compétitions pour définir la véritable laïcité et la meilleure tactique pour la défendre il conviendrait que les plus conscients et les plus progressistes s’unissent pour définir une stratégie nouvelle du combat laïque. Il faudrait assurer une école dégagée de tout confessionalisme et un enseignement qui corresponde aux nouveaux besoins technologiques, industriels. L’école et l’Université devront se préoccuper d’offrir aux jeunes une formation sociale qui leur permettra un comportement actif et responsable dans la vie locale ou national et des analyses face aux problèmes internationaux. Laïcité et démocratie participent du même combat.

Laïcité et classes moyennes

ICe texte intitulé « Laïcité et classes moyennes » est un extrait de l’ouvrage « Qu’est-ce que la littérature » signé Jean-Paul Sartre.Il définit la classe moyenne comme la petite bourgeoisie laborieuse et libérale qui a pris conscience d’elle-même à l’occasion de son triomphe dans l’affaire Dreyfus. Cette classe moyenne veut vivre, ce qui veut dire pour elle : choisir son métier, l’exercer avec conscience et même avec passion, garder dans son travail une part d’initiative et élever ses enfants dans la dignité. Elle ne possède ni passé, ni traditions, ni l’immense espoir d’un avenir, à la différence de la classe ouvrière. Un de ses soucis intellectuels a été de fonder une morale laïque. L’Université qui appartient tout entière à cette classe moyenne s’est efforcée de fonder, sans succès, cette morale laïque. Cette morale n’a pas résisté à l’épreuve des deux guerres et s’est révélée insuffisante pour les grandes catastrophes.

Tribune Socialiste n°135 – 9 février 1963

Les coups d’État en Afrique

La presse et l’opinion ne se préoccupent pas des coups d’État à répétition en Côte d’Ivoire, au Togo ou au Sénégal sous prétexte du principe de non intervention. Lutter pour que l’indépendance de l’Afrique soit une réalité au quotidien, pour que soit chassé le capitalisme, les profits et le désintéressement en dénonçant le néo-capitalisme responsable des crises économiques comme du sous-développement est bien là la tâche des militants qui défendent l’Afrique.

Tribune Socialiste n°134 – 2 février 1963

Actualité du Léninisme

« Démocratie parlementaire bourgeoise ou démocratie socialiste « . Les étudiants de la section E.S.U. de la Sorbonne relisent les textes autour de la pensée marxiste-léniniste. Sans prendre parti ils considèrent qu’il faut relire ces textes oubliés ou mis à l’index. Ils affirment que ces textes sont d’actualité et qu’ils semblent avoir été écrits pour la gauche et l’extrême gauche françaises contemporaines.

Les travailleurs peuvent-ils gérer l’économie ?

Le Centre d’Etudes Socialistes, sous la présidence de Laurent Schwartz a organisé un débat autour de la gestion démocratique de l’économie dans un monde en changement. Le débat porte sur l’interrogation que doivent avoir les socialistes sur la forme et le contenu de la société socialiste de demain pour redonner à tous, un idéal, des buts et des méthodes d’action. Chacun des orateurs s’interroge sur ce que doit être la démocratie, et comment organiser l’autogestion de la société sans nier l’individu. 

2ème Congrès national d’Alfortville

Cote : DIRECTIVES

Résolution du 2° Congrès du PSU sur “Tribune Socialiste” : Formule du journal, diffusion, objectifs.

2ème Supplément au N° 65
30 Janvier 1963
27 x 21 cm, 2 p.

2ème Congrès du PSU, Alfortville

Ce deuxième Congrès met à jour une crise interne profonde marquée par l’éclatement du Parti en 7 tendances. Les nombreuses motions et les cinq textes d’orientation du Congrès révèle un climat de discussion très intense. Cependant, le « contrat d’unité » a tenu une large place dans les débats et certaines déclarations attestent de la volonté de consolider, malgré les différentes conceptions politiques, l’unité du parti. Les délégations étrangères, très nombreuses, ont montré aux militants l’intérêt soulevé à l’étranger par le PSU.

Réforme agraire et désir d’unité…

Albert Roux vient de passer quelques semaines en Algérie. Il a pu constater combien la guerre a laissé le pays dans une situation économique difficile. L’administration et les structures économiques manquent cruellement de personnel qualifié. Cependant les dirigeants politiques et syndicaux font tout pour préserver l’unité dans l’action pour relever le pays. Aidée par la Yougoslavie et les pays arabes, la jeune république bénéficie aussi du soutien technique de la Bulgarie, et de la Tchécoslovaquie. Ben Bella poursuit la construction de la réforme agraire.

Le Bureau politique a pris en main la centrale syndicale algérienne

Au sein du gouvernement algérien, des ministres refusent de discuter avec les représentants de l’U.G.T.A contrairement à l’accord récent entre le syndicat et le Bureau Politique. Cet article pose la question des rapports entre syndicat, parti et gouvernement puisque le Bureau Politique a pris en main la centrale syndicale algérienne. Un syndicaliste interrogé estime que chacun a un rôle différent et que le syndicat ne doit pas se couper de la masse des travailleurs.

Il faut que la gauche française se solidarise avec les emprisonnés

Six mois après l’indépendance de l’Algérie, il y a encore des français emprisonnés pour avoir refusé de porter les armes contre le peuple algérien. Une conférence de presse « clandestine » chez Tanguy-Prigent devant une quarantaine de journalistes français et étrangers avait pour but l’annonce de la création d’un comité de soutien aux Français poursuivis pour avoir refusé de porter les armes contre le peuple algérien.

Tribune Socialiste n°133 – 26 janvier 1963

La tradition du chantage

M.Herzog au cours des débats budgétaires s’est dit prêt à rétablir la subvention de l’U.N.E.F. si celle-ci accepte la présence de la F.N.E.F. au Haut Comité de la Jeunesse. Ce chantage n’est pas accepté par l’U.N.E.F. qui considère que dans la situation politique actuelle il n’y a pas d’alternative possible.

Culture et Maison des Lettres

De nouveaux locaux sont mis à la disposition des étudiants. La gestion leur est confiée. Ses moyens techniques et matériels sont très satisfaisants. L’auteur, pose pourtant la question de l’intérêt de cette nouvelle structure si les étudiants n’ont pas le désir d’utiliser ces moyens pour s’ouvrir et exprimer par tous les moyens le monde dans lequel ils vivent.

Notre problème du logement

La question du logement étudiant est une vraie préoccupation au sein de l’U.N.E.F. L’augmentation des effectifs étudiants viendra renforcer ce manque déjà dénoncé. Les cités universitaires ne sont pas une réponse adaptée et déresponsabilise l’étudiant car le prix demandé ne correspond pas à la réalité. Devant l’absence de bonnes solutions, (logement en HLM, studios chez les particuliers ou ghetto universitaire), les étudiants revendiquent une augmentation de l’aide directe et personnelle de l’Éducation Nationale pour le logement. L’U.N.E.F. revendique une allocation logement.

l’Étudiant dans le budget de l’État

Les choix budgétaires sont avant tout des choix politiques. Il est clair que les choix budgétaires de l’État se sont portés, hier et aujourd’hui, sur la défense nationale plus que sur l’Éducation . A ne pas doter l’Éducation Nationale des crédits dont elle a besoin on la condamne à ne pas pouvoir remplir sa mission de service public et l’éducation se fait en dehors : enseignement privé, recherche-industrie, enseignement agricole…. C’est à une réforme en profondeur de l’enseignement qu’il faut réfléchir (structures, contenu, méthodes, finalités). La réponse à la démocratisation de l’enseignement par l’instauration des bourses est une faillite. C’est pourquoi l’U.N.E.F. affirme que seule l’allocation d’études distribuée à tous les étudiants selon le critère unique de la valeur des études est une des conditions de la réalisation d’une vraie démocratisation de l’enseignement.

Pourquoi un syndicat ?

Partant des difficultés pour les étudiants inscrits à la Sorbonne à mener leurs études dans de bonnes conditions et pointant la pénurie qui existe à tous les niveaux, les militants syndicaux F.G.E.L explicitent les rôles et valeurs du syndicalisme et l’importance de la prise en charge collective par les étudiants eux-mêmes des questions les concernant particulièrement. Ce n’est qu’à cette condition que le syndicat deviendra un organisme démocratique. Sans cet engagement collectif c’est une structure technocratique de plus.

4ème Conférence Nationale étudiante

Les 23 et 24 Janvier 1963 se déroule la 4ème conférence nationale étudiante, peu avant la tenue du 2ème Congrès du P.S.U à Alfortville. Jacques Kergoat est réélu secrétaire général avec un secrétariat de 6 membres. À cette Conférence les clivages politiques sont perceptibles puisque le rapport moral est adopté par 179 voix « Pour » et 161 « Contre ». Il y a eu 216 abstentions et 74 refus de vote.

Le renversement du Secrétariat deux mois plus tard signe les difficultés dans un contexte de crise interne du P.S.U.

L’Exiguïté des locaux inquiète les étudiants……

La Sorbonne n’a plus la capacité à accueillir les étudiants inscrits et la situation ne fera qu’empirer avec le nombre d’étudiants attendu dans les années à venir. La Fédération des groupes d’études de Lettres propose d’être associée à la réflexion sur la construction de nouvelles facultés et d’être partenaires des choix qui seront faits pour remédier à ce manque de locaux.

Situation actuelle de l’enseignement

C’est sur des bases établies par Napoléon que s’organise l’architecture de l’enseignement tel qu’il est aujourd’hui. A chercher des solutions provisoires et à refuser une réforme d’ensemble, à traiter l’enseignement comme un parent pauvre du budget national, la situation actuelle, ne peut qu’empirer. LE PLAN LANGEVIN-WALLON rédigé en 1944 par une commission ministérielle présidée par Paul Langevin et Henri Wallon est un plan de réforme audacieux et novateur. Il n’est pourtant qu’une référence et n’a jamais été adopté. L’article en précise les grandes orientations et les principes.

Préparation du Congrès d’Alfortville

Le Congrès du PSU à Alfortville s’annonce difficile. Plusieurs conceptions du Parti s’affrontent et l’unité semble difficile à maintenir. 

Tribune Socialiste n°132 – 19 janvier 1963

Paris Droit : Minos contre majos

Les élections du début d’année ont été favorables à l’U.N.E.F. A Paris, à la faculté de Droit, l’Association des Étudiants en Droit et Sciences Économiques de Paris (A.G.E.D.E.S.E.P.), soutenue par l’U.N.E.F., a été créée et a supplanté « la Corpo », de tendance fascisante et qui a largement soutenu la création de la F.N.E.F. par le gouvernement en 1961. L’implantation d’un « Groupe d’Action Socialiste» puis d’une section P.S.U est le résultat de la mobilisation contre la guerre d’Algérie et de l’action conjointe menée avec l’U.E.C. et les jeunes militants issus de la gauche chrétienne. La création de la Licence en Sciences Économiques a par ailleurs démocratisé le recrutement dans cette faculté et a facilité l’ouverture des débats au sein de celle-ci.

Tribune Socialiste n°131 – 12 janvier 1963

Les américains et le Vietnam

carte Vietnam, Tribune Socialiste N°231, 12 Janvier 1963La destruction de cinq hélicoptères américains au Vietnam a ramené l’attention sur la situation au Sud-Vietnam. Depuis l’accord de Genève en 1954, consacrant la coupure politique de l’ancienne Indochine, le Sud-Vietnam n’a jamais trouvé son équilibre. D’une part, ce pays est dirigé par un fantoche et un despote aux mains des Américains, d’autre part la fin du colonialisme français n’a économiquement rien réglé. En revanche, les campagnes appartiennent aux guérilleros communistes, bien armés et bien encadrés du Viet-Cong qui mettent régulièrement l’armée américaine en déroute. Les officiers sud-vietnamiens refusent d’ailleurs de plus en plus d’obéir aux ordres des militaires américains. Il semblerait donc qu’une fraction de plus en plus large de la société vietnamienne se lasse du joug colonial de Washington et que le dollar n’est pas l’arme absolue.

La retraite à 60 ans : un mauvais palliatif au chômage

Maurice Schumann vient de déposer une proposition de loi tendant à abaisser l’âge de la retraite de 65 à 60 ans pour les hommes et à 55 ans pour les femmes, avec une pension de 40% du salaire moyen. Un des arguments pour appuyer sa proposition est que l’abaissement de l’âge de la retraite permettrait d’éviter le chômage à venir. Or, on sait que le chômage est évité plutôt par le niveau de qualification professionnelle et des investissements productifs. S’il est important de réserver un traitement particulier aux catégories de travailleurs des métiers pénibles, il faut remettre en question d’abord et avant tout le niveau de rémunération des retraités et l’organisation de la production.

Tribune Socialiste n°130 – 5 janvier 1963

Le neutralisme cubain est-il possible ?

Contre l’impérialisme américain , la dialectique révolutionnaire devient de plus en plus inflexible et le neutralisme a disparu face à la force de conviction révolutionnaire des cubains.