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Sauvageot

Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Saint-Nazaire, menace de chômage

À Saint Nazaire, le 16 Décembre 1963, à la demande des organisations syndicales, s’est tenue une importante réunion sur les difficultés de l’emploi . La Direction des Chantiers a toujours refusé l’implantation d’autres industries spécialisées à St Nazaire, la productivité des ouvriers a augmenté considérablement, ces deux facteurs entraînent une diminution de l’offre de l’emploi. La seule réponse du patronat et du gouvernement est la baisse du pouvoir d’achat et des emplois dans d’autres régions. Face à cette réalité, les syndicats annoncent la constitution d’un Comité de défense de l’emploi dans la région nazairienne afin de coordonner l’action de toute la population. Pour le succès des revendications il faudra étendre le mouvement à toute la Loire-Atlantique touchée largement par les licenciements dans la métallurgie.

Tribune Socialiste n°174 – 21 décembre 1963

Les étudiants dans la nation

Guy Penne, ancien Président de l’U.N.E.F., rappelle l’évolution de l’U.N.E.F. et du syndicalisme étudiant depuis 1945, la doctrine et les revendications du syndicat, son implantation dans le milieu étudiant, et son engagement politique pour la défense de l’université démocratique.

Tribune Socialiste n°173 – 14 décembre 1963

Aménagement du territoire et luttes sociales

Le Cercle Populaire d’Études de la Région Sud-Ouest a publié un rapport sur la nécessité de l’expansion régionale et a exprimé son opinion sur l’aménagement du territoire. L’opinion a compris qu’elle les touche matériellement. Les travailleurs, avec les organisations paysannes et ouvrières, doivent regrouper leurs forces en fonction d’objectifs communs afin que l’aménagement du territoire soit conforme à leurs intérêts. L’exemple de la grève des mineurs montre que sans des objectifs de lutte englobant tout un secteur régional et économique, sans une réflexion globale, sans unité ou sans liaison avec les mêmes secteurs d’autres régions la lutte est isolée et n’engendre qu’un recul des conditions de vie et de travail.

Coup de force patronal à la R.V.B

Le scandaleux licenciement pour « grève illicite » de 220 ouvriers , employés et techniciens soit 80% du personnel d’une usine d’outillage de haute précision dans le 20ème arrondissement de Paris a provoqué une réaction unanime des travailleurs. Ce coup de force constitue une atteinte au droit de grève dans le secteur privé. Un comité de soutien syndical et politique, s’est créé pour organiser la solidarité et alerter l’opinion. Seule la pression populaire et syndicale pourra faire plier la direction de l’usine.

Haut-Rhin, fermeture d’une usine

La fermeture de l’usine Salin dans le Haut-Rhin, a entrainé le licenciement de 160 ouvriers. Le vendredi 29 Novembre une réunion publique a eu lieu à Soulz.  Les délégués syndicaux, les travailleurs de l’usine Salin et d’autres usines de Soulz ont pris la parole et ont décidé la création d’une communauté de travail. L’unité d’action des travailleurs et des syndicats est indispensable pour faire entendre le droit à la sécurité de l’emploi et l’extension des libertés syndicales.

Proposition de la création de « comités d’alternative au gaullisme »

Jacques-Arnaud Penent, secrétaire National des E.S.U., après le succès des grèves en faveur des mineurs, propose  la création de Comités d’Alternative au Gaullisme. Nécessité de définir les perspectives politiques de tels comités posant clairement le problème de l’Alternative Socialiste au régime gaulliste. 

Tribune Socialiste n°172 – 7 décembre 1963

6ème Conférence nationale étudiante

La 6ème Conférence nationale étudiante est ouverte le 7 décembre 1963, sous la présidence de François Rousset. Cette C.N.E. élit un « comité national étudiant » de 27 membres. Cette C.N.E. constitue un nouveau départ pour les E.S.U. et appelle les militants à reprendre l’initiative pour une Université nouvelle socialiste, liant les revendications étudiantes au renversement du régime gaulliste et à l’instauration d’une démocratie socialiste. Cette Conférence propose aux organisations étudiantes des campagnes d’action s’inscrivant dans une réflexion socialiste pour une « université nouvelle, socialiste et ouverte à tous » : unité de toutes les forces socialistes contre le régime dans le cadre du « Front Socialiste », salaire étudiant, adaptation des structures universitaires et de l’enseignement aux besoins nouveaux d’une démocratie socialiste en lien avec les mouvements anti colonialistes.

La politique du contre-plan

À la suite du Congrès de la Grange-aux-Belles, le PSU lance un appel aux organisations des travailleurs, de la jeunesse et du monde enseignant afin d’établir en commun un « contre-plan ». Cet appel est le point de départ d’une campagne d’explication et d’action pour la lutte contre le régime personnel et technocratique. Il faut que ce « contre-plan » prenne en compte les évolutions de la société et fédère toutes les forces de gauche au travers des confrontations et des discussions publiques au-delà des revendications catégorielles ou défensives. C’est une proposition de discussions ouvertes, et d’actions communes pour aller au-delà d’une unité qui ne serait que défensive.

Des humoristes

Des militants UNEF interrogent Sempé, Moisan, Effel, Siné, Louis Mitelberg  et nous font découvrir le monde des humoristes : leurs aspirations, leurs angoisses, leur travail. Artistes, ils sont les témoins d’un monde en mouvement.

La culture en question

Qu’est-ce que la culture, qu’apporte-t-elle à l’homme cultivé ? Comment réagir face à la « massification » de la culture ? François Mauriac, Jean Cau, Claude Lévi-Strauss, Claude Roy, Adamov ne donnent pas une réponse mais des réflexions et témoignent sur leurs expériences. L’intelligence, le savoir ne sont rien, sans une lucidité de l’homme dans la société où il vit, face à face avec ses divers modèles culturels. L’homme cultivé a besoin des rapports avec la nature et la société des autres hommes. Ces rapports sont sans cesse à redécouvrir. Ces témoignages parlent d’humanisme, d’engagement et de barbarie.

Tribune Socialiste n°171- 30 novembre 1963

Assemblée Générale U.N.E.F.

La semaine de grève à l’Université, s’est terminée pour l’U.N.E.F. par 2 journées d’Assemblée Générale pour faire le point sur les grands problèmes du mouvement, tant dans le secteur universitaire que dans le secteur intérieur, le secteur jeunesse ou sportif. Un bilan de la grève qui permet d’envisager les modalités d’actions concrètes à envisager en particulier autour de la cogestion. Compte rendu des principales décisions prises par cette assemblée générale

Finistère, l’avenir économique sacrifié une fois de plus

Dans le Finistère, l’avenir économique de la région est une fois de plus sacrifié. Des délégués syndicaux se sont réunis à Brest le 26 Novembre 1963 pour un échange de vue sur la situation économique du département. S’ils se sont félicités de la création d’emplois nouveaux avec l’implantation de l’usine électronique C.F.S. , ils tiennent cependant, à souligner que le grave problème du plein emploi est loin d’être résolu. Le budget de 1964 ne permettra pas à la région de se développer, aussi ont-t-ils décidé de prendre toutes les initiatives nécessaires pour s’opposer à la politique antisociale du gouvernement.

Dossier formation. N° 4 : les réponses politiques du PSU

Cote : PSU-DOC

– Le sens des luttes actuelles – La lutte pour le contrôle – La force autogestionnaire – L’unité populaire

053 Suppl.
1973 – Novembre
21 x 29,7 cm, 18 p.

La grève à l’Université

Martine Micheland, Vice-présidente de l’U.N.E.F., comme Michel Mousel dans leur analyse soulignent que ce n’est pas une grève comme les autres car les étudiants ne se sont pas mobilisés seulement sur les budgets de misère alloués à l’enseignement supérieur. D’autres mots d’ordre, d’autres voix ont été entendues : «Non au bachotage», «Salaire étudiant », «Des cours, pas de sermons» . Ils ont fait grève, ils ont manifesté parce qu’ils veulent un changement des méthodes et des contenus de l’enseignement mieux adapté à la réalité économique et à l’avenir. Dans toutes les villes une réelle réflexion avec et autour des professeurs a eu lieu et la grève a été l’occasion d’une réelle mobilisation intérieure. On assiste à une prise de conscience syndicale du milieu étudiant.

Tribune Socialiste n°170 – 23 novembre 1963

Autogestion et voies du socialisme au premier congrès des Fellahs

Ce premier congrès des entreprises agricoles autogérées a été le congrès de la démocratie directe où pour la première fois les paysans ont été pris en considération et ont pu s’exprimer. Ils n’ont pas ménagé leurs critiques : mal payés, mal approvisionnés, sans matériel ni semences. Le discours d’introduction de Ben Bella aborda d’emblée ces problèmes qui ont d’ailleurs fait l’objet des quatre résolutions adoptées à l’issue du congrès. Le but de ces résolutions est d’alléger la bureaucratie, éliminer les intermédiaires parasites et donner à l’autogestion son véritable sens. Une période transitoire préparatoire au socialisme devra combiner nationalisations, planifications et réflexions sur le marché, ainsi que l’exprime un journaliste dans son compte rendu pour la revue « Révolution Africaine ».

Comités mixtes

Analyse de la cogestion à l’Université en tant que structure de partage apparent ou réel du pouvoir et de la place du syndicat dans cette cogestion.  Les comités mixtes symbolisent toutefois un nouveau type de rapports entre enseignants et étudiants et pourraient être l’expression de la revendication d’un autre statut universitaire des étudiants.

3ème Congrès national du P.S.U., Paris

Le 3ème Congrès du P.S.U. s’est tenu à Paris, Salle de la Grange-aux-Belles. C’est le Congrès de la stabilisation après la crise qui a duré toute l’année.Le P.S.U, se positionne sur le terrain économique et social et présente le programme du contre-plan en réponse aux décisions économique du gouvernement. L’unité de tous les travailleurs et l’unité des organisations politiques et syndicales devront constituer le véritable pacte de l’opposition socialiste. Les textes d’orientation majoritaire et minoritaire sont présentés successivement dans le compte rendu du Congrès.

 

Tribune Socialiste n°169 – 16 novembre 1963

Nouvelle relance possible du marché commun agricole

La mise en place de la politique agricole commune pose de réelles difficultés, en particulier pour les céréales, car elle se heurte à la politique agricole différente dans chaque pays. Devant ces difficultés Sicco Mansholt, Vice-Président de la commission,  propose pour le marché des céréales un prix indicatif unique fondé sur les deux principales zones déficitaires de l’Europe. Pour ne pas diminuer le niveau de vie des producteurs allemands ou italiens une compensation sera attribuée par la C.E.E. Il serait urgent que les socialistes européens s’emparent de cette question et proposent une Europe loin de la logique capitaliste.

Loire-Atlantique : vers le chômage

En Loire-Atlantique, le spectre du chômage est bien présent. Aux « Chantiers », à « Sud Aviation » ou encore aux « Batignolles », les salariés sont en grève contre la diminution du temps de travail et des salaires du fait du manque de commandes et ce malgré les aides de l’État et les dividendes perçus par les actionnaires. La création d’un complexe sidérurgique en Loire-Atlantique pourrait résoudre cette grave crise industrielle de la région. L’exploitation de ce complexe devrait cependant être confiée à une société publique et non à des industries privées compte tenu des fonds publics attribués à la sidérurgie. Jusqu’ici cela n’a pas été le choix du IVème Plan.

Tribune Socialiste n°168 – 9 novembre 1963

La rentrée solennelle de l’Université

M.Fouchet, Ministre de l’Éducation Nationale n’a pas assisté à la rentrée solennelle de l’université. Le Ministre de l’Intérieur l’a remplacé. Chacun peut lire dans ce remplacement l’affirmation par le gouvernement de remettre au pas l’Université. Ce dernier fustige les manifestations du 7 Novembre contre les réformes, que le gouvernement estime justes et nécessaires. La semaine de grève prévue à la fin du mois de novembre donnera une idée de la combativité des étudiants face aux réformes universitaires.

Toujours Fouchet

Manifestation à la Mutualité organisée par la Fédération des Associations de parents d’élèves des lycées et des collèges. Cette Fédération s’était jusqu’à présent tenue à l’écart des rassemblements et activités du C.N.A.L et n’est pas un adversaire du régime, mais comme le souligne son Président « devant l’accumulation des déficiences, des lacunes, des erreurs, nous n’avons pu taire notre mécontentement » La motion adoptée à l’issue de la réunion déclare que le budget de l’Éducation Nationale doit être considéré comme prioritaire. La Fédération réclame un programme d’urgence permettant l’établissement d’un véritable plan de redressement pour l’éducation, la revalorisation des salaires des enseignants et l’accélération des constructions scolaires.

Brest, malgré l’interdiction manifestation de rue contre M.Fouchet

Le Comité d’action laïque du Finistère a décidé de profiter de la venue de M.Fouchet, Ministre de l’Éducation Nationale, pour manifester leur mécontentement devant les conditions déplorables de la rentrée et les conditions d’exercice de l’enseignement public. Une motion publique et un appel à la grève a été lancé. La grève a été suivie à 100% dans les écoles primaires et 90% dans les établissements secondaires. La manifestation, prévue le jour de l’arrivée du ministre, bien qu’interdite, a été largement suivie.

Loire-Atlantique, ouvriers et paysans manifestent ensemble à Issé

Vendredi 23 Novembre les ouvriers de l’usine de plastique Antar, en grève depuis 10 jours, ont organisé une manifestation devant la mairie de Jussé pour demander une augmentation de salaires de 6%, la 4ème semaine de congés payés et le paiement des heures de fermeture temporaire. Pour la première fois ils ont été rejoints par les agriculteurs qui ont expliqué que leurs intérêts étaient communs. Le PSU salue cette fraternité ouvriers-producteurs.