56ème Congrès de l’U.N.E.F., Lyon
Le texte d’orientation présenté par Caen et Dijon présente une analyse de l’Université en la positionnant par rapport à l’évolution des technologies et du rôle de l’Etat tant dans la fonction productive qu’idéologique. Les sections de Caen et Dijon insistent sur le champ d’action autonome de l’Université et l’importance de l’action syndicale. L’action syndicale de l’UNEF, au-delà des débats théoriques, participe à la transformation démocratique de l’Université et à la prise de conscience politique des étudiants. Les thèmes et les mots d’ordre de luttes prolongent le cadre de réflexion pour une action concrète et immédiate contre le plan Fouchet, contre les plans de réformes qui touchent directement la vie sociale des étudiants, contre la réorganisation des études.
Le texte d’orientation présenté par l’AGE de Saint-Etienne est encore plus précis sur les difficultés rencontrées par les étudiants, et sur les propositions concrètes de luttes contre l’orientation Aigrain et les interventions du pouvoir. Il définit des axes de luttes pour la rentrée et explicite la politique de masse pour la mise en place d’une université démocratique. Enfin sur le plan international, il dénonce la situation au Vietnam.
C’est à ce Congrès que les militants étudiants E.S.U. se présentent au sein du Bureau National U.N.E.F.
Pierre Vandenburie est réélu président ; Jean-Daniel Bénard est secrétaire général ; Deux « délégués universitaires » : Jacques Sauvageot et Robert Andrei sont élus.
Les résolutions majoritaires et minoritaires, 5ème Congrès
Le PSU dans la coalition de la gauche : résolution majoritaire
La résolution majoritaire aborde la question du rapprochement avec les forces de gauche, notamment F.G.D.S et PCF, suite aux résultats encourageants des élections législatives. Il s’avère nécessaire pour le PSU de franchir de nouvelles étapes pour l’instauration d’une société socialiste. Les regroupements ou les fusions, sous certaines conditions, s’imposent au-delà des seules circonstances électorales. Le PSU cherchera des possibilités de rapprochement à court et moyen terme et des discussions sur les sujets qui sont divergents au sein de la gauche seront programmées. Dans l’esprit du front socialiste le PSU engage ses sections et ses fédérations à prendre l’initiative de constituer avec la F.G.D.S. et le PCF des comités locaux pour entreprendre des actions communes afin de mobiliser les militants dans un esprit d’unité.
Pour l’insertion du PSU dans la coalition de gauche : résolution minoritaire
La résolution des militants minoritaires va beaucoup plus loin et demande que le PSU s’engage dans un pacte d’association avec la F.G.D.S. pour faire progresser la politique de renouvellement et d’unité. L’exigence est la garantie de la liberté d’expression. La résolution aborde la possibilité d’une confédération de la Gauche s’ouvrant aux centrales syndicales, aux coopératives, aux associations culturelles pour former les prémisses d’un grand parti des Travailleurs de type nouveau.
En complément Lire aussi La lettre N°24, Décembre 2016 de l’IED (Institut Edouard Depreux) , texte de Jean-François Merle à propos de la succession d’Edouard Depreux et du rapprochement des forces de gauche. Michel Rocard successeur d’Edouard Depreux
Pour la victoire de toute la Gauche, 5ème Congrès PSU
« Pour la victoire de toute la Gauche » Editorial de Michel Rocard Spécial 5ème Congrès Tribune Socialiste.
La victoire de la gauche est aussi indispensable que celle de l’unité de toute la gauche. Le PSU a ratifié cet objectif par plus des deux tiers des mandats lors de son 5ème Congrès. Cependant, l’association puis l’adhésion du PSU à la Fédération de la Gauche démocrate et socialiste (FGDS), position des minoritaires (Martinet, Poperen, Beregovoy) n’a pas été retenue par ce Congrès.
Pour remporter la victoire des prochaines élections, la gauche doit rallier plus de 5% d’électeurs nouveaux. La gauche ne pourra gagner que si elle inspire confiance. Pour cela il faut associer le mouvement syndical, les mouvements de jeunesse, les conseils de résidents, comme les associations d’éducation populaire à la définition de solutions nouvelles nécessaires au pays pour un véritable changement. Ce changement doit tenir compte de la situation économique, des difficultés du monde agricole, de la crise industrielle et de sa nécessaire transformation, du souhait du mieux vivre. Un dialogue avec toutes les forces de gauche, notamment la FGDS, permettra de faire comprendre que la gauche n’a pas d’autre tâche que de préparer un avenir meilleur.
Résolution de politique internationale, 5ème Congrès
Le 5ème Congrès du PSU, conscient de l’importance déterminante de la politique internationale, se doit, dans le contexte actuel, de proposer des formes d’action qui correspondent aux exigences de la situation. La guerre au Vietnam constitue l’affrontement principal contre l’impérialisme américain. En Amérique latine, la victoire de la révolution cubaine doit être saluée. Le PSU apporte en toute clarté son soutien à Cuba révolutionnaire, conscient que cette révolution est menacée en permanence en raison de son rôle de foyer anti-impérialiste. Par ailleurs le PSU dénonce le recours à la force policière aux Antilles. Il se positionne, également, pour une Europe démocratique et socialiste. Enfin abordant la question du Moyen-Orient, le PSU aspire à la reconnaissance simultanée des droits et aspirations nationales du peuple Israélien et du peuple arabe de Palestine. Il demande le droit à l’indépendance des Etats du Moyen-Orient, le développement des forces socialistes et l’éviction des intérêts impérialistes étrangers.
Les campagnes d’action, 5ème Congrès
Le 5ème Congrès du PSU a défini son programme d’action. Ont été reconnus comme prioritaires les questions relatives à la jeunesse, à l’enseignement et aux femmes. Toutefois, l’action du Parti devrait également se développer dans le secteur agricole et de la santé comme celui de l’insertion sociale des femmes. Les actions doivent donner lieu à des projets ou contre-projets soutenus par les élus du Parti, notamment au Parlement. Les fédérations ont un rôle de coordination et d’information sur ces campagnes d’action. Des études plus approfondies, dans les secteurs prioritaires, seront soutenues et animées par les grandes commissions nationales afin de développer une réflexion politique en lien avec la formation des militants.
Motion de la commission « organisation »
La commission « organisation » du PSU souligne la nécessité de prendre des mesures en ce qui concerne le fonctionnement du Parti pour permettre aux orientations décidées au Congrès de ne pas rester lettre morte. Le Bureau National a besoin d’un profond renouvellement dans son organisation interne pour tenir compte de la diversité politique du Parti. Il désignera plusieurs secrétaires chargés de tâches précises, comme des responsables de Commissions permanentes dont le rôle est d’animer les grands secteurs d’activité du Parti (Commission économique et sociale, formation, propagande, affaires internationales, finances, enseignement, jeunesse, femmes). Une structure nouvelle pour la jeunesse est créée compte tenu du nombre important de nouveaux adhérents parmi les jeunes. Une liaison entre les fédérations, les régions et le Comité Politique National devra être renforcée afin de faire mieux connaître, au niveau national, les expériences en cours.
Revue internationale du socialisme n° 21. Amérique latine : la poudrière
Cote : RIS – REVUE INTERNAT SOCIAL
Editorial Grèce: leçons du coup d’Etat Amérique latine: la poudrière Problèmes et perspectives Victor Alvès, Le capital étranger au Brésil James Petras, Les classes dirigeantes Marina Piazza, L’expérience colombienne Sergio de Santis, Chili: la voie électorale Documentation, Fidel Castro, Che Guevara, Venezuela Michael Barratt – Brown, La déception travailliste Stanley Weir, Révolte dans les syndicats Manuel de Lucena, Fatima : la religion utile Jean Auger, La grève tam-tam Maurice Labi , Les pouvoirs spéciaux Lelio Basso, Rapport au Tribunal International des crimes de guerre au Vietnam Michèle Salvati, Valeurs et structures
ALVES – PETRAS – PIAZZA – DE SANTIS – BARRATT-BROWN – WEIR – DE LUCENA – AUGER – LABI – BASSO – SALVATI
21
Juin 1967
22 x 15 cm, 190 p.
Pour un urbanisme socialiste, 5ème Congrès PSU
Le 5ème Congrès définit ce qu’est pour le Parti un urbanisme socialiste et expose son plan d’action à mettre en place à l’échelon national et régional. Question essentiellement politique, l’urbanisme concerne l’individu dans ce qu’il a de plus profond : sa vie affective, son travail, ses loisirs et ses critères culturels. C’est pourquoi le P.S.U. ne limitera pas ses préoccupations à la seule question du logement mais l’intégrera à une conception urbaine d’ensemble (habitat, travail, loisirs, besoins individuels et collectifs). Il souhaite que les pouvoirs et les moyens financiers à l’échelon local soit plus développés pour une prise en charge d’une planification urbaine et économique au-delà des seuls intérêts privés industriels et commerciaux mais tenant compte des besoins de tous.
Vème Congrès du P.S.U
Les 22, 23 et 24 Juin 1967 se tient le Vème Congrès du P.S.U. à Paris à la Maison des Métallurgistes. Défaite des unitaires qui (autour de Gilles Martinet, Jean Poperen et Pierre Bérégovoy) souhaitent l’association puis l’adhésion du P.S.U. à la F.G.D.S. La majorité (autour d’Édouard Depreux, Michel Rocard et Marc Heurgon) prône au contraire l’autonomie du P.S.U. Michel Rocard devient secrétaire national du P.S.U
Le silence du Tiers-Monde
Des mouvements et actions de soutien au peuple vietnamien sont de plus en plus nombreux en Europe. Le Tiers-monde lui, se tait ou se contente, faiblement, de désapprouver. Pourtant chacun sait que tous ces pays, qui sont toujours exploités, dont les pouvoirs sont amputés et qui sont obligés de quémander des aides pour pouvoir développer leur économie, sont tout à fait solidaires des vietnamiens. Malheureusement, Il n’y a pas de troisième voie pour ces pays qui ne peuvent s’affranchir réellement de toute domination et exploitation de la part des pays développés. La France a dans ce contexte une position ambigüe. Le Général de Gaulle passe pour « le champion du Tiers-monde » mais la décolonisation, au-delà des discours, n’a pas oublié les intérêts français. L’attitude de la France est identique à celle des U.S.A. . L’analyse objective de ce génocide met en cause bien d’autres pays que les U.S.A.
Pour une confrontation des socialistes au Moyen-Orient
Le conflit israélo-arabe pose aux socialistes français la question de la définition des guerres « justes » et « injustes ». Au-delà des positions passionnelles, S. Mallet affirme que « la paix ne peut se faire qu’en s’appuyant sur les forces socialistes israéliennes et arabes pour trouver les solutions qui favorisent l’établissement d’une paix durable au Moyen-Orient. »
Vive la paix
Cet éditorial a été rédigé avant que le Conseil de Sécurité n’ait voté à l’unanimité un appel au cessez-le-feu. Le P.S.U approuve le cessez-le-feu mais reste conscient cependant qu’au-delà, des négociations sur tous les problèmes du Moyen-Orient doivent s’engager pour assurer une paix durable. En sus du vieil antagonisme Israélo-arabe G. Martinet souligne lui aussi, l’importance de la lutte contre l’impérialisme américain dans ce conflit.
Guerre des 6 jours
Guerre des « six jours ». L’armée israélienne s’empare du Sinaï égyptien, du plateau du Golan, de la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem Est.
Un impératif humain : la paix au Moyen-Orient
A quelques jours de la guerre dite des « 6 jours » déclenchée par Israël contre ses voisins arabes, à la suite du blocus du détroit de Tiran, E.Depreux dénonce l’impérialisme des U.S.A. et appelle aux respects du droit de toutes les minorités.
États généraux pour la paix au Vietnam
La réunion des États généraux pour la paix au Vietnam constitue un grand succès. Les 3000 délégués venus de toute la France ont prouvé qu’il était possible de franchir un nouveau pas dans la riposte nécessaire pour combattre l’agression américaine. Nombre de militants auraient souhaité avoir des conclusions politiques plus précises en particulier sur les actions à venir. Les militants du P.S.U. agiront pour donner une ampleur considérable aux manifestations du mois de juin et consolider le large front uni de tous ceux qui sont solidaires du peuple vietnamien dans sa lutte pour la paix et l’indépendance de son unité.
Manifestation contre les « pleins pouvoirs »
Manifestation du 17 mai 1967 contre les pleins pouvoirs (suite à la demande du gouvernement Pompidou de légiférer par ordonnances en matière économique et sociale). Un an après la journée d’action du 17 mai 1966, cette nouvelle journée d’action entend protester contre la réforme de la sécurité sociale par voie d’ordonnances, contre le blocage des salaires et contre l’attribution des pleins pouvoirs au gouvernement. L’année 1967 est celle qui comptabilise le plus de journées de grève depuis l’instauration de la Ve République. L’industrialisation rapide, un fort chômage, le refus de négocier gouvernemental et patronal et le récent succès de la gauche aux législatives de 1967 dynamisent le mouvement social. (Photo E.Kagan, on distingue à gauche Henri Weber et Alain Krivine)Déclaration d’Édouard Depreux
Édouard Depreux, Secrétaire National du PSU déclare proposer sa candidature au poste de Secrétaire National honoraire au prochain congrès de juin 1967. Cette décision, déjà annoncée au Congrès de Gennevilliers aux membres du Bureau National, n’est pas le signe d’un désintérêt pour le PSU mais plutôt une décision liée à l’âge et à la sagesse comme il le rappelle. Il affirme qu’il croit, plus que jamais, à la nécessité de renforcer, dans l’intérêt de la gauche toute entière, le courant d’idées qui anime le PSU. A ces yeux, il faut poursuivre les efforts pour la construction d’un grand programme commun de la gauche. Il soutient le texte d’orientation de Jean Arthuys. Enfin, il pense dangereux d’engager des pourparlers avec la F.G.D.S. avant même de savoir ce que seront exactement la doctrine et les structures de cette organisation. Cette déclaration sera diffusée au Congrès au même titre que les deux textes d’orientation.
Esquisse d’une orientation pour le développement du P.S.U.
« Esquisse d’une orientation pour le développement du P.S.U. » est le deuxième texte d’orientation pour le 5ème Congrès fixé en Juin 1967. Ce texte se situe dans la ligne des décisions du Congrès de Clichy en 1961, mais tient compte du souhait des électeurs et des militants de renforcer l’union de la gauche. Il explicite ce que doit être un programme de gauche et définit les grands thèmes d’action du PSU pour l’avenir. L’emploi et les conditions de travail, le logement et la vie urbaine, l’enseignement et l’insertion professionnelle, la lutte contre l’impérialisme américain constituent les quatre thèmes d’action prioritaires pour assurer une victoire de la gauche. C’est en fonction des objectifs de son programme que le PSU doit résoudre le problème de ses alliances et de ses rapports avec la F.G.D.S. Ce texte d’orientation s’oppose à ce que mandat soit donné à la direction du Parti pour entamer une procédure conduisant à une adhésion ou à une association ou encore une confédération avec la F.G.D.S. Un ralliement du PSU à la Fédération de la Gauche impliquerait l’abandon de ses positions essentielles et peu de militants y sont prêts.
Le Parti devant la perspective de la gauche unie
Après les élections législatives et la victoire partielle de la gauche, le Parti se trouve devant la perspective d’une gauche unie. C’est dans cette optique que le texte d’orientation pour le 5ème Congrès, prévu les 23,24 et 25 Juin 1967, aborde la question de l’organisation des forces de gauche et de leur regroupement. Le texte d’orientation propose au Congrès le rapprochement avec la F.G.D.S. sous conditions. Il propose de donner une structure permanente à l’organisation de l’unité sous la forme d’une confédération de toute la gauche afin de pouvoir, à terme, constituer un seul grand parti des travailleurs. Ce grand parti ne pourrait, cependant, exister que si le pluralisme des courants est respecté. Cela semble difficile à réaliser avec le PCF. Le contre-plan élaboré par le PSU doit être exploré par tous et déboucher sur l’organisation de véritables éléments de contre pouvoir ouvrant la voie à la solution socialiste. Un premier programme d’action, précisant les exigences du PSU pour l’unité, est proposé dans ce texte d’orientation.