Biographie :
Bertrand Verdier (1949–2026)
Bertrand Verdier est né en 1949 , il a grandi à Toulouse, dans une famille installée quai de Tounis depuis 1830. Il racontera : « Chaque jour, je passais sur les berges pour rejoindre le lycée Pierre-de-Fermat où j’étais scolarisé » .
Dès le lycée c’est pour le bateau et la vie collective qu’il se passionne. Il rejoint en 62 un groupe de scouts marins animé par des étudiants et des syndicalistes notamment de l’Unef. Il en devient très vite une « figure de proue » en étant celui qui trouve les solutions de financement par l’acquisition de trois baleinières, qui prend les contacts avec la base nautique de Hyères. Dans ce groupe on ne parle pas que navigation. Il est aussi question des « événements » d’Algérie.
Pendant ses études universitaires, il découvre l’engagement politique. il rejoint les Étudiants Socialistes Unifiés (ESU), dont il devient un militant actif entre 1971 et 1975, à une époque marquée par les mobilisations UNEF, Lip, Larzac, Espagne et Chili… Son engagement étudiant sera cohérent avec son choix professionnel : il entre à l’ADIMEP, structure pionnière de l’informatique appliquée à la médecine de prévention. Ce choix professionnel est déjà un choix militant. Il y fera toute sa carrière, devenant l’un des collaborateurs historiques de l’association.
En juillet 1974, la municipalité annonce un projet de voies rapides à caractère autoroutier longeant la Garonne, du pont Saint-Michel à l’Embouchure. Bertrand Verdier réagit immédiatement : « C’était une pure folie ! » . Trois mois plus tard, il fonde avec Julien Savary le Comité de défense des berges de la Garonne. « Inlassablement, chaque semaine, les deux acolytes font de la rue Saint-Rome leur QG, expliquant aux passants la nature du dessein du maire Pierre Baudis » . Le comité mobilise : universitaires, défenseurs du patrimoine, associations toulousaines, habitants des quartiers riverains.
En 1975, il crée la Fête des berges, événement populaire destiné à montrer que les quais peuvent devenir un espace récréatif et convivial. Cross, concours d’engins flottants, pétanque, basket : la fête devient un symbole de résistance joyeuse. Ce combat durera près de dix ans et contribuera à l’abandon du projet autoroutier. Bien avant que Toulouse ne développe une politique cyclable, il défend : les itinéraires sécurisés, la réduction de la circulation automobile, la piétonnisation des quais, une ville plus respirable et plus humaine. Il devient l’un des premiers militants écologistes urbains de la ville.
En 1983, il est élu conseiller municipal sur la liste « Mieux vivre à Toulouse » menée par Gérard Bapt (PS), aux côtés du PCF, du MRG et du PSU.
En 1989, fort de cette expérience municipale, il réunit une liste sous l’étiquette PSU qui n’obtiendra pas d’élu.
Qu’à cela ne tienne il adhère à l’Association de quartier Chalets-Roquelaine où sa famille est installée depuis 1981. Il en deviendra président de 2012 à 2021, puis vice-président. Durant son mandat il a mis l’accent sur la nécessité de créer dans le quartier des logements sociaux, une crèche publique et un gymnase pour le collège des Chalets » . Il anime des visites historiques du quartier, des jeux de société à la maison de quartier, des rencontres citoyennes.
Il y a peu de temps encore, Bertrand Verdier a participé à Toulouse à la présentation du livre de notre camarade Guy Montariol, présentation à laquelle ont participé de nombreux anciens PSU.
En 2001 Salah Amokrane était la tête d’une liste citoyenne aux municipales de Toulouse, Bertrand en avait été partie prenante pour la constitution de la liste et les débats qui lui avaient donné naissance ( un film a été réalisé à cette occasion où l’on voit Bertrand). « Bertrand était une militant infatigable de la démocratie habitante, fondateur de l’union des comités de quartier. Il faisait partie des initiateurs de la liste motivé-e-s que j’avais conduit en 2001.
Son expérience de conseiller municipal etait très précieuse quand il me préparait à ce qui m’attendait dans cettebien spéciale democratie municipale.
Bertrand Verdier, est décédé accidentellement à 77 ans le 26 juillet 2026 après une chute au marché Victor-Hugo qu’il aimait tant et où il avait ses habitudes
Le maire Jean-Luc Moudenc lui a rendu hommage : « Nous n’avions pas les mêmes idées, mais j’étais sensible à la sincérité de ses fortes convictions et à la manière respectueuse d’autrui qu’il avait de les défendre. Il aimait notre ville, la défendait avec ardeur, et avait compris très tôt la nécessité de s’appuyer sur ses quartiers pour en promouvoir la qualité de vie. »
Son héritage est visible chaque jour, si les berges de la Garonne sont encore un lieu de promenade, de mémoire et de beauté, c’est en partie grâce à lui.
Tribune socialiste présente ses condoléances à Christine Morlans, sa compagne, à Agnès et Paul, ses enfants ainsi qu’à ses amis toulousains anciens du PSU ou non.