Biographie :
Leila SHAHID (1949-2026).
« Leila Shahid, voix forte de la Palestine est morte » comme l’a énoncé Benjamin Barth dans Le Monde daté du 19 février 2026
Première femme à représenter l’Organisation de Libération de la Palestine, elle a su s’adresser à un large public comme le montrent les hommages multiples et variés qui lui ont été rendus (d’Élie Barnavi à Djamel Debbouze pour n’en citer que deux). Dotée d’un incomparable sens de la répartie, elle s’est imposée dans les
media avec sa voix chaleureuse et chantante pour présenter la cause palestinienne fondée sur des valeurs de justice d’égalité et de liberté. Elle s’est battue toute sa vie pour l’existence d’un Etat palestinien. Femme de contacts et de culture, elle savait nouer avec chacune et chacun des liens d’amitié et d’intimité incomparables
comme elle l’a montré lors des obsèques de Bernard Ravene.
Enfant de l’exil, elle était née à Beyrouth en 1949 d’une famille influente de Jérusalem engagée dans le mouvement national palestinien dès la chute de l’empire ottoman.
Bouleversée par le désastre de la guerre des Six-Jours, elle réagit en s’engageant dans l’action sociale et politique au sein des camps de réfugiés palestiniens du Sud-Liban en même temps qu’au Fatah où elle rencontre Arafat en 1968.
A Paris où elle prépare un doctorat, Ezzedine Kalak, responsable de l’OLP, (qui meurt assassiné en 1978) la persuade de prendre la présidence de l’Union des Etudiants Palestiniens de France. Elle vit en France, puis au Maroc où elle épouse l’écrivain marocain Mohamed Barrada.
En 1982, revenue à Beyrouth avec son ami Jean Genet, elle découvre avec lui les
massacres des camps de réfugiés de Sabra et Chatila.
Ce n’est qu’en 1994, après les accords d’Oslo qu’elle peut enfin parcourir les territoires palestiniens.
De 1994 à 2005 elle est déléguée générale de Palestine en France, puis elle la représente ensuite auprès de l’UE à Bruxelles jusqu’en 2015.
Elle est à l’origine avec Ken Coates et Nurid Peled, du Tribunal Russell sur la Palestine en 2009, tribunal d’opinion pour que soient prises « les mesures indispensables pour mettre fin à l’impunité de l’État d’Israël et pour aboutir à un règlement juste et durable de ce conflit ».
En 2012 elle dresse un constat désabusé de l’échec de la politique de l’Autorité
palestinienne : « Nous avons décidé, il y a 19 ans, d’arrêter toute la lutte militaire pour pour décider de négocier la solution à deux Etats. Mais soyons honnêtes, nous avons échoué. » Elle est décédée le 18 février des suites d’une longue maladie qu’elle ne supportait plus mais aussi comme le dit Vincent Lemire (23/02/2026 billet de blog Mediapart) « Leila Shahid est morte de chagrin, de colère et d’impuissance… Quand elle se disait détruite, vidée, dévastée elle parlait autant d’elle que de Gaza, de la Cisjordanie et du pays qu’elle portait » « Celles et
ceux qui l’ont connue l’ont déjà dit et écrit, elle était bien plus qu’une ambassadrice ou une représentante de la Palestine, elle incarnait la Palestine.