Biographie :
Catherine Pône (1948 – 2026)
Catherine Pône, née le 10 avril 1948, atteinte depuis plusieurs années d’une
maladie neurodégénérative, nous a quittés le 4 août.
Elle fait ses études de droit à Paris (Assas), et y adhère au PSU en juin 1969 ;
elle y est membre très active de la section Droit-Sciences-Eco des ESU parisiens,
dans une faculté difficile du fait de la forte présence de l’extrême-droite.
Elle réussit ensuite le concours de l’inspection du travail. Il ne s’agit pas d’une
orientation de circonstance mais d’une réelle filiation familiale : sa grand-mère,
dont elle était très proche, n’était autre que Marguerite Thibert, une des premières bachelières de France, autrice d’une thèse sur le socialisme en France au 19ème siècle, et recrutée par Albert Thomas au bureau international du Travail (BIT) pour y créer le bureau du travail des femmes et des enfants.
D’abord inspectrice du travail des 6ème et 7ème arrondissements de Paris, elle
rejoint le cabinet d’Yvette Roudy, ministre du droit des femmes, où elle est
chargée de l’égalité entre les hommes et les femmes. En 1986, elle est affectée
comme chef du bureau de la durée du travail à la direction des relations du
travail du ministère du Travail, où elle tient la plume de la première loi Aubry.
Grande travailleuse (elle ne connaissait pas les 35 heures !) et dotée d’une
excellente mémoire elle était une référence incontestée du droit du travail.
Promue directeur du travail, elle est nommée chevalier de la légion d’honneur le 13 juillet 1998. Elle intègre ensuite le groupe Renault où elle est restée jusqu’à sa retraite en 2013. Ses compétences y sont immédiatement reconnues de la Direction générale jusqu’aux directeurs d’usine et aux délégués syndicaux ; l’accord sur les 35 heures, parmi les premiers à être adopté, sert ensuite de modèle à de nombreuses entreprises.
Elle met aussi son engagement pour la justice sociale et le féminisme au service
de l’association Villermé, créée en 1981 par des inspecteurs du travail pour
partager leurs pratiques professionnelles, et l’association de la revue Travail.
Sa rigueur, la fermeté de ses engagements, son autorité naturelle associée à sa
discrétion s’exprimaient aussi dans son militantisme, tant au PSU que dans les
mouvements féministes. De santé fragile, interdite de pratique sportive en
raison de la fragilité de ses yeux, elle n’hésitait pas à prendre des risques pour
participer à des manifestations ou résister aux groupes fascistes à Assas.
Signataire en 2010 de l’Appel pour le Cinquantenaire de la création du PSU, elle
a participé à l’ouvrage collectif des anciens étudiants du PSU paru cette année là, puis à la création de l’Institut Tribune Socialiste -histoire et actualité du PSU.
Sophie SAYANOFF
Sources familiales, professionnelles et archives ESU/ITS – Hommage de Jean-Christophe Sciberras aux obsèques