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Des idées pour un socialisme du XXIe siècle ?

Soirée hommage à Huguette Bouchardeau

Mardi 3 novembre 2026

L’Institut Tribune socialiste organisera un hommage à Huguette Bouchardeau au Maltais rouge (40 rue de Malte, Paris 11ème). Plus d’informations à venir…

Huguette Bouchardeau est décédée le 18 mai dernier, peu de temps avant ses 91 ans. Quel choc pour l’ITS ! Elle incarnait si bien le PSU, dont elle était membre depuis sa fondation, venant de l’UGS.

La fiche que lui a consacrée le dictionnaire Maitron est fournie et de bonne qualité. Elle a été rédigée par  Gilles Morin, membre de notre Conseil scientifique. Elle présente dans le détail sa vie de militante engagée, ses responsabilités au PSU, sa campagne présidentielle, son expérience du ministère de l’Environnement, puis de députée et d’élue locale, avant sa vie littéraire consacrée à l’écriture de nombreux ouvrages et à la direction de sa maison d’édition.

Huguette était avant tout une pionnière. 

Pionnière du féminisme, elle participa à la création à Lyon du Centre lyonnais d’études féministes, du Planning familial et du MLAC. Son premier livre Pas d’histoire, les femmes (Syros 1977) insiste sur la longue histoire des luttes des femmes.

Pionnière de l’écologie, elle animait avec Marc, son mari, les Amis de la Terre à Saint-Étienne et participa à de nombreuses actions à Creys-Malville, Plogoff, Cruas et au Larzac.

Pionnière dans les responsabilités politiques : elle entra au bureau national au congrès d’Amiens après le départ des rocardiens du PSU au PS. En 1979, elle devint la première femme secrétaire générale d’un parti politique. Elle mena la liste européenne « Europe Autogestion » en 1979, puis a été candidate aux présidentielles de 1981, avec un faible score, victime du vote utile. En 1983, elle devint secrétaire d’État à l’environnement, puis ministre en 1984.

Elle a été une grande ministre, incarnant la transparence pendant la recherche des déchets de Seveso ou lors de la fermeture de l’usine à Béziers, après l’explosion qui fit des milliers de morts à Bhopal (Inde), usine qui fabriquait le même produit ; et aussi à travers la loi démocratisant les enquêtes publiques. Elle a été, on l’oublie trop, à l’origine du premier accord européen sur la voiture propre en 1985, se heurtant durement au lobby de l’automobile.

Un seul regret : qu’elle n’ait  pas eu le courage de démissionner de son poste au moment de l’affaire du Rainbow Warrior.

De très nombreux articles ont été publiés à l’occasion de son décès, lui rendant un hommage unanime, notamment pour la force de ses engagements et sa droiture. Mais comme l’écrit si bien Jacques Theys, un ancien du PSU membre de son cabinet au ministère de l’Environnement :

« Les articles publiés à l’occasion de son décès oublient à quel point elle fut une combattante – et pas seulement une figure « morale ». Ils  ignorent aussi  à quel  point le PSU – dont elle fut la responsable – fut  un précurseur dans tous les domaines : le féminisme ,mais aussi l’écologie, la décentralisation, la participation démocratique, l’autogestion, la  critique du colonialisme, le changement des modèles de développement. »

Chère Huguette, l’ITS et les anciens du PSU conservent précieusement ton souvenir !