Tribune Socialiste N°1

Mots-clés : Congrès - PSU, Socialisme, stratégie politique

9 Avril 1960

TRIBUNE SOCIALISTE fait place à partir de ce numéro 1 à Tribune du Socialisme, à Tribune du Peuple et à Tribune du Communisme. A un parti unifié, il fallait une presse unifiée. Les titres changent, mais la même pensée continue, c’est la même volonté intransigeante qui l’anime. C’est la même ténacité dans l’union née dans l’enthousiasme qui mènera à la victoire. Le 3 avril 1960, le Parti Socialiste Unifié (P.S.U.) est né, la gauche a maintenant un point de rassemblement, une doctrine, un programme, une volonté. La « fusion » réalisée le 3 avril signifie au capitalisme et la réaction qu’ils ont désormais en face d’eux une force, dont la raison d’être et la volonté tenace sont, de les combattre et de les abattre. Le P.S.U sait que le problème algérien est le premier de tous les problèmes et les conditionne tous. Il appelle tous les démocrates à manifester, avec éclat dans ses rangs et autour de lui, leur ferme volonté d’une paix rapide. Le combat pour la paix en Algérie est son premier combat. La marche à la VIe République, qui ne peut être qu’une République socialiste, voilà l’espérance qu’il apporte.

49ème Congrès de l’UNEF

Mots-clés : Algérie, Congrès, stratégie politique, Sursis militaire

8-13 Avril 1960

Le 49ème congrès de l’U.N.E.F. est marqué par la question algérienne qui conditionne la plupart des points abordés. Après trois ans et demi de luttes internes entre les tendances corporatistes apolitiques et les tendances minoritaires favorables à la reprise de dialogue avec les étudiants représentés par l’UGEMA, l’U.N.E.F. apparaît comme une force syndicale qui n’hésite pas à prendre position. Pierre Gaudez est élu Président. C’est Dominique Wallon qui se chargera des relations entre l’UNEF et l’UGEMA, ce qui lui vaudra d’être interdit d’entrée à l’ENA et qui donnera lieu à « l’arrêt Wallon », interdisant toute prise de position politique à un candidat souhaitant intégrer l’ENA.

Discours de Jean Poperen au congrès d’unification

Mots-clés : Congrès - PSU, Socialisme, stratégie politique

3 Avril 1960 • Jean Poperen

Jean Poperin, ancien secrétaire de Tribune du Communisme, explique le pourquoi de la création d’une nouvelle structure politique. Les travailleurs, les ouvriers, les cadres, les techniciens, les employés et les paysans aspirent à un renouveau du système politique actuel essentiellement tourné vers le capitalisme. L’évolution de la société par le bon de l’industrialisation, la modernisation de l’agriculture, la guerre d’Algérie entraîne une rupture et une inadaptation des institutions et des règles politiques actuelles. Le nouveau parti devra prendre l’initiative et proposer des méthodes d’information et d’action propres à transformer la déception et le présent mécontentement d’une opinion qui a été bernée par la prise du pouvoir gaulliste. Il faudra que les vieilles habitudes de la gauche s’effacent au profit d’une réflexion approfondie sur l’armée, l’information, l’intérêt national et en finir avec la surenchère nationaliste. Une absurde division de la gauche est à surmonter dans l’unité d’action inséparable d’une franche et permanente confrontation idéologique pour proposer une société socialiste dans l’intérêt de la classe laborieuse opprimée aujourd’hui par le pouvoir. Telle est la feuille de route définie par Jean Poperen pour le Parti Socialiste Unifié.

Discours d’Édouard Depreux au Congrès d’Unification

Mots-clés : Congrès - PSU, Socialisme, stratégie politique

3 Avril 1960 • Édouard Depreux

Édouard Depreux, dans son discours au Congrès d’Unification, rappelle que tous ceux qui se retrouveront demain dans le Parti Socialiste Unifié ont dû résoudre de douloureux problèmes de conscience et provenant d’horizons différents ils constituent aujourd’hui la grand famille socialiste. Il rappelle qu’il s’agit d’une fusion des forces de gauche et non d’une simple juxtaposition de courants différents. Rappelant la poursuite de la guerre d’Algérie, la lutte pour une éducation laïque, pour un pouvoir démocratique, il pose la question de savoir si le nouveau parti va renflouer un régime politique, économique et social qui explose ou s’il va savoir créer un régime fondamentalement nouveau. Pour cela il affirme qu’il faut renverser les assises du capitalisme et mettre en place une république démocratique qui ne sera possible que si elle est socialiste. Pour cela il faudra un immense effort d’intelligence, de volonté, de travail permanent avec les travailleurs pour bâtir un programme et proposer des actions en adéquation avec les nouvelles données de l’industrialisation et des aspirations des travailleurs.

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