Que se passe-t-il en Indochine ?

Mots-clés : Indépendance, Vietnam

24 Décembre 1960

L’Indochine est à nouveau en proie à des mouvements de révolte. En Décembre 1960, plus de 6 ans ont passé depuis le cessez-le-feu de Juillet 1954 et les accords de Genève qui mettent fin à l’empire colonial asiatique de la France et tentent d’ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire des rapports entre l’Indochine et ses anciens vassaux. Le Vietnam ne supporte plus la dictature familiale de Ngo Dinh Diem, et la guerre révolutionnaire et psychologique fait rage dans le Sud. Le putsch avorté du 11 novembre laisse le pouvoir exsangue. Au Laos, le canon a tonné sur les bords du Mékong et l’on se bat comme en 1954 dans la Plaine des Jarres près de Dien-Bien-Phu, ancienne colonie française. Seul le Camboge échappe encore à cette atmosphère de guerre et de sédition. La responsabilité du monde libre dans les drames qui ravagent actuellement la péninsule indochinoise est bien réelle mais il semble difficile de laisser faire Washington seul et ne pas poser la question des relations avec la Chine populaire.

Les européens d’Algérie

Mots-clés : Algérie, coopération, Économie, Indépendance

3 Décembre 1960 • Georges Servet, Robert Verdier

La création d’un état algérien indépendant pose la question du statut des Européens vivant en Algérie, des garanties pour leur sécurité, de leurs moyens d’existence et de la reconversion de l’Algérie sans ces Européens ou avec leur coopération. L’article propose une analyse démographique, sociale et économique de la coexistence entre musulmans algériens et non musulmans d’origine étrangère. Les Français d’Algérie vivent essentiellement de l’agriculture et possèdent les terres les plus productives mais n’ont pas réellement de capitaux leur permettant de revenir en France pour exploiter une ferme. En ville les non musulmans occupent plus d’emplois supérieurs et d’encadrement que d’emplois d’exécution. La dépendance des deux communautés est d’ailleurs d’autant plus problématique qu’elle est liée aux échanges commerciaux entre la Métropole et l’Algérie. L’indépendance de l’Algérie devra donc tenir compte de la reconversion tant des Français que des Algériens.

L’internationalisation des problèmes africains

Mots-clés : Afrique, Algérie, Indépendance

Septembre 1960 • Georges Suffert, B.-Ad Benoist

Eté 1960 : en moins de trois mois, l’ONU est intervenue au Congo, en Algérie, au Soudan. L’Afrique est en crise. L’éclatement du Mali est l’échec de la Communauté Franco-Africaine mise en place en 1958 par De Gaulle et aussi, celle de la Fédération du Mali (Sénégal, Soudan, Haute-Volta, Dahomey). Ces échecs sont le résultat d’une politique française qui souhaite garder l’avantage des richesses africaines tout en donnant l’indépendance aux colonies mais c’est aussi la conséquence des rivalités entre le Sénégal et le Soudan Français qui deviendra le Mali. Le Congo a acquis son indépendance de façon précipitée et sans préparation pour éviter un soulèvement des colons belges et cela aboutit à la confusion, la pauvreté et le chaos. En Algérie le G.P.R.A., à la conférence de Melun, parle de l’internationalisation de la lutte pour l’indépendance des colonies et demande à l’ONU d’être garante de la validité du scrutin sur l’autodétermination.

Pour une politique des « Français d’Algérie »

Mots-clés : Algérie, coopération, Économie, Indépendance

Août-Septembre 1960 • Georges Servet

Les français d’Algérie sont les Français de souche européenne établis en Algérie pendant la colonisation. Ils atteignent un effectif d’environ 840 000 personnes.  Le gouvernement français est responsable de la vie et des biens d’un million de ses membres. Il doit leur garantir des perspectives d’avenir acceptables pour eux et leur famille. Une analyse sociologique et économique montre que l’Algérie évolue au profit des Algériens d’origine tant dans le secteur agricole que la fonction publique et dans l’industrie ou le secteur tertiaire. Il convient donc en premier lieu d’aider à rester en Algérie les Français qui y sont réellement utiles. Cela suppose, en ce qui concerne les cadres industriels et les professions libérales, la négociation de convention d’établissement à long terme avec la future nation algérienne. Pour les autres, ouvriers qualifiés et employés supérieurs, cela suppose un gros effort d’enseignement et de formation professionnelle pour garantir à la fois leur plus grande utilité à l’Algérie et la sécurité de leur emploi. Un effort de recensement des besoins est nécessaire tout comme une politique chiffrée du coût de l’accompagnement au retour de ces Français. Il n’y a pas de plan de paix valable en Algérie qui ne comporte de telles dispositions.

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